Chapitre 172
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 172 : Un récit lointain : le Roi majestueux et le Roi bienveillant
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Les soldats qui avaient renversé le royaume démolirent le château royal et instaurèrent un gouvernement militaire. Le premier roi à rendre visite à la nouvelle nation ne fut autre que le Roi des Chiens.
Le Roi des Chiens se rendit en personne dans l’État militaire et lui demanda de l’aider à chasser les loups.
À l’époque, l’État militaire ne pouvait plus supporter la seule idée des rois. C’était en partie une condamnation de leur incompétence, en partie le complexe d’infériorité de ceux qu’aucun roi n’avait jamais choisis.
Même un Roi des Bêtes ne faisait pas exception. Aux yeux de l’État militaire, le Roi des Chiens, qui prétendait représenter tous les chiens et se battait sans cesse contre les loups, n’était pas différent d’un tyran qui prenait plaisir à la guerre.
L’État militaire n’était toutefois pas assez stupide pour tenter de tuer le Roi des Chiens par simple haine ; il lui fit donc une autre proposition.
Il lui fournirait un endroit à l’abri des yeux et de l’odorat des loups, où le Roi des Chiens pourrait se cacher. Si le roi respectait l’accord, il aiderait les chiens à vaincre les loups.
Bien sûr, ce n’était pas dénué d’arrière-pensées politiques.
Le Roi des Chiens attirerait le Roi des Loups. Après avoir perdu la faveur des nations voisines en exécutant un roi, l’État militaire devait garder quelques bombes sous le coude pour le cas où. Sans cela, cette nation toute neuve et fragile se ferait immanquablement écraser par une invasion étrangère.
Le Roi des Chiens accepta la proposition de l’État militaire. C’était le premier accord conclu depuis la fondation de celui-ci.
Pourtant, les humains n’étaient pas les seuls à changer d’avis une fois leurs objectifs atteints.
Lorsque vint le moment de rembourser une vieille dette, une seule chose vint à l’esprit de l’État militaire.
Des ennuis.
« … Roi des Chiens. Tu as rompu l’accord. »
Le général Buidun, commandant de la défense, sortit du quartier général d’un pas assuré. Les officiers s’écartèrent précipitamment pour lui laisser le passage. Quelques-uns tentèrent de se mettre devant lui, l’avertissant du danger, mais ils se retirèrent aussitôt à son geste.
Resté seul face au Roi des Chiens, le commandant Buidun prit la parole lentement.
« Notre promesse ne valait que si tu restais sagement dans l’Abîme jusqu’au moment venu. Pourtant, tu en es sorti. »
« Ouaf. »
Azzy renifla et aboya. Le commandant Buidun s’attendait à ce que le Roi des Chiens proteste.
Ne raconte pas n’importe quoi.
Comment aurais-je pu rester plus longtemps alors que l’Abîme a disparu ?
Vingt-cinq ans, c’était long à attendre.
Si le Roi des Chiens répondait ainsi, Buidun comptait s’accrocher à ses paroles pour reprendre l’avantage d’une manière ou d’une autre.
Une façon de rejeter la responsabilité sur autrui, éminemment politique : l’intention était évidente, mais il était impossible d’y répondre comme il convenait.
Le commandant Buidun avait calculé qu’il pourrait ainsi arracher une concession au Roi des Chiens.
Mais…
« Tu ne veux pas tenir promesse. »
Les paroles du Roi des Chiens firent tressaillir le commandant Buidun.
Elle était trop pure pour être humaine, mais pouvait-on vraiment la réduire à une simple chienne ? Elle avait percé à jour Buidun et la position de l’État militaire.
« Les loups te font peur ? Tu ne veux pas te battre ? »
Le commandant Buidun répondit lentement. Cette fois, il ne cherchait pas à prendre l’avantage psychologique. Il ne savait tout simplement pas quoi dire.
« Je n’ai pas peur. Nous ne sommes tout simplement pas prêts. Ce n’est pas encore le moment… »
« Moi, je suis prête. »
Azzy fixa le commandant droit dans les yeux.
