Chapitre 732
La nuit était déjà bien avancée et tout était silencieux, hormis le léger bruissement du vent. Dans cette forêt apparemment paisible, d’innombrables dangers rôdaient.
Ils se trouvaient au cœur de la forêt. On y trouvait des plantes célestes féroces et Chu Feng croisait parfois aussi de redoutables plantes martiales. Il y avait même des Bêtes féroces, totalement dépourvues d’intelligence, animées par leur seul instinct meurtrier.
Prudent, Chu Feng se déplaçait d’une manière singulière. Tel un esprit, il glissait à travers l’immense forêt. Ni les humains ni les bêtes ne pouvaient déceler sa présence.
Chu Feng cherchait toujours avec soin des ouvertures de Formation. Mais soudain, il sentit que quelque chose clochait. Son ouïe fine lui permit de percevoir des sons étranges.
Le cœur de Chu Feng tressaillit lorsqu’il comprit de quel son il s’agissait : une voix de femme. Elle poussait des cris, mais c’étaient des cris hésitants, presque de plaisir. De quoi faire fondre le cœur de quiconque les entendait.
En tendant davantage l’oreille, tandis que la voix féminine montait et descendait brusquement, alternant entre cris longs et brefs, il distingua aussi la respiration rauque d’un homme.
Bon sang, des gens s’adonnent à de telles choses dans les profondeurs d’une forêt aussi dangereuse ? Ils sont vraiment inconscients.
Les humains étaient tous curieux. Chu Feng ne faisait bien sûr pas exception.
Il se demandait vraiment qui pouvait avoir l’idée de faire une chose pareille dans un endroit pareil. Chu Feng réfléchit et passa en revue les personnes entrées dans ces lieux, jugeant les relations qu’elles entretenaient. Il lui semblait qu’aucun couple n’était lié par une relation aussi particulière.
Alors…
C’était une envie soudaine de faire l’amour ! Il y avait vraiment des gens qui s’y adonnaient !
Dans leur groupe, celui qui était entré dans la Cité antique du Millénaire, il n’y avait clairement aucun couple, hormis lui-même et Su Rou, ainsi que Su Mei. Pourtant, certains se livraient à de tels actes licencieux. Si ce n’était pas une envie soudaine de faire l’amour, alors qu’est-ce que c’était ?!
« Mais qui sont-ils, exactement ? » Poussé par la curiosité, Chu Feng s’approcha peu à peu de l’origine des voix. Il découvrit alors qu’une Formation spirituelle de dissimulation avait été installée à cet endroit.
Mais cela ne posa aucun problème à Chu Feng. Grâce aux Yeux célestes, même les ouvertures de Formation lui apparaissaient. C’était comme si cette simple Formation spirituelle de dissimulation n’existait pas.
Dès qu’il activa ses Yeux célestes, ce qui se trouvait devant lui changea aussitôt. L’espace se mit à onduler lentement, puis à s’assombrir. Il aperçut d’abord une couche de Formation spirituelle violette, ce qui signifiait qu’elle avait été installée par un Spiritualiste du Monde au Manteau violet.
Mais bientôt, la Formation spirituelle commença à se dissiper. Elle finit par disparaître complètement, révélant à Chu Feng tout ce qu’elle dissimulait.
Il vit un homme et une femme en train de se livrer à des actes lascifs.
« C’est eux ? »
Chu Feng ne put s’empêcher d’être surpris par la scène qui s’offrait à lui : il avait reconnu les deux individus. Il s’agissait de Lan Yanzhi, la petite sœur de Lan Xi, et de Wang Long, le frère aîné de Wang Yue.
Lan Yanzhi semblait s’intéresser à Qin Yu, mais elle n’avait pas l’air d’être attirée par Wang Long. Et Wang Long, lui, s’intéressait manifestement à Lan Xi, mais pas à Lan Yanzhi ?
Ils avaient bien caché leur jeu. À voir comme ils se laissaient emporter par leurs émotions, Chu Feng estima que leur relation secrète ne datait pas d’hier. Sinon, comment auraient-ils pu être aussi aguerris, aussi abandonnés, aussi absorbés ? Même lui, qui les observait à côté, ne s’était pas fait remarquer.
« Oh, si c’est eux deux, alors ils vont bien ensemble. Je me demande vraiment comment ils ont réussi à se débarrasser de leur petite sœur et de leur frère aîné. Enfin, peu importe. Je ne vais pas vous déranger. Continuez à vous amuser. » Après avoir compris qui se donnait du plaisir, Chu Feng esquissa un sourire, puis s’apprêta à faire demi-tour.
