Chapitre 7 198
Cette aura… C’est véritablement la puissance du Grand Dao…
Li Yifu ne put s’empêcher de s’ébahir en sentant cette aura apocalyptique. Son cœur se mit à battre à tout rompre. C’était précisément la puissance du Grand Dao qu’il rêvait d’obtenir !
Jusque-là, il n’avait cru qu’à moitié aux prétendues capacités de la Secte du Dao Pair des Cieux à mener les gens au rang de Souverain céleste. Mais, pour assurer son avenir, il avait tout de même décidé de tenter sa chance. Même si toute la Porte de l’Ascension Immortelle était en jeu, cela lui était égal : du moment qu’il devenait un Souverain céleste, il pourrait fonder une nouvelle secte dotée d’un héritage encore plus prestigieux. Plus important encore, plutôt que de voir son nom passer à la postérité comme celui du maître d’une secte parmi tant d’autres, il préférait de loin être connu comme l’un des rares et puissants Souverains célestes !
À présent, en voyant qu’un Souverain Divin comme Feng Xinglie possédait une puissance du Grand Dao aussi pure, Li Yifu ne doutait plus que la Secte du Dao Pair des Cieux avait les moyens de l’aider à progresser. Et il n’était pas le seul à avoir retrouvé espoir : les autres venus avec lui en avaient eux aussi entrevu pour leur propre avenir.
L’aura de Feng Xinglie continua de croître à une vitesse folle. Le tonnerre gronda dans les airs, les éclairs fendirent le ciel et d’immenses déchirures spatiales s’étendirent dans le vide. Même Miao Yin et les autres tremblaient légèrement devant cette puissance colossale.
L’aura qu’il dégageait provenait de la volonté du Grand Dao. Face à cette volonté, tous les êtres vivants n’étaient que des fourmis de tailles différentes. Même Li Yifu, un Souverain céleste à demi-pas, sentit son âme frémir.
Voilà l’aura d’un véritable Souverain céleste ! Qi Yunao compte vraiment transmettre tout son héritage à Feng Xinglie !
Les yeux de Li Yifu brillaient. Il comprenait désormais comment cela fonctionnait : Qi Yunao avait implanté une parcelle de son essence dans Feng Xinglie, sous la forme d’une graine du Dao. Il suffisait à Feng Xinglie de cultiver normalement pour atteindre à coup sûr le royaume des Souverains célestes. Le processus ne comportait pratiquement aucun goulot d’étranglement. Pas étonnant que sa progression ait été aussi prodigieuse.
Sous la déferlante de son aura terrifiante, le vide gémit, comme s’il allait s’effondrer sous ce poids.
Quel dommage. Ce jeune homme est trop furieux et ne concentre pas sa puissance. Sinon, cette petite ne pourrait pas rester debout !
Li Yifu soupira intérieurement en contemplant les vagues de qi qui déferlaient. Zi Yan avait parfaitement raison. D’abord, cette puissance n’appartenait pas à Feng Xinglie, ce qui rendait sa maîtrise difficile. Ensuite, son état de frénésie réduisait encore davantage son contrôle : il ne pouvait donc pas concentrer sa puissance comme il le fallait. Son aura était imposante, mais il utilisait son énergie avec moins d’efficacité et de rendement qu’il n’aurait pu le faire.
Malgré tout, cette pression terrifiante suffoquait presque les disciples de l’académie. Ils tremblaient, non par peur, mais parce qu’ils étaient tous des êtres nés du Grand Dao et vivant en son sein. Sa puissance éveillait donc en eux un sentiment de révérence auquel ils ne pouvaient résister. Voilà pourquoi tous ceux qui n’avaient pas atteint le rang de Souverain céleste étaient insignifiants. Il ne s’agissait pas de savoir s’ils pouvaient résister : personne ne parvenait même à trouver la volonté de le faire.
Quelle puissance terrifiante… Heureusement que ma grande sœur a réussi à le mettre en colère et à déstabiliser son cœur du Dao. S’il parvenait à concentrer la puissance de son domaine, celui-ci serait encore plus puissant que celui de Li Yifu ! Miao Yin hocha la tête pour elle-même. Elle avait toujours cultivé sa force discrètement. Mais il lui semblait à présent que cette réserve lui avait fait manquer d’innombrables occasions de progresser. Sa maîtrise du champ de bataille et des cœurs était clairement bien inférieure à celle de Zi Yan.
En effet, Zi Yan avait vu juste. Elle avait aussitôt percé à jour le caractère de Feng Xinglie et la faiblesse de son cœur, puis avait agi en conséquence. Sans les manœuvres psychologiques auxquelles elle s’était livrée plus tôt, qui sait s’ils auraient seulement pu résister à cette pression ? Quant à l’affronter, cela aurait été une plaisanterie.
