Chapitre 556
Chapitre 556 : Aller jusqu'au bout ?
(Quatre heures plus tard…)
Rael se tenait devant sa boutique, arrosant ses plantes sous les regards envieux des joueurs qui passaient par là.
« Tsk… Si j'avais son physique, je serais un athlète olympique… »
« Ouais, avec ta copine influenceuse boulimique, tu serais devenu une grosse larve en moins d'une semaine. »
« T-Ta gueule ! »
Un léger sourire étira les lèvres de Rael alors qu'il finissait d'arroser la dernière plante avant de s'appuyer contre le rebord de la fenêtre.
Il fixa les joueurs du regard et, bien qu'il n'ait lancé aucun sort de peur, ils s'évanouirent sur place, tandis que ceux un peu plus éloignés prirent la fuite.
Quelle déception, pensa Rael avec un soupir. Il était 21 heures et son autre lui restait introuvable. Il n'était pas connecté non plus, ce qui signifiait que Rael allait devoir donner assez d'argent à Altros pour régler ses problèmes, même si cette somme s'élevait à plusieurs centaines de milliards de WON.
C'est vraiment dommage…
[Tu en attends trop de lui,] dit Gaia. [C'est, par essence, un humain ordinaire. Une ordure, certes. Mais un humain tout de même. Ce n'est pas un sociopathe, ni quelqu'un qui ne ressentirait aucune culpabilité à l'idée de—]
<Ding !>
« … »
Rael ricana. « Tu disais ? »
Gaia soupira. [Très bien… J'admets ma défaite pour cette fois. Et tu devrais passer plus souvent dans le Royaume Mental. C'est agréable de t'avoir dans les parages.]
Un léger sourire apparut sur le visage de Rael alors qu'il hochait la tête.
« À bientôt. »
Sur ce, il répondit à Altros pour lui parler de la boutique.
Et en moins de cinq minutes, il vit Altros arriver en courant au loin et s'arrêter devant lui, complètement épuisé.
« Gahh… Putain de course à pied. Pourquoi mon endurance est-elle aussi merdique dans la réalité… »
Rael leva les yeux au ciel et lui fit signe d'entrer dans la boutique. Ils s'installèrent à une table.
« Alors, pourquoi tu m'as dit de venir ici ? Je ne vois pas vraiment comment tu vas m'aider. Les discours de motivation ne marchent sur moi que pour les jeux d'argent. Les trucs comme le meurtre, ça ne me fait pas le même effet », demanda Altros.
« Je vais t'aider depuis l'intérieur de ton esprit », répondit Rael en croisant les jambes.
« Hein… Tu vas faire quoi ? » Altros cligna des yeux. « Tu comptes me donner du charme ? Oh ! C'est vrai, le chat du jeu. Tu peux discuter avec moi pendant que je suis là-bas. Malin. »
Rael secoua la tête et, sans perdre une seconde, canalisa sa compétence Marionnette Éternelle à pleine puissance. Cela incluait l'utilisation de tous ses DTP, ce qui garantirait son succès.
Une fois la compétence pleinement déployée et sous son contrôle total, il se concentra sur Altros.
Sa vision s'assombrit, mais à peine une seconde plus tard, il se vit à travers les yeux d'Altros. Il était affalé sur la table, sans défense.
Mais pas pour longtemps, car son ombre vacilla, puis sa main tressaillit. Juste comme ça, le corps de Rael commença à bouger de lui-même, mais ce n'était pas lui aux commandes. C'était Anna.
« Euh… Tu viens de faire une crise d'épilepsie ? » demanda Altros.
Anna ne répondit pas. Il lui avait déjà expliqué le plan, tout ce qu'elle avait à faire était de protéger son corps.
Quant à Rael, il ressentait un contrôle total sur les DTP qu'il avait utilisés pour entrer dans le corps d'Altros. En utilisant ces DTP, Rael s'ancra dans l'esprit d'Altros, sans que ce dernier ne se doute de rien.
Jusqu'à ce qu'Anna, dans le corps de Rael, donne les dernières instructions.
« Déconnecte-toi. »
« Mm… Je peux au moins avoir de l'argent pour un taxi ? Il y a bien quarante minutes de marche entre le cybercafé et ce bordel dont tu as parlé », supplia Altros en se frottant la nuque.
