Chapitre 19
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 19 : Miser seulement sur l’honneur de Grand-Père
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Pression. Pression.
Je dormais profondément quand quelque chose de lourd se posa contre ma taille. Quelque chose troublait mon paisible sommeil. Je fronçai les sourcils et lançai le bras en avant ; ce qui m’écrasait recula aussitôt. La paix revenue, je me rendormis.
Pressiooon.
Quelque chose de lourd se posa de nouveau contre ma taille. Je balayai l’air du bras avec toute la férocité dont j’étais capable, et l’intrus se retira en vitesse. Satisfait, je m’endormis à nouveau.
Pressioooon.
Je commençais à m’agacer. Quelle créature insolente osait troubler mon paisible sommeil ? Il était temps de lui donner une leçon. Dès que le poids se posa sur moi, je me redressai brusquement, attrapai le pied qui m’écrasait et tirai dessus. J’allais l’immobiliser pour l’empêcher de bouger.
Hein ? Pourquoi ne bougeait-il pas ? C’était étrange. J’avais beau tirer de toutes mes forces, il ne remuait pas d’un pouce.
Où avais-je déjà senti ça ?
L’État militaire était un pays de charpentes d’acier et de béton. Tout ce qui composait ses villes était dur.
Ses bâtiments, ses habitants, et jusqu’à ses idéaux.
Un jour, alors que je passais sous un viaduc, j’en avais touché un pilier. Une colonne robuste et solide, faite d’une ossature d’acier et de béton durci. Je me souvenais encore très bien de la sensation de cette structure, capable de supporter le poids des gens et des énormes carrioles qui passaient au-dessus. J’avais beau lui donner des coups de pied, elle ne tremblait pas le moins du monde. Ce pilier semblait exister dans un monde à part du mien.
La jambe qui m’écrasait à présent était aussi immobile qu’un pilier de pont en béton armé. Elle ne bougeait pas d’un pouce. La différence, c’était qu’elle était chaude et douce, mais la force qui l’habitait surpassait celle de n’importe quel pilier.
Je tenais la jambe sans raison, le regard vide.
« Ouaf ! »
La jambe bougea d’elle-même, suivant ma main.
Un adulte laisse un enfant le tirer parce qu’il veut bien le suivre, pas parce que l’enfant est plus fort. De la même façon, le pied doux et duveteux se déplaça dans la direction que je lui indiquais. Une grande ombre bondit alors sur mon lit.
Une fille aux yeux pleins de curiosité se tenait devant moi. Ses cheveux blonds en bataille étaient en désordre, et toutes ses émotions se lisaient sur son visage. Elle avait noué son uniforme sous sa poitrine. Je ne savais pas si elle cherchait à mettre en valeur ses seins généreux ou à les empêcher de balloter. Sous son nombril, une queue à demi recourbée se balançait doucement.
La fille m’aperçut, m’adressa un grand sourire et me tapota la poitrine. Son geste était si empreint de confiance et d’affection qu’il me mit mal à l’aise.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Une femme venait de me réveiller et se comportait comme une petite adorable. Était-ce une assassine ? Ou quelqu’un venu me réclamer une dette… ?
C’est alors que, sentant le danger, je lus ses pensées.
Non. Un chien.
Le Roi des Chiens. Azzy.
Je repoussai mes cheveux en arrière et m’assis dans mon lit. Une fois un peu réveillé, je retrouvai peu à peu mes esprits. Le bruit revint dans ma tête, jusque-là silencieuse, et mon champ de vision s’élargit, comme si un brouillard s’y était insinué.
Quand j’essayai de sortir du lit, Azzy s’écarta vivement.
« Tu es venue me réveiller ? »
« Ouaf ! »
« Parce que tu as entendu quelqu’un dire qu’il n’y avait personne pour me réveiller sans réveil ? »
« Ouaf ouaf ! »
« C’est ça. Merci. Gentille fille. »
« Moi, gentille ? »
« Bien sûr que tu es gentille. »
« Ouaf ouaf ! Moi, gentille ! »
À ses aboiements comme à sa façon de se rouler de joie sur mon lit après avoir reçu des compliments, elle était exactement comme un chien, sous tous les angles. En réalité, elle tenait davantage du chien que de n’importe quelle autre espèce au monde.