Il était assez intrigué, mais n’avait pas envie d’assister à leur spectacle en direct. S’il avait du temps à perdre, il préférait rentrer serrer dans ses bras les deux beautés, Su Rou et Su Mei. Que ce soit pour le visage, la silhouette, la douceur de la peau ou même la sensation au toucher, Lan Yanzhi était loin d’égaler Su Rou.
Cependant, sa mission principale consistait à briser la Formation qui dissimulait la cité antique. Il n’avait donc pas l’esprit à ce genre de choses.
« Lan Xi, tu me traites avec froideur ? Tu m’évites ? Tu refuses même de me regarder en face ?
« Et maintenant, tu ne te laisses pas quand même malmener à ma guise ? Hahaha ! »
Mais au moment où Chu Feng se retourna, il entendit quelque chose d’étrange. Wang Long appelait Lan Xi par son nom.
À cet instant, Chu Feng se retourna et vit que Wang Long était devenu fou. Il hurlait, écumant de rage, comme s’il s’était changé en démon.
Mais quand il regarda de nouveau la femme qui s’adonnait à ces actes avec Wang Long, il vit clairement qu’il s’agissait de Lan Yanzhi, et non de Lan Xi.
« Bon sang, Wang Long a perdu la tête ou quoi ? » Chu Feng n’y comprenait absolument rien.
« Aïe, grand frère Long, tu es vraiment méchant ! C’est clairement Yanzhi qui est avec toi, pourquoi as-tu appelé ma sœur ? » Alors que Chu Feng restait perplexe, Lan Yanzhi ouvrit les yeux et lança, haletante, avec une pointe de mécontentement :
« Haha, tu es à moi, et ta sœur le sera aussi ! Tu ne m’avais pas promis de m’aider à m’occuper d’elle ? » répondit Wang Long en riant.
« Je te l’ai promis, mais il faut me laisser du temps ! Tu sais bien comment est ma sœur. Je dois encore faire des efforts petit à petit pour qu’elle éprouve de l’affection pour toi. Quant à la faire tomber amoureuse de toi, ce sera encore plus difficile », répondit Lan Yanzhi d’un ton enjôleur.
« Qu’elle m’aime ? Je n’en ai pas besoin. Il me suffit de mettre la main sur elle ; elle n’a pas besoin de m’aimer.
« Lan Yanzhi, demain, quand tu seras rentrée, va chasser des plantes martiales avec ta sœur. Quand elle sera fatiguée et baissera sa garde, glisse ceci dans sa nourriture, puis préviens-moi au moyen du signal. À ce moment-là, je m’occuperai naturellement de ta sœur. » Tout en parlant, Wang Long sortit une bouteille contenant un liquide drogué.
C’était une drogue spéciale : elle éveillait chez les femmes des désirs inhabituels tout en les plongeant dans un état second.
À la vue de la bouteille, le visage de Lan Yanzhi changea lui aussi. Terrifiée, elle secoua vivement la tête et dit : « Je ne peux pas ! Si tu la forces ainsi, ma sœur comprendra ensuite que c’est moi qui ai fait ça. Elle me tuera ! Vu son caractère, elle me tuera sans hésiter ! »
« Ne t’inquiète pas, elle ne le fera pas. J’ai déjà tout prévu. Dans les profondeurs de la forêt vit une espèce particulière de Bête féroce, appelée la Bête aphrodisiaque.
« Cette Bête aphrodisiaque a déjà muté. Quand elle voit des mâles, elle les tue ; quand elle voit des femelles, elle les viole. C’est dans sa nature. Elle peut aussi libérer un gaz spécial qui n’agit que sur les femelles, pas sur les mâles. Ce gaz peut ensorceler les femmes sans qu’elles s’en rendent compte et les transformer en dévergondées, la laissant faire tout ce qu’elle veut d’elles.
« Après que ta sœur aura pris cette drogue, elle aura l’esprit embrumé. Je m’occuperai de vous deux, puis je créerai une Formation pour imiter les cris de la Bête aphrodisiaque et projeter aussi sa silhouette.
« Ainsi, ta sœur croira que la Bête aphrodisiaque l’a déshonorée. Elle ne saura ni que tu y es pour quelque chose, ni que c’est moi. » En expliquant son plan, Wang Long éclata de rire. De toute évidence, non seulement il préparait cette journée depuis longtemps, mais il l’attendait avec impatience.