Chapitre 6 567
Avant que Chu Feng ait pu répondre, la dirigeante de la Guilde marchande des cultivateurs martiaux désigna l’anomalie naturelle et déclara : « Nous sommes venus pour cette chose. »
Elle se doutait que cette folle était venue pour l’anomalie naturelle ; elle revendiquait donc d’abord son droit sur celle-ci.
« Premier arrivé, premier servi », répliqua la folle.
« Elle m’appartient », répondit la dirigeante en fronçant les sourcils, mécontente. Quelle poisse. Cette folle est venue me prendre mon anomalie naturelle.
« Je ne vois pas votre nom dessus », fit remarquer la folle.
« Tu veux te battre ? »
Inquiète, la dirigeante libéra l’aura d’une cultivatrice du premier niveau du rang de Dieu céleste.
La folle lui lança un regard noir et déploya à son tour sa puissance écrasante. Elle aussi était prête à se battre.
« Ancienne, nous sommes effectivement venus pour l’anomalie naturelle, mais elle a déjà une propriétaire », intervint précipitamment Chu Feng pour désamorcer la situation.
Soudain, tous trois tournèrent les yeux dans la même direction et activèrent des trésors qui renforçaient leurs capacités d’observation. Ils entendirent vaguement des voix, mais celles-ci ne semblaient pas venir de ce monde.
On aurait dit un appel venu de très loin.
Leur regard, amplifié par les trésors, traversa de vastes étendues pour se porter vers l’Ère divine. Celle-ci connaissait un changement, plus important cette fois que lors des précédents.
La silhouette de l’Ère divine était immense et majestueuse, mais elle avait toujours été floue, évoquant un mélange d’humain et de bête. Or, à cet instant, elle commença à se dépouiller de son apparence comme d’une couche de poussière, révélant sa véritable forme.
C’était une entité revêtue d’une armure imposante. Elle avait vaguement forme humaine, mais son armure intégrale empêchait de savoir s’il s’agissait d’un homme ou d’une bête.
Son casque se distinguait particulièrement : il ressemblait à une couronne.
Dans l’ensemble, cette entité n’évoquait pas un vieux général aguerri sur le champ de bataille, mais un conquérant qui avait unifié le monde par sa seule puissance.
Au même moment, les trois portes qui s’étaient manifestées près de l’Ère divine et dont la taille rivalisait avec celle de champs d’étoiles devinrent de plus en plus nettes.
« L’Ère divine a révélé sa véritable forme. Va-t-elle enfin s’ouvrir ? » remarqua la dirigeante.
La folle paraissait calme, mais ses yeux trahissaient son étonnement.
Ce phénomène sans précédent dans le monde de la cultivation éveillait l’impatience des cultivateurs, où qu’ils se trouvent et qui qu’ils soient, tant l’aura qui s’en dégageait était puissante.
« Chu Feng, cette entité dégage une puissance écrasante, même si ce n’est qu’une silhouette. On dirait presque un dieu dominant tous les êtres, mais elle ne correspond pas à l’image que je me faisais des dieux », dit Eggy.
« Et à quoi tu t’attendais ? » demanda Chu Feng.
« À quelqu’un nimbé d’une auréole qui lui cache le visage, alors qu’en réalité, ce n’est qu’un vieillard qui a traversé les âges. »
« Même s’ils existent, les dieux restent mortels au fond. Ils ont simplement acquis des pouvoirs qui dépassent de loin ceux de tous les autres. C’est comme les cultivateurs des Royaumes supérieurs, qui sont de véritables dieux aux yeux de ceux des Royaumes inférieurs, alors qu’ils sont eux aussi mortels », expliqua Eggy, dévoilant le fond de sa pensée.
« C’est exactement ce que je pense », répondit Chu Feng.
« Regarde, Chu Feng ! Ce type bouge ! » s’exclama Eggy.
