Chapitre 14
[Han, Jenna, Dajil, Grete, Gael sont arrivés !]
« Pourquoi ceux qui sont partis ne reviennent-ils pas… ? »
marmonna Dajil.
Gael, qui était allongé en gémissant, prit la parole.
« Écoute, noble fée. J'ai de l'arthrite et je ne peux plus marcher. S'il te plaît, dispense-moi. »
« De l'arthrite ? Tu marchais très bien jusqu'ici », cria Jenna.
« Et si ça se mettait à me faire mal tout d'un coup, je fais quoi ? »
[Cette espèce de… ?]
Je haussai les épaules et franchis la porte au fond de la place. L'intérieur était une vaste pièce circulaire ornée de miroirs imposants, chacun dépassant les dix mètres de haut. Des informations sur le donjon concerné s'affichaient au-dessus de chaque miroir.
[Grimpez la tour et sauvez le monde !]
[Donjon principal : étage actuel – 0]
[Un festin de donjons qui change chaque jour !]
[Donjon quotidien]
[Accès refusé ! Terminez le 5e étage du Donjon principal.]
[Collectez divers matériaux rares !]
[Donjon d'exploration]
[Accès refusé ! Terminez le 10e étage du Donjon principal.]
À l'exception du miroir de gauche, les deux autres étaient plongés dans le noir le plus total.
« Alors, c'est comme ça. »
Le sentiment de regarder d'en haut en tant que Maître, et de regarder d'en bas en tant que Héros.
Il y a un monde de différence.
C'est bon. Je peux le faire. Je ne peux pas mourir dans un endroit pareil sans même en connaître la raison.
Cette seule détermination glaça ma rationalité.
Peu après, les autres membres du groupe entrèrent par la faille spatio-temporelle.
« J'ai de l'arthrite ! »
« Contente-toi de venir pour l'instant. On vivra et on mourra ensemble ! » encouragea Jenna.
[Bruyants, bruyants, vous êtes bruyants ! Taisez-vous et préparez-vous.]
« Bon, à quoi doit-on se préparer ? »
« Je n'ai même jamais tenu une lance… »
[Donjon principal, l'étage actuel est le 1er.]
[La porte s'ouvrira dans 10 secondes. Préparez-vous !]
J'inspectai les membres du groupe derrière moi. Jenna et Gael continuaient de se disputer, Dajil était couvert de sueur, et Grete tremblait dans un coin.
« Il n'y a personne d'utile ici ? »
Je poussai un soupir.
Le miroir de gauche commença à briller.
La lumière s'intensifia, obscurcissant ma vision et inondant toute la pièce.
« Quoi, qu'est-ce que c'est que cette lumière ! »
« Ne vous laissez pas submerger ! Ça commence ! »
Je criai. C'était un message pour les membres du groupe, mais aussi pour moi-même. Dans ce monde, il n'y a personne sur qui compter à part moi. Si je perds mon sang-froid, c'est fini.
Je me le répétais comme pour me faire un lavage de cerveau.
Et quand la lumière s'estompa, je me retrouvai dans un endroit inconnu.
[Étage 1.]
[Type de mission – Soumission]
[Objectif – Anéantissez l'ennemi !]
Une brise légère soufflait.
Une plaine infiniment vaste s'étendait au-delà de l'horizon.
« Attends, où est-on ? »
« Où veux-tu qu'on soit ? C'est un champ de bataille ! »
Je tapotai mon bouclier avec la vieille épée en fer.
Quatre gobelins se rassemblaient à une dizaine de mètres. Ils portaient des casques en fer et maniaient des épées tordues. L'un d'eux avait même une fronde.
[Gobelin Niv.3] X 4
Ils avaient gagné deux niveaux depuis le tutoriel.
Les yeux des gobelins qui nous avaient repérés luisirent d'un rouge sinistre.
« Je vous l'ai déjà dit, si on ne se bat pas, on sera exterminés. Alors reprenez-vous… »
En parlant, je regardai derrière moi.
Il n'y avait personne.
« Merde. »
[« Jenna(★) » ressent de la peur. Toutes les statistiques diminuées de 30 %.]
[« Dajil(★) » ressent de la peur. Toutes les statistiques diminuées de 30 %.]
[« Grete(★) » ressent de la peur. Toutes les statistiques diminuées de 30 %.]
[« Gael(★) » ressent de la peur. Toutes les statistiques diminuées de 30 %.]
Les quatre couraient dans tous les sens, paniqués, ne sachant pas s'ils devaient avancer ou reculer.
Gael, qui prétendait avoir de l'arthrite, était le plus rapide.
Je m'y attendais, mais je ne pensais pas qu'ils seraient aussi inutiles.
Gael trébucha au bord du champ et tomba. Les trois autres suivirent son exemple.
« Aïe ! Mon dos ! »
« Pourquoi ça nous bloque ? »
« Ouvrez ! Laissez-moi sortir ! J'ai besoin d'aller aux toilettes ! »
[« Dajil(★) » sombre dans la panique. Toutes les statistiques diminuées de 50 %.]