C’est ça. Un chien.
Pas une fille.
Je me lavai le visage et me changeai. Mon uniforme s’enfonça dans le bio-terminal à mon poignet, et j’y glissai un nouveau paquet de vêtements.
Pour une raison ou une autre, j’avais envie de me verser de l’eau froide sur la tête.
Naturellement, ma ration d’eau quotidienne ne me permettait pas ce luxe. Je tombai à court d’eau en me lavant, alors je fonçai dans la pièce voisine, des gouttes tombant de mes cheveux mouillés. Le lit y était plié en deux et l’armoire était cassée, mais la plomberie fonctionnait encore ; j’empruntais donc de l’eau dès que ma chambre en manquait.
Une fois séché, je levai les yeux. Azzy était toujours à mes côtés. Je m’essuyai les cheveux avec la serviette que j’avais laissée de côté, puis vérifiai ce qu’il me restait comme ration.
Il restait un peu d’eau. La part d’une personne ne suffisait jamais, mais celle de deux personnes était légèrement excessive. Typique de l’État militaire.
Je versai l’eau restante dans un gobelet et le tendis à Azzy. Elle y plongea le museau et lapa l’eau.
La voir se comporter comme d’habitude me parut étrangement bizarre, aujourd’hui, et je la grondai sans raison.
« Azzy. Tu as un corps comme celui d’une personne, alors tiens le gobelet et bois avec tes mains. »
« Ouaf ? »
Azzy pencha innocemment la tête à mes mots.
« Ouaf ? Tu m’as appelée ? »
Si elle faisait ce qu’on lui disait, Azzy ne serait pas un chien. Je soupirai, l’installai sur mes genoux, portai le gobelet à sa bouche et l’inclinai avec précaution.
Azzy continua de tirer la langue, puis sembla surprise quand l’eau qui ondulait se mit à entrer dans sa bouche. Elle se tortilla en vain. Je la maintins fermement et la rassurai doucement pour qu’elle n’ait pas peur. Bientôt, elle se détendit et avala par petites gorgées l’eau qui coulait.
« Bien. Tu vois comme c’est plus facile ? Essaie de boire comme ça à partir de maintenant. Qu’en dis-tu ? »
« Ouaf ! »
« Voyons voir. »
Elle avait compris, non ? Je posai doucement le gobelet par terre.
Azzy s’agenouilla aussitôt, plongea le museau dans le gobelet et se mit à laper l’eau.
Je regardai sa queue se balancer au-dessus de son arrière-train relevé et marmonnai : « Tout ça pour rien. »
Au son de ma voix, Azzy se détourna du gobelet. Nos regards se croisèrent ; elle m’adressa un grand sourire et aboya.
« Ouaf ouaf ! »
Un rire m’échappa.
Pourquoi les humains trouvaient-ils du réconfort auprès des animaux innocents et simples ?
Était-ce parce qu’ils se sentaient supérieurs en regardant de haut des créatures au-dessous d’eux ?
Ou parce qu’ils se souvenaient de la pureté qu’ils avaient perdue ?
« Peu importe. »
La raison n’avait pas d’importance. Peut-être que ce sentiment existait avant même qu’on lui en trouve une, après coup.
Tant que ça me rendait heureux, c’était suffisant.
Azzy finit son eau. Je raccrochai le gobelet à son crochet et quittai la pièce vide.
« Allons prendre le petit-déjeuner. »
« Ouaf ! »
Au menu, il y avait le ragoût de viande de la veille. Il n’en restait plus beaucoup, mais ce serait suffisant pour le petit-déjeuner. Pour le dîner…
Des haricots. J’en avais assez du ragoût, mais le ragoût de haricots restait le meilleur plat que je pouvais préparer pour le moment.
