Chapitre 7 249
« Celui-ci m’appartient. Une bande de fourmis n’a pas le droit d’y toucher ! » déclara pour la première fois l’homme mystérieux. Sa voix était glaciale, dénuée de la moindre émotion.
Alors, l’aura brumeuse qui l’enveloppait se dissipa lentement, révélant son visage pour la première fois. Il était véritablement beau, d’une beauté très humaine, mais ses traits étaient glacials et cruels. Ses yeux, surtout, évoquaient ceux d’une vipère ; la lueur écarlate qui y brillait vira peu à peu au noir. On aurait dit qu’une puissance immense le transformait en une créature terrifiante.
« Bon sang, il peut maîtriser le pouvoir de la Manifestation du dragon de Chance karmique ! »
Après le massacre de ces hommes, tous furent stupéfaits de sentir l’aura de ce jeune homme au sein de la Manifestation du dragon de Chance karmique. Autrement dit, il contrôlait l’immense pouvoir qu’elle renfermait. Dans ces conditions, eux n’avaient aucune chance ; même un véritable Souverain céleste aurait probablement été impuissant face à lui.
Long Chen agita la main et Cang Lu regagna son espace spirituel. Les trois mille Evilmoon se muèrent en pétales couleur de sang qui tourbillonnaient autour de lui.
Cang Lu comme Evilmoon avaient tiré un immense profit de cette affaire, surtout Cang Lu. Un Souverain céleste à demi-pas n’était rien pour lui et, une fois cette énergie raffinée, il pourrait peut-être vraiment accéder au royaume des Souverains célestes. Mais il en avait absorbé une quantité si énorme qu’il peinait à la contenir. S’il combattait maintenant, une grande partie de cette énergie lui échapperait sans aucun doute. Long Chen ne pouvait donc que le laisser se reposer pour l’instant.
Long Chen se tenait dans les airs, face à l’homme en robe noire. Aucun des deux ne parlait, mais on aurait dit que deux puissants champs de force émanaient d’eux. Entre eux, le ciel et la terre semblaient sur le point de se briser.
Les deux hommes en robe noire se dévisageaient, comme si tous les autres n’étaient que des fourmis insignifiantes.
Tous comprirent que cet homme en robe noire était un autre monstre terrifiant, peut-être du niveau de Long Chen. De plus, ce monstre venait d’absorber une quantité phénoménale de pouvoir du lotus noir. Il possédait le pouvoir du Grand Dao des étrangers et contrôlait désormais aussi la Manifestation du dragon de Chance karmique.
Ceux qui étaient venus s’emparer de la Manifestation du dragon de Chance karmique se sentirent aussitôt gagnés par le désespoir. En obtenir une part serait sans doute plus difficile que d’atteindre les cieux !
Bien sûr, parmi eux, beaucoup réfrénèrent aussitôt leur convoitise. Sans l’arrivée de Long Chen, ils seraient tous tombés dans le piège de leur ennemi. Les spectateurs eux-mêmes auraient peut-être été attirés et massacrés. Ainsi, même s’ils n’avaient rien obtenu, ils se rendirent compte qu’il était plutôt agréable d’être encore en vie.
D’autres étaient les chefs de sectes et de familles qui avaient perdu quelques génies célestes lors de la bataille précédente, mais pas assez pour que leurs forces en soient gravement affaiblies. Ils avaient donc été convaincus de pouvoir arracher une part de la Manifestation du dragon de Chance karmique. Mais l’aura de cet homme en robe noire était si puissante qu’ils reculèrent tous, terrifiés.
À cet instant, Brighteye prit la parole. « Il possède deux sortes de pouvoir du Grand Dao ! Il comptait utiliser son corps comme un four pour raffiner cette Manifestation du dragon de Chance karmique et la transformer en Chance karmique étrangère. Mais Long Chen lui a pris la majeure partie du pouvoir du lotus noir ; il ne peut donc plus la convertir. Autrement dit, si nous le tuons sans tarder, la Manifestation du dragon de Chance karmique sera libérée et nous pourrons tous nous partager la Chance karmique ! »
Elle n’avait pas parlé fort, mais dans ce silence de mort, tout le monde l’entendit clairement.
Ceux qui venaient de sombrer dans le désespoir sentirent aussitôt une flamme s’allumer en eux. Ils ignoraient qui était Brighteye, mais une personne qui se tenait aux côtés de Long Chen ne pouvait être ordinaire. En outre, vu l’orgueil de Long Chen, il était indigne de lui de leur jouer des tours. Ce n’était pas son genre. Ils examinèrent donc la situation par eux-mêmes et, au vu de ce qu’ils avaient observé, conclurent que Brighteye disait probablement vrai.