[« Grete(★) » sombre dans la panique. Toutes les statistiques diminuées de 50 %.]
[« Gael(★) » sombre dans le désespoir. Toutes les statistiques diminuées de 80 %.]
Ils se recroquevillaient dans un coin sans aucune intention de combattre les gobelins.
Dajil abattit sa hache contre le mur, mais son poignet lâcha et il s'effondra. Grete frappa le mur avec sa lance, et Gael a dû se faire un tour de rein car il ne pouvait plus se relever.
Seule Jenna revint vers moi, haletante.
« Frère, si on bat ces gobelins, on pourra partir ? »
Ses yeux couleur citrouille tremblaient et elle avait des sueurs froides sur le front.
Mais Jenna saisit fermement son arc.
« Tu sais tirer à l'arc, n'est-ce pas ? »
« Mon père était chasseur. »
« Je vais aller au front, et tu tires depuis l'arrière. Tu peux le faire ? »
« Oui ! »
[« Dajil(★) » sombre dans le désespoir. Toutes les statistiques diminuées de 80 %.]
[« Grete(★) » sombre dans le désespoir. Toutes les statistiques diminuées de 80 %.]
« Et eux… ? » Jenna regarda derrière.
« Ne t'occupe pas d'eux. Ils ne sont d'aucune aide. Allons-y ! »
Je mis de la force dans ma main gauche, celle qui tenait le bouclier, et je me précipitai en avant.
Je n'avais jamais utilisé de bouclier auparavant. Ni d'épée, d'ailleurs. Mais je n'avais pas le choix.
Les gobelins couraient sauvagement, chargeant vers nous.
Des pierres volaient dans les airs !
Je levai le bouclier devant mon visage. Un impact lourd résonna dans mon bras gauche. Sans le bouclier, j'aurais été touché. Dans le champ de vision sous le bouclier, un gobelin balança son épée.
En abaissant le bouclier pour parer, je portai un coup d'estoc avec mon épée !
Le gobelin, avec une profonde entaille au bras, recula.
Je fis quelques pas en arrière pour évaluer la situation.
« Pourquoi n'y en a-t-il qu'un seul ? »
La raison devint vite évidente. Les deux autres gobelins, à l'exception de celui à la fronde, se précipitaient vers les membres de notre groupe qui hurlaient. Même avec les gobelins qui approchaient, les trois autres ne parvenaient pas à reprendre leurs esprits.
« Oncle, battons-nous ! Les monstres arrivent ! »
Jenna, qui avait rapidement armé son arc, décocha une flèche.
La flèche frôla le sommet du crâne du gobelin.
« Oh non, j'ai raté ! »
Jenna prit une autre flèche dans son carquois avec une expression frustrée.
« Je t'ai dit de ne pas t'occuper d'eux ! »
Je décidai de les ignorer.
Mais c'était en fait une chance. Puisque ces types servaient d'appâts, nous pouvions vaincre les monstres un par un. Je chargeai le gobelin, les dents serrées, le bras contracté. Je déviai une pierre qui volait vers moi, bloquai son épée avec la mienne, puis le frappai avec le bouclier !
« Kyaah ! »
Le gobelin tomba face contre terre avec un bruit sourd.
Bien, je peux le faire. Je peux vraiment le faire ! Je plongeai mon épée dans la poitrine du gobelin à terre.
« Grr, grrrrr… »
Le gobelin écuma de la bouche et laissa retomber sa tête.
« Kiaaaaah, kiaaaah ! »
« Euaaaaak ! »
[« Dajil(★) » retourne dans l'étreinte de la déesse. Sa détermination restera à jamais gravée dans les mémoires.]
Je ne regardai pas en arrière.
Il en reste un. Un gobelin à distance qui fait tournoyer sa fronde. Je levai mon bouclier et chargeai. Le gobelin commença à lancer des pierres. Les pierres furent bloquées par le bouclier.
Choisir le bouclier était vraiment la bonne décision.
[« Grete(★) » retourne dans l'étreinte de la déesse. Sa détermination restera à jamais gravée dans les mémoires.]
Derrière moi, j'entendis un cri désespéré et un bruit de succion. C'était un son désagréable, comme si on déchirait et séparait de la chair.
Le gobelin devant moi commença à fuir.
« Où crois-tu aller ? »
« Kirarak ! »
Je plaquai le gobelin en fuite par derrière. Il essaya de me frapper au front avec une pierre. Je la bloquai avec le bouclier.
« Gloire au bouclier, espèce de bâtard ! »
J'enfonçai l'épée dans sa cage thoracique exposée. Une sensation désagréable de raclement contre les os me parcourut le bras. L'ignorant, j'enfonçai la lame profondément. Une fois retirée, je frappai à nouveau.
Poc, poc, poc, poc !
Après quatre coups, je relâchai ma prise et le gobelin s'effondra comme une carcasse vide.