Chapitre 868
Chapitre 868 : Déjà-vu
« Ce n’est rien de trop grave », dit Rael. « D’un autre côté, tu as des trucs assez sophistiqués ici. La moitié de ces objets, je ne savais même pas qu’ils pouvaient tenir à l’intérieur d’une femme. »
Malgré son commentaire déplacé, elle se contenta de hausser les épaules.
« C’est une chance que je ne sois pas une femme normale, n’est-ce pas ? Je suis une vampire, et nous, les vampires, sommes un peu différents sur le plan physique », déclara Reyna avant de pointer Lilith du doigt. « Tu n’es pas une vampire, mais tu es une démone. Je parie que tu es comme nous. »
Un léger sourire apparut sur son visage.
« Et je suppose que, tout comme moi, tu as hérité de quelques gènes de succube. Bon sang… si j’étais un homme, je serais jaloux de Rael. »
Lilith resta assise là, mal à l’aise, ne sachant pas vraiment quoi répondre. Si elle pouvait être étrange et dérangée par moments, face à quelqu’un encore plus excentrique et imprévisible, Lilith perdait rapidement ses moyens.
Néanmoins, l’atmosphère tendue s’étant dissipée au profit d’une ambiance plus légère, Rael se contenta d’expliquer la situation à Reyna, notamment le lien entre l’une de leurs amies et Eris. Elle fut très surprise de l’apprendre, et ce pour une raison précise.
« Elle mentionnait souvent avoir un mari… J’ai toujours pensé qu’elle était juste dérangée, mais il semble que c’était la vérité. Je me sens un peu coupable d’avoir essayé de lui présenter tous ces hommes. »
Eris ricana. « Tu es très prompte à vouloir caser les autres, mais quand il s’agit de ta propre vie amoureuse, tu es la plus grande vierge qui ait jamais foulé cette Haute Tour. »
Reyna leva les bras innocemment. « Tu m’as eue, je suis vierge. Mais au moins, je suis une vierge qui s’amuse. Maintenant, puisque vous semblez avoir une histoire bien plus longue que ce que je pensais, je suppose que je n’aurai pas à m’inquiéter de vous voir vous entretuer quand je ne serai pas là. »
Rael haussa les épaules face à sa remarque, puis jeta un coup d’œil à la zweihander. « Elle est plutôt correcte, mais tu l’as rendue entièrement blanche ? »
Elle leva un doigt. « C’est de l’Alliage Blanc. C’est l’un des matériaux les plus denses de toute la tour. »
Rael pencha la tête. « Est-ce nécessaire ? Je veux dire, l’objet n’est-il pas déjà indestructible ? »
« Eh bien oui, mais ça ne t’a pas empêché de réussir à la briser, n’est-ce pas ? Enfin… vois les choses sous cet angle. S’il est possible de briser une arme indestructible, alors si j’ajoute un matériau très robuste pour soutenir l’enchantement d’indestructibilité, elle ne pourra plus vraiment se briser, non ? » dit Reyna, son sourire s’élargissant.
« Après tout, en génie que je suis, j’ai aussi ajouté un enchantement de réparation qui devrait restaurer la durabilité de l’arme si elle venait à être endommagée. De plus, les dégâts infligés peuvent être complétés par ton mana, ce qui dissiperait tous les dégâts que l’épée pourrait subir. »
« J’ai rendu ça automatique, d’ailleurs. Donc oui, ne t’inquiète pas. Cette épée ne se brisera pas aussi facilement que la précédente », conclut Reyna avant de s’emparer d’un des sandwichs restés sur la table. Elle le dévora aussitôt, laissant les autres légèrement sans voix.
Rael était stupéfait par le niveau de puissance qu’elle venait de décrire. Il n’en attendait pas grand-chose et, au fond, il était convaincu que ses propres armes étaient bien meilleures… mais réussir une telle prouesse, et parvenir à l’améliorer encore… il était sincèrement honoré.
Et bien sûr, il caressait toujours le rêve secret d’avoir un jour sa propre épée personnelle, donc voilà qui était fait.
Rael s’approcha de l’épée et, après avoir constaté sa légèreté, il l’inspecta rapidement.
— Zweihander en Alliage Blanc (Céleste+)
Durabilité : Infinie
Dégâts : 18 211~105 278
+25 % d’augmentation des dégâts de Loi
C’était vraiment bien mieux…
Rael poussa un soupir et rangea l’épée à sa taille avec assurance. Ensuite, il se contempla dans le miroir avant de retourner vers les femmes qui, après seulement quelques minutes, semblaient déjà bien s’entendre.
Sans compter que même Nyx, qui se contentait habituellement d’intervenir, et Gaia, qui restait généralement en retrait, parvenaient désormais à tenir une conversation décente.
Cela dit, c’était uniquement parce que Reyna et Eris menaient les débats, aidées par Lilith, un peu trop sociable dans ces moments-là. Zafira s’intégrait également parfaitement, surtout parce qu’elle faisait partie de ces personnes qui savaient quoi ajouter à la discussion.
Mais là encore, Rael filtra leurs paroles et décida de s’éclipser, car le simple fait de quitter la conversation une minute faisait de lui un paria. Il descendit donc jusqu’en bas et sortit.
Honnêtement… il pouvait encore les entendre bavarder au-dessus de lui, ce qui lui arracha un soupir. Il se dirigea vers le centre de la ville et, après s’être assis sur l’un des bancs, il croqua dans l’un des sandwichs.
Pendant tout ce temps, il regardait les gens entrer à l’étage suivant ou apparaître depuis les niveaux inférieurs. C’était étrangement thérapeutique de les observer ainsi. Alors que Rael était plongé dans cette contemplation sans but, il aperçut soudain un homme encapuchonné.
Un léger bourdonnement attira l’attention de Rael, et lorsqu’il se concentra sur l’inconnu, il ressentit un sentiment de déjà-vu qui remontait très probablement aux souvenirs d’Arthur Pendragon.
C’était sans doute pour cela qu’Eris lui semblait si familière ; elle ne déclenchait pas seulement des souvenirs de Renoir, mais aussi ceux de Pendragon, étant donné qu’elle l’avait probablement rencontré par le passé.
Rael soupira face à cette révélation et, bien qu’il ait eu envie de continuer à grimper avec ses épouses, il sentit qu’une telle opportunité ne se présenterait pas souvent.
C’est ainsi que Rael se leva et commença à suivre l’homme encapuchonné.