Chapitre 3
« Hélène ! Apporte les fruits dans les cuisines ! »
Son travail consistait à éplucher une variété rare de fruits afin d'en extraire un sérum destiné à guérir la maladie du jeune maître.
Elle prit donc les paniers bien remplis et se dirigea vers les cuisines. Une fois sur place, elle les posa délicatement sur le sol, puis les prit un à un pour les éplucher méticuleusement et en récolter le jus.
Le mage envoyé par la famille royale attendait déjà dans le salon des visiteurs ; elle devait absolument se dépêcher.
« Aïe ! »
Prise par la précipitation, la lame glissa et lui entailla le doigt.
« Hélène ! C'est bientôt prêt ? »
« Oui ! J'arrive tout de suite ! »
Elle rinça rapidement sa blessure sous un filet d'eau fraîche avant de l'essuyer d'un coup de chiffon. Elle n'avait vraiment pas le temps de s'attarder sur une simple égratignure.
Elle versa le précieux sérum dans une tasse en porcelaine et reprit sa marche d'un pas pressé. Arrivée devant la lourde porte du salon, elle marqua une pause et toqua poliment.
« Maître, le sérum de fruits est prêt. »
Des pas lourds résonnèrent de l'autre côté, puis une voix grave s'éleva :
« Entre. »
Elle poussa la porte, s'avança avec précaution et déposa la tasse sur une table basse. Après avoir salué d'une révérence respectueuse, elle fit demi-tour pour sortir. Avant d'imprimer son pas vers la sortie, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil furtif au mage royal. Il y avait quelque chose d'étrangement perturbant dans son attitude.
Sa journée enfin terminée, Hélène retira son tablier, rangea ses effets personnels dans son sac et quitta le manoir d'un pas léger. L'air frais de la fin d'après-midi lui fit un bien fou après ces longues heures passées dans les cuisines étouffantes.
Alors qu'elle approchait du tournant de sa rue, des éclats de voix familiers attirèrent son attention.
Un peu plus loin, Adam marchait à reculons devant Bérénice, un grand sourire moqueur aux lèvres. Il s'amusait à faire léviter un petit caillou juste au-dessus de la tête de la jeune fille, qui tentait en vain de l'attraper, le visage rouge de frustration et de timidité.
« Rends-le-moi, Adam ! Tu es vraiment insupportable ! »
« Il faut être plus rapide que ça si tu veux récupérer tes affaires, la naine ! »
Hélène s'arrêta un instant, un tendre sourire étirant ses lèvres en observant la scène. Malgré leurs chamailleries incessantes, ces deux-là étaient définitivement inséparables.
Elle reprit sa marche et éleva la voix pour rompre leur duel :
« Dis donc, Adam ! Tu n'as pas bientôt fini de martyriser cette pauvre Bérénice ? »