Chapitre 1 201
Les flammes se changèrent en ce qui ressemblait à d’innombrables confettis, qui flottaient partout.
Garen évita les braises et contempla l’immense brasier qui refusait de s’éteindre, le front profondément plissé.
L’Aura d’énergie spirituelle se trouvait bien là-dedans, mais il ne pouvait pas y entrer pour s’en occuper. Ces flammes brûlaient à plusieurs milliers de degrés, au bas mot, et dans son état actuel, il lui était impossible de pénétrer de front dans le feu pour chercher quoi que ce soit.
« Quelle plaie. »
Il se retourna et jeta un coup d’œil au ciel lointain. L’hélicoptère à bord duquel se trouvait Kong Xinxue s’approchait lentement. De toute évidence, il venait le récupérer.
« Bon, l’Énergie spirituelle est si infime qu’il ne doit pas en rester grand-chose. » Garen tourna les talons et s’éloigna rapidement.
Bientôt, l’hélicoptère quitta de nouveau cette petite île.
Assis dans l’hélicoptère, Garen baissa les yeux vers l’île en contrebas.
« Combien d’autres îles de ce genre y a-t-il ? » demanda-t-il à l’homme noir.
« Je ne sais comment me rendre que sur une autre », répondit le pilote noir, paniqué. Il avait peur de mettre Garen en colère ; après tout, il l’avait vu massacrer de ses propres yeux tant de membres de l’Armée du Crabe blanc. À présent, il l’admirait autant qu’il le craignait, et le traitait comme il aurait traité le Commandant.
« Emmène-moi là-bas, dit Garen avec désinvolture en plissant les yeux. Autant tout régler d’un coup. Tu as fait le plein du réservoir ? »
« Oui, monsieur ! »
« Alors, allons-y ! »
À côté de lui, Kong Xinxue le regardait comme s’il était un monstre.
« Toi… Depuis quand es-tu devenu aussi monstrueux… » Elle ne parvenait pas à dissimuler sa stupeur. Ce type avait affronté de nombreux experts de front et les avait tous tués ! À ses yeux, le Renard à neuf queues était la personne la plus puissante, mais même elle n’en aurait pas été capable…
Garen sourit sans répondre. Il resta assis, ferma les yeux et reposa son esprit. Son sabre militaire était appuyé contre le côté de son siège ; les mains posées sur les genoux, il sombra dans un profond sommeil.
Kong Xinxue était assise juste à côté de lui, mais elle sentait une aura glaciale, celle qui avertissait tout être vivant de garder ses distances. Elle crut percevoir un léger frisson émanant de Garen. Elle pensait bien le connaître, mais l’image qu’elle avait de lui lui semblait désormais de plus en plus floue et mystérieuse.
« Quel genre d’homme était-il, autrefois ? Comment a-t-il pu atteindre un tel niveau en si peu de temps ? » Malgré elle, Kong Xinxue se mit peu à peu à éprouver de la curiosité pour Garen.
Clac.
Le grand brasier s’éteignait lentement lorsqu’un morceau de charbon explosa et se fendit en deux. Aussitôt, une botte en cuir noir l’écrasa, le réduisant en miettes.
L’homme au coupe-vent noir s’avança lentement jusqu’à l’endroit où se trouvait la femme tuée par Garen.
Il se baissa et tâtonna lentement le sol, avant de tirer des cendres un cristal hexagonal transparent.
« Cristal d’âme… numéro deux. »
Il marmonna d’une voix grave et sourde, puis glissa le Cristal d’âme dans son manteau.
« Quelle chance ! Il ne m’en faut que trois pour condenser une Graine d’âme. Et si je l’absorbe, alors… Même le Tueur ne pourra pas m’arrêter !! Hinhin… » Un rire froid et profond lui échappa.
« Il me suffit d’être un peu prudent, et personne ne saura que c’est moi qui ai dérobé le Sigil sacré forgé… Tout sera mis sur le dos de Garen. Pas mal. »
La silhouette s’éloigna lentement, emportant le Cristal d’âme, puis monta à bord d’un sous-marin sur la plage. Peu après, elle disparut dans les profondeurs de l’océan.
Garen avança d’un pas lent, puis accéléra peu à peu, allant toujours plus vite.
Soudain, il fit un salto avant. Pssht, pssht, pssht !
Trois sifflements retentirent à la suite, et les trois robots de l’île, chacun haut de trois mètres, s’écroulèrent sur le côté, complètement hors d’usage. Une gerbe d’étincelles jaillit de chacun d’eux.