« Ils ne fournissent rien à cet endroit ? J’aimerais bien avoir des produits frais. »
Il n’y avait même pas des dizaines de personnes ici. Juste deux personnes, un chien et un cadavre. Ils pouvaient au moins nous envoyer des provisions. Parmi nous, une personne et un cadavre étaient même autonomes.
Ce n’était pas comme s’ils ignoraient l’existence de cet endroit. Leurs provisions et leurs messages arrivaient en retard.
En maugréant, je me dirigeai vers la cantine.
Le quatrième étage. Même en exagérant, il était difficile de qualifier de décent le quartier des travailleurs forcés. D’innombrables fissures capillaires parcouraient les murs de béton ; les impacts répétés s’y superposaient comme les cernes d’un arbre. Des portes impossibles à verrouiller s’alignaient le long du couloir étroit. On n’avait qu’à s’appuyer négligemment contre un mur pour que la porte s’ouvre ou que le mur tremble.
Au moins, la cantine, qui disposait de quelques équipements, était spacieuse et solide.
Elle était plus grande que les chambres et possédait tout le matériel nécessaire. Plusieurs marmites de taille standard, un certain nombre d’assiettes, et même des plateaux pour transporter la nourriture. Ils avaient probablement prévu que les travailleurs apporteraient aussi les repas aux prisonniers.
« Ils n’auraient pas eu besoin de plateaux. Les travailleurs n’avaient qu’à descendre pour livrer les repas. »
Je haussai les épaules et m’approchai de la marmite couverte.
Au moment où j’essayai d’en soulever le couvercle, un pressentiment indescriptible m’envahit. Un déjà-vu ? Ou un instinct proche de la prémonition ?
Non. Sûrement pas. Encore ?
« Non. On s’est battus comme ça hier. C’est impossible. »
Je ris pour chasser mon inquiétude et soulevai le couvercle.
Je ne trouvai qu’une marmite vide. Son fond noirci ressemblait à une vision de mon avenir.
« Espèce de sale cabot ! »
Mon rugissement résonna dans toute la cantine.
« Tu n’as donc aucune capacité d’apprentissage ? En quoi es-tu différente d’un chien ordinaire si tu es le Roi des Chiens ? Même un chien de génie célèbre dans la campagne serait plusieurs fois plus intelligent que toi ! »
« Aouuu ! Moi, non ! Ouaf ! Ouaf ! »
La guerre sainte entre l’homme et le chien venait d’éclater. La régresseuse, accourue après avoir entendu le vacarme, posa une main sur son front et prit la parole.
« Qu’est-ce qui s’est passé, cette fois ? »
« Ça doit encore être une broutille. »
Une broutille ? La nourriture, les vêtements et le logement. Parmi ces trois choses, c’était toujours la nourriture qui décidait du sort des gens. Autrement dit, c’était une question de vie ou de mort !
Je m’avançai à grands pas vers la régresseuse, la marmite à la main. Je brandis la boîte de conserve vide et la marmite tout aussi vide, puis lui criai :
« Tu vois ça ? Une boîte suffisait à nourrir une personne pendant quatre jours. Ça veut dire qu’elle contient assez de nutriments pour tenir tout ce temps ! Mais à cause de cette sale bête, une boîte entière disparaît en une seule journée ! »
La voix boudeuse d’Azzy s’éleva derrière moi.
« Moi, non ! »
« Menteuse ! Si ce n’est pas toi, alors qui ? »
« Non ! Non ! »
« Si tu es le Roi des Bêtes, trouve autre chose à dire ! Répéter toujours les mêmes mots ne fait pas de toi un chien, mais un perroquet ! »
« Pas perroquet ! »
« Si tu veux me convaincre, parle comme une personne ! »
La régresseuse fit mine de se boucher les oreilles et m’interrompit.
