Chapitre 282
« Ah... le bon sens, Sira. Ne fais jamais confiance au cartel. » murmura Finn, alors que Sira s'effondrait devant lui, une balle logée dans le crâne... Finn, lui, restait relativement calme face à la scène.
Oui, calme, même en sachant pertinemment que le prochain à recevoir une balle serait lui.
Mais il avait raison... c'était une question de bon sens : ne jamais faire confiance au cartel, surtout celui qui est passablement furieux d'avoir été baisé par James.
« Finn Orvich... » Une voix s'éleva derrière lui avec un accent prononcé. Il comprit immédiatement qu'il s'agissait bien du cartel Sinatra de Dennus... et c'était le cas, car l'homme s'assit sur la chaise en face de lui, le cadavre de Sira gisant entre eux. « ... ravi de vous rencontrer. »
« Ouais, ravi de vous rencontrer... monsieur ? »
« Oh, mon nom n'a pas d'importance, Finn. » dit-il en croisant les jambes. Putain, c'était vraiment un membre du cartel, un haut gradé, et Finn le sentait.
Les chaussures en cuir d'alligator avec des plaques métalliques sur les talons, la chemise en soie noire déboutonnée pour laisser apparaître un collier en or avec une croix... et, bien sûr, le pistolet à la ceinture. Un modèle tout en or, gravé et incrusté de pierres précieuses... tout droit sorti d'un film.
« Alors, qu'est-ce qui est important ? » demanda Finn, sans se laisser démonter, sans même montrer la moindre once de peur. Il restait assis, nonchalant, alors qu'une arme était toujours braquée sur sa nuque.
« Ce qui est important, c'est que tu travailles pour James Bellini. » dit l'homme en reniflant et en s'essuyant le nez.
« Je croyais que la règle "vendre sans consommer" était importante au sein du cartel. » lança Finn, réalisant aussitôt qu'il n'avait pas seulement affaire à un membre du cartel, mais aussi à un drogué.
D'ailleurs, cela confirmait son statut de haut gradé : ils étaient les seuls autorisés à sniffer leur propre marchandise.
« Les règles sont faites pour être brisées, Finn, mais s'il te plaît, n'essaie pas de gagner du temps. Personne ne viendra te sauver. » Il plongea son regard dans le sien. « Et ce type dehors est déjà mort. Il n'a même pas essayé de se défendre. Il est mort comme un chien. Ça fait quoi ? »
Oui, Dirsan. Il n'avait pas essayé parce qu'il n'avait pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Il était sorti de la voiture pour prendre l'air et ce fut sa perte : le premier tir l'avait atteint en plein cœur, suivi de deux autres dans la tête.
Il n'avait eu aucun temps de réaction, pas même le temps de réaliser ce qui venait d'arriver. Il était mort rapidement, sans un mot.
Pourtant, Finn ne manifesta aucune réaction. Pas un tressaillement, pas un tremblement, rien. Il se contenta de regarder l'homme en face de lui qui, lui, prenait son pied. Il appréciait de briser quelqu'un lentement, de regarder comment il allait s'effondrer... puis supplier pour sa vie.
Supplier, ça n'arriverait pas, et il le comprit dès que Finn éclata de rire. « C'est mignon de croire que j'en ai quelque chose à faire. » Il rit de plus belle, un rire sincèrement amusé, au point d'en avoir les larmes aux yeux... il trouvait ça drôle, très drôle. Il n'avait pas ri de bon cœur depuis longtemps.
Et c'était peut-être pour ça qu'il riait. Parce que la mort... la mort était déjà sa compagne. La douleur, la perte, la cruauté... rien de tout cela ne lui était étranger. Elles ne pouvaient plus l'atteindre. Elles ne pouvaient plus le faire plier, ni le faire supplier.
Finn n'avait plus rien. Absolument rien... et la mort de quelqu'un n'était pour lui qu'une partie de la vie.
