Chapitre 26
« Laisse tomber. J'irai acheter ailleurs. »
L'expression du propriétaire de l'étal changea radicalement en entendant cela.
Il se sentit soudain sous pression ; même lui savait que ce qu'il proposait n'était que de la camelote sans valeur. Oliver avait déjà fait mine de partir plusieurs fois, et il sentit que cette fois, le garçon allait vraiment s'en aller.
S'il continuait ainsi, il ne pourrait pas l'arnaquer.
« Soupir, 150 Neden. Ne discute pas, c'est mon dernier prix. J'ai une femme à la maison et deux enfa— attends !? »
Il vit qu'Oliver commençait à s'éloigner sans même écouter son histoire larmoyante.
« D'accord, je te le fais pour 70 Neden. S'il te plaît, je t'en supplie. »
« Très bien, voilà. » Oliver s'arrêta et afficha un sourire en tendant un billet de 70 Neden.
Il était assez fier d'avoir réussi à faire baisser le prix par dix !
De 700 à 70 Neden, ses talents de négociateur s'avéraient plutôt utiles.
En réalité, cette petite bille désormais entre ses mains était probablement une sorte d'artefact qui pourrait valoir des dizaines de milliers de Neden s'il était revendu avec soin.
Il pouvait le deviner grâce au flux d'espera puissant et turbulent qui s'en dégageait.
« Haha... » Oliver trouvait la situation amusante. Bien qu'il vienne de dépouiller le marchand, il ne se sentait pas vraiment coupable.
Le propriétaire de l'étal empestait l'alcool bon marché et avait le regard d'un escroc de haut vol ; qui sait combien de personnes il avait arnaquées par le passé.
Il était donc tout à fait juste qu'il se fasse avoir à son tour.
Ses yeux s'illuminèrent ! Il comprit qu'il pourrait peut-être générer assez de revenus pour acheter au moins un article lors de la vente aux enchères... probablement.
« Non... il y aura des individus ultra-riches... il est possible que je ne puisse rien obtenir du tout. »
Il réprima rapidement ses émotions et fixa les diverses boutiques devant lui.
Il lui restait encore un peu de budget.
Il visita donc plusieurs magasins au hasard, collectant tout ce qui semblait utile mais qui était vendu à un prix dérisoire.
Finalement, il réussit à acquérir quelques objets.
Une bille rouge ronde, une corde en ivoire, un éclat brisé et, enfin et surtout, une médaille violette brillante.
Et maintenant, il était officiellement fauché, sans rien dans ses poches ni dans ses économies personnelles.
« Haha... »
Il laissa échapper un rire nerveux ; il était dépensier, et même dangereusement.
Ce serait une situation terrible si personne n'achetait ce qu'il venait d'acquérir...
« Maintenant, il faut que je revende tout ça... »
Il se gratta la tête en pensant : « Sinon, je ne pourrai même pas acheter de la viande pour Zippy. »
« Heureusement, il existe un endroit parfait pour ça. »
La Fédération du Codex Noir !
Une organisation présente dans tout le monde des exorcistes, rivalisant à elle seule avec les cinq grands clans en termes de richesse et de ressources.
C'était une organisation dotée d'une influence immense, traitant toutes sortes d'affaires.
Ils possédaient des boutiques dans presque toutes les grandes villes, dominant tout le commerce environnant.
« Dans le roman, cette organisation opérait à la fois dans la lumière et dans l'ombre. En surface, c'était une organisation marchande influente, mais dans l'ombre, ils menaient toutes sortes d'activités louches, allant des contrats d'assassinat à l'infiltration. Ils étaient parfois assez audacieux pour provoquer les grands clans au cours des multiples arcs. »
Oliver se remémora ce qu'il savait de l'organisation.
À cet instant, il se dirigeait droit vers leur boutique établie, située elle aussi dans le marché du clan.
Ils devaient fournir au clan des ressources et des trésors considérables pour être autorisés à opérer à l'intérieur.
« Dans le roman, la Fédération du Codex Noir entretenait une relation neutre avec le Clan de la Purge Mystique, chacun se méfiant de l'autre. Même lors de l'arc du sang, ils n'ont pas provoqué le Clan de la Purge Mystique... »
Pensa-t-il en arrivant devant une structure gigantesque qui faisait de l'ombre à tout le reste.
Un bâtiment haut et bien conçu, un miracle de l'architecture moderne de ce monde.
Le bâtiment dégageait une aura intimidante.
Il eut un sourire en coin ; rien que les gardes postés aux portes étaient imprégnés d'espera.
Lorsqu'il s'approcha des portes, les gardes ne l'arrêtèrent pas, et ils ne procédèrent pas non plus au contrôle obligatoire qu'ils effectuaient toujours sur les visiteurs ordinaires.
« Donc ils connaissent mon identité... »
Oliver n'en fut même pas surpris. Si une organisation aussi importante n'avait pas ses gardes mémorisant les personnes importantes des lieux où ils opèrent, comment pourraient-ils être aussi prospères ?
Ce n'était pas comme dans les romans clichés où les gardes arrêtaient le protagoniste et le traitaient comme un mendiant pour se faire humilier plus tard.
Après qu'il fut entré dans le bâtiment, l'un des gardes sortit un appareil rectangulaire.
Si Oliver avait été là, il aurait instantanément reconnu un smartphone.
Ce monde avait quelques années de retard sur le sien en termes de technologie, il n'était donc pas choquant qu'ils aient commencé à développer des smartphones. Sans compter que ce monde possédait des choses étranges grâce à la présence d'espera et d'autres éléments magiques.
Le garde pressa un bouton et dit : « Un garçon inconnu aux cheveux blancs est entré dans l'établissement. Je ne l'ai pas arrêté. Je ne suis pas sûr s'il appartient à la famille principale ou non... »
La voix à l'autre bout resta silencieuse un instant avant de répondre : « Pas de problème, j'informerai madame ; vous avez bien fait. »
Sur ce, l'appel prit fin instantanément.
C'était un spectacle fascinant, rempli d'artefacts en or et en argent étincelants, de pierres précieuses, de bijoux scintillants, ainsi que de reliques dégageant une aura ancienne. Les doux rayons du soleil filtraient à travers les fenêtres en verre, projetant une lueur chaude et confortable dans tout le pavillon.
C'était une réalisation architecturale incroyable, témoignant de la maîtrise exquise et du travail acharné du concepteur.
À l'avant se trouvait un comptoir de réception, derrière lequel se tenait la réceptionniste.
Oliver s'approcha d'elle et demanda : « Je souhaite vendre quelques objets. Vous voulez y jeter un œil ? »
Il fut bref et direct, sans fioritures.
La réceptionniste fixa son visage un instant ; bien qu'Oliver ne soit qu'un petit enfant, elle reconnut ses cheveux blancs et ses yeux améthyste.
À ses yeux, il appartenait sans aucun doute à la famille principale.
Si un autre enfant quelconque avait erré dans le magasin, elle lui aurait demandé de partir pour ne pas causer de problèmes, mais elle ne pouvait ignorer sa présence.
Elle avait également reçu des ordres stricts de sa hiérarchie.
« Très bien, monsieur, veuillez me suivre... »