Chapitre 756
« Tais-toi ! Tu crois être comparable à Chu Feng ? Il est plus d’un million de fois plus fort que toi ! »
« Non, pour être plus précis, c’est un être hors du commun, tandis que toi… tu ne mérites même pas d’être considéré comme une personne. » En entendant Qin Yu parler de Chu Feng, Su Mei entra aussitôt dans une colère noire. Sans se soucier du reste, elle se mit à l’injurier.
Non seulement Su Mei défendait l’homme qu’il détestait, mais elle l’insultait de la sorte. En entendant ses paroles, Qin Yu, d’ordinaire si mesquin, sentit lui aussi la colère monter.
Mais lorsqu’il vit la peau claire de Su Mei rougir de plus en plus et sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration précipitée, il réprima sa colère et éclata même d’un rire suffisant. Puis, sans la moindre honte, il lança : « Insulte-moi ! Vas-y, donne tout ce que tu as ! On dirait que tu l’aimes vraiment, mais alors ?
« À partir d’aujourd’hui, tu seras à moi. Et alors, si ton cœur lui appartient ? Ton corps, lui, est destiné à m’appartenir.
« Alors, petite Mei, qu’en dis-tu ? Tu as très chaud ? Ça te démange ? Tu en as très envie ?
« Peu importe, ne te retiens pas. Ton frère Qin Yu saura satisfaire tous tes désirs. »
« Tu veux mon corps ? Tu rêves ! » Su Mei ricana froidement. Puis, elle leva brusquement la main et l’abattit sur sa tête. Pour préserver sa chasteté, elle allait se suicider.
Bam ! Mais avant que la paume de Su Mei n’atteigne sa tête, Qin Yu agita sa manche. La main de Su Mei vint alors s’écraser sur son propre visage. Non seulement il empêcha ainsi sa tentative de suicide, mais il la projeta dans les airs.
Une empreinte rouge vif marquait le beau visage de Su Mei. La force du coup lui avait même fait couler un filet de sang au coin des lèvres.
« Hmph. Tu veux te suicider ? N’y pense même pas !
« Mais je ne te forcerai pas. Je vais simplement attendre ici. Quand la drogue fera effet, tu me supplieras de toi-même. Hahaha… »
Qin Yu tira une chaise et s’assit tout en parlant. Il réprima son désir et, les yeux rivés sur Su Mei étendue non loin de lui, attendit que la drogue agisse dans son corps.
Boum ! Mais à cet instant, la porte close vola soudain en éclats. Une personne pénétra aussitôt dans la pièce.
« C’est toi ? » Qin Yu ne put cacher sa stupeur en voyant le nouveau venu. Il reconnut immédiatement Chu Feng.
« Chu Feng ! » Les larmes roulèrent sur les joues de Su Mei à sa vue. Elle se releva aussitôt et se jeta dans ses bras, sanglotant avec un profond sentiment d’injustice.
« Petite Mei, pardonne-moi. Je suis arrivé trop tard et je t’ai laissée souffrir. » Chu Feng la porta jusqu’au lit. En voyant l’empreinte sur le côté de son visage et le sang au coin de ses lèvres, il sentit son cœur se serrer.
« Non, non, je ne souffre pas. Je suis là pour toi. Aucun autre homme que toi ne devrait même songer à me toucher. Même si je dois mourir, il n’en aura pas le droit », déclara Su Mei avec détermination.
« Petite Mei, repose-toi. Laisse-moi m’occuper du reste. » Chu Feng essuya le sang au coin de ses lèvres, puis se redressa lentement et posa les yeux sur Qin Yu, qui se tenait à proximité, déjà dévêtu.
Chu Feng paraissait parfaitement calme. Son teint comme son regard donnaient l’impression qu’il n’était en rien concerné par la situation.
Pourtant, nul ne savait quelle fureur explosive et quelle soif de sang bouillonnaient en lui. Si quelqu’un avait pu les voir, même le plus brave des hommes en aurait été terrifié au point d’en perdre la raison, et son âme se serait dispersée.
Quant à Qin Yu, il ne se rendit manifestement pas compte que quelque chose clochait. Il mit plutôt aussitôt en œuvre ses techniques d’Esprit du Monde pour sceller les lieux. Puis, adressant un sourire à Su Mei, il déclara : « Je ne pensais pas que Chu Feng viendrait vraiment. Tant mieux, je vais mettre à exécution ce que je viens de dire.
