Onest avait l'air bien pitoyable, entouré par les cinq membres de sa nouvelle famille. Sa femme, à l'air mature, semblait avoir presque deux fois son âge.
Et les enfants, qui devaient avoir un âge similaire au sien.
Shitless fut le premier à éclater de rire devant son état, Vritra suivit, tandis que les femmes ne voulaient pas être impolies envers un Onest déjà bien pathétique.
Elles se détournèrent donc pour rire discrètement entre elles.
« Félicitations, le détrousseur, depuis quand es-tu marié ? » demanda Shitless.
« Beau boulot mon ami, tu as gagné à la loterie de la vie. Une belle femme et plusieurs enfants mignons, que demander de plus, bravo. » lança Vritra au milieu de son fou rire.
Le voir dans une telle tragédie, leur première réaction en tant que frères d'armes fut d'en rire.
« V- Vous autres… » Onest essuya une larme, il semblait avoir pas mal changé en si peu de temps.
« Chéri, même si ce sont tes amis, comment peux-tu les laisser frapper tes fils ? Tu dois leur rendre justice !! Maintenant !! » hurla la femme.
« Ferme-la. » dit Vritra. Le sourire disparut de son visage alors qu'il fixait la femme, qui se retrouva soudain incapable de prononcer un mot.
Elle essaya de crier, mais aucun son ne sortit ; elle était terrifiée.
Plaisanter entre eux, c'était une chose, mais qui avait autorisé cette femme à s'immiscer dans leur conversation ?
« Euh… V- Vritra, tu ne peux pas… euh, ne pas lui faire de mal ? » demanda Onest précipitamment, les surprenant tous.
Fronçant les sourcils, Vritra cessa d'utiliser sa capacité Forbidden et dit sur un ton léger : « On dirait que tu aimes trop ta femme, soupir, je suppose que tu ne peux plus continuer sur cette voie. »
« CHÉRI !! Je ne veux plus jamais voir ces types chez moi ! Tu m'entends ? Ces criminels, fais-les partir, on doit soigner nos enfants. » lança la femme rapidement.
« O- Ok, on va parler dehors. » dit Onest en sortant de la maison, et avant que la femme ne puisse ajouter quoi que ce soit, il avait disparu.
Vritra secoua la tête. Il voyait bien qu'Onest était au bord de la rupture, alors il se tourna et disparut à son tour.
Après un instant, la femme et ses enfants restèrent là, hébétés.
« Bon sang, quand tu reviendras, je te ferai dormir par terre ! » cria-t-elle.
...
Après s'être envolés dans le ciel, les dix s'arrêtèrent. Vritra attendit qu'Onest raconte ce qui s'était passé.
Ils ne se moquèrent plus de lui, de peur qu'il ne devienne réellement fou.
« J- Je me suis fait arnaquer, fils de pute. » sanglota-t-il doucement, voulant pleurer sur son sort, mais aucune larme ne coulait.
« Alors, qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Pourquoi tu l'écoutes ? » demanda Vritra. Onest avait l'air d'avoir fait le ménage pendant des jours.
Onest prit une profonde inspiration et commença à raconter son histoire lentement.
Cette femme s'appelle Zira. Onest est tombé sous son charme après l'avoir rencontrée au marché.
Elle tombait, il l'a rattrapée, leurs regards se sont croisés et des étincelles ont jailli instantanément.
Elle était belle, mature et assez voluptueuse pour attirer facilement l'attention d'Onest.
Il voulait en savoir plus sur elle, et elle a montré le même enthousiasme.
Ils ont mangé ensemble dans un hôtel, discutant pendant des heures, apprenant à se connaître. Il lui a même parlé de sa véritable profession, celle dont il est si fier.
Au début, Onest pensait qu'elle partirait, mais cela ne l'a pas dérangée ; elle a dit que tout le monde pouvait avoir un passé difficile.
Ce n'est pas comme si on pouvait changer les choses, certaines situations échappent à notre contrôle et à nos choix.
Onest est tombé encore plus amoureux. Elle était si compréhensive et intelligente, elle semblait vraiment être la femme parfaite pour lui.
Et en voyant la famille de Vritra, il a voulu lui aussi vivre une vie heureuse, alors Onest a décidé de donner une chance à l'amour.
Après avoir passé du temps ensemble, il l'a raccompagnée chez elle avant de se précipiter vers le royaume de Yate.
Il a découvert que les autres avaient déjà commencé, donc il devait attendre, mais cela le rendait heureux.
Ainsi, il pouvait passer plus de temps avec Zira, et au cours des jours suivants, ils ont été inséparables.
Ils avaient même une bonne alchimie au lit ; sérieusement, cela semblait être la relation parfaite.
Onest voulait juste une relation heureuse comme celle de Vritra, quelqu'un qui se soucie vraiment de lui, et elle possédait toutes les qualités requises.
Tout comme elle, Onest était prêt à ignorer son passé, et très vite, c'est elle qui a fait sa demande.
C'est là que le cauchemar a commencé. Elle lui a fait signer quelque chose, le faisant jurer sur sa noble profession de voleur et sur sa défunte mère.
Onest était fou amoureux, il ne s'en est pas vraiment soucié et ignorait que le passé dont il se fichait comprenait quatre enfants, presque de son âge.
Ce n'est qu'une fois installés dans leur maison qu'il a découvert qu'il avait été piégé pour devenir leur papa et qu'il devrait continuer à nourrir les cinq membres de la famille.
Il était totalement coincé ; le contrat stipulait qu'il ne pouvait ni la quitter, ni quitter les enfants, qu'il devait l'écouter, la protéger, et ainsi de suite.