« Les loups font meute. Moi, pas de meute. À la place, je fais promesses avec humains. Les humains qui me promettent sont ma meute. »
« … Nous ne sommes pas des chiens. Nous ne pouvons pas devenir ta meute. »
« Je sais. Vous êtes humains. C’est pour ça que j’ai promis. Je mène combat contre loups. Je protège humains, humains me protègent. »
C’était trop pur pour qu’on puisse parler d’un accord, et pourtant, impossible de réduire cela à une simple promesse.
Les loups étaient les symboles de la nature sauvage, les bêtes les plus féroces qui soient. Rusés et cruels, ils s’étaient heurtés d’innombrables fois aux humains.
Le Roi des Loups attaquait les humains plus activement que n’importe quelle autre bête. Alors les humains chassaient les loups avec leurs amis.
… Même si cela appartenait au passé, désormais.
« Ouaf. J’ai attendu gentiment. J’ai continué d’attendre, croyant que promesse serait tenue. Pas de soleil, pas de promenade. Pas amusant, mais quand même, pour chasser loups. Pour protéger humains. J’ai enduré et attendu. »
La couronne fendue vibra. Le Roi des Chiens, Porte-parole de tous les chiens, ordonnait aux humains de leur venir en aide.
Buidun contempla le symbole de la royauté, dont la présence écrasante rayonnait, et sentit la colère bouillonner en lui.
Cela n’avait rien à voir avec les faux rois que les humains possédaient. La femme-bête qui se tenait devant lui était une créature désignée par le monde. Une véritable Reine des Chiens, qui se souciait réellement des chiens, les représentait et avait le pouvoir de le faire.
Pourquoi ? Pourquoi seuls d’insignifiants animaux avaient-ils des rois ? Plus Buidun y songeait, plus la haine et le sentiment d’infériorité grandissaient en lui. Mais, politicien expérimenté, il dissimula habilement ses émotions.
« … Peu m’importe. Déplacer des troupes pour combattre les loups serait déraisonnable. »
« Tu ne tiendras pas promesse ? »
« La décision ne m’appartient pas. »
Le commandant Buidun était l’un des rares généraux de l’État militaire, mais il ne pouvait pas décider seul d’une affaire aussi importante. Il devait réunir le cabinet par l’intermédiaire des officiers du corps des transmissions et faire adopter une résolution.
Buidun savait pourtant que l’État militaire ne combattrait jamais le Roi des Loups.
L’Abîme ayant disparu, il n’était plus question d’affronter le Roi des Loups. Les chacals ne tarderaient pas à envahir les terres dévastées de l’Abîme, où la bénédiction de la Terre Mère allait revenir.
La guerre viendrait. Plus tôt que prévu, certes, mais elle avait toujours été attendue. L’État militaire se préparait à affronter les Petits États, qui partageaient une frontière avec les terres dévastées de l’Abîme.
Ouvrir un second front au début de la guerre, quand il importait tant de prendre l’initiative, ne ferait que la prolonger.
« Pourquoi devrions-nous nous mêler de ta guerre, au juste ? Les humains n’ont pas de roi. Alors pourquoi souffriraient-ils des conflits entre rois ? »
« Les humains ont chassé Roi de l’Humanité. Ils ont dit qu’ils n’avaient pas besoin de lui, alors il a disparu. C’est pour ça que j’ai dû faire promesse avec humains. »
Azzy répondit d’un ton triste.
« Mais humains ne se souviennent pas promesse. Personne ne me protège… »
Son ton résigné était pitoyable, mais l’affaire était trop importante pour qu’on la décide sous le coup de l’émotion. Le commandant Buidun agita la main.
« Si tu as terminé, tu peux partir ? Nous avons du travail. »
« … Méchant. »
Le commandant Buidun eut un rire sans joie.
« Qu’est-ce que tu peux faire, Roi des Chiens ? Tu vas nous attaquer ? Te retourner contre les humains parce qu’ils ont rompu leur promesse ? »
Buidun la provoquait parce qu’il savait que le Roi des Chiens ne ferait jamais une chose pareille.