« C'est dur de trouver des gens comme toi, Finn... un homme qui n'a plus rien... mais que se passerait-il si je tuais James ? » Il sourit. « Tu as menti parce que tu es attaché à lui, le seul homme pour qui tu vis... imagine juste mourir en sachant que je vais lui trancher la gorge, puis celle de cette enfant... » Il se pencha vers lui. « Ensuite, je violerais sa mère et cette femme appelée Bella... comment te sentirais-tu ? »
« Huh... tu es venu ici pour jouer à des petits jeux psychologiques, ou pour me tuer... parce que, franchement, tu es très mauvais à ce jeu. » répondit Finn. Mais pour la première fois, il le sentit... l'envie de le tuer, même s'il devait y laisser la vie.
Parce que c'était vrai, il avait des sentiments et un attachement pour une seule personne au monde : James. Mais on ne pouvait pas appeler ça un simple attachement quand on vit uniquement pour cette personne... pour lui, c'était son essence même. Et si James était moqué, menacé, ou si sa famille était blessée... alors c'était tout son être qui l'était aussi.
« Ouais, c'est vrai, désolé pour ça. » dit l'homme en posant son pied sur la tête de Sira. « J'ai trois questions simples. Si tu y réponds correctement, je ne te torturerai pas. »
« Hmm, c'est honnête. » répondit Finn, tout en sachant déjà ce qu'il allait faire... c'était une technique qu'il avait déjà vue fonctionner dans ce genre de situation. Même si c'était exécuté de manière professionnelle, il s'en foutait, il allait mourir de toute façon.
« Bien, alors la première : identifie ces personnes. » Il lui fourra son téléphone sous le nez.
« Ramirez. » dit-il, et l'homme fit défiler. « C'est Sophia, c'est Dani, Mike, Linda, et ça, c'est Benjamin. » Il leva les yeux vers lui. « Alors vous visez même les politiciens, hein ? »
« Évidemment. » rit l'homme. « Question suivante : où est le corps d'Emmanuel ? »
Finn vit ce léger mais visible vacillement dans ses yeux ; il s'en souciait, et la question était presque personnelle.
« J'adorerais dire qu'il a été démembré, dissous dans l'acide ou jeté dans un lac... mais malheureusement, non. » Finn sourit. « Son corps est entre les mains de la police et sera montré à tout le pays comme une petite merde qui a fini sa vie dans une agonie longue et douloureuse. »
Oui, en disant cela, il le revit, mais cette fois c'était plus visible : la fureur, la colère qui bouillonnait en lui alors que Finn plaisantait sur Emmanuel. Un point faible... mais cela n'avait aucune importance, car Finn avait déjà son plan et attendait la dernière question pour passer à l'action.
« James a-t-il des liens avec des cartels à Dennus, les Losentes ou les Cabron ? »
« Il n'en a pas. »
« Bien, c'est tout... tes derniers mots ? » L'homme parla, mais il était clair qu'il n'allait pas tuer Finn rapidement... non, il allait le torturer.
« Ouais, j'adorerais dire, ou plutôt souligner, quelque chose de très peu professionnel. » dit Finn, son plan en marche.
« Oh ? Et quoi donc ? »
Finn sourit, mais c'était différent cette fois, son sourire démoniaque, sa signature. « Les ombres sur le côté droit. »
« Les ombres ? » demanda l'homme en regardant sur sa droite. Effectivement, il y avait l'ombre de l'homme qui braquait son arme sur la tête de Finn. « Qu'est-ce qu'il y a avec ça ? » demanda-t-il en reportant son regard sur Finn, toujours avec ce sourire aux lèvres.
« Ça me dit qu'un seul enfoiré se tient derrière moi, et qu'un seul est assis devant moi... c'est toi, » dit-il sans même ciller. « Et une chose que tu devrais savoir sur moi... j'ai toujours une balle dans la chambre, cran de sûreté enlevé... et deuxièmement... » Son sourire s'effaça. « Je suis prêt... »
« Oh... » L'homme se pencha en avant. « Prêt à quoi ? »
« À mourir. »