Chapitre 913
« Hmph. Quelle arrogance. Tu ferais mieux de te méfier. » Dame Piaomiao renifla avec froideur, puis agita l’autre manche. Dans un vacarme strident, d’innombrables oiseaux jaillirent de sa manche, encerclèrent Jiang Qisha et fondirent sur lui.
C’était la technique martiale taboue mortelle dont elle s’était servie plus tôt pour massacrer l’armée de l’Archipel de l’Exécution immortelle. Cette fois, toutefois, la nuée d’oiseaux, dense et compacte, se concentra en un seul point et n’encercla qu’une seule personne.
La puissance qu’ils dégageaient était véritablement terrifiante. Rien qu’en les apercevant, les spectateurs sentirent leur cuir chevelu les démanger et un frisson leur parcourir l’échine.
Après avoir lancé cette puissante technique martiale taboue mortelle, Dame Piaomiao ne profita pas de l’ouverture pour poursuivre l’attaque. Elle fit volte-face et exécuta une technique martiale de déplacement extrêmement rapide. Devenue un trait de lumière, elle s’envola au loin. Elle comptait quitter ces terres.
« Ne t’inquiète pas, je te laisserai partir et te donnerai une chance de te venger. Mais puisque je suis entré en action, je ne laisserai naturellement aucun d’entre vous s’en aller. Laissez d’abord quelques affaires derrière vous. »
Jiang Qisha se contenta pourtant d’adresser un sourire froid aux oiseaux. Il retourna la paume et fit apparaître un talisman dans sa main. D’un mouvement du bras, il le lança.
Une fois le talisman envolé, il se mit à tournoyer à toute vitesse et à se transformer. Il finit par devenir un immense trou noir, dressé à la verticale dans les airs. Ce trou noir avait un aspect étrange, et sa présence l’était plus encore. On aurait dit un gouffre sans fond, d’où jaillissait une force d’aspiration sans limites.
oua ya ya ya ya
Quel que fût leur nombre, les oiseaux ne pouvaient résister à cette force d’aspiration terrifiante. Dans un vacarme strident, ils furent tous aspirés par le trou noir.
« Ce gamin… »
Le teint même de Dame Piaomiao changea radicalement. Stupéfaite, elle constata que l’apparition du trou noir avait considérablement ralenti sa vitesse. Sans sa technique martiale, elle aurait déjà été aspirée à cet instant.
« Ancienne, ne partez pas si vite. Prenons le temps de discuter ! » lança Murong Mingtian en volant vers elle, un sourire étrange aux lèvres. Il comptait profiter de l’occasion pour s’en prendre à elle.
« Tu veux m’arrêter ? Ce ne sera pas si facile. » Les yeux de Dame Piaomiao brillèrent, puis elle agita sa manche. L’Armement royal en jaillit et se transforma en dragon blanc.
Ce dragon blanc avait des cornes et des griffes, ainsi que des écailles étincelantes. Son corps immense et son aura puissante le faisaient voler dans les airs comme un véritable dragon.
Aooo— Le dragon blanc, formé de soie blanche, était féroce. Lorsqu’il ouvrait la gueule, il pouvait même engloutir les nuages. Ses griffes déchiraient l’espace, et, comme s’il était doué d’intelligence, il affronta Murong Mingtian et le tint à distance.
Aooo— Dame Piaomiao agita de nouveau sa manche, d’où jaillit un autre flot de soie blanche. Celui-ci se transforma à son tour en dragon blanc et attaqua Jiang Qisha.
« Heh, intéressant. Je ne pensais pas qu’un endroit pareil abriterait quelqu’un capable de façonner deux Armements royaux.
« Mais hélas, cela ne suffira pas à m’arrêter. » Jiang Qisha ne changea pas d’expression face au féroce dragon blanc. Il pivota le poignet et fit apparaître plusieurs talismans.
Fff, fff, fff. D’un mouvement du bras, il les lança dans toutes les directions. Tels des flèches, ils fendirent l’air en sifflant. Au même instant, une énergie dorée de Formation spirituelle jaillit de son corps et se relia à chacun des talismans.
« Formation ! » cria doucement Jiang Qisha une fois prêt. Une lumière aveuglante jaillit, et les talismans reliés formèrent un vaste filet matériel qui enveloppa le dragon blanc.