« … »
Anna le fixa pendant quelques secondes, comme s'il était un idiot.
« Alors cours. »
Altros manqua de tomber à la renverse face à sa réponse. Elle n'avait pas vraiment tort, cependant.
« Très bien… À plus tard, j'imagine. Je t'envoie un message dans une seconde. »
Sur ces mots, Altros appuya sur quelques boutons de son interface, et après quelques instants seulement…
<3>
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<…>
Tout devint noir, et cela dura un temps inconfortable. Rael commençait à croire que ça ne marcherait pas, mais il sentit alors ses DTP commencer lentement à se drainer. Il avait vingt-quatre heures au maximum avant d'être renvoyé dans son propre corps.
Mais pour l'instant, quand sa vision revint, il se retrouva à regarder à travers les yeux d'Altros, qui sortait de sa capsule virtuelle et, tout en grommelant, se dirigea vers le réceptionniste.
Pourtant, juste au moment où il allait partir, il entendit une toux derrière lui.
« Tu comptais partir sans même payer ton tribut ? »
« Merde… » Altros se figea et, sans se retourner, il s'élança hors du cybercafé pour s'engouffrer dans une ruelle, se retrouvant immédiatement dans une impasse.
Malheureusement, l'individu qui l'avait interpellé le suivit, mais il n'était pas seul. Deux voyous armés de battes en acier l'accompagnaient et avançaient lentement vers Altros.
« Tu sais, Rael. Si tu avais fermé ta gueule et nous avais donné l'argent l'autre jour, on n'aurait pas eu besoin d'avoir cette conversation. Ce connard vend son appartement sans nous donner notre part. Tsk… »
L'homme ressemblait à n'importe quel voyou ordinaire. Gros, moche, et probablement avec des problèmes de père.
Pourtant, pour Altros, acculé et sans défense, il ressemblait à quelqu'un sur le point de le tuer.
« Allez, les gars… Je vous ai dit pourquoi j'avais besoin de cet argent », supplia Altros.
« Pour ta sœur ? » ricana le voyou. « Qui se soucie de cette petite pute, de toute façon ? C'est pas comme si elle allait se réveiller de sitôt. Par contre, regarde-nous ! On crève la dalle ici, espèce de bâtard. »
Les yeux d'Altros s'écarquillèrent de rage alors qu'il s'élançait pour porter un coup de poing, mais avant qu'il ne puisse toucher sa cible, l'homme sourit et le repoussa d'un coup de pied sans le moindre effort.
« GAHHH ! »
Il s'écrasa contre le mur de la ruelle, lâchant un râle et un cri de douleur. Sa cheville était brisée et il était sur le point de perdre connaissance.
« T-Tu es un putain de bâtard ! » hurla Altros. « Je te jure que si je… »
« Tu as eu assez de temps pour rembourser ta dette », l'interrompit le voyou. « Maintenant, comme je suis un type sympa, je vais laisser couler. Voyons voir… Ton appartement a coûté cher, ton rein devrait valoir autant. Tu en as deux, et il n'en faut qu'un pour survivre, donc tout le monde y gagne, non ? »
Il s'approcha d'Altros, s'accroupit et le saisit par les cheveux.
« Allons à cet hôpital où se trouve ta sœur. Dis juste que tu veux faire un don pour son bien-être. Je suis sûr que le directeur comprendra… » L'homme s'interrompit, son sourire s'élargissant encore davantage.
« Après tout… Père a toujours été très attentionné envers moi. »
Altros gémit, mais avant qu'il ne puisse tenter de se relever ou de se défendre, son corps se figea soudainement.
Son expression s'apaisa, puis, malgré sa cheville brisée, Altros se leva sans difficulté.
Il ajusta ses vêtements, fit craquer son dos et, après un bon étirement, Altros se tourna vers les trois voyous, son regard s'attardant particulièrement sur l'homme qui venait de le frapper.
Un léger sourire apparut sur le visage d'Altros, et d'une voix froide, il finit par parler :
« Trois personnes et seulement deux battes. C'est dommage, mais je ne pourrai pas m'occuper du cul de tout le monde ce soir. Mes excuses par avance. »