« Les Yeux célestes du Grand Dao ? Intéressant… » L’homme en robe noire accorda un instant d’attention à Brighteye. Mais son intérêt ne dura qu’un bref instant, puis son regard revint à Long Chen. « C’est toi, Long Chen ? J’ai entendu parler de toi… »
« Tu n’as pas le droit d’utiliser mon nom ! Mets-toi à genoux et appelle-moi papa ! »
Long Chen n’avait vraiment pas envie d’écouter ce genre de balivernes et coupa net le jeune homme. Sa réplique soudaine laissa tout le monde bouche bée. Ils avaient du mal à croire ce qu’ils venaient d’entendre.
Miao Yin fut d’abord surprise, puis se couvrit la bouche. L’air déconcerté de l’homme en robe noire faillit la faire éclater de rire. Elle n’aurait jamais cru que Long Chen était ce genre d’homme.
Zi Yan, quant à elle, eut un sourire en coin. Elle savait que Long Chen était bel et bien comme ça, et elle était ravie de voir ce côté de lui.
« Tu cherches la mort ! »
La colère de l’homme en robe noire explosa et l’espace autour de lui trembla. Des éclairs noirs crépitaient dans tous les sens. Le Grand Dao gronda ; le ciel et la terre tremblèrent sous sa fureur, et les rires que tous retenaient à grand-peine s’éteignirent sur-le-champ. La rage de cet homme semblait appeler le châtiment céleste. Tous furent terrifiés.
« Puisque tu ne veux pas reconnaître ton papa, tu peux la fermer et me laisser parler. » Long Chen se détourna de lui avec dédain et regarda les grandes puissances qui s’étaient repliées au loin. « Ma petite sœur vous a déjà expliqué ce qui se passe avec ce type. Ses paroles sont les miennes. Nous sommes maintenant divisés en deux camps, mais il n’y a qu’une seule Manifestation du dragon de Chance karmique. Autrement dit, un seul camp l’obtiendra.
« Même si nous venons de livrer une immense bataille, nous sommes sûrs de pouvoir nous occuper de ce type. Mais je suis certain que vous n’apprécieriez pas que nous prenions ensuite la Manifestation du dragon de Chance karmique. Je soupçonne que vous auriez des paroles assez blessantes à nous adresser. Quant à moi, vous savez que je n’ai pas bon caractère et que, lorsque je me mets en colère, je peux m’en prendre à ceux qui m’agacent. Cela dit, pour éviter que nous, gens des neuf cieux, nous déchirions, j’ai une proposition. Puisque nous sommes divisés en deux camps, laissons l’un d’eux combattre le premier et l’autre ne pas intervenir. S’il vainc ce type, il obtiendra la Manifestation du dragon de Chance karmique. Sinon, l’autre camp pourra prendre le relais. Qu’en dites-vous ? »
Les grandes puissances furent toutes surprises par sa proposition. C’était une Manifestation du dragon de Chance karmique, un morceau de choix ! Une seule bouchée pouvait accroître leur puissance d’un rang entier ; avec une telle Chance karmique, ils pourraient même faire émerger un nouveau Souverain céleste. Et une fois cela accompli, leur héritage ne serait-il pas éternel ? Qui ne voudrait pas se battre pour une pareille occasion ?
Mais lorsqu’ils regardèrent l’homme en robe noire, ils durent y réfléchir à deux fois. C’était sans nul doute un être redoutable, à l’image de Long Chen. Ils voulaient se battre, mais n’osaient pas.
L’un d’eux demanda aussitôt des précisions. « Aîné Long Chen, comment allons-nous décider qui passera en premier ? On tire au sort ? »
Long Chen secoua la tête. « Inutile de compliquer les choses. Si l’un de vous veut passer en premier, qu’il y aille. Si vous craignez qu’il y ait anguille sous roche, vous pouvez me laisser tester sa puissance. »
Leur cœur tressaillit. C’était à eux de choisir ? Cette générosité les surprit. Certains estimaient qu’il vaudrait mieux laisser Long Chen attaquer le premier. Mais s’il s’emparait de la Manifestation du dragon de Chance karmique, ils n’auraient plus rien. D’autres étaient partants pour combattre, mais s’ils perdaient, ils risquaient même d’y laisser la vie.
Les grandes puissances en discutèrent à voix basse, puis prirent leur décision.
« Doyen Long Chen, laissez-nous le mettre à l’épreuve pour vous ! »
Ils s’avancèrent tous, leurs auras éclatant avec férocité tandis qu’ils se préparaient au combat.
« Tuez-les ! »
Au cri de l’un d’eux, les experts des neuf cieux chargèrent la race des Renards d’Argent de la Mer du Nord.