« Je vais le forcer à s’agenouiller, puis lui faire regarder pendant que je te prends de force, sans qu’il puisse rien faire ! Hahaha ! »
« Quelle main as-tu utilisée pour frapper petite Mei ? » demanda Chu Feng d’un ton indifférent, sans prêter attention aux cris de Qin Yu.
« Qu’est-ce que ça peut te faire, la main que j’ai utilisée ? Qu’est-ce que tu peux me faire ? Non seulement je l’ai frappée, mais je vais aussi la prendre devant toi », répondit Qin Yu avec arrogance, comme s’il se vantait.
Boum ! À cet instant, les yeux de Chu Feng s’illuminèrent et une énergie déchaînée jaillit de son corps.
C’étaient les trois éclairs. Trois foudres de couleurs différentes tourbillonnaient autour de Chu Feng. Ses cheveux et ses vêtements flottaient dans tous les sens en sifflant.
Mais le plus frappant, c’était le regard de Chu Feng, qui n’avait plus rien d’humain. Ses yeux évoquaient plutôt ceux d’une bête sans cœur et brillaient de la lumière des trois éclairs.
Une aura terrifiante émana de Chu Feng. Elle envahit la pièce en un instant. Même Qin Yu, qui s’apprêtait à l’humilier et affichait un air satisfait, changea radicalement d’expression.
Il découvrit, stupéfait, que la puissance de Chu Feng dépassait de loin la sienne. Sous l’emprise de son aura, sa propre force était complètement réprimée.
À cet instant précis, une illusion lui apparut : l’être qui se tenait devant lui n’était pas une personne, mais un monstre d’une cruauté inouïe, au cœur de glace.
« Q-Qu’est-ce que tu es, bon sang ?! » bégaya Qin Yu d’une voix tremblante en pointant Chu Feng du doigt. Il était terrifié. Jamais encore il n’avait vu quelqu’un — ou, plus exactement, jamais il n’avait vu un être comme celui qui se tenait devant lui — semblable à Chu Feng.
« C’est cette main ? » Chu Feng passa soudain à l’action. Il se retrouva instantanément devant Qin Yu et, avant que celui-ci ait le temps de réagir, lui saisit le poignet.
Bzzz ! Dès que Chu Feng lui saisit le poignet, les trois éclairs jaillirent de son corps. Ils se muèrent en d’innombrables serpents de foudre qui s’enfoncèrent dans la paume de Qin Yu.
« AAHHHHH ! » Le visage de Qin Yu se tordit complètement. Il ouvrit grand la bouche et poussa un cri de douleur atroce.
Une fois entrés dans son corps, les éclairs se mirent à lui déchirer la chair, à lui lacérer les muscles et à lui ronger les os.
Sous ses yeux, sa paume se déchiquetait, se déchirait et disparaissait peu à peu. Mais surtout, tandis que sa main brûlait, il éprouvait une douleur sans précédent.
Il avait l’impression que des millions d’insectes le rongeaient et que d’innombrables lames acérées le tailladaient. Chaque entaille lui transperçait le cœur, et la douleur lui donnait envie de mourir.
« Salaud, lâche-moi ! » Qin Yu paniqua. Il était complètement paniqué, car l’homme devant lui lui semblait être un démon dépourvu de toute émotion. Seule une torture cruelle l’attendait. Il se débattit donc de toutes ses forces pour tenter d’échapper à l’emprise de ce démon.
Frrt ! Qin Yu parvint enfin à se dégager de la main de Chu Feng. Mais il n’avait pas encore fait quelques pas en arrière qu’une douleur déchirante lui transperça l’épaule.
Lorsqu’il se retourna vers Chu Feng, le visage de Qin Yu devint blanc comme un linge. Il n’avait plus la moindre trace de sang et ses yeux étaient emplis d’une peur sans bornes.
À sa grande stupeur, Chu Feng tenait toujours son poignet. Mais celui-ci n’était plus relié à son corps : il était rattaché à un bras arraché et sanglant.
Quand il regarda son épaule, il vit le sang jaillir à flots. Il ne s’était pas libéré de Chu Feng : celui-ci lui avait arraché le bras.