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Trois explosions.
Garen atterrit et reprit sa marche, son sabre militaire à la main.
Des cadavres et des débris jonchaient les alentours ; des fragments de chars, voire d’avions de chasse, parsemaient le paysage. Les flammes, la fumée noire et toutes ces cratères vitrifiés avaient transformé cette nouvelle île en un véritable champ de ruines.
« Armée du Crabe blanc ! Vous n’avez pas d’adversaires plus coriaces à m’opposer ?! » Mécontent, Garen souleva le dernier homme chauve encore debout. C’était le chef des lieux, mais aussi le responsable de toute l’île. Il portait un costume blanc et son crâne chauve luisait presque ; en temps normal, il aurait eu l’air d’un dur à cuire. Mais, suspendu par le col, il semblait faible et minuscule, comme un poussin nouveau-né.
« N-Ne me tuez pas !! » supplia le chauve, le visage couvert de larmes et de morve. La terreur dans ses yeux se répandit sur toute sa face, lui donnant une expression étrange et déformée.
« Tu es trop faible… » Garen le jeta sur le côté. Il n’avait même pas envie de tuer des gens comme lui.
Badaboum !!!
À sa grande surprise, le chauve n’eut le temps de voler que quelques mètres avant d’exploser brusquement.
D’effroyables flammes vertes, mêlées de quelques lueurs blanches, jaillirent de l’endroit et couvrirent instantanément tout ce qui se trouvait dans un rayon d’une douzaine de mètres.
Garen réagit aussitôt et recula immédiatement, mais il était déjà trop tard. L’explosion le frappa de plein fouet.
Pouf !
Il ne put s’empêcher de cracher une gorgée de sang et fut projeté en arrière.
« Bon sang, qu’est-ce que c’est que ça ?! » Il ne lui était jamais venu à l’esprit que ces explosions suicides n’étaient pas déclenchées par les agents eux-mêmes et semblaient, en fait, n’avoir aucun rapport avec leur volonté. Ils explosaient au hasard, sans le moindre avertissement.
Le souffle le frappa de plein fouet et le projeta en arrière. Il fit plusieurs culbutes avant d’atterrir à plus de dix mètres de là. Furieux, il essuya le sang au coin de sa bouche. Après avoir subi plusieurs blessures de ce genre, même sa puissante Vitalité ne pouvait l’empêcher de vomir du sang.
« Pourquoi les types les plus faibles ont-ils les bombes les plus puissantes ?! »
Garen se releva et regarda autour de lui. Il ne restait pas âme qui vive sur l’île : tous les autres avaient fui ou péri.
« Que cela vous serve de leçon. »
Il se retourna et se dirigea vers l’hélicoptère au loin, qui descendait lentement vers le sol.
Kong Xinxue ne possédait aucun pouvoir particulièrement puissant, mais elle était tout à fait capable de menacer un pilote noir en le tenant en joue.
Peu après son départ, l’homme au coupe-vent noir réapparut près des flammes.
Cette fois, il tenait un extincteur et en arrosa férocement le brasier.
Le feu s’éteignit aussitôt. La silhouette noire s’y engagea ; ses bottes en cuir grésillaient sur les cendres, répandant une odeur infecte de cuir brûlé.
Il se pencha et fouilla un moment la terre avec un morceau de métal, avant de trouver à nouveau, au milieu des cendres, un cristal hexagonal limpide.
« Le troisième… »
Il sortit son téléphone portable de sa poche et composa un numéro.
« Quels sont vos ordres, Votre Excellence ? » Une voix claire et froide retentit à l’autre bout du fil.
« Il reste cinq bases du côté de l’Armée du Crabe blanc. Réglez leur sort en une seule fois », dit doucement l’homme au coupe-vent.
« Compris. Tout est préparé et prêt ; nous attendons vos ordres. »
« Bien. Réglez tout ça en moins d’une demi-heure. »
« À vos ordres. »
L’appel prit fin, et l’homme au coupe-vent eut un petit rire.
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Il se retourna et se dirigea vers la plage.
Dans un sous-marin, au fond de l’océan.
« C’est la neuvième base qui a été détruite. » Deux silhouettes noires se tenaient côte à côte devant un écran blanc, contemplant l’île dévastée par les combats.
