Chapitre 54
La légende dit que lorsqu'on traverse un fantôme dans un endroit hanté, on ressent un frisson. Ben a eu l'impression que ses couilles allaient geler sur place... mais les gens autour de lui étaient bien vivants. « C'est l'enfer ici ? Quelqu'un m'a drogué avec des hallucinogènes ? »
Le son d'une musique électronique a retenti alors que Ben découvrait le décor « avant-gardiste » : des croix géantes en forme de X avec des gens attachés dessus, des bancs où des adultes allongés se faisaient fesser, un vieil homme sanglé dans un lit d'hôpital qui hurlait des obscénités déconcertantes. « Allez vous faire foutre, bande de suceurs de queues ! Espèces de dégénérés qui bouffez du sperme ! Faites sortir ce renifleur de cornichons ! Où est le Docteur Dildo Baggins ?! »
...
« À qui appartient ce taudis ? À Clive Barker ? » Ben n'a pas pris le temps d'admirer les fleurs dans ce jardin de merde... Au lieu de ça, il s'est précipité à toute vitesse, évitant de trébucher sur un sextoy ! « Faut que je me tire ! »
Les jeunes étaient pleins d'espoir, mais l'espoir est la malédiction ultime cachée dans la boîte de Pandore. L'enfer a bien des niveaux !
Des gens habillés de la tête aux pieds en costumes de fourrure !
Le Père Noël en train de rouler une pelle au Lapin de Pâques !
Des adultes en couches en train de téter des sucettes !
…
« Waaaaa ! » Un homme d'âge mûr était dans un berceau pour adulte et pleurait comme un bébé !
Une femme est sortie et a commencé à l'allaiter !
« Ne laissez pas cette chose grandir ! » a hurlé Ben en s'enfuyant.
Il a tourné au coin d'un couloir et a cru être en sécurité quand il a entendu des cris devant lui.
Deux hommes en cuir étaient en train de s'étrangler jusqu'à devenir bleus. Ben a pensé qu'ils se battaient et s'est précipité pour les séparer. « Hé, calmez-vous ! Arrêtez ça ! »
Ils l'ont tous les deux regardé, puis chacun a posé une main sur l'une de ses épaules. L'un d'eux a parlé : « Quoi de neuf ? Tu veux te joindre à nous ? On pourrait faire un étranglement à trois ! »
L'autre a renchéri : « Le fameux trifu*kta ! »
...
Après un moment de confusion, Ben a reculé et s'est enfui en courant. « David Carradine, ça ne vous a pas suffi ? Vous méritez tous les deux un accident de branlette ! »
Ben était à bout de souffle à force de courir. « C'est quoi ce hangar ? C'est un putain de labyrinthe ! » À force de s'agiter dans tous les sens, il s'était perdu. Il n'y avait rien qui ressemblait à une carte dans les parages et il n'avait pas d'exemplaire de l'Enfer de Dante sur lui.
Pourtant, il n'osait pas retourner dans les zones qu'il avait traversées. Mieux vaut le diable qu'on ne connaît pas que ces putains de démons !
« Il doit bien y avoir une sortie ou un endroit pour se reposer. » Ben avait besoin de reprendre son souffle. Durant un rare moment de répit, il a découvert un canapé vide à proximité et s'est assis pour reprendre ses esprits.
*BBZZZZZ*
« Ahhhhh ! » Ben a bondi en tremblant. Le canapé l'avait électrocuté dans l'anus !
…
Il a scruté le canapé et a remarqué des petites plaques métalliques sur les sièges auxquelles il n'avait pas prêté attention plus tôt. « Rien n'est sûr ici ! »
Ben s'est éloigné de tous les meubles, cherchant un coin sûr où il pourrait se reposer une minute. Il a remarqué un mur peint en noir avec diverses inscriptions étranges à la craie blanche.
« Tu m'as séduit dès le bonjour. »
« Bush a fait le 11 septembre. »
« Epstein ne s'est pas suicidé. »
Ben s'en fichait pas mal et a adossé son dos contre le mur. Il ne pouvait se sentir en sécurité qu'ainsi, le dos au mur, un fait aussi ironique que tragique. Malgré tout, il a soupiré de soulagement. « Enfin en sécurité. »
Il y avait un trou rond de la taille d'une tasse dans le mur, à trente centimètres de sa tête…
Du coin de l'œil, Ben a remarqué un mouvement… et s'est retourné.
Comme dans une partie de tape-taupe, une créature beige en forme de saucisse a émergé du mur. C'était dur comme de la pierre…
Ben a plissé les yeux. « Taupiqueur ? » Il est devenu livide. « Non ! UN GLORY HOLE ! »
C'était un glory hole ! Un trou avec un penchant politique et complotiste !
Par pur instinct, Ben a décoché un coup de poing !
« AAAAAHHHH ! »
Alors que Ben s'enfuyait en sprintant, le cri a continué derrière lui.
***
5 minutes plus tard.
Ben se cachait dans une grande pièce derrière une balançoire sexuelle.
Il a entendu la voix du maître de jeu alors que l'homme passait de pièce en pièce en criant : « Tout le monde ! On a un frappeur de bites en liberté ! »
Ben s'est détendu quand il a compris qu'ils ne savaient pas que c'était lui, le fameux frappeur de bites… Il avait maintenant une véritable identité secrète. « Mon pourcentage d'intégration avec le masque de Batman a augmenté... »
Le maître de jeu a continué : « Il a rendu le vieux Carl tout bancal ! … Soyez prudents ! »
Des clients au hasard ont répondu en criant :
« Ferme ta gueule Steve ! C'est juste un frappeur de bites ! »
« Ouais ! Hé, frappeur de bites, si tu m'entends, tu peux venir me frapper la bite ! J'aime ça ! »
…
« Ce n'est pas un endroit pour les vivants... » Ben a changé de pièce avec une urgence fébrile. Cependant, dans ce sombre entrepôt de chaos primitif, son esprit commençait à s'embrouiller.
Quand on garde une identité secrète, son vrai moi devient flou. Qui était le vrai lui ? Ben ? Batman ? Le frappeur de bites ?
…
Servait-il la justice ou le mal ? Faisait-il même une différence ? Il ne savait plus rien. Il était fatigué, beaucoup trop fatigué.
La justice était une blague cruelle dans cet endroit. Ce hangar n'avait pas besoin de justice. Le mal y était ancré, il se multipliait, se régénérait. Tu frappes une bite et 100 autres prennent sa place…
Les ténèbres ne finissaient jamais…
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*Note de l'auteur : Pas de larmes, s'il vous plaît. C'est du gâchis de souffrance.
Le prochain chapitre sera le premier chapitre R-18. C'est votre avertissement. À l'avenir, j'ajouterai (R-18) à la fin des titres des chapitres concernés si nécessaire.