« Attendez. Vous criez tous les deux trop fort. »
Azzy et moi nous dévisageâmes en grondant. La régresseuse poussa un profond soupir et marmonna :
« Pourquoi es-tu si sûr qu’Azzy est coupable ? Ce n’est peut-être pas elle. »
« Alors tu insinues que la stagiaire Shei est coupable ? »
Je levai les yeux au ciel.
« La stagiaire Tyrkanzyaka est une vampire. Elle ne boit que du sang. Les seuls humains qui restent sont la stagiaire Shei et moi. Mais ce n’était pas moi. Même si je suis sans scrupules, je ne ferais pas une chose aussi inutile que de manger la nourriture moi-même pour en accuser le chien. De toute façon, c’est moi qui gère le garde-manger. »
« Il sait donc qu’il n’a aucune conscience ? »
« Si Azzy n’est pas coupable, ça veut forcément dire que la stagiaire Shei a volé la nourriture. Tu comprends ? Ce que tu viens de dire revient à nous demander de te soupçonner, toi ! »
Je jetai la marmite dans l’évier et criai :
« Tu as dit que tu avais des rations de secours ! Tu as dit que tu n’avais pas besoin qu’on te prépare à manger ! Mais après n’avoir mangé que ces rations, la cuisine réconfortante de l’État militaire t’a tentée et tu es venue fouiller la marmite pendant la nuit ? La pauvreté elle-même, et même les plats réconfortants qu’elle engendre, ne sont-ils pour toi que des reliques à exposer dans une vitrine ? »
« Quelles reliques ? Bien sûr que non. Je ne mangerais pas de nourriture en conserve même si on m’en donnait. »
« Alors mêle-toi de tes affaires, bourgeoise ! Aujourd’hui, je vais me battre à mort contre ce sale cabot ! »
« Attends. »
La régresseuse parla d’un ton irrité. À sa volonté, Chanteciel, l’épée précieuse qui flottait dans les airs, pivota lentement et se mit à me viser.
Je me tus aussitôt.
Même si je me battais à mort, je ne voulais pas mourir de la gueule d’un chien.
« Ce que je veux dire, c’est qu’il pourrait y avoir quelqu’un d’autre ici. »
« Je n’aime pas les histoires où un inconnu dont personne ne soupçonnait l’existence se révèle coupable. Ça fait trop artificiel. »
« …D’habitude, il avance des arguments sensés, mais parfois, il dit des choses complètement délirantes. Je ne comprends vraiment rien à cet homme. »
« Que ça te plaise ou non, cette possibilité existe. »
« C’est vrai, c’est une hypothèse possible. Mais… »
La déduction était tellement pleine de trous que je ne savais même pas par où commencer pour la critiquer. C’était tout ce que la régresseuse avait en réserve ? Laisse-moi lui apprendre. Peu importe à quel point une chose paraît compliquée, la vérité est toujours la réponse la plus simple.
Je pointai la régresseuse du doigt et déclarai : « Stagiaire Shei, ton raisonnement est faux. »
« Pourquoi ? »
« Nous sommes à Tartare, dans l’Abîme. C’est un endroit complètement isolé, où personne ne peut entrer ni sortir. Tu prétends qu’il y a ici quelqu’un dont aucun de nous ne connaît l’existence — ni toi, ni moi, ni Azzy, ni la stagiaire Tyrkanzyaka — et qui sort la nuit rien que pour manger ? »
Avec un reniflement méprisant, j’exposai mon raisonnement infaillible.
« C’est absurde. Une telle personne n’existe pas, et ne doit pas exister. »
« Je comprends que ce soit difficile à accepter, mais qu’est-ce que tu veux dire par “ne doit pas exister” ? »
« Si une telle créature existe vraiment, qu’est-ce que ça peut être, sinon un fantôme ? »
« Et alors ? »
« Les fantômes font peur. Je ne veux pas croire qu’ils existent. »
La régresseuse comprit enfin ce que je voulais dire et resta là, bouche bée. Son air idiot lui allait étonnamment bien.
« Donc, comme une telle créature te ferait peur, tu refuses même d’envisager cette possibilité ? »
Je hochai aussitôt la tête.
