Chapitre 970
« Pour un être capable de nous anéantir tous en détruisant l'Abysse, je suis heureux que tu aies choisi la voie plus douce de la discussion. Pour cela, je t'en suis reconnaissant. »
Rael pencha la tête. « Pas de problème ? Bien que, je déteste demander ça, mais pourquoi toutes ces formalités ? »
« C'est ma façon de parler. Maintenant, je ne vais pas t'ennuyer avec toutes ces absurdités. Allons droit au but, Rael », dit la Mort, avant de claquer des doigts, faisant apparaître une table ronde devant eux, accompagnée de trois chaises.
C'était un peu exagéré pour une conversation qu'ils auraient pu avoir en marchant. Mais d'un autre côté, Rael n'était pas du genre à refuser un peu de confort, alors il s'assit. Ren fit de même, et la Mort fut le dernier.
« Pourquoi dois-tu toujours intervenir dès que je me dispute avec quelqu'un ? Tu ne peux pas me laisser régler ça tout seul pour une fois ? » grommela Ren.
La Mort secoua la tête. « Non. Tu ne sais pas comment traiter les êtres correctement. C'est pourquoi je suis venu. Maintenant, tais-toi et laisse-moi parler. »
Sur ce, le silence s'installa tandis que la Mort s'assurait que tout le monde était attentif. Finalement, il reprit la parole :
« J'ai l'intention d'honorer tes demandes, Rael. Après tout, je crois que tu es sincère quand tu dis que tu vas nous ignorer. Quant à nous... La raison pour laquelle cela pose problème, c'est simplement parce que ton prédécesseur nous a trahis, donc... »
« Non, il ne l'a pas fait », le coupa Rael avec un soupir. « J'ai ses souvenirs. Je sais pertinemment qu'il ne l'a pas fait. Alors, avant d'essayer de me duper comme les autres, souviens-toi que j'ai le pouvoir de justifier mon arrogance. »
C'était un peu décevant, pour le moins. Rael s'attendait vraiment à ce que ce type soit honnête, puisqu'il semblait très mature. Mais encore une fois, il était non seulement égoïste, mais aussi stupidement arrogant de croire qu'il pouvait manipuler Rael.
Et ainsi, tout simplement, le cours de la conversation changea à nouveau.
« Tu sais quoi ? Laisse-moi juste dire ceci... » Rael prit une profonde inspiration et ajouta : « Je n'en ai absolument rien à faire de vous tous. Alors foutez-moi la paix. Je vous laisserai tranquilles aussi. Votre petit manège ici ? Je m'en fiche éperdument. Je te le promets. »
Il y avait des doutes, évidemment. Mais conclure un accord avec de tels êtres était bien mieux que de compter sur les humains, car au moins, ces êtres savaient ce que signifiait vouloir vraiment avoir la paix.
Ou du moins, c'est ainsi que Rael interprétait la situation. Heureusement, il n'était pas si loin du compte, car la Mort, en particulier, reconnaissait l'honnêteté de Rael. Et donc, malgré ses réticences, il décida de faire un compromis.
« Jusqu'où es-tu prêt à aller avec cet accord ? »
« Hmm... Jusqu'à l'honnêteté, je suppose. Je ne veux pas que vous fouilliez dans mon esprit ou mes souvenirs. Je ne veux pas non plus être enchaîné », répondit Rael.
La Mort hocha la tête. « Dans ce cas, pourrions-nous passer un accord verbal ? »
« Un accord verbal ? » Rael pencha la tête.
Et une fois de plus, la Mort hocha la tête. « Moins contraignant, c'est plutôt un accord entre deux êtres. Il n'a aucune valeur légale, mais il contient quelques contraintes éthiques. La confiance, la loyauté et, évidemment, la maîtrise de soi. »
Hmm.
Est-ce que c'était vraiment ça, un accord verbal ?
Rael avait l'impression que ce genre d'accord était le plus facile à rompre. Mais bon, si c'était suffisant pour que ces gens lui lâchent les baskets, alors soit.
« Très bien. J'accepte de ne pas me mêler de vos affaires, ni de révéler votre existence à qui que ce soit. Je ne vous rendrai pas visite, et je n'attaquerai personne de votre camp à moins d'être provoqué. C'est tout. Je ne veux pas vous rencontrer non plus, donc si jamais vous descendez ou essayez de me surveiller d'une manière ou d'une autre... Alors je n'hésiterai pas à effacer ce royaume de l'existence. »
Rael sourit.
« Et c'est une promesse. »
La Mort fixa Rael un court instant. Ses yeux brillèrent de compréhension, et peu après, il fit sa propre promesse.
« Au nom de tout le Conseil des Concepts, nous promettons de ne pas nous mêler de toi ou de tout être lié à toi. Si nous le faisons, alors nous accepterons la punition, comme tu l'entends. »
Heh.
Le CDC.
Rael toussa une fois, évacuant son côté immature. Après tout, malgré sa puissance, il était encore un peu immature. Était-ce parce qu'il n'avait que quelques millions d'années ?
Quelques millions d'années de jeunesse, plutôt ?
Hmm...
Eh bien.
« Dans ce cas, c'est réglé, non ? » demanda Rael, avant de se lever de son siège. « Si vous n'avez rien d'autre à me dire, je devrais y aller. Aussi... Gaia. Vous connaissez tous les deux Gaia. Si jamais vous tuez délibérément ce Concept de Vie qui est le vôtre juste pour faire de Gaia un Concept de Vie, je vous tuerai aussi. »
La Mort fit rouler ses yeux de squelette. « Nous n'avons pas l'intention de prendre des êtres impartiaux pour en faire des Concepts. Nous cultivons généralement les Concepts depuis leur naissance. Ren ici présent est la seule exception, car il n'était pas censé devenir un Concept. »
Le sourcil de Ren tressaillit. « C'est audacieux de ta part de dire ça. Tu n'avais juste pas le choix après que j'ai tué le précédent Concept de Réalité. »
La Mort l'ignora. « Je suppose que c'est tout, n'est-ce pas, Rael ? Nous n'avons plus rien qui nous lie, alors si cela ne te dérange pas... »
Au lieu de terminer sa phrase, il ouvrit un petit portail et fit un geste vers celui-ci, indiquant clairement à Rael de partir.
Mais Rael était têtu. Il ne franchit pas le portail et, au lieu de cela, il changea d'apparence pour reprendre sa forme précédente, fixant les visages choqués des Concepts.
Puis, avec un nouveau rire intérieur, Rael disparut pour réapparaître dans son manoir, à l'intérieur de Celestara.
Il avait fait beaucoup de choses en quelques mois... Mais il lui restait une question pour une certaine personne qui n'avait rien fait d'autre que de l'étudier pendant tout le mois.
« Gaia, qu'as-tu trouvé ? »