Chapitre 54
« Putain ! C'était une somme énorme pour ces gens ? Ils vont surenchérir, c'est ça ? »
Oliver entendit soudain le commissaire-priseur annoncer :
« 200 millions de Neden, personne ne souhaite enchérir davantage ? »
Son cœur se serra en entendant cela ; il ne pouvait absolument pas se permettre une telle somme et n'avait d'ailleurs aucune intention d'acheter cet affreux démon.
« 220 millions. »
Heureusement pour lui, les enchères reprirent. Il poussa un soupir de soulagement et manqua de s'affaisser dans le coussin moelleux de son siège.
En réalité, 200 millions n'étaient pas une somme si colossale pour les gens à l'étage ; ils appartenaient tous à des milieux fortunés.
Le silence qui régnait dans la salle était dû au fait qu'un type comme lui, qui ne semblait être qu'un gamin stupide en quête d'attention, osait miser une telle somme avec autant de désinvolture.
Sans compter qu'il avait fait preuve d'une grande bravoure en provoquant directement les personnes à l'étage.
Certains ne pouvaient s'empêcher d'admirer secrètement l'aplomb de ces jeunes maîtres écervelés !
Effectivement, les jeunes maîtres riches ne se souciaient pas du lendemain ; ils vivaient dans l'instant présent et froissaient les gens à tout-va, sans le moindre respect pour leur rang.
« Tousse... »
Oliver toussa maladroitement, restant silencieux et n'osant plus plaisanter.
« 240 millions... »
L'enchère avait atteint un niveau impressionnant et, désormais, même les personnes au deuxième étage hésitaient à dépenser plus, se demandant s'il fallait continuer ou s'arrêter.
C'est à ce moment qu'une voix féminine et glaciale trancha net toutes les pensées dans la salle.
« 300 millions de Neden. »
Une somme colossale qui éteignit instantanément toute hésitation chez les autres.
Jenna Sullivan venait de faire son offre !
L'air devint oppressant et personne n'osa enchérir contre elle. Tous savaient à quel point cette femme était terrifiante.
Bien qu'elle se trouvât sur le territoire du Clan de la Purge Mystique, elle agissait sans crainte et avec une cruauté sans nom ; elle appartenait à la Fédération du Codex Noir.
L'une des dirigeantes de cette superpuissance colossale !
Il n'était pas question pour eux de rêver rivaliser avec elle.
Ils savaient que, à moins d'avoir un statut égal ou supérieur au sien, il n'y avait pratiquement aucune chance de l'emporter sur le plan financier.
Et beaucoup savaient qu'elle était une femme étroite d'esprit qui n'hésiterait pas à les attaquer par d'autres moyens s'ils venaient à l'offenser.
Mieux valait ne pas s'en mêler et éviter de se mettre à dos la Fédération du Codex Noir pour ce démon.
D'une certaine manière, elle ressemblait beaucoup à Oliver.
Le commissaire-priseur le vit et annonça aussitôt :
« L'objet appartient désormais au numéro 37 ! Félicitations ! »
« Sur ce, la vente aux enchères prend fin. Les acheteurs peuvent récupérer leurs acquisitions derrière le couloir. Les serviteurs seront à votre disposition et toutes les transactions s'effectueront là-bas. Merci d'avoir assisté à cette vente ! »
Après quoi, le commissaire-priseur s'en alla et les hommes emportèrent le démon en cage.
« Félicitations, monsieur, pour votre achat. Veuillez me suivre... nous allons procéder aux transactions ici. Votre objet se trouve dans ce coffret. »
Un homme poli dit à Oliver en lui tendant une petite boîte en verre contenant la pierre.
« Très bien, montrez-moi le chemin. »
Il répondit en jetant un œil autour de lui ; de nombreux invités inspectaient leurs objets et réglaient leurs achats auprès du personnel.
Il avait déjà vérifié avec le [Regard du Vide Cosmique] que l'homme lui avait bien remis le véritable objet.
Bien sûr, il portait toujours son masque et sa casquette.
« Oh ! Mademoiselle Sullivan, je suis honorée que vous nous fassiez l'honneur de votre présence aujourd'hui ! »
Une femme corpulente, vêtue d'une robe rouge étincelante, s'exclama à haute voix sans se soucier des alentours.
Derrière elle, trois exorcistes servaient de gardes.
Il était évident qu'elle était probablement la responsable de l'événement et qu'elle était venue personnellement apporter à Jenna les objets qu'elle avait achetés.
Jenna était une personne de haut rang, contrairement à lui qui était ordinaire ; il était donc normal qu'elle soit reçue par des personnalités importantes.
« Ne me faites pas perdre mon temps. Dépêchez-vous d'apporter les objets. »
Jenna répondit d'un ton plus froid que la glace, faisant haleter les personnes alentour.
La femme en robe rouge ne put s'empêcher de voir une veine battre sur son front sous l'effet de la colère, mais elle conserva un sourire professionnel crispé.
« Comme vous voudrez, ils seront là sous peu. Si vous m'excusez. »
La femme en rouge s'éclipsa rapidement avant de subir d'autres insultes. Elle ne pouvait pas discuter avec Jenna ; elle n'était pas en position de le faire.
Le statut et le pouvoir de Jenna étaient bien supérieurs aux siens, elle ne pouvait donc que ravaler sa fierté.
Oliver, qui était un peu plus loin et avait tout entendu, ne put s'empêcher de s'étonner intérieurement de son manque de tact et de jugeote.
Avec une telle attitude, il n'osait imaginer le nombre de personnes qu'elle avait dû offenser par le passé.
Pas étonnant qu'elle soit si froide !
Elle ne devait avoir aucun ami !
Jenna, impatiente, sentit son regard et tourna la tête vers lui. Elle eut l'impression qu'il la regardait encore avec pitié, ce qui, pour une raison inconnue, lui déplut fortement.
Elle fronça les sourcils et l'ignora ; elle avait clairement fait savoir qu'elle ne voulait pas être associée à lui en public, sous peine de s'attirer des ennuis compte tenu de son statut particulier.
Il était clair qu'elle souhaitait que leur relation reste strictement professionnelle.
Oliver comprit et ne la regarda plus.
Il sortit sa carte noire et la tendit au personnel pour effectuer la transaction.
L'homme regarda le « C » doré gravé sur la carte et ne put s'empêcher d'être surpris.
Quelqu'un d'autre de la Fédération du Codex Noir ?
Quoi qu'il en soit, il régla rapidement le paiement et l'escorta vers la sortie.
Une fois sorti de la vente aux enchères, il poussa un soupir de soulagement.
Heureusement, il n'avait pas rencontré de problèmes durant la vente et tout s'était déroulé sans accroc.
« Je devrais y aller... »
Il se dirigea vers la sortie du marché, mais au milieu du chemin, il s'arrêta soudainement.
Il changea de direction à plusieurs reprises avant de s'immobiliser.
« On me suit ? Qui est-ce ? »
Il se posa la question ; il pouvait sentir l'autre partie le traquer discrètement, mais il était parvenu à repérer ses mouvements.
Cela ne signifiait qu'une chose !
C'étaient des novices qui ignoraient qu'il les avait déjà détectés.
Secouant la tête, il décida de confronter la personne directement ; il ne voulait pas que quelqu'un le suive jusqu'à sa cour et vienne l'importuner pendant la nuit.
Il mena tranquillement son poursuivant vers une zone déserte et silencieuse, assez éloignée de l'agitation du marché.
Soudain, il fit volte-face et se précipita vers la silhouette encapuchonnée !