Chu Feng n’avait pas détourné le regard de l’Ère divine. Il vit l’immense silhouette saisir les trois portes de la main gauche et les ouvrir de la droite. Trois amas de lumière jaillirent alors des portes.
Au début, ces trois amas étaient petits, mais ils grossirent à mesure que la puissance convergea dans la main droite de la silhouette. Ils atteignirent une taille comparable à celle des trois portes et devinrent des colosses capables d’engloutir un champ d’étoiles entier.
Même à cette distance, Chu Feng percevait leur nature extraordinaire. Il en allait de même pour tout cultivateur ayant atteint un certain niveau.
« Chu Feng, qu’est-ce que cet amas de lumière dans la main droite de la silhouette ? Serait-ce le pouvoir ultime de l’Ère divine ? » demanda la dirigeante.
À cette question, la folle dressa l’oreille. Elle aussi écoutait.
Toutes deux connaissaient les capacités d’observation hors du commun de Chu Feng. Il savait discerner les choses à un niveau bien plus profond.
« Ancienne, je ne distingue rien de particulier dans cette silhouette pour l’instant, mais je ne pense pas que ce soit le pouvoir ultime de l’Ère divine », répondit Chu Feng.
« Oh ? Alors, qu’est-ce que ça pourrait être ? C’est la première fois que je vois une telle scène. On dirait que le moindre geste de cette immense silhouette pourrait remodeler le monde entier de la cultivation. Rien que de la regarder me rend nerveuse », dit la dirigeante.
Pendant ce temps, tous ceux qui disposaient de moyens d’observation surveillaient la transformation de l’Ère divine. Parmi eux se trouvaient Jie Tianran et les experts de la Secte des Enfers.
« Jie Tianran, on dirait que l’Ère divine va s’ouvrir de nouveau. Quel phénomène intéressant : c’est une façon d’attirer l’attention. Une lutte acharnée va éclater pour s’emparer du pouvoir de l’Ère divine », dit la vieille entité à l’intérieur de Jie Tianran.
« Peu importe. J’ai déjà pris l’avantage. Tous ceux qui se dresseront sur ma route ne feront que me servir de tremplin », déclara fièrement Jie Tianran.
« Ne sous-estime pas ton petit-fils. Après avoir assisté à ce phénomène, il se joindra à coup sûr à la mêlée. Tu ne dois pas perdre contre lui », dit la vieille entité.
« Lui aussi ne sera qu’un tremplin. »
Pendant ce temps, au cœur de la Secte martiale du Dragon caché, le Seigneur Long Xie et de nombreuses entités puissantes observaient la transformation de l’Ère divine.
« Seigneur Long Xie, qu’est-ce que l’Ère divine ? Comment peut-elle dégager une aura aussi puissante ? Ce n’est pas une puissance écrasante, pourtant rien que de la regarder, je me sens tout fébrile », demanda le vieil homme monstrueux à Long Xie.
« Je l’ignore. L’Ère divine n’a jamais été conquise durant l’Ère antique et n’a jamais produit un tel phénomène non plus. » Même Long Xie, pourtant puissant et bien informé, était très intrigué par la silhouette de l’Ère divine.
« Quel changement ! On dirait que l’Ère divine va enfin s’ouvrir. La prophétie pourrait-elle être vraie ? Quelqu’un de cette ère va-t-il obtenir son pouvoir ultime ? Et si c’était ce type, Chu Feng ? » demanda avec excitation le vieil homme monstrueux.
« Ce n’est pas si simple. »
Contrairement au vieil homme monstrueux et aux autres entités, Long Xie ne pensait pas qu’il serait si facile d’obtenir le pouvoir ultime de l’Ère divine.
À cet instant, tous les regards se durcirent.
La main droite de la silhouette trembla. L’amas de lumière qu’elle tenait s’éleva dans le ciel et se transforma en une pluie de météores qui fila vers la Galaxie des Sept Royaumes.