Chapitre 114
« Éliminez-les, puis suivez-moi. »
« Et toi, Oppa ? »
« Je passe devant. »
« On te rattrape vite. »
En m'engageant dans le passage de gauche, un hall à colonnades recouvert d'un tapis blanc s'étendit devant nous. Au bout du couloir, un escalier menait vers les étages supérieurs.
« Je vais te tuer… ! »
Je balançai mon bouclier contre le casque d'un soldat qui chargeait vers moi.
Paf !
J'empruntai l'escalier en colimaçon.
Pendant mon ascension, une porte s'ouvrit soudainement et un chevalier en armure lourde en émergea.
Le chevalier brandit une épée incrustée de gemmes et commença à parler d'une voix solennelle.
« Je suis Kyle von Strauss ! L'épée de la famille Strauss ! Un Chevalier Sacré représentant la colère de la déesse ! Je vais châtier le mal qui se dresse devant moi… »
Je passai devant le chevalier sans m'arrêter.
« Attends, un instant. Je me présente… hé ! Ne m'ignore pas ! »
Près de la rampe de l'escalier, un pilier cylindrique surmonté d'un pot apparut. Je donnai un coup de pied dedans pour le faire tomber ; il s'écrasa dans un vacarme assourdissant en dévalant les marches.
« Ah, bon sang, attends un… ! »
Je continuai mon ascension.
Au sommet de l'escalier en colimaçon se trouvait un long hall.
À travers les vitres sur le côté, on pouvait voir la place. Je jetai un coup d'œil dehors. Des soldats armés convergeaient vers le temple de toutes parts.
Je traversai le hall.
L'une des nombreuses portes s'ouvrit.
« Je suis… »
Paf !
Je poussai la porte violemment.
Le battant, à peine entrouvert, percuta de plein fouet le chevalier qui tentait de sortir.
« Bang ! »
Le chevalier se prit le visage entre les mains et s'effondra au sol.
Je courus au fond du hall. En chemin, je croisai quelques personnes, mais elles passèrent devant moi avec des visages totalement indifférents. Il semblait que, même au sein du temple, certains pouvaient nous voir et d'autres non.
Au bout du hall se trouvait un jardin vaste et somptueux.
La lumière du soleil filtrait à travers les ouvertures du plafond. Au fond du jardin se dressait la terrasse que j'avais aperçue depuis la place. Des silhouettes se dessinaient derrière les rideaux suspendus.
« C'est là-bas. »
Il ne restait plus que 3 minutes environ.
Le temps pressait.
J'ouvris la porte du jardin et entrai. Trois chevaliers surgirent de l'ombre des arbres. Ils me fixèrent avec des expressions graves tout en ajustant leurs visières.
« Mort aux hérétiques. »
Les chevaliers s'approchèrent lentement, leurs épées longues pointées vers moi.
Leur posture différait de celle des soldats indisciplinés ; ils maîtrisaient visiblement un escrime formel.
Une ombre bougea sur la terrasse.
Une autre silhouette apparut derrière le rideau, laissant deviner les contours d'une robe de prêtre.
« Alors, est-ce mon tour ? »
« Oui, Votre Altesse. La foule rassemblée sur la place attend. »
« Mais qu'est-ce que ce tumulte à l'extérieur ? »
« Il semble que des intrus se soient introduits. Nous allons les repousser rapidement, ne vous inquiétez pas. »
Les deux silhouettes sur la terrasse discutaient.
Pendant ce temps, les trois chevaliers se refermèrent sur moi. Leur formation était impeccable.
Je pris une profonde inspiration et raffermis ma prise sur mon épée.
« Hup ! »
Le chevalier du centre expira brusquement et porta une estocade. Je bloquai avec mon bouclier. Les deux autres enchaînèrent avec leurs propres attaques en décalé. En faisant un pas sur la droite, je déviai la lame avec mon épée. Ils lancèrent alors une attaque combinée. Les trois lames travaillaient en harmonie, frappant sans jamais se gêner.
Le tranchant d'une épée effleura ma joue.
Une fine ligne de sang jaillit, tachant l'herbe du jardin.
Je roulai au sol pour éviter deux taillades, puis balayai l'air avec mon épée dans un large arc de cercle. Le chevalier bloqua naturellement. En me relevant, je lui écrasai violemment le pied droit.
« … ? ! »
Poc.
Je fis descendre mon épée, frappant son pied gauche avec la lame. Le chevalier chancela. Je tordis son épée et lui tranchai la gorge. Ensuite, je lançai mon épée ensanglantée sur le chevalier derrière moi. Il recula de quelques pas et la dévia avec sa propre lame.
Il recula suffisamment pour me permettre de me concentrer sur le chevalier devant moi.
Celui-ci enchaîna trois estocades rapides. Je les déviai toutes avec mon bouclier. Puis, j'enfonçai ma lame dans la fente de sa visière ; le sang se mit à couler. Il s'effondra au sol, la vie le quittant instantanément.
Il n'en restait plus qu'un.
Il saisit son épée longue à deux mains et adopta une posture défensive.
Je souris en coin, chargeai, et lui tranchai la gorge d'un coup sec.
Le jardin se teinta de pourpre sous le sang qui jaillissait des cadavres.
J'essuyai mon épée et m'avançai au-delà du jardin.
« Je vous suis reconnaissant pour cette opportunité. Je n'oublierai pas. »
« Il n'y a pas de quoi. La déesse en sera certainement ravie également. »
« Alors, je m'en vais. »
J'écartai les rideaux de la terrasse.
La lumière du soleil se déversa comme une pluie. Je plissai les yeux face à cet éclat et observai ce qui se trouvait devant moi.
« … ! »
Je croisai le regard d'un vieux prêtre sur la terrasse. Ses yeux ridés s'écarquillèrent d'incrédulité. Il brandit son bâton dans un geste précipité, mais celui-ci ne visait pas moi, mais quelqu'un derrière moi, en direction de la rambarde.
Une énergie sombre tourbillonnait au bout du bâton.
Je reconnus cette magie. La flèche magique que le Prêtre Noir avait utilisée au 10e étage.
Clac !
Je lui tranchai la gorge avant qu'il ne puisse agir.
Kiiiiing !
L'énergie accumulée au bout du bâton fit exploser le plafond de la terrasse. Finalement, quelqu'un sur la terrasse tourna son regard vers moi.
Une jeune fille en robe blanche.
Elle portait une couronne dorée sur ses longs cheveux argentés.
Elle semblait avoir une quinzaine d'années. La fille me fixa, puis éleva la voix, surprise.
« Q-qui es-tu ? »
Je répondis brièvement.
« Tu n'as pas besoin de savoir. »