« Garen a anéanti trois armées à lui tout seul. C’est incroyable. Il n’est qu’un homme ! » dit l’autre homme à voix basse. « En plus, nous n’avons pas retrouvé les cristaux. Garen a donc dû les prendre. Les assaillants des autres îles doivent être ses complices, qui coopèrent avec lui dans cette opération. Si je ne me trompe pas, ils rassemblent tous les cristaux pour les remettre à Garen. »
« Nous devons les récupérer. Les Cristaux d’âme sont la base de notre accord avec le Tueur. Si Garen a osé nous les prendre, c’est qu’il est tout à fait prêt à nous déclarer ouvertement la guerre. »
« Cette fois, tu y vas ou c’est moi ? » demanda l’autre.
« J’irai. En tant que Commandant en chef, tu as déjà trop de choses à gérer ; autant que j’aille me dégourdir un peu. Cela fait longtemps que je n’ai pas remué ces vieux os. Je me demande quelle part de ma puissance d’autrefois il me reste. »
« Tant que les membres de Vulture ne s’en mêlent pas, tout se passera bien de mon côté. Quand tu en auras fini avec Garen, reviens immédiatement me rejoindre. »
« Compris. »
« Montrons-lui qu’il y a des choses auxquelles il n’aurait jamais dû toucher… »
À bord de l’hélicoptère, Garen resta assis à sa place, attendant tranquillement que Kong Xinxue réagisse.
« Alors ? »
« J’ai trouvé. » Kong Xinxue écarquilla les yeux. « Ne doute pas de mes compétences. Même si je ne suis pas aussi forte que vous, c’est mon domaine de spécialité ! » s’indigna-t-elle.
« La position approximative. »
« C’est dans la mer, juste en dessous de vous ! »
Garen prit son sabre militaire, ouvrit la porte de la cabine et sauta dans le vide.
Plouf !
Il plongea directement dans la mer, sous l’hélicoptère.
Sous l’eau, tout baignait dans un bleu sombre et trouble, mais il distinguait très clairement le sous-marin noir de jais, en forme d’œuf de poisson, qui apparaissait juste devant lui.
Le sous-marin en forme d’œuf de poisson était d’une certaine manière transparent. Un homme enveloppé de la tête aux pieds dans un coupe-vent releva brusquement la tête.
Il tenait dans sa main ce qui ressemblait à un cristal ovale et limpide, puis le porta à sa bouche. En voyant Garen foncer sur lui, il accéléra aussitôt. Un sourire effleura ses lèvres.
« Tu arrives trop tard. » Il lui transmit ces mots à distance.
Garen avait depuis longtemps senti que quelque chose clochait. Ce n’était pas seulement parce que l’Énergie spirituelle derrière lui ne cessait de disparaître : on aurait aussi dit que quelqu’un avait aidé à relâcher les mesures de sécurité de l’Armée du Crabe blanc. La nouvelle de la destruction des bases ne semblait jamais parvenir aux autres secteurs, ce qui lui avait permis de prendre l’Armée du Crabe blanc par surprise trois fois de suite. Quelqu’un l’aidait manifestement à garder le secret ; seul un idiot aurait pu penser le contraire.
Nous n’étions pas à l’époque où l’on devait transmettre les messages à l’aide de torches enflammées. Désormais, il suffisait de composer un numéro pour transmettre un appel et des informations à un endroit très éloigné. À une époque aussi avancée sur le plan technologique, une seule explication était possible : quelqu’un l’aidait secrètement à étouffer l’affaire. Garen n’était pas un novice non plus, et ses quelques centaines d’années d’expérience lui étaient bien utiles. S’il ne pouvait même pas flairer une trahison aussi évidente, tous ces efforts auraient été vains.
« Trop tard ? » Garen eut un sourire en coin. Soudain, son sabre tressaillit dans sa main. Des flammes blanches l’embrasèrent tandis que ses puissantes Forces d’énergie spirituelle s’éveillaient et jaillissaient de son corps.
L’Énergie spirituelle traversa le sous-marin et frappa violemment la gemme.
Dans un bourdonnement, la gemme s’immobilisa un instant, suspendue près des lèvres de l’homme au coupe-vent, comme si une force invisible l’avait brièvement contrôlée.
« Vent d’avance. » Garen brandit doucement son sabre militaire.
La lame s’embrasa de flammes blanches et traça une étrange trajectoire dans l’eau avant de s’abattre sans pitié.
Clang !
Le sous-marin fut aussitôt tranché en deux, et l’eau de mer se rua furieusement à l’intérieur. Le submersible fut secoué violemment et ralentit considérablement.