Chapitre 832
Fff, fff, fff, fff…
À cet instant précis, neuf autres personnes arrivèrent des hauteurs. Toutes se rangèrent derrière le vieil homme. Chacune était un Seigneur martial, et certaines avaient même atteint le deuxième, le troisième ou le quatrième niveau. N’importe laquelle d’entre elles aurait pu tuer tout le monde sur-le-champ, si elle l’avait voulu.
Fff, fff, fff, fff… Mais ce n’était pas fini. Après l’apparition de tous les Seigneurs martiaux, des bruits de gens descendant du ciel déferlèrent sans discontinuer depuis les hauteurs.
En levant les yeux, ils virent les silhouettes qui plongeaient à travers le ciel, pareilles à une pluie de météores. Elles atterrirent toutes derrière le vieil homme. Elles étaient plusieurs milliers. Toutes se trouvaient au Royaume Céleste, et cinq cents d’entre elles avaient atteint le sommet de ce royaume. Une seule percée dans leur cultivation suffirait à les faire devenir des Seigneurs martiaux.
« Vous ne venez pas des continents de l’Est. D’où venez-vous ? Pourquoi êtes-vous venus semer le trouble ici ? » lança le Fondateur du Dragon d’Azur en se levant, le visage bouleversé.
Dans ces circonstances, il n’avait pas d’autre choix que de prendre la parole. Tous les Seigneurs martiaux présents, à l’exception de lui, avaient été blessés par le vieil homme.
Le vieil homme avait déjà terrorisé la foule, mais qui aurait imaginé qu’il ferait venir une telle armée ? Cela acheva de les épouvanter. À cet instant, parmi les représentants de toutes les dynasties, personne n’osa même mettre ces gens en question.
Ce fut plutôt le Fondateur du Dragon d’Azur, un étranger, qui devint leur pilier.
« Ha ha, en voilà un qui a du répondant !
« Vous avez raison. Le sang de la Dynastie Gao est pur. Naturellement, nous ne pouvons pas végéter dans ces continents de l’Est et déshonorer notre nom.
« La Dynastie Gao vient de la Région de la Mer orientale ! Nous sommes venus soumettre toutes ces créatures infâmes que vous êtes ! » lança froidement le vieil ancêtre de la Dynastie Gao. Son ton était celui d’un empereur qui toisait des paysans. Il avait l’allure d’un seigneur descendu dans le monde des mortels.
« La Région de la Mer orientale ? » Ces trois mots horrifièrent tout le monde. Leurs visages devinrent blêmes comme du papier, et leur front se couvrit aussitôt de sueur. Où étaient passées leurs anciennes allures de souverains ? Ils ressemblaient à de pauvres poussins terrorisés, figés sur place, le regard vide.
Ils gardaient un souvenir très vif de la Région de la Mer orientale. Il y a fort longtemps, leurs clans vivaient sur cette terre. Mais, à force de décliner, ils avaient peu à peu perdu la capacité d’y survivre. Guidés par leurs ancêtres, ils avaient alors migré vers les continents de l’Est.
La Région de la Mer orientale était ainsi devenue une blessure qui ne guérissait jamais. Leur rêve était de ramener un jour leur clan sur cette terre.
Mais ils connaissaient aussi parfaitement les dangers de la Région de la Mer orientale. C’était un monde où les experts ne manquaient pas. Il n’était pas facile de retourner sur cette terre, car n’importe quelle puissance influente pouvait les anéantir.
Plus important encore, aucune des dynasties capables de vivre dans la Région de la Mer orientale n’était à prendre à la légère. On pouvait même dire qu’elles étaient toutes des puissances colossales, d’une ampleur inimaginable.
Et voilà qu’aujourd’hui, la Dynastie Gao, venue de la Région de la Mer orientale, se présentait directement à leur porte. Ils savaient qu’ils étaient perdus. Quelles que fussent les intentions de la Dynastie Gao, aucun d’eux n’avait la force de lui résister.
La réalité confirma leurs craintes. Même si les plus grands experts de nombreuses dynasties s’étaient rassemblés ici, aucun ne pouvait égratigner la Dynastie Gao. Ils étaient à présent comme des poissons sur une planche à découper, attendant qu’on les égorge.
La peur… l’impuissance… Ces mots se lisaient clairement sur leurs visages.
« Qu’avez-vous l’intention de faire ? » demanda gravement le Fondateur du Dragon d’Azur.
« Je l’ai déjà dit. Nous allons vous soumettre. Pour être plus clair, nous ferons de vous des bêtes. Vous serez nos esclaves, que nous utiliserons à l’avenir », répondit le vieil ancêtre de la Dynastie Gao avec un rictus.