Et c’était vrai. Même face aux humains massés devant elle, épées et lances en main, Azzy n’éprouvait aucune hostilité à leur égard.
Mais les humains étaient les seuls qu’Azzy ne haïssait pas.
Les épées et les lances, c’était autre chose. Azzy montrait les crocs à tout ce qui n’était pas humain.
« Je vais faire caprice. »
« Miaou. »
Une chevelure blanche et duveteuse lui tombait jusqu’à la taille. Sa queue alliait immobilité et agilité. Ses oreilles de chat étaient dressées.
La femme-bête féline était si noble que n’importe qui aurait eu envie de la regarder un instant. Elle s’étira paresseusement en balançant la queue. Quand elle tendit les pattes avant, sa taille dessina une courbe gracieuse.
Après s’être étirée, Nabi se lécha la patte avant et marmonna :
« Stupide chiot. Roi ou pas, tu es toujours enchaînée, nya. Même sans récompense, tu continues de chercher les humains, nya. Pitoyable, nya… »
La couronne qui flottait au-dessus de la tête de Nabi se tordit avant de disparaître. Elle l’avait portée un bref instant, à la suite de la déclaration du Roi des Chiens qui l’avait faite Porte-parole, mais, dès que le Roi des Chats avait compris que cette déclaration ne s’adressait qu’aux humains, elle avait abandonné son devoir royal pour redevenir pleinement un individu.
Nabi observa Azzy faire son « caprice », puis changea de position.
« Miaou. Te voir courir dans tous les sens me met le sang en ébullition, nya. Tu veux de l’aide, nya ? »
Elle avait murmuré si bas qu’on aurait dit que ses paroles pouvaient se glisser dans une fissure de la terre. Pourtant, les oreilles d’Azzy, qui saccageait tout en contrebas, se dressèrent. Azzy refusa calmement.
« Ouaf. Non. »
À cette réponse, Nabi rabaissa son corps à moitié relevé et bâilla paresseusement.
« Miaou. Fais comme tu veux, nya. Pitoyable et stupide chiot. »
Redevenue simple spectatrice, Nabi regarda en silence le Roi des Chiens tout démolir.
Le caprice du Roi des Chiens tenait davantage à son statut de roi qu’à sa nature canine.
Déjà, quinze équipements militaires avaient été détruits. Toutes les armes qui avaient autrefois brillé de leurs lames acérées portaient désormais de pitoyables marques de morsure. Les officiers qui avaient juré de ne jamais abandonner leurs armes, même dans la mort, durent renoncer à leur serment ce jour-là.
Les dégâts ne se limitaient pas aux armes. Celles que les humains tenaient en main et les armures dont ils étaient vêtus étaient relativement intactes.
Du moins, elles conservaient leur forme d’origine, contrairement aux objets qui n’étaient pas humains.
Tout le quartier général avait l’air d’avoir été bombardé. Non, plutôt comme si un mage de la terre géant avait retourné le sol lui-même.
Les murs du quartier général étaient recouverts d’acier alchimique de niveau quatre pour bloquer les attaques extérieures. Azzy le traitait comme du papier peint mal collé.
Autrement dit, elle le saisissait entre ses dents et l’arrachait.
L’acier alchimique n’était pas un simple papier peint : c’était un blindage cloué à l’extérieur du bâtiment. Puisqu’une seule créature l’avait arraché avec ses dents, impossible que l’édifice reste intact. Le quartier général de la défense, qui avait autrefois tiré fierté de son allure imposante, avait désormais les murs arrachés et l’intérieur à nu.
Il ne restait pas une seule voiture militaire automatique qui tienne encore sur ses quatre roues. Les portes lacérées par les griffes étaient froissées, laissant entrevoir l’intérieur par les déchirures.
La cour et les murs étaient couverts d’empreintes de pattes et de griffures. Si un fermier avait été là, il aurait cru que la terre venait d’être labourée et y aurait semé des graines.
Les officiers ne pouvaient que courir après Azzy. C’était le seul moyen de la rattraper avant qu’elle ne démolisse à moitié quelque chose.
