Chapitre 292
Jane et Minos restaient silencieux au sol, le regard vide.
Rael n’avait pas passé beaucoup de temps ni d’efforts à les entraîner ; au lieu de cela, il les avait confrontés à des monstres faibles dotés de schémas d’attaque uniques.
Évidemment, il avait choisi la méthode progressive.
Rat, squelette, dragon.
Ils n’avaient pas vraiment combattu un dragon, bien sûr, seulement une chauve-souris surdimensionnée.
Mais en jetant un coup d’œil aux deux frères et sœurs épuisés, on aurait dit qu’ils avaient bel et bien affronté un dragon.
Rael poussa un soupir en jetant un œil au minuteur.
<14:02>
<14:01>
Il reste encore un peu de temps, songea-t-il en s’accroupissant près d’eux.
« Une autre chauve-souris arrive, préparez-vous à... »
Tels des vétérans aguerris, les deux jeunes se redressèrent d’un bond, l’un brandissant un bâton, l’autre serrant une épée dans une main.
Mais en réalisant qu’aucune chauve-souris n’était en vue, ils poussèrent un soupir de soulagement.
« Bien. » Rael hocha la tête. « Maintenant que vous êtes reposés, que diriez-vous de commencer à avancer vers le métro ? Vous avez de la nourriture ? »
Jane secoua la tête. « Pas assez pour survivre là-dedans. »
« J’en ai un peu. » Minos tendit la main et sortit un paquet de chips de nulle part.
Mais Rael et Jane se contentèrent de le fixer comme s’il était le plus grand idiot du monde.
« Mec... » grommela Rael en se massant les tempes, frustré. « Si tu avais un inventaire... pourquoi tu n’as rien dit !? »
« Hein ? Vous n’en avez pas un, vous aussi ? » demanda Minos en penchant la tête.
« Bien sûr que non, » répondit Jane. « Si nous en avions un, nous ne serions pas en train d’avoir cette conversation. »
« Oh... »
« Combien peux-tu stocker ? » demanda Rael avec urgence. « C’est 50 emplacements ? »
« 20, » dit Minos. « M-Mais je peux empiler les objets... donc si vous me donnez 50 paquets de chips, ça ne compte que pour un seul emplacement. »
Rael s’arrêta net, fixant Minos comme s’il était son sauveur.
« Bien... » murmura-t-il. « On va te remplir. Prépare-toi... »
.
.
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<3:53>
<3:52>
Rael fredonnait de satisfaction en marchant aux côtés des deux frères et sœurs.
Piller dix magasins différents était gratifiant, mais réaliser que l’inventaire de Minos pouvait empiler les objets à l’infini était encore mieux.
Ainsi, ils avaient rassemblé des centaines de produits alimentaires en tout genre, s’assurant de pouvoir survivre aussi longtemps que possible.
La seule contrainte restait le temps.
Mais Rael ne regrettait rien.
Passer du temps avec eux et leur apprendre à se battre en valait largement la peine sur le long terme.
Et quand la nourriture viendra à manquer, je pourrai juste... Rael s’interrompit en soupirant. Non, je ne peux pas simplement acheter de la nourriture via la Boutique Premium... mais peut-être que l’un de ces monstres est comestible ? Des rats, peut-être... ?
Il mit cette idée de côté pour le moment alors qu’il s’approchait de l’escalier mécanique brisé et descendait dans l’obscurité.
Cette obscurité ne dura pas longtemps : Jane leva la main et conjura un éclat de glace lumineuse qui se mit à tourner autour d’eux, illuminant le métro sombre.
Puis, quelque chose d’inattendu se produisit.
Les lumières encastrées dans les murs du tunnel s’allumèrent, éclairant le chemin.
Rael se mit en garde et continua d’avancer, suivi par les deux jeunes.
Quelques minutes plus tard, le minuteur arriva enfin à zéro.
<00:01>
<00:00>
<Ding !>
<La troisième partie du scénario principal est terminée !>
<Le scénario principal est en cours de déclenchement...>
<Scénario principal – Partie 4 : Le Changement Subtil>
<Description : Près d’une journée s’est écoulée depuis l’Éveil. Votre monde subit de grands changements, s’étendant en envergure et ouvrant de nouvelles possibilités.>
<Objectif : Attendre dans le métro jusqu’à ce que l’expansion du monde soit terminée.>
<Temps restant avant la fin de l’expansion : 7 jours.>
« Expansion du monde... ? Vraiment ? » songea Rael. « Comme si ce trou à rats n’était pas déjà assez immense. »
« 7 jours dans le métro... on devrait peut-être trouver un endroit où se cacher ? » suggéra Jane. « Parce que si on se regroupe avec les autres, ça pourrait poser problème... »
Rael l’observa de haut en bas.
« On peut faire ça, c’est sûr. Mais je ne pense pas qu’on puisse éviter de les croiser d’abord. »
Il pointa du doigt une ouverture qui venait d’apparaître devant eux.
Derrière, se trouvaient plusieurs centaines de personnes, peut-être même des milliers.
Et ce n’était que l’un des nombreux tunnels du métro. Il n’osait imaginer ce qu’il en était dans les centaines d’autres.
Pourtant...
Rael avança, sa chemise rentrée dans son pantalon pour cacher ses blessures visibles et ne montrer aucune faiblesse.
Mais malgré cela...
« Pfft... c’est quoi ça ? »
« On dirait deux estropiés. »
« Sans déconner, hein ? Regarde leurs ceintures. Celle de la femme vaut plus cher que mon camion... »
« Kekeke... heureusement que l’argent ne veut plus rien dire, pas vrai ? »
Rael écouta leurs commentaires en silence.
L’ouverture du tunnel était très large et semblait avoir été pré-équipée avec toutes sortes de matériel de survie.
Tentes, stations de cuisine, et même un filtre à eau.
Les murs étaient fissurés, mais baignés d’une lumière douce et artificielle.
Le plus étrange restait le râtelier d’armes sur le côté, désormais presque vide.
C’était comme si celui qui les avait envoyés dans le métro voulait qu’ils s’entretuent.
Mais Rael ne voulait rien de tout cela. Il voulait juste passer devant eux et retourner dans les tunnels pour trouver un coin douillet où se reposer pendant une semaine.
Après tout... mes blessures guérissent beaucoup trop lentement, pensa-t-il. Même après une heure... mes PV ont à peine augmenté.
PV : 127/310 → 155/310
J’ai vraiment besoin de plus de Constitution. Récupérer à peine un demi-point de vie par minute, ce n’est pas assez.
Alors qu’il s’attendait à passer devant les gens sans encombre, l’un d’eux se leva.
C’était un homme grand et massif, et il semblait que sa malveillance, plutôt que de viser Rael, se portait sur les deux frères et sœurs.
« Hé, je vois que t’as une ceinture intéressante. Jolies chaussures aussi. Ça te dirait de partager ? » demanda l’homme avec un sourire en coin.
Comprenant où cela allait mener, Rael soupira, recula sa jambe et, sans hésiter, envoya un coup de pied droit dans les parties génitales de l’homme.
-53 ! Coup critique !
Mais au moment où il fit cela, le reste des sbires rassemblés autour se leva immédiatement avec des regards condescendants.
« Hé... espèce de bâtard. Tu crois faire quoi, là ? »