Chapitre 1
Que désirez-vous le plus ?
La richesse ? L'amour ? La paix ? Ou peut-être... la vie d'un homme handicapé et paralysé ?
Bienvenue dans mon monde.
Je suis une femme qui désire tout, et je sais parfaitement comment l'obtenir. Après tout, je suis une excellente manipulatrice.
Elle prit les assiettes pour les poser sur la table, puis retira son tablier qu'elle y déposa également. Se dirigeant vers le robinet, elle se lava les mains.
« Adam, tu vas être en retard pour l'école ! »
Adam était son frère cadet.
Il descendit les escaliers en sautant les marches quatre à quatre. Vêtu de son uniforme de l'Académie Royale, il y étudiait principalement la magie. Il affichait des cheveux bruns, tout comme sa sœur, et de grands yeux en amande de la même couleur.
« Je ne suis jamais en retard ! J'ai juste à utiliser ma magie de téléportation et hop... j'y suis. »
Elle haussa les épaules, un brin moqueuse.
« C'est ça, oui. Rappelle-moi où tu t'es téléporté la dernière fois ? Hein ? »
Adam haussa les sourcils, pris le bec dans l'eau.
« Dans le lac... »
Hélène se plia en deux de rire. Elle savait bien que son frère n'excellait pas en magie, mais elle admirait sa détermination sans faille.
« Ne te moque pas ! »
« Pardon, souffla-t-elle en essuyant une larme de rire. Allez, mange. Je vais te déposer sur... Enfin compte tenu de l'heure, c'est Liam qui s'en chargera. »
Liam était leur voisin et le meilleur ami d'Hélène. Elle lui accordait une confiance aveugle.
« Ouais, bof », grignota Adam.
Elle lui tapota doucement le front.
« Réponds correctement, idiot. »
Il grimaça.
Hélène s'assit à son tour et commença à manger. Elle devait elle aussi se rendre à son travail : servante pour le compte d'un comte. Un comte paralysé.
Depuis son plus jeune âge, elle avait été élevée pour servir les plus puissants ; elle était née pour être servante. Sa mère travaillait autrefois au service du précédent comte, et aujourd'hui, c'était à son tour de servir le fils : Robert. Un jeune homme de son âge, lourdement handicapé sur les plans mental et physique. Il ne pouvait plus bouger aucun de ses membres et demeurait plongé dans un profond sommeil.
Mais peu importait. Elle n'allait pas se rabaisser pour si peu. Elle ne le connaissait même pas personnellement.
Tout ce dont elle se souvenait, c'était de son visage d'enfant : lorsqu'ils étaient petits, il venait régulièrement jouer chez eux avec sa sœur aînée et elle. Il était alors terriblement amoureux de sa grande sœur.
Quelle vie ironique.