Chapitre 896
Chapitre 896 : Mariage manqué
À l'instant où Rael arriva, il fut accueilli par une scène assez intéressante. Le soldat qu'il lui avait demandé d'appréhender gisait au sol, la tête tranchée.
Rael était pourtant certain d'avoir demandé à Gaia de s'en occuper, mais il semblait qu'elle eût échoué.
C'était la première fois qu'il la voyait échouer, alors, d'une certaine manière, c'était plutôt mignon.
Néanmoins, Rael estima que cela n'avait pas grande importance car, lorsqu'il attira son attention, elle s'empressa de remonter le temps pour le soldat qu'elle venait de tuer.
Il était de nouveau en vie. Mais désormais, il était bien plus conscient de ce qui se passait et, face aux deux êtres puissants qui flottaient légèrement devant lui, il n'hésita pas à se prosterner.
« J-J'ai mis les Dieux en colère ! Je suis désolé. »
« Hmm ? »
[Il est un peu spécial, alors sois indulgent avec lui,] dit Gaia simplement.
Rael soupira et hocha la tête.
« Très bien. En tant que vos dieux, je vous ordonne de vous taire et de rester immobile un instant. »
Dès qu'il eut prononcé ces mots, Rael inspecta l'esprit de cet homme. C'était bien trop fragile et facile d'accès, au point que Rael voyait pratiquement tout ce dont il avait besoin.
Pour commencer, les personnes qui prenaient Uriel et Solenne pour cible étaient les mêmes que celles qui contrôlaient le mana. C'était juste qu'il n'y avait pas tant de monde que ça au départ.
À peine une vingtaine. Tous les vingt étaient de mèche et cherchaient à tuer Uriel. Autant Rael aurait voulu rester pour discuter avec chacun d'entre eux, autant il décida d'opter pour la solution de facilité.
Il ferma les yeux, se concentra sur chacune de leurs présences et, d'une simple pensée, il fit exploser leurs esprits, les tuant instantanément.
Ce fut très bref et sans effort. Juste comme ça, la menace avait disparu.
Ainsi, quand Rael rouvrit les yeux, il se contenta de sourire à l'homme devant lui et, sans hésiter, lui arracha la tête à son tour. Ensuite, il la jeta négligemment au sol et détourna le regard.
« Eh bien, voilà qui est fait. Il devrait pouvoir vivre ici jusqu'à sa retraite ou je ne sais quoi. Tsk… Quel idiot fini », fit remarquer Rael.
Gaia gloussa. « Eh bien, tu as traité ça comme une liste de tâches plutôt que comme une visite. Pour être honnête, je ne comprends pas vraiment les gens comme toi. Mais je doute que tu te soucies beaucoup des apparences, alors on peut laisser ça tel quel. »
Certes.
« C'est comme ça. Voyons voir… Puisque Uriel va bien et qu'il est installé, je suppose qu'on pourrait se rendre au Royaume des Dragons maintenant ? » s'interrogea Rael.
Il avait l'intention de le faire depuis le tout début. C'était juste qu'avec la Haute Tour et tout le reste, il n'avait pas eu d'autre choix que de manquer le mariage d'Astaroth.
Néanmoins, il espérait au moins lui offrir un cadeau en retard. C'était mieux que rien, car même s'ils se chamaillaient et se battaient souvent, ils restaient de très bons amis.
Ceci étant dit, Rael jeta un coup d'œil à Gaia et, sans hésiter, ouvrit un portail menant directement au Royaume des Dragons.
Le voyage ne fut pas long. Mais à son arrivée, Rael ne fut pas accueilli par la chaîne de montagnes familière des Dragons du Destin. À la place, il y avait un canyon immense et une ville luxueuse qui s'étendait sous ses yeux.
Il y avait même une ville dans le ciel. D'après ce qu'il comprit, seuls les bébés dragons étaient autorisés là-haut. Enfin, quelques gardes aussi, pour s'assurer qu'aucun mal n'arrivait aux petits.
Cependant, l'attraction principale était évidemment la salle du trône où Rael s'était rendu d'innombrables fois. Sauf que maintenant, elle était creusée à même le flanc du grand canyon, s'étendant sur plusieurs kilomètres de long.
Et bien sûr, Rael pouvait clairement sentir Astaroth là-bas, aux côtés de sa femme.
Ils étaient plus heureux que jamais. C'était juste que Rael ne pouvait s'empêcher de remarquer quelques bébés dragons qui couraient partout. On aurait presque dit qu'Astaroth avait réussi à se faufiler jusqu'à la paternité.
Mais c'était impossible, non ?
« Ce sont bel et bien ses enfants », dit Gaia à ses côtés. « Il en a huit, d'après ce que je vois ? Non… Il y en a aussi quatre dans la ville céleste. On dirait qu'il a 12 enfants au total. »
« C'est quoi ce bordel… ? » marmonna Rael, surpris. « 12 enfants ? Comment on peut même… ? Non, ce n'est pas important. Laisse-moi descendre. »
Il réapparut dans la salle du trône et vit Astaroth, assis paresseusement sur son trône, en train de lancer des balles miniatures à ses enfants. On aurait dit qu'il jouait à attraper, peut-être ?
PAN !
Oubliez ça.
Il utilisait juste ça comme excuse pour lancer des balles en caoutchouc sur ses enfants. Eh bien, on ne peut pas toujours gagner.
Cependant, il ne fallut pas longtemps à Astaroth pour repérer Rael, et dès qu'il le fit, il haussa un sourcil, amusé.
« Un peu tard pour un cadeau de pendaison de crémaillère, tu ne trouves pas ? »
Rael haussa les épaules. « J'étais coincé quelque part. Mais dis donc, qui aurait cru que tu étais aussi chaud, hein ? 12 gosses, c'est vraiment un record. »
À ce moment-là, Victoria sortit sur le côté. Son ventre était un peu plus gros, et quand Rael le remarqua, Astaroth se contenta de tousser.
« Eh bien, j'en ai un 13e en route. Mais ce n'est pas la question. Tu veux du thé ou à boire, Rael ? Toi aussi, Gaia, c'est ça ? Tu veux quelque chose ? »
« Il est beaucoup plus amical qu'Uriel », fit remarquer Gaia.
Rael haussa les épaules. « Ouais. Et oui, Astaroth, on aimerait bien manger quelque chose, tant que tu n'as pas empoisonné la nourriture. »
Astaroth leva les yeux au ciel. « Si j'avais empoisonné quelque chose, tu le saurais. Allez, viens par ici. Oh, Victoria chérie, assieds-toi et laisse-moi aller préparer à manger. »
Victoria ne dit rien. Mais son sourire était radieux, et Rael savait pertinemment qu'Astaroth n'était pas un mari de merde. C'était un bon point, et Rael ne put s'empêcher de féliciter Astaroth d'un pouce levé.
Néanmoins, lorsque les deux échangèrent leurs places et que Victoria s'assit sur l'un des trônes, Rael eut l'intuition qu'elle avait quelque chose à dire.