Le filet se resserra rapidement. Il retrouva la taille des talismans d’origine et, réduit à un petit paquet, atterrit dans la main de Jiang Qisha.
Le paquet avait beau se débattre violemment en tous sens, le dragon blanc créé par un Armement royal avait manifestement perdu toute capacité de lutter contre Jiang Qisha. Il avait été capturé.
Deux Armements royaux parfaitement identiques : l’un avait facilement tenu Murong Mingtian à distance, tandis que Jiang Qisha avait maîtrisé l’autre sans le moindre effort. L’écart entre eux était immense, ce qui suffisait également à prouver la force de Jiang Qisha.
« Bon sang. Comment ce gamin peut-il maîtriser des techniques aussi répugnantes ? » Le visage de Dame Piaomiao s’assombrit lorsque son Armement royal fut neutralisé. Elle ne se retourna toutefois pas et continua de filer à toute vitesse.
Jiang Qisha n’avait manifestement pas l’intention de laisser Dame Piaomiao s’échapper. Il lança deux talismans qui se collèrent sous ses chaussures. À chaque pas, il parcourait plusieurs dizaines de kilomètres et, à grandes enjambées, il se rapprochait d’elle à une vitesse incroyable.
« La Secte du Sol maudit… Il vient donc du Saint Pays du Martialisime ? »
En voyant Jiang Qisha s’acharner et recourir à des techniques qu’il n’avait jamais vues, le regard de Chu Feng vacilla. C’était la première fois qu’il découvrait les méthodes d’un homme venu du Saint Pays du Martialisime. La démonstration de Jiang Qisha ne le déçut pas ; elle le surprit même quelque peu.
Chu Feng comprit que les techniques maîtrisées par Jiang Qisha reposaient sur ces talismans particuliers. Il s’en servait pour se renforcer, et ceux-ci augmentaient considérablement sa puissance, qu’il s’agisse d’attaque, de défense ou même de vitesse.
Chu Feng avait même l’impression que, s’ils comparaient leurs forces au combat, Jiang Qisha pourrait bien être plus puissant que lui. De plus, Jiang Qisha venait du Saint Pays du Martialisime, mais cela ne signifiait pas qu’il était le plus grand génie de ces terres.
Et si tel était le cas — s’il n’était pas le plus grand génie du Saint Pays du Martialisime —, à quoi ressemblait le plus puissant ? Quelle était la force des experts de ces terres ?
Peut-être… les Empereurs martiaux, qui n’étaient que des légendes dans ce monde, étaient-ils bien vivants et nombreux là-bas ?
Chu Feng ne put s’empêcher de repenser aux paroles que Jiang Qisha avait adressées plus tôt à Dame Piaomiao. Peut-être avait-il raison : même après plusieurs dizaines de milliers d’années de cultivation, Dame Piaomiao ne serait peut-être toujours pas capable de forcer l’entrée de sa secte. C’était comme si les plus puissants du continent des Neuf Provinces ne pouvaient rien faire dans la Région de la Mer orientale.
La force de Jiang Qisha inquiétait Chu Feng, car il pouvait fort bien leur barrer la route et leur ôter tout espoir de survie.
Mais dans le même temps, cette force l’enthousiasmait. Il avait encore plus hâte d’entrer au Saint Pays du Martialisime. Comme on le disait, on devenait plus fort au contact des plus forts. Seules les terres regorgeant d’experts constituaient le véritable lieu où l’on pouvait se transformer en profondeur.
« Vieille bique ! Aujourd’hui, je te laisse partir. Mais eux, tu me les laisses. »
Alors que Chu Feng était perdu dans ses pensées, une voix retentit soudain. Lorsqu’il leva la tête, il découvrit que Jiang Qisha l’avait déjà rattrapée. Un talisman avait également quitté sa main. Tel un éclair, il frappa le Sac cosmique de Dame Piaomiao.
Boum !
À l’impact, le Sac cosmique explosa. Le talisman ne se contenta pas de forcer l’ouverture du Sac cosmique : la formation qui contenait Chu Feng et les autres se brisa elle aussi sur-le-champ.
En un instant, Chu Feng et les autres apparurent dans les airs. Ils n’étaient plus protégés par Dame Piaomiao et se retrouvèrent face à Jiang Qisha.