Chaque fois qu’une main d’officier s’approchait d’Azzy, elle aboyait joyeusement, comme si elle jouait à chat, puis filait ailleurs.
À la fin, le commandant Buidun n’en put plus.
« Ça suffit, ce saccage ! »
Il repoussa l’officier qui le protégeait et se lança en avant sans même enfiler son équipement militaire. En franchissant trente mètres d’un seul bond, il ouvrit grand la paume et balaya l’espace lui-même. Une énergie bleue jaillit de chacun de ses doigts et s’abattit sur Azzy comme un filet.
Azzy bondit comme si elle s’était brûlée. Elle se déplaça si brusquement que la moitié de son corps s’enfonça dans un mur. Le commandant Buidun claqua la langue et se lança de nouveau à sa poursuite.
Les officiers admirèrent les prouesses martiales de leur commandant.
« À la hauteur de notre commandant… ! »
Mais Buidun le savait.
Si le Roi des Chiens réagissait avec tant de sensibilité, c’était parce que Buidun ne portait pas d’équipement militaire.
Les poings du commandant Buidun étaient rapides et puissants. Si Azzy les bloquait ou les déviait, l’impact colossal frapperait Buidun. Bien sûr, le commandant avait la force et les arts du qi nécessaires pour y résister, mais Azzy ne pouvait pas infliger pareille blessure à un humain.
Tout au plus pouvait-elle déchiqueter les armes à coups de dents ou mettre en pièces l’équipement militaire.
C’était pour cela qu’elle avait désarmé sans difficulté les autres officiers, mais s’était enfuie loin des attaques du commandant Buidun.
Tout en courant après Azzy, Buidun cria :
« Va-t’en ! Quitte l’État militaire et trouve un autre maître ! Trouve des humains qui tueront les loups pour toi ! »
« Ouaf, ouaf ! »
Azzy aboya d’un ton menaçant contre Buidun, qui avait rompu sa promesse tout en agissant comme si elle était déraisonnable. Bien sûr, Buidun ne cilla même pas.
À la place, il se dit :
Même un chien qui ne fait que « jouer » avec les humains possède une telle puissance.
Alors quelle force devait avoir le Roi des Loups, qui n’utilisait ses pouvoirs que pour détruire les humains ? Il ferait meute avec les autres loups et chasserait de manière organisée…
C’était sans doute le prix à payer pour avoir abandonné leur roi.
Voilà pourquoi ils auraient dû s’assurer d’avoir le Roi des Chiens avant que la promesse ne soit honorée.
Le regret, par définition, arrivait trop tard. Buidun chassa cette pensée et cria :
« Les humains que tu cherches ne sont pas dans l’État militaire ! Va-t’en ! »
« Aouuuuuuu ! »
Le long hurlement grave de la bête retentit. Le commandant Buidun s’apprêtait à chasser Azzy.
Mais il tressaillit en sentant une intention meurtrière au-dessus de lui et leva les yeux.
Tyrkanzyaka, assise sur le cercueil et observant la scène en contrebas, tourna la tête en sentant l’intention meurtrière à côté d’elle.
Shei pointait Jizan vers le bas, le visage aussi sérieux que celui d’un inspecteur en pleine enquête.
« … Qu’est-ce que tu fais ? »
« Attends un instant. Je calcule combien de secondes il lui faudra pour tomber si je le lâche d’ici. »
Jizan pesait autant que le mont Tai, mais son pouvoir reposait sur la magie de la terre. Son poids seul ne pouvait pas fracasser le sol.
Il pouvait tout de même provoquer un impact comparable à celui d’un énorme rocher qui s’écrase. Même un général ne s’en sortirait pas indemne s’il lui tombait dessus de cette hauteur.
Si Tyrkanzyaka ne l’avait pas arrêtée, le commandant Buidun n’en serait pas sorti indemne.
« Tu n’as pas dit qu’il fallait retrouver Hyu ? Pourquoi as-tu soudain décidé de le tuer ? »
« Il me semblait avoir déjà vu ce commandant quelque part. Il est lié aux Seigneurs de toute la Création. Il les sert et les soutient. Mieux vaut le tuer tout de suite. »
Tyrkanzyaka fronça les sourcils.
