Chapitre 164
Courant aussi vite qu'il le pouvait, Vorden tentait désespérément de rattraper Quinn qui courait devant lui. Cependant, peu importe sa vitesse, il ne parvenait pas à suivre la cadence et finit par le perdre de vue ; Quinn n'était plus nulle part aux alentours. Néanmoins, il ne renonça pas, car il savait que Quinn aurait besoin de lui une fois qu'ils auraient retrouvé Peter.
*Bip*
Alors qu'il n'était plus qu'à une courte distance du parc, là où il supposait que Quinn se rendait, sa montre s'illumina et le son d'une notification retentit. En regardant l'heure, il vit qu'il était 9h45. Cela signifiait qu'il ne leur restait que quinze minutes avant le couvre-feu. Dans la plupart des cas, ce ne serait pas si grave, les élèves étant simplement ramenés et légèrement punis.
Mais pour Quinn et Vorden, déjà suspectés d'avoir commis un meurtre, il serait extrêmement suspect de se trouver dehors en pleine nuit après le couvre-feu sans raison valable. Conscient de cela, Vorden n'eut d'autre choix que de faire demi-tour pour retourner aux dortoirs. Il devait faire confiance à Quinn pour retrouver Peter et le rejoindre à temps.
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En voyant le message sur sa montre, Quinn commença à paniquer. S'il voulait rentrer à temps, il devait partir maintenant. Il n'avait pas le temps de sauver Peter. Une fois de plus, alors que Quinn tentait de bouger, il fut stoppé par le lien. Il essaya de forcer le passage, mais celui-ci le tirait vers le sol.
Fex comprit que quelque chose clochait. « Hé, on doit rentrer, pas vrai ? » lança Fex. « Ce type maigre a dit quelque chose à propos d'être dans nos chambres avant dix heures. Je ne sais pas pourquoi tu m'attaques, mais tu dois comprendre qu'on est dans le même camp. »
Fex regarda Peter et eut une petite intuition sur ce que ce dernier pensait, mais ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait confirmer pour le moment.
« Écoute, tu n'es pas censé être ici, moi non plus, alors je ne dirai rien à personne. Je te laisse gérer, mais si tu as besoin d'aide, je te suggère de venir me voir. »
Peu après, un nuage de brume remplit l'air là où Fex se tenait. Alors que la brume commençait à se dissiper, on aurait dit que Fex s'évanouissait avec elle.
« Est-il vraiment parti ? » demanda Quinn.
« Cette brume est un sort de transformation », expliqua le Système. « Très probablement, il s'est changé en quelque chose qui lui permet d'accroître sa vitesse. »
Avec cette information, un poids fut retiré de ses épaules, mais un autre problème le préoccupait, et il ne tarda pas à lui être rappelé.
Peter commença à hurler à pleins poumons. Il avait l'impression d'être poignardé à répétition dans l'estomac, et à mesure que sa faim grandissait, sa force augmentait aussi. Les cordes invisibles qui le retenaient commençaient à rompre une à une.
« Quinn, vite, donne-lui un peu de ton sang. Ce ne sera que temporaire, mais ça devrait le calmer puisque tu as plus de contrôle sur lui », dit le Système.
Quinn utilisa le contrôle de l'ombre pour ranger son équipement dans son espace dimensionnel, y compris le costume et le masque qu'il portait. Puis, utilisant la pointe de sa dent, il se mordit le pouce, faisant couler son sang. Il s'approcha de Peter, et après seulement quelques pas, Peter leva la tête et la tourna vers Quinn.
Un grognement retentit, comme pour avertir Quinn de ne pas s'approcher davantage. Les yeux de Peter étaient à nouveau rouges, et ses crocs étaient parfaitement visibles.
« Tu es sûr qu'il ne va pas me faire de mal ?! » demanda Quinn.