« C’est donc la voie que Qi Yunao t’a préparée ? Elle est puissante, mais tu ne l’as pas choisie toi-même. Aussi puissante soit-elle, tu restes une marionnette dont quelqu’un d’autre tire les ficelles ! » Zi Yan se tenait fermement sur ses jambes. À un moment indéterminé, une silhouette gigantesque était apparue derrière elle.
C’était une femme d’une beauté incomparable. Aussi pure et éthérée qu’une immortelle, elle semblait pourtant surgir des enfers, tant le qi noir et les flammes démoniaques qui l’entouraient étaient ardents. Était-ce une immortelle ou un démon ? Nul ne pouvait le dire. Mais ses longs cheveux et sa robe ondulaient dans le vent, tandis qu’elle dégageait l’aura incontestable et inimitable d’une souveraine sans pareille.
L’aura de cette immense silhouette bloqua complètement celle, déchaînée, de Feng Xinglie. Il ne parvenait pas à atteindre Zi Yan.
« Est-ce une Manifestation de loi ? »
« Non, la pression est complètement différente ! »
« Les fluctuations de l’aura aussi sont différentes ! »
Dès que la silhouette apparut, tout le monde se mit à commenter. Personne ne savait ce qu’elle était : impossible de dire s’il s’agissait d’une Manifestation de loi ou de la manifestation d’une technique divine. Quoi qu’il en soit, elle était capable de résister à la puissance de Feng Xinglie.
« Attendez, regardez son niveau de cultivation ! » s’écria quelqu’un. À cet instant, tous remarquèrent que Zi Yan était passée du sixième palier céleste au neuvième.
Le niveau de cultivation d’une personne se déterminait à partir de plusieurs facteurs : sa signature énergétique, les fluctuations spatiales autour d’elle, la manière dont les lois du monde réagissaient à sa présence, entre autres. Bien sûr, au sein d’un même royaume, les auras variaient d’une personne à l’autre, mais seulement en quantité, pas en qualité. Leur qualité intrinsèque restait la même. À moins de dissimuler ou de déguiser son niveau de cultivation, même un novice devait en principe pouvoir déterminer le royaume d’une personne. Et, naturellement, personne ici n’était novice.
Elle était donc déjà arrivée aussi loin… Miao Yin en fut stupéfaite. Zi Yan avait vraiment bien caché sa puissance.
« Tu sais vraiment jouer les faibles pour mieux surprendre les forts. Même moi, je me suis trompé. La Cithare du Démon céleste t’aide à dissimuler ton aura ? » De l’autre côté, l’aura déchaînée de Feng Xinglie cessa enfin de croître. Il semblait avoir atteint sa limite.
Zi Yan secoua la tête. « Pas du tout. D’abord, j’ai dissimulé ma puissance pour pouvoir rester auprès de mon mari et découvrir ce que cela faisait d’être une femme ordinaire protégée par lui. Ensuite, si tu crois que j’ai besoin de la Cithare du Démon céleste pour dissimuler mon aura, tu me sous-estimes gravement. Enfin, je me souviens que quelqu’un avait promis de ramener son niveau de cultivation au milieu du royaume de Souverain Divin pour nous affronter. Mais cette personne ne tient pas sa promesse. Alors je me suis dit que je n’avais aucune raison de continuer à cacher ma force ! »
« Toi… ! »
Feng Xinglie venait à peine de retrouver un semblant de calme après avoir activé sa rune du Grand Dao qu’il retomba aussitôt dans la frénésie. Sous le coup de la colère, il avait effectivement déployé toute sa puissance et oublié de maintenir son niveau de cultivation au-dessous de sa véritable limite. Maintenant que Zi Yan le lui faisait remarquer, c’était comme une gifle. Et toute l’arrogance dont il avait fait preuve jusque-là ne faisait que la rendre plus cuisante encore.
La technique divine de Long Chen, qui consistait à gifler les gens en plein visage, était vraiment unique et impossible à maîtriser. Mais à force de vivre à ses côtés, Zi Yan avait appris quelques-unes de ses méthodes pour toucher les gens là où ça faisait mal. De plus, la fusion des Cithares du Démon céleste avait également influencé son caractère, la rendant bien plus encline à ce genre de méchanceté.
« Salope, tu peux mourir ! »
Feng Xinglie entra de nouveau dans une rage folle et lança une attaque furieuse. Les mains tendues en griffes vers le vide, il laissa jaillir de lui les flammes du Grand Dao et fondit sur Zi Yan comme une étoile filante.