Chapitre 647
À cet instant, le Pic Brumeux n’était plus très loin ; les gens qui s’y rendaient étaient donc nombreux. En entendant un tel cri, tous tournèrent les yeux vers son origine pour voir ce qui se passait.
Mais devant cette scène, le Seigneur martial de deuxième niveau écarquilla les yeux et lança d’un ton glacial : « Je suis Tie Fan, jeune maître de la Villa du Tigre dominateur.
— Cette femme m’a escroqué et je ne fais que réclamer mon dû. De plus, je vous conseille de ne pas vous mêler de cette affaire. Ce n’est qu’un avertissement. » Malgré les apparences polies, le ton de Tie Fan était en réalité lourd de menaces.
Quiconque avait les moyens de venir en ces lieux possédait une cultivation solide. Pourtant, parmi les personnes présentes, les plus puissantes n’étaient que des Seigneurs martiaux de premier niveau. En outre, la Villa du Tigre dominateur jouissait d’un certain statut et d’une certaine influence dans la Région de la Mer orientale.
Aussi, après avoir appris l’identité de Tie Fan, les badauds accélérèrent le pas ; pas un seul ne songea à se mêler de l’affaire.
Face à la froideur des hommes et à l’inconstance du monde, elle vit tous ces passants défiler sans qu’aucun accepte de lui venir en aide. Son arrogance s’évanouit aussitôt et, avec un sourire enjôleur, elle dit : « Hé hé hé, ce ne sont que quelques médicaments martiaux de bas rang. Ça ne ferait pas l’affaire si je vous les rendais ? »
« Hmph. Bien sûr que tu vas nous rendre nos médicaments martiaux. Mais tu crois vraiment qu’il te suffit de nous les rendre pour te moquer de nous impunément ? Tu te fais de bien grandes illusions. » Tie Fan renifla froidement, puis bondit dans la Formation spirituelle. Dans le même mouvement, sa main se referma sur la gorge de la femme.
« Mm ! » Elle se débattit de toutes ses forces, agitant les bras et frappant violemment celui de Tie Fan, mais en vain : elle ne parvenait pas à le faire bouger. Elle sentