Chapitre 305
Chapitre 304. Je ne peux pas laisser ça finir comme ça (3)
« Hé, tu as entendu ? »
« Bien sûr que j'ai entendu. Le Jeune Maître est revenu hier, n'est-ce pas ? »
« Hum, qu'est-ce que tu racontes, Jeune Maître ? Tu devrais l'appeler Grand Jeune Maître Schneider. »
« Ah, c'est vrai. J'ai tellement l'habitude… »
Les habitants du duché de Schneider étaient tous ravis d'apprendre la nouvelle du retour de Patrick.
Patrick Schneider.
La fierté du duché de Schneider.
Il n'y avait probablement pas une seule personne sur tout le continent qui ne connaissait pas ce nom.
Depuis sa victoire à l'Académie, chacun de ses pas n'était-il pas devenu une légende vivante de cette époque ?
Et il avait encore causé des ennuis.
Ayant découvert des traces de mages noirs dans la Théocratie Sacrée, il s'y était rendu lui-même pour libérer le Pontife de son lavage de cerveau.
Rien que cela constituait un exploit majeur, mais par la suite, alors que l'Empire refusait de mettre fin à la guerre, il était allé seul négocier face aux 200 000 soldats de l'armée impériale.
Sans oublier le duel contre le Saint de l’Épée impérial.
Dans ce duel visant à déterminer le plus puissant du continent, Patrick avait défié toutes les attentes et remporté une victoire éclatante.
Le plus puissant du continent.
Beaucoup avaient prédit que Patrick finirait un jour par revendiquer ce titre.
Mais personne n'aurait imaginé que ce serait si tôt.
Un jeune homme, même pas âgé de trente ans, avait vaincu le Saint de l’Épée impérial et était devenu le plus grand épéiste du continent.
Le fait que ce Patrick Schneider soit le prochain héritier du duché insufflait un sentiment de fierté infinie dans le cœur des gens.
« Je savais depuis que le Jeune Maître était enfant qu'il deviendrait quelqu'un de grand. A-t-il jamais été une personne ordinaire ? »
Il était certainement une personne totalement détachée de l'ordinaire.
Alors que quelqu'un se vantait ainsi, un autre, pour ne pas être en reste, déclara :
« Mon brave. J'étais là quand le Jeune Maître a attrapé le tigre à dents de sabre. Je crois qu'il avait trois ans à l'époque ? »
Dix ans.
Trois ans, c'était un peu exagéré, peu importe comment on regardait la chose.
Bien que dix ans, c'était déjà un monstre…
« Tsk tsk tsk, tu sais que mon fils est dans l'ordre des chevaliers apprentis des Dragons Jumeaux, n'est-ce pas ? Il s'est vanté d'avoir déjà exécuté un ordre du Jeune Maître. »
« Hein ? Quel ordre ? »
« Il a dit qu'un jour, pendant l'entraînement, le Jeune Maître a parlé d'une voix majestueuse. »
« Et qu'est-ce qu'il a dit ? »
« Il a dit qu'on lui avait ordonné : "Hé, apporte-moi à boire." »
« …… »
Cela ressemblait plus à une corvée qu'à une mission…
Quoi qu'il en soit, il gonfla le torse comme s'il était extrêmement fier et dit :
« Un jour, mon fils recevra les conseils du Jeune Maître et deviendra un excellent chevalier. »
« Eh bien, puisque c'est le Jeune Maître qui l'enseignera. C'est plausible. »
« Hahahaha. N'est-ce pas ? »
Les résidents étaient sincèrement heureux et fiers de Patrick. Et s'ils étaient si fiers en tant que résidents du fief, à quel point sa famille devait-elle être heureuse ?
C'était la pensée qui leur traversait l'esprit.
« Son Excellence le Grand-Duc est vraiment béni par son enfant. »
« Il a tellement souffert, il mérite un peu de paix pour ses vieux jours. »
Était-ce vraiment le cas ?
***
« Qu'est-ce que… qu'est-ce que j'ai bien pu faire de si mal pour mériter ça durant mes vieux jours à cause de mon enfant ? »
Le Grand-Duc Schneider poussa un profond soupir.
« Le seul enfant que j'ai, dès qu'il est hors de ma vue, il cause des ennuis ici, puis d'autres ennuis là-bas… »
Voyant son père flétri comme un légume au sel, Patrick ressentit une pointe de culpabilité…
« Hmm, non. Je suppose que ce n'était pas si grave. »
Non, c'était juste parce que tu n'as aucune conscience.
Quoi qu'il en soit, Patrick soupira et dit :
« Je vous l'ai dit, non ? La situation était inévitable. »
« Comment, comment une situation peut-elle être si inévitable que tu ailles faire un carnage dans la Théocratie Sacrée parce que la soupe était trop salée ? »
« …Père, entre nous. »
Patrick poursuivit avec une expression sérieuse :
« Elle était vraiment salée… Woah ! »
Le Grand-Duc Schneider saisit une fourchette sur la table et la lança.
« Petit vaurien, tu esquives ? Tu esquives ? »
« Eh bien, j'aurais dû me laisser faire ? »
« Où crois-tu aller, petit garnement ? Reviens ici ! »
« Maman. Papa me frappe. »
Comme prévu, dans des moments pareils, la seule sur qui compter était sa mère.
Patrick Schneider, le plus puissant du continent, était un homme sage qui savait aller se plaindre à sa maman lorsqu'il était en mauvaise posture. Cependant…
« Mon fils. »
Aujourd'hui, même Ava n'était pas de son côté.
« J'aimerais t'interroger sur cette rumeur absurde selon laquelle tu aurais affronté 200 000 soldats impériaux seul, provoqué le Saint de l’Épée impérial, puis mené un duel contre lui. »
« …Ah. Ça ? »
« C'est un mensonge, n'est-ce pas ? »
« …… »
« Il est impossible que mon fils fasse quelque chose d'aussi stupide, téméraire et insensé que de traiter sa propre vie comme celle d'une mouche. N'est-ce pas. »
Tes mots sont un peu durs, Mère.
Mais tu sais.
« Eh bien… Je crois que j'ai un vague souvenir d'avoir fait quelque chose comme ça… Kuk ! »
BAAAM !
Un plateau de fruits vola bien plus vite que celui que le Grand-Duc Schneider avait lancé.
« Wow, ma mère est devenue vraiment forte. »
Il était heureux, mais il n'avait pas envie de le confirmer de cette façon.
« As-tu un cerveau ? Ou pas ? »
« Non, Mère, tu vois… »
« Qu'as-tu fait de si bien pour oser me répondre ?! »
« Père, écoute d'abord. »
« Écouter quoi ? »
Il semblait que le fait que ses parents soient trop proches était aussi un problème.
Mais il n'y avait pas qu'eux deux.
« Belle-mère, s'il vous plaît, écartez-vous. »
« Mon cher. »
Celle qui arrêtait Ava était la femme de Patrick, Isabella. Elle veillait sur son mari, après tout…
« Je vais m'occuper de lui. »
Shing.
Euh… hein. Tu avais dit que tu avais posé ton épée, n'est-ce pas ?
Tu avais dit que tu serais fidèle à la famille ?
« Je vais aider aujourd'hui aussi. »
Elione intervint à ses côtés.
Invoquant un esprit de haut niveau, elle semblait sérieuse.
Et surtout…
« Jeune Maître. Cette fois, vous êtes allé trop loin. »
En voyant April avec ses Lames d’Aura brillant sur ses épées jumelles, Patrick désespéra.
« April, toi aussi… »
Il n'y avait personne du côté de Patrick.
Comme toujours…
***
Patrick Schneider, le plus puissant du continent.
Il finit par se mettre à genoux devant sa famille pour implorer le pardon, parvenant tout juste à être gracié. Ce n'est qu'une fois la famille un peu calmée que la conversation put reprendre.
« Tout d'abord, cette affaire n'a été qu'un demi-succès. »
« Qu'entends-tu par là ? »
À la question du Grand-Duc Schneider, Patrick répondit :
« L'objectif initial était de confirmer la présence de mages noirs dans la Théocratie Sacrée et de les capturer là-bas. »
« Hmm… »
« Mais ils n'étaient pas là. »
« …… »
« Je ne sais pas pourquoi, mais ils avaient disparu. Il y en avait pas mal d'identifiés comme mages noirs, mais ils se sont volatilisés. »
« …… »
« Juste avant mon arrivée. »
« L'information aurait-elle pu fuiter ? »
La question du Grand-Duc Schneider était raisonnable. Mais…
« Je me le demande ? Vu la nature des mages noirs, s'ils avaient été découverts, n'auraient-ils pas essayé de se débarrasser de moi en chemin au lieu de s'enfuir ? C'est un peu étrange qu'ils s'enfuient en abandonnant un avantage aussi énorme que le Pontife. »
« C'est vrai. »
Peu importait qu'ils soient des mages noirs, il avait dû falloir beaucoup de temps et d'efforts pour laver le cerveau du Pontife.
C'était étrange qu'ils abandonnent cela si facilement sans même combattre.
Patrick haussa les épaules et dit :
« Pour l'instant, j'ai réussi à normaliser la Théocratie Sacrée et à arrêter la guerre. Mais je n'ai même pas aperçu l'ombre d'un mage noir. »
« C'est donc pour ça que tu dis que c'était un demi-succès ? »
« Oui. C'est exact. Enfin, en réalité… »
En ce qui concerne la localisation des mages noirs, il y avait un autre endroit qu'il soupçonnait. Mais…
« Oublions ça pour le moment. »
La question des mages noirs était importante, mais en fait, il avait dû gérer un problème plus grave dans la Théocratie Sacrée cette fois-ci.
Résoudre cela devait passer en premier.
« D'abord, il y a des gens que je dois vous présenter. »
Et derrière Patrick, des silhouettes apparurent dans un léger bruissement.
April porta rapidement la main à la garde de son épée, prête à dégainer, et Elione invoqua à nouveau un esprit.
Une dissimulation si furtive que même les deux personnes les plus puissantes dans cette pièce, en dehors de Patrick, n'avaient pas pu sentir leur présence ?
Il était naturel d'être sur ses gardes.
L'expression d'Elione, en particulier, était très sérieuse. Parce que…
« Une elfe noire ? »
L'une des silhouettes apparues était une elfe noire, l'opposé total de sa propre race elfique.
De plus, l'apparence des autres était également inhabituelle.
Un vampire, un griffon qui était une espèce de bête démoniaque, et elle ne savait même pas à quelle espèce appartenait l'homme-bête avec une queue de renard.
Cependant, l'aura de destruction et de chaos qui émanait d'eux portait une signification claire.
Elione fit un pas en avant pour protéger le reste de la famille et dit :
« Chéri, pourquoi les serviteurs de Kalaron sont-ils ici ? Et même une elfe noire ? »
Patrick haussa les épaules et répondit :
« Pourquoi es-tu si surprise ? Les orcs qui vivent dans notre pays sont aussi, à proprement parler, des serviteurs de Kalaron. »
« Mais ils sont… »
Elione essaya de répliquer, mais elle ne savait plus quoi dire.
Dans le cas des orcs, ils avaient déjà noué une relation profonde avec le duché de Schneider avant même que les elfes ne les rejoignent.
Et ils s'étaient habitués à eux en vivant ensemble.
Mais maintenant que les serviteurs de Kalaron étaient apparus soudainement, elle ne pouvait s'empêcher d'être méfiante.
Kalaron n'était pas un dieu maléfique, mais le domaine qu'il gouvernait était la destruction et le chaos.
Ils étaient, à proprement parler, à l'opposé de son peuple, qui était serviteur de Yupinel.
Et bien que moins qu'Elione, les autres étaient également méfiants face à ces étrangers apparus soudainement.
Patrick soupira en les regardant et dit :
« D'abord… je vais tout vous raconter. Parlons calmement après que vous ayez tout entendu. »
Et Patrick raconta à sa famille ce qui s'était passé.
En vérité, Patrick ne connaissait pas toute l'histoire non plus.
Mais il savait qu'un grand plan était actuellement en train de se dérouler avec lui au centre.
Il avait donc l'intention de partager autant d'informations qu'il en possédait.
L'humain prophétisé mentionné par l'Arbre Monde.
Ce qui s'était passé avec le Tigre Blanc.
Et il expliqua que ces quatre-là étaient des serviteurs envoyés directement par les Apôtres de Kalaron.
Bien sûr, il y avait des choses qu'il ne pouvait pas leur dire.
« Ce serait bien si je pouvais aussi expliquer l'existence du Dieu Extérieur dont j'ai appris l'existence cette fois-ci, mais… »
Le Pontife l'avait supplié de garder le silence à ce sujet, alors il se tut pour le moment.
Après avoir entendu toute l'explication…
« L'humain prophétisé ? »
« L'Arbre Monde a dit ça ? »
« Pourquoi seulement maintenant… Non… plus important encore, est-ce vrai ? »
« Mon fils… »
Les expressions de la famille qui avait entendu l'explication de Patrick montraient de la surprise et une vexation impossible à cacher.
Bien qu'il ne s'agisse que d'informations fragmentées, il était clair que les acteurs majeurs maintenant la structure du monde prêtaient une attention particulière à Patrick.
« Hum, avez-vous dit Monsieur Pillion ? »
Le Grand-Duc Schneider s'adressa au vampire, Edward Pillion.
« Parle. Huma… Ack ?! »
THWACK !
« Où as-tu appris à parler avec autant d'irrespect ? Mon père est ton ami ? »
La chaise que Patrick avait lancée s'écrasa sur le front d'Edward Pillion.
Edward chancela un instant, mais se saisit bientôt le front et dit avec un sentiment d'injustice :
« Kugh… Je ne suis pas un citoyen de ce pays. »
« Et alors ? »
« Je suis aussi un fier seigneur du clan des vampires. Par conséquent, il n'y a pas besoin de faire preuve d'une courtoisie excessive. »
« Je vois… »
Patrick hocha la tête en signe de compréhension…
« Ce sont donc tes derniers mots ? »
Comme s'il allait le laisser faire ?
Voyant Patrick dégainer lentement son épée, Edward dit précipitamment :
« À bien y réfléchir, je crois que la position de père de l'humain prophétisé mérite un traitement dépassant celui de l'empereur d'une nation. Veuillez pardonner mon erreur. »
Edward Pillion.
C'était un homme semblable à une chauve-souris qui pouvait changer de position à tout moment.
Le Grand-Duc Schneider, qui avait été témoin de la scène, dit :
« Tu peux parler librement. »
« Oui, eh bien… »
Edward montra un signe de « devrais-je vraiment ? », mais il ne put trouver le courage nécessaire en voyant le démon derrière le Grand-Duc Schneider lécher ses épées jumelles de manière menaçante.
« Je suis à l'aise comme ça. Veuillez parler. »
« Si vous le dites… Alors, je dois demander, qu'est-ce que cet humain prophétisé dont vous parlez en désignant mon fils ? »
À cette question, Edward réfléchit un instant puis dit :
« Je n'en sais pas beaucoup moi-même. Cependant, la personne parmi nous qui en sait le plus précisément est cette femme. »
Edward pointa du doigt l'homme-bête renard, Dalg-i.
Elle avait à moitié caché son visage avec un éventail, mais lorsqu'elle fut désignée, elle révéla un sourire captivant et dit :
« Eh bien, je suppose que je suis une partie concernée… »
« Alors, pouvez-vous expliquer ? »
« Je ne peux pas expliquer en détail. Cependant, je peux expliquer dans une certaine mesure. »
Et alors qu'elle abaissait doucement son éventail, révélant son visage, elle dit :
« L'humain prophétisé est une sorte d'arrangement. »
« Un arrangement ? »
« Oui. On pourrait dire que c'est un dispositif de sécurité pour contrer une crise mondiale. »
« …… »
« Quand le moment viendra, être choisi ou non par l'humain prophétisé pourrait déterminer la chute ou l'ascension d'un clan. C'est pourquoi l'Arbre Monde lui a confié tout son clan. »
Dalg-i dit cela en s'éventant, puis continua :
« Même moi, je ne peux pas parler imprudemment au-delà de cela. Cependant, si je peux ajouter une chose, le fils de votre Grâce est actuellement une figure plus importante que tous les humains de ce monde réunis. »
« Mon fils l'est ? »
« Oui. Veuillez garder cela à l'esprit. »
« Mon fils l'est ? »
« …C'est exact. »
« Celui-ci ? »
Le Grand-Duc Schneider regarda Patrick.
Patrick se tenait là, le nez en l'air et les mains sur les hanches.
« Hum ! »
En voyant cela, le Grand-Duc Schneider poussa un profond soupir et dit :
« Où va le monde… »
***
Patrick avait révélé la vérité à sa famille.
Mais en réalité, les fragments de vérité révélés étaient trop petits pour saisir l'image complète.
Cependant, si l'on devait résumer les informations données à ce stade…
« D'abord, il semble que je vais devoir abattre un chat rayé et trois autres choses diverses. »
Les Apôtres de Kalaron.
Les Quatre Calamités qui annonçaient la fin.
Il parlait si facilement d'abattre ceux qui avaient conduit même l'Empire Romain, la nation la plus puissante de l'histoire du continent, à sa perte.
De qui était-il l'enfant pour avoir un tel cran ?
« C'est… malheureusement mon fils. »
Aujourd'hui encore, les soupirs ne cessaient de sortir de la bouche du Grand-Duc Schneider.
Comme toujours.
Il se prit le front palpitant et dit :
« Mon fils. N'as-tu pas déjà combattu la Mort Hâtive sans perdre ? »
« Hum. Perdre ? À proprement parler, j'ai gagné ce duel. »
Comment diable pouvait-on interpréter cela ainsi ?
Un gars qui avait dû dormir pendant une année entière pour avoir encaissé trois de ses coups à pleine puissance…
Le Grand-Duc Schneider ferma les yeux avec force.
Le souvenir était encore vif.
Le moment où son fils gisait immobile dans son lit.
Pour lui, ce fut une période de douleur déchirante.
Et maintenant, il disait qu'il allait combattre à nouveau ces Apôtres de Kalaron ?
« Je ne peux pas le permettre. »
« Non, Père, je te dis que c'est quelque chose qui doit être fait. Ce n'est pas quelque chose que tu peux éviter… »
« N'ai-je pas dit que je ne pouvais pas le permettre ?! »
« …… »
Le Grand-Duc Schneider se leva d'un bond et cria. Alors que l'homme habituellement doux et calme haussait le ton de cette manière, même Patrick ne put répondre avec son bagout habituel.
Et il se leva de son siège et dit :
« En tant que souverain du duché de Schneider, je donne un ordre. Mon fils, Patrick Schneider, cessera désormais toutes ses autres activités et se concentrera uniquement sur la stabilité du pays et ses études en tant qu'héritier. »
« Père… »
« Je n'accepterai aucune objection. Si tu désobéis à cet ordre, alors je mobiliserai tout ce que je peux en tant que Grand-Duc du duché de Schneider pour t'arrêter. »
« Non, Père ! »
« Si tu es prêt à détruire la nation que tu as bâtie de tes propres mains, alors continue d'agir selon cette nature maléfique qui est la tienne cette fois encore. »
« …… »
« Sinon, alors suis mes instructions cette fois-ci. »
Et le Grand-Duc Schneider se leva et partit comme s'il n'y avait plus rien à entendre.
Patrick, resté seul, avait une expression stupéfaite.
« Attends, est-ce vraiment mon père ? »
Pourquoi une personne capable d'être si résolue, avec une attitude de « tu meurs, je meurs », vivait-elle comme un paillasson d'habitude ?
Ava s'approcha de Patrick et dit :
« Tu ne comprends pas ton père, n'est-ce pas ? »
« Comment pourrais-je ? »
« Mais moi, oui. »
« Oui ? »
Ava tendit la main et caressa l'épaule de Patrick.
Le contact, comme s'il caressait la chose la plus précieuse au monde, fit étrangement rétrécir Patrick.
Et elle dit :
« Tu comprendras quand tu deviendras parent toi-même. »
« …… »
« Même si tu apportais le monde entier, rien ne pourrait être plus précieux que ton enfant. C'est ça, être un parent. »
« Non, Mère… »
S'il te plaît, écoute ce que j'ai à dire.
Il était sur le point de dire cela, mais les mots ne sortaient pas.
Parce qu'il sentit dans les yeux de sa mère, alors qu'elle le regardait, une émotion qu'il n'avait jamais vue de sa vie.
Ce n'était pas un reproche, ni de la colère. C'était…
« Du ressentiment ? De la part de ma mère envers moi ? »
« Eh bien, c'est… »
Patrick, qui ne craignait rien et ne se méfiait de rien au monde, ne put ouvrir la bouche davantage cette fois-ci.