Un ancien de la Dynastie Jiang répliqua avec entêtement : « N’y comptez pas ! Vous voudriez que nous vous servions ? Vous n’êtes même pas… »
Boum ! Mais avant qu’il eût pu finir, un Seigneur martial de la Dynastie Gao leva la main et le réduisit à une mare de sang.
Au même instant, le vieil ancêtre de la Dynastie Gao eut un sourire glacial, puis déclara : « Bande d’incapables de la Dynastie Jiang, vous ne comprenez donc pas votre situation ? Vous osez refuser de vous rallier à la Dynastie Gao ? Vous nous méprisez vraiment !
« Soldats, anéantissez la Dynastie Jiang. Anéantissez aussi les Neuf Provinces. Je ne veux voir aucun être vivant sur ce continent où grouille cette vermine. »
« Quoi ? Mais… » À ces mots, ceux qui tremblaient déjà de peur s’effondrèrent de terreur. Une seule réplique suffisait à condamner tout leur clan à l’anéantissement. Même le continent où ils vivaient allait être touché. C’était d’une cruauté sans nom.
« Vous voulez anéantir le continent des Neuf Provinces ? Quel ton arrogant ! »
Mais au moment où tous crurent le désastre inévitable, une voix furieuse éclata dans le ciel.
Cette voix était terrifiante. Lorsqu’elle retentit, la terre trembla, et le ciel lui-même frémit. Des fissures apparurent même sur de nombreux bâtiments de la Dynastie Jiang, sous l’effet de la seule voix.
« Oh ? Je ne pensais pas que des experts se cachaient ici. » En entendant cette voix, le vieil ancêtre de la Dynastie Gao fronça légèrement les sourcils, sans pour autant céder à la panique. Il balaya les alentours du regard et déclara d’un ton indifférent : « Si vous comptez intervenir, cessez de vous cacher. Montrez-vous. Je m’occuperai de vous en même temps que d’eux tous. »
Boum, grondement, grondement…
À peine eut-il parlé qu’un éclair jaillit soudain dans le ciel serein. Il fondit droit sur le vieil ancêtre de la Dynastie Gao, comme si son arrogance avait courroucé les cieux et qu’il subissait un châtiment divin.
Il fronça légèrement les sourcils et agita sa large manche pour tenter de le bloquer. Il sentait que la puissance de l’éclair était loin d’être négligeable. Mais, contre toute attente, au moment où il allait entrer en contact avec lui, l’éclair colossal disparut soudain.
Boum, grondement, grondement, grondement…
Pourtant, après la disparition de l’éclair, des nuages noirs envahirent les environs et d’innombrables éclairs épais sillonnèrent le ciel. On aurait dit la fin du monde ; le spectacle était terrifiant.
« Ciel ! Que se passe-t-il ? » À cet instant, tous sentirent une pression écrasante envahir l’air et recouvrir le monde.
Certains des plus jeunes, en voyant les nuages noirs s’amonceler et les éclairs furieux, épais comme des dragons, ne purent s’empêcher de pousser des cris. Ils étaient véritablement terrorisés.
En réalité, les gens des continents de l’Est n’étaient pas les seuls à rester bouche bée devant cette scène. Même les membres de la Dynastie Gao, d’ordinaire si arrogants et méprisants envers tout le monde, en furent stupéfaits.
À cet instant, ils froncèrent les sourcils et l’inquiétude se peignit sur leurs visages. La terreur brillait même dans les yeux de certains, tant la pression qui enveloppait le monde était puissante.
« Regardez ! Qu’est-ce que c’est ? »
Soudain, quelqu’un s’écria. Tous tournèrent les yeux dans la direction indiquée et changèrent d’expression, frappés de stupeur.
À cet instant, au milieu des nuages noirs tourbillonnants où serpentaient des éclairs, apparurent dix navires de guerre noirs, gigantesques. Ils étaient si imposants qu’ils ressemblaient à des châteaux flottants. Leur puissance destructrice s’abattait du ciel tandis qu’ils approchaient lentement.
« Ciel ! Qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est terrifiant ! » Bien sûr, les habitants du continent des Neuf Provinces n’avaient jamais vu pareille armée ! Ils s’aplatirent tous au sol, le corps tremblant. Ils n’avaient même pas la force de se relever et de fuir. Ils étaient complètement sidérés et pétrifiés.
À mesure que les navires de guerre descendaient, tous purent distinguer plusieurs grands drapeaux à leur bord. En y regardant de plus près, ils aperçurent le symbole d’une lune noire incomplète. Quatre grands caractères étaient en outre inscrits sur ces emblèmes.
Secte des Démons de la Nuit mutilée !