« Certain. Les vampires ont un ensemble de règles qu'ils doivent suivre, sinon leurs propres pouvoirs se retourneront contre eux. Tu te souviens de ce que tu as ressenti il y a quelques instants quand tu as essayé de fuir, n'est-ce pas ? Peu importe à quel point tu as lutté, il était impossible de résister. Il en sera de même pour lui s'il essaie de te blesser. »
En regardant Peter qui continuait de grogner, il n'était toujours pas sûr de devoir croire le Système, mais il n'avait pas le choix. Peter était dans cet état à cause de lui, et maintenant, il n'y avait plus de retour en arrière possible.
Les grognements persistèrent alors qu'il avançait, mais exactement comme le Système l'avait prédit, même si Quinn tenait pratiquement la tête de Peter, celui-ci n'essaya jamais de le mordre. Quinn leva alors sa main et pressa son pouce pour faire couler le sang dans la bouche de Peter. Juste comme ça, en un instant, Peter commença à se calmer.
« Combien de temps ça va durer ? » demanda Quinn.
« Assez longtemps », répondit le Système.
Plaçant Peter sur son dos et équipant ses bottes de bête, il activa sa marche du vent. Il n'avait plus le temps de faire les choses en douceur, alors il courut aussi vite qu'il le pouvait vers l'école, sans aucune intention de ralentir.
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Vorden était rentré sain et sauf dans la chambre à temps, et Layla était partie depuis longtemps pour retourner dans son propre dortoir. Dans la cuisine, posé sur la table, il avait récupéré ce qui ressemblait à un couperet à viande. « D'accord Vorden, tu peux le faire. »
« Je n'arrive pas à croire que tu ailles aussi loin ! » lança Raten.
« Je dois le faire, sinon Peter nous mettra tous en danger. »
« Alors tue-le, tout simplement ! Je le ferai même pour toi comme la dernière fois », répondit Raten.
« Mais Quinn ne veut pas ça, et Sil commence enfin à changer. On ne peut pas le laisser redevenir ce qu'il était », dit Vorden, et pour une fois, Raten n'eut pas de réplique cinglante.
Vorden posa alors son bras sur la table, bien à plat, tout en saisissant le couperet de l'autre main. « C'est parti ! » Il l'abattit, mais à la dernière seconde, il s'arrêta à quelques centimètres de son membre. « Je ne peux pas. Comment quelqu'un peut-il se couper son propre bras ? »
Un bruit sourd retentit dans la pièce, et en levant les yeux, Vorden vit que Quinn était arrivé avec Peter sur le dos. Tous deux étaient passés par la fenêtre brisée.
« On dirait que je suis arrivé juste à temps », dit Quinn, soulagé.
Le signal sur leurs montres retentit à nouveau, indiquant qu'il était maintenant dix heures. Un ping serait alors envoyé au bureau de la sécurité, révélant la position de tous ceux qui n'étaient pas dans leurs chambres à ce moment précis.
Cependant, dès que Peter était entré dans la pièce, l'odeur de chair humaine fraîche avait atteint ses narines, et il avait de nouveau succombé à sa folie. Quinn le maintint rapidement au sol en utilisant toute sa force, mais la lutte était acharnée. On aurait dit que Peter était tout aussi fort que Quinn. La seule chose qu'il pouvait faire était d'enfiler ses gantelets, mais s'il le faisait, il savait qu'à la seconde où il lâcherait Peter, celui-ci s'en prendrait à Vorden.
« Ce n'est pas le moment d'hésiter ! » dit Vorden, mais une fois de plus, en regardant le couperet et sa main, son cœur se mit à battre à tout rompre.
« Argh, espèce de grosse mauviette. Laisse-moi faire », dit Raten en prenant le contrôle. Sans hésitation, Raten abattit le couperet sur son propre bras. Contrairement à Vorden, il n'hésita pas une seule seconde.
Pourtant, l'os était épais et il ne parvint pas à trancher le bras proprement en un seul coup. Le sang continuait de jaillir de la plaie. Raten le souleva et continua de frapper son propre membre jusqu'à ce que, finalement, son bras soit complètement sectionné.
« Tiens ! » dit Vorden en lançant son bras vers Quinn et Peter.
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