« Si tu comptes le tuer, commence par lui demander où se trouve Hyu. Un humain de ce rang ne deviendrait-il pas récalcitrant si nous le tuions ? »
« C’est pour ça que je comptais faire tomber Jizan, le tuer sans révéler qui nous sommes. »
« Si son commandant est tué par une épée tombée du ciel et que nous apparaissons ensuite, ils ne nous soupçonneront certainement pas. »
Tyrkanzyaka réprimanda Shei, mais celle-ci n’avait pas agi sans réfléchir. Elle avait simplement oublié d’expliquer, n’ayant pas l’habitude de se justifier auprès de quelqu’un.
Shei rangea Jizan et décida de dissiper les soupçons de sa compagne.
« Il n’y a aucune raison de garder Buidun en vie. Les Seigneurs de toute la Création sont très différents de l’État militaire dans leur manière d’agir. Pour atteindre leur objectif, ils ne tiennent compte ni des moyens, ni des méthodes, ni du coût. Combien de leurs bases et de leurs agents chargés du ravitaillement avons-nous démantelés en chemin ? Pourquoi coopéreraient-ils de bon gré ? Ils pourraient vraiment le prendre en otage. »
« Hum. »
Tyrkanzyaka baissa les yeux, l’air contrarié. Leur aide leur faciliterait la tâche, mais elle ne voulait pas mettre Hyu en danger.
Ayant définitivement renoncé à cette idée, Tyrkanzyaka fit signe à Shei.
« Alors, laisse-le tranquille. Si nous pouvons le tuer quand nous le voulons, pourquoi nous faire des ennemis en le tuant maintenant ? Occupons-nous de lui après avoir retrouvé Hyu. »
« Raaah. J’ai envie de le tuer tout de suite… »
Mais, comme Tyrkanzyaka l’avait dit, le commandant Buidun pouvait être tué n’importe quand. Inutile de se mettre déjà l’État militaire à dos.
Shei claqua la langue et rangea Jizan.
« Tss. Tant pis. De toute façon, le commandant Buidun n’est pas la véritable tête pensante. »
Le véritable cerveau des Seigneurs de toute la Création n’était pas Buidun, mais le Hallebardier, l’un des Six Généraux de l’État militaire. Maître d’armes plus puissant que quiconque lors d’un combat préparé.
Shei avait vaincu le Hallebardier plusieurs fois au cours de ses cycles précédents, mais les armes, différentes à chaque fois, lui avaient donné du fil à retordre, à elle aussi.
Mieux valait peut-être laisser Buidun en vie plutôt que de le tuer ici et d’alerter le Hallebardier.
« Tu as bien réfléchi. Puisqu’on en est là, utilisons les deuxième et troisième méthodes. Quelle est la deuxième ? »
« La deuxième, c’est de demander à Azzy et Nabi de le chercher. Grâce à l’odorat des Rois des Bêtes, elles le retrouveront vite si elles se dégourdissent un peu les pattes. »
« Oh. C’est une bonne idée. Et la troisième ? »
Shei sourit. Elle attendait depuis longtemps l’occasion de prouver sa compétence ; elle bombait le torse et prit la parole d’un ton fier.
« La troisième, c’est de demander à une guilde de l’information. Je sais comment les contacter. »
« Une guilde de l’information. »
Comme Shei s’y attendait, Tyrkanzyaka se montra intéressée. Shei ajouta d’un ton légèrement suffisant :
« À Amitenggrad, pour les informateurs, il y a le Chat noir. C’est une maison d’édition spécialisée dans les ragots et les révélations, mais elle fait un travail tout aussi efficace qu’une guilde de l’information. Si nous passons par un canal réservé aux membres secrets, ils nous vendront des renseignements et, si nous payons la commission, ils enquêteront eux-mêmes. Retrouver une seule personne n’est pas si dangereux ; ils devraient donc la trouver rapidement. »
Mais personne, sur place, ne pouvait s’y attendre.
Personne ne pouvait deviner quelles informations les attendaient dans une maison d’édition créée par des hommes-bêtes.
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