Normalement, Onest n'en aurait pas eu grand-chose à faire, mais il avait juré sur sa mère décédée et sur sa profession, alors il ne pouvait pas rompre le serment.
« Et voilà, maintenant je suis coincé avec eux. » murmura Onest, l'air déprimé et vide.
« Au moins, elle n'a pas d'autre homme, donc ça va. » dit Shitless en tapotant l'épaule de son ami.
Enfin, il avait l'occasion de se moquer d'Onest et il n'allait pas laisser passer ça facilement.
« Hmm, tu veux que je me débarrasse des cinq ? Ou je peux les forcer à rompre ce mariage de leur plein gré. » demanda Vritra en levant les yeux au ciel face à Shitless qui continuait de rire.
« Soupir, on ne peut pas faire ça. Elle a fait un contrat si contraignant et j'y ai cru aveuglément, putain, je suis tellement stupide !! » Onest avait envie de se passer à tabac.
Mais il ne pouvait même pas se faire du mal, comme stipulé dans le contrat, donc il ne pouvait pas faire chanter Zira pour annuler le mariage.
Vritra avait lui aussi envie de gifler ce type. Comment pouvait-il être aussi idiot ? N'était-il pas un voleur ? Les voleurs ne sont-ils pas censés être très intelligents pour duper les autres ?
Pourtant, ce type s'est fait avoir comme un bleu par une femme. Était-ce à cause de l'amour ?
Vritra jeta un coup d'œil à ses femmes ; heureusement, elles sont toutes bien. Il ne veut même pas imaginer avoir quelqu'un comme Zira dans sa vie.
« Tu as ce contrat sur toi ? » demanda Vritra. Sans voir toutes les clauses, il ne pouvait rien faire.
Onest était clairement pris au piège dans ce plan parfaitement ficelé.
« E- Elle l'a gardé avec elle… » dit Onest, faisant soupirer Vritra profondément.
« M- Mais je m'en souviens par cœur, je peux l'écrire rapidement ! » Onest savait que seul Vritra pouvait l'aider maintenant, et il en avait fini avec cette histoire d'amour pour le moment.
Vritra hocha la tête et Onest sortit une très longue feuille de papier. Il semblait préparé et commença à écrire rapidement.
Heureusement, à leur niveau de force, mémoriser de telles choses était un jeu d'enfant.
Zira était assez intelligente pour ne même pas donner de copie à Onest afin qu'il ne puisse trouver aucune faille, mais heureusement, il avait pu tout lire.
Et il n'avait vraiment trouvé aucune faille.
Les autres attendirent qu'Onest finisse d'écrire un contrat si long qu'il aurait pu remplir quelques manuels ; cette femme n'avait vraiment rien laissé au hasard.
Vritra tenait l'épais paquet de feuilles. Il regarda Onest, son image venait encore de baisser d'un cran.
Il pensait que seul Shitless était le lent du groupe, mais il semblait que ce type ne valait pas mieux.
Vritra et toutes les femmes commencèrent à lire le contrat et furent stupéfaits par la réflexion que Zira y avait consacrée.
Cette femme est si rusée, on dirait qu'elle avait envisagé presque toutes les possibilités, et toute échappatoire à ce mariage semblait impossible.
À moins qu'Onest ne rompe son serment.
« Frérot, t'es sacrément dans la merde ! » dit Shitless après avoir lu quelques lignes. Il tapota à nouveau son épaule et hocha la tête avec compassion.
Il fallut quelques minutes pour lire le contrat en entier. Finalement, les sept femmes regardèrent Onest avec pitié.
Peu importe ce qu'Onest fait, il n'y a tout simplement aucun moyen pour lui de sortir de ce mariage de son vivant.
Vritra resta silencieux pendant quelques instants, puis il regarda Onest et dit : « Il n'y a qu'un seul moyen pour que tu sois à nouveau un homme libre. »
« Il y a un moyen ? !! » Les yeux d'Onest brillèrent d'espoir, il demanda avec excitation : « Lequel ? »
« Seulement si elle veut très volontairement mettre fin à ce mariage et te quitter, sinon tu ne peux rien faire. » répondit Vritra.
Onest perdit soudain son énergie. Il le savait aussi, il n'y avait aucune chance que cette salo- que sa femme le quitte de son plein gré.
Bon sang, il ne pouvait même pas l'insulter.
Et il ne pouvait même pas la pousser à le détester ou à vouloir le quitter, de quelque manière que ce soit.
« Ça ne sert à rien, il n'y a vraiment aucun autre moyen ? » Onest avait l'air abattu et brisé.
« Bien sûr que ça peut marcher, ne t'en fais pas, laisse-moi gérer ça ; je vais gagner. » dit Vritra en riant légèrement.
Tout de même, cette situation était assez amusante.
« Vraiment ? M- Merci, mais je dois y aller maintenant, je ne peux pas rester trop longtemps loin d'elle… » dit Onest, l'air si pitoyable.
Il avait complètement perdu sa liberté.
« Très bien, je vais lancer le plan bientôt, fais juste ce que tu fais d'habitude. » dit Vritra alors qu'Onest partait après avoir dit au revoir.
« Uwahahahahaha » Shitless se tenait le ventre et riait comme un fou.
Vritra ne l'interrompit pas pendant quelques instants, puis demanda : « Monsieur Shitless, j'ai une petite tâche pour vous, cela vous dérangerait-il de vous en occuper ? »
Et Shitless fut terrifié en entendant cela ; il sursauta de peur et eut un mauvais pressentiment.
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Merci d'avoir lu... adios