« Oui. »
« Quoi… quoi ? »
« Est-il vraiment fou, ou est-ce qu’il le fait exprès ? »
Exprès ? De quoi parlait-elle ?
Qu’elle y réfléchisse. Une régresseuse dotée de toutes les capacités étranges qu’on puisse imaginer, une vampire capable de retrouver quelqu’un à mille lis dès qu’il saigne, et le Roi des Chiens, qui a le flair d’un chien.
En plus, ma lecture des pensées pouvait même percer les dissimulations de la régresseuse.
Quelqu’un se cachait dans la cantine sans qu’aucun de nous l’ait remarqué ? Quelqu’un dont je ne pouvais même pas lire les pensées ?
Si une telle créature existait, je devais m’enfuir immédiatement.
« Ce serait une erreur de croire que personne n’est ici. Tyrkanzyaka et Azzy sont devenues des Fragments de la Fin à cause d’intrus venus de l’extérieur, et elle viendra chercher cette chose au fond de l’Abîme. Il se peut aussi qu’il soit quelque part ici. Comment suis-je censée expliquer ça ? »
…Pourquoi est-ce que c’était vrai ?
Non. Je ne pouvais pas accepter un avenir pareil. Ce groupe suffisait déjà à me faire exploser la tête, et voilà qu’il y avait aussi des intrus venus de l’extérieur ? Des monstres aussi puissants qu’eux, qui viendraient ici ?
« Expliquer quoi ? C’est la première fois que j’entre à Tartare, moi aussi. Je verrai bien le moment venu. »
Des mensonges. C’était un mensonge. C’était impossible.
Je me tournai brusquement vers Azzy.
« Azzy. Tu ne l’as vraiment pas mangée ? »
« Non ! »
« Ne te contente pas de répéter non… Argh. Pourquoi est-ce que j’essaie seulement de parler avec toi ? »
Comme toujours, je ne pouvais que constater la différence entre les humains et les animaux, alors je secouai la tête.
Même si je pouvais lire les pensées de cette sale bête, ça ne changerait rien. Elle nierait jusqu’au bout.
En fin de compte, ne me restait-il qu’une seule solution ?
Je devais la prendre sur le fait.
Il fallait que j’attrape cette sale bête au moment où elle s’attaquerait à la marmite. Alors seulement, je pourrais la coincer pour de bon.
Ouvrons une autre boîte. L’opération aurait lieu ce soir, une fois les lumières du jour éteintes et la prison plongée dans la faible lueur des éclairages nocturnes.
C’est là que j’attraperais cette sale bête.
Je retroussai les lèvres en un sourire sombre en baissant les yeux vers Azzy, qui me rendit mon regard. On aurait dit que des étincelles jaillissaient de nos yeux.
« Ils s’entendent bien ou mal, au juste ? »
La relation entre un humain et un chien pouvait-elle se résumer à une seule chose ? Quand ça allait bien, ça allait bien. Quand ça allait mal, ça allait mal.
Attends un peu, sale cabot.
Alors que je grondais intérieurement, la régresseuse tourna soudain la tête, sursautant. Elle fronça les sourcils et fixa attentivement un point au loin. Chanteciel tinta doucement, comme si elle reflétait sa vigilance.
« Attends. J’ai senti quelque chose venir de plus loin, à l’intérieur. »
Ah, pitié. Pas ça. C’était vraiment effrayant. Puisqu’il s’agissait de son pressentiment, il y avait vraiment quelque chose là-bas. Et je dormais au même étage. Dans une pièce étroite et sombre, idéale pour accueillir les fantômes.
Et si j’étais attaqué pendant la nuit ? Je n’avais pas de réveil pour faire le guet. Hum.
Je n’avais pas de réveil, mais j’avais un chien de garde.
Je me tournai vers Azzy et lui demandai à voix basse :
« Azzy. Tu veux dormir avec moi cette nuit ? »
« Wouf ! »
Je me fis rejeter.
Notes :
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