Chapitre 100
*Claquement !*
Debout devant la voiture, la fille claque la portière en insultant le conducteur. Furieuse, elle se dirige vers le dortoir sur ses talons hauts, titubant avec une démarche instable, signe manifeste d'ébriété.
Ben l'observe alors qu'elle s'approche : grande… robe noire légère… longues jambes… « Pourquoi j'ai une terrible impression de déjà-vu ? »
Il a l'impression qu'un souvenir est enfoui au plus profond de lui... un événement tragique survenu récemment qu'il a refoulé dans son subconscient…
« Laisse tomber, les machines ont sûrement modifié quelque chose... » Ben comprend que l'ignorance est une bénédiction...
Il chasse cette pensée et examine la fille de plus près. « Pourquoi elle me dit quelque chose ? » Ses cheveux bruns ondulés arrivant aux épaules et sa peau mate lui rappellent quelqu'un. Quand elle se rapproche et qu'il voit son magnifique visage… il comprend pourquoi. « C'est elle… » Il reconnaît la jeune femme.
Arrivée à l'entrée du dortoir, elle s'arrête net en voyant Ben, le reconnaissant elle aussi. Elle le salue avec des mots qu'il ne comprend pas. « Eisai esy… »
Ben ne sait pas ce que signifient ces mots, mais il identifie la langue : le grec…
C'est Penelope, la fille grecque qu'il avait abordée lors de son premier jour à l'université et qu'il n'avait pas revue depuis. Avec toutes les femmes que Ben a fréquentées par la suite, il l'avait complètement oubliée. Pourtant, elle est là…
La dernière fois qu'ils se sont parlé, elle lui avait demandé son numéro. « J'ai tellement changé. Comment elle a pu me reconnaître ? » Puis, Ben réalise qu'il porte la même chemise que ce jour-là. La plupart de ses vieux vêtements sont à jeter, mais c'était sa plus belle chemise à l'époque, celle qu'il avait mise le premier jour pour faire bonne impression.
Mystère résolu, Ben contemple la beauté qui l'attend devant lui. Réalisant que c'est une opportunité, il jette un œil à ses statuts dans le Système.
[Niveau d'attraction actuel de la cible : intéressée (+2 bonus d'ivresse)]
[Niveau de confort actuel de la cible : familière (+2 bonus d'ivresse)]
Ben déglutit. « C'est le moment, mais qu'est-ce que je fais ? La dernière fois, je parlais couramment grec grâce à un objet du Système. Maintenant, je ne connais pas un mot… Je devrais essayer l'anglais ? Lui sortir une réplique de drague ? » Il regrette que son accroche divine soit encore en temps de recharge. Même si elle ne le rendait pas bilingue sur la durée, elle aurait pu lui fournir une phrase en grec, mais il doit faire avec ce qu'il a.
Ben réfléchit un instant. Puis, au lieu de parler, il lui fait un signe de tête. « Si parler est risqué, je vais juste fermer ma gueule… »
Après cette réponse, Penelope l'examine pendant quelques secondes...
Son cœur s'accélère. Ben se demande s'il a fait le mauvais choix...
Puis, elle esquisse un sourire en coin. Penelope plisse les yeux en regardant vers le SUV, vers le type assis au volant. Il est en train de parler au téléphone, riant avec un air arrogant comme s'il avait une fille au bout du fil… Penelope renifle et se tourne à nouveau vers Ben. Elle fait quelques pas vers lui et passe son bras autour du sien. « Tha itheles na kaneis parea mazi mou ? »
Ben ne comprend pas ce qu'elle dit, alors il répond par un simple signe de tête.
C'est alors que Penelope entraîne Ben à l'intérieur du dortoir sous le regard noir du type dans le SUV. En voyant ça, le visage du conducteur devient livide. Il sort de la voiture et marche vers eux, mais ils sont déjà à l'intérieur.
Quelques instants plus tard, Penelope et Ben montrent leurs cartes d'étudiant au gardien et passent le poste de sécurité. Alors qu'ils s'avancent, ils entendent un cri derrière eux.
« Penelope ! Qu'est-ce que tu fous bordel ?! »
Ils se retournent pour voir le grand conducteur les fixer, son expression hideuse jurant avec son beau visage et ses cheveux blonds courts. Penelope ricane. Puis, elle se détourne et entraîne Ben vers l'ascenseur, ignorant l'homme qui ne peut pas entrer, n'étant pas étudiant.
Alors qu'ils sont sur le point de disparaître au détour d'un couloir, Ben sourit et croise le regard de l'homme. À cet instant, le temps semble se figer...
Ben sent que l'homme a compris ses pensées. C'est l'une de ces situations magiques... une situation où un homme n'a pas besoin de mots pour s'exprimer... une situation où l'un d'eux est sur le point de se faire cocufier...
...
Une chanson commence à résonner dans leurs têtes alors qu'ils se fixent... une version remasterisée de « The Sound of Silence » de Simon & Garfunkel.
« Hello cuckold, mon vieil ami~
...
Je suis revenu baiser ta femme, c'est fini~
...
Parce qu'une petite bite qui rampe doucement~
...
A semé ses graines pendant ton sommeil, innocemment~
...
Et le bébé qui a été planté quand j'ai été vidé~
...
Est toujours là~
...
Alors tu l'élèveras... et le guideras~ »
...
C'est une chanson qui capture parfaitement les sentiments tendres de Ben...
Toutes les bonnes choses ont une fin, cependant. Penelope traîne bientôt Ben dans l'ascenseur et il vérifie son compte à rebours.
00:09:52
Il commence à transpirer. Ce n'est pas assez de temps. Il doit trouver un moyen d'accélérer les choses. Sinon, la prochaine ballade sera celle de ses funérailles...
Dans l'ascenseur, Penelope appuie sur le bouton de son étage et discute avec Ben. La conversation ressemble à ça :
Grec inintelligible…
Signe de tête.
Grec inintelligible.
Signe de tête.
Grec inintelligible.
Pause dramatique, puis signe de tête.
Bien que Penelope fasse quelques expressions étranges une ou deux fois, comme si les réponses de Ben étaient inhabituelles, il sait que ça fonctionne car ses niveaux n'ont pas baissé. « Heureusement qu'elle est bourrée. Si elle était sobre, elle m'aurait déjà démasqué… »
À l'approche de son étage, Penelope commence à mélanger l'anglais, sentant peut-être que Ben ne « veut » pas parler grec.
« On est arrivés… » Elle sourit et attrape le bras de Ben pour le conduire vers sa chambre. Ils entrent rapidement et il examine les lieux. Hormis une odeur inhabituelle de romarin, la chambre est typique d'un dortoir de première année. Deux bureaux, deux chaises et deux lits doubles, mais sa colocataire n'est pas là.
Après que Penelope a fermé la porte, elle va à la salle de bain. Ben s'assoit sur son lit et essaie de réfléchir à son prochain mouvement…
00:08:25
00:08:24
00:08:23
Alors que les secondes passent, son calme diminue grain par grain comme le sable dans un sablier. « Je ne peux pas échouer ici, mais comment réussir ? » Il continue d'élaborer sa stratégie.
Pendant ce temps, un livreur de pizza se dispute avec le gardien en bas pour monter, mais il échoue, repartant avec une pizza froide et une perte sèche sur le bilan de l'entreprise. C'était le premier coup de Ben contre l'empire Domino's…
Ben ne peut pas s'en soucier, car il est au milieu de sa propre livraison Uber Meats.
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C'est mon premier roman à atteindre les 100 chapitres. Merci à tous de m'avoir encouragé à arriver jusqu'ici ! Ce n'est que le début de l'histoire.
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