Chapitre 166
Il était tard dans la soirée et Paul travaillait sur son ordinateur dans son bureau chez Hearth quand quelqu'un frappa à sa porte.
« Chéri ? » Une beauté mûre aux courts cheveux blonds passa la tête par l'entrebâillement de la porte, lui adressant un sourire.
« Entre. » Reconnaissant sa voix, Paul ne leva même pas les yeux, continuant de taper sur son clavier.
Souriante, la femme entra dans le spacieux bureau d'angle. Après avoir posé un petit sac en plastique sur le bureau, elle le contourna et se posta derrière la chaise de Paul pour le regarder travailler. Posant ses mains sur ses épaules, elle commença à les masser. « Il se fait tard, mon cœur. Tu vas travailler encore longtemps ? »
Paul fronça les sourcils. « Pour atteindre le sommet, il faut fournir un effort maximal. » Il se pencha en avant et fit rouler ses épaules pour que ses mains glissent. « Je suis occupé là. Il y a un problème ? » Il lui jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule.
Les yeux de la femme brillèrent d'une pointe de mélancolie, mais revinrent vite à la normale quand elle croisa son regard. « Rien… Je voulais juste prendre de tes nouvelles… Tu devrais manger quelque chose. Je t'ai apporté un sandwich Reuben de cette épicerie que tu aimes bien. »
Elle rapprocha le sac en plastique de lui… mais il tendit le bras pour le bloquer. « J'ai commencé un nouveau régime. Je dois réduire mon apport en glucides. »
« …Oh. » La femme lâcha le sac. « Je ne savais même pas que mon mari faisait un régime. C'est pas bizarre, ça… » Elle ne put s'empêcher de baisser les yeux. Cependant, en faisant cela, elle remarqua une pile de documents sur son bureau, sur laquelle se trouvait un certain CV avec une photo — celle de Ben. Pour une raison inconnue, la femme eut un mauvais pressentiment en voyant cette photo. « Est-ce que je le connais ?
Non… Je ne reconnais pas son visage. Alors, pourquoi ? » Elle fixa la photo pendant un long moment, mais n'arrivait pas à situer où elle avait pu voir ce jeune homme. « Chéri, ce sont les CV de qui ? »
Paul jeta un coup d'œil à sa main qui pointait la photo de Ben. « Ils font partie du lot de nouveaux stagiaires qu'on a embauchés. Ceux-là ont été assignés à mon département. Ils commencent demain. Pourquoi ? »
La femme ne savait pas pourquoi, mais l'idée de croiser cette personne sur le lieu de travail de son mari lui donna des frissons. « Chéri, cette personne porte la poisse. Je l'ai senti dès que j'ai vu son visage. Tu dois te débarrasser de lui… »
Paul plissa les yeux en entendant cela, trouvant sa demande un peu inhabituelle, mais il se détendit vite. Il se souvint que sa femme perdait parfois son temps avec des horoscopes et autres superstitions, alors il n'y prêta pas plus attention. Le plus important, c'est qu'il n'aimait pas Ben non plus, alors ça ne le dérangeait pas de lui faire plaisir en accédant à sa demande. « Très bien, pas de problème.
Je ne peux pas le virer immédiatement sans une bonne raison, par contre. Ça ferait mauvais genre vu qu'il vient juste de commencer et qu'il y a eu une petite tension entre nous pendant l'entretien. Même comme ça, j'ai une douzaine de façons de le pousser vers la sortie, alors ne t'inquiète pas. »
Paul gloussa. « Des dizaines de stagiaires passent dans mon département chaque année. Ce sont comme des insectes. En écraser un ou deux ne demande aucun effort. Enfin, je dois retourner au travail, merci d'être passée et à plus tard. »
En entendant cela, la femme poussa un petit soupir de soulagement, bien qu'elle ne sache pas pourquoi elle se sentait ainsi. « Merci, mon cœur. Je te laisse à ton travail. Tu rentres à quelle heure ? »
« Hein ? Oh, je ne sais pas. Ne m'attends pas. »
« D-d'accord, chéri… Cette entreprise a de la chance d'avoir un manager aussi dévoué. Bon… J'y vais ! » Elle se dirigea vers la sortie du bureau, se retourna et lui fit un signe de la main, mais l'écran de Paul monopolisait toute son attention. En quittant le bureau, son sourire se transforma en une moue boudeuse.
Si Ben voyait cette femme, ses yeux lui sortiraient de la tête ! Et son zizi de son pantalon aussi !
Parce qu'il la connaissait ! C'était la milf veuve noire !
Tina la Tétue !
La paire de seins qui ne s'arrête jamais !
…
C'était son identité civile… quand elle ne menait pas sa guerre contre les frustrations sexuelles.
***
Fariq ouvrait la serrure de sa chambre, après avoir terminé une longue session d'étude à la bibliothèque. Quand il ouvrit la porte, de la musique rock classique forte lui vrilla les oreilles. « Ils font encore la fête ? » Ben lui avait dit qu'il recevrait du monde, mais aussi qu'ils auraient fini à cette heure-ci.
En traversant le couloir pour entrer dans leur chambre partagée, Fariq ne vit pas la fête à laquelle il s'attendait, avec plein de monde. À la place, il y avait un autre genre de fiesta… une pool party…
Là, sur le sol, allongée dans une flaque de liquide inconnu, se trouvait une magnifique blonde qu'il n'avait jamais vue… « Combien de filles Ben a-t-il ? »
Elle luttait pour ouvrir les yeux, la bouche entrouverte, prenant des respirations saccadées. Nue, la seule chose couvrant ses atouts massifs était un drap de lit blanc qui semblait avoir été arraché du matelas de Ben de façon désordonnée. Bien que le drap couvre ses parties intimes, plusieurs sections devenaient transparentes à cause du contact avec le liquide.
Fariq n'avait pas besoin d'être détective pour comprendre son état — elle était totalement épuisée par le sexe…
Qui plus est, le coupable était toujours sur la scène du crime… debout au-dessus d'elle, observant son œuvre. Qui d'autre cela pouvait-il être à part Bennis la menace ?
Portant seulement une serviette autour de la taille, il n'avait pas encore vu ni entendu Fariq entrer à cause de la musique. Regardant Annabelle, il rendit hommage à sa rivale vaincue. « Tu n'es pas faible. C'est juste que je suis trop fort… »
Ben était le vainqueur ! Il avait appelé le vent et invoqué la pluie !
Le résultat… était un ouragan de sperme !
...
« C'était sympa… » Laissant Annabelle récupérer, Ben était reconnaissant pour cette fin positive à une soirée qui avait mal commencé. Il s'avérait qu'elle avait perdu les clés de son appartement quelque part et avait donc demandé à dormir sur place. Bien que le lit de Ben manque d'espace, comme elle n'avait nulle part où aller, il s'est dit que ce ne serait pas un problème s'il jetait ses oreillers pour utiliser ses seins à la place…
Il y avait une chose qui le décevait, cependant. Quand il était allé aux toilettes il y a une minute, il avait ouvert l'écran de son système et vu qu'il n'avait reçu aucun succès pour cette session, ce qui arrivait pour la première fois. C'était dommage, mais Ben s'y attendait, sachant que le système donnait la priorité aux nouvelles conquêtes.
À ce moment-là, il vit un mouvement du coin de l'œil. « Hé, Fariq ! » Il suivit le regard de Fariq. « Oh, ne t'inquiète pas pour elle… Elle n'est pas du genre à essayer de tuer chaque homme qui aperçoit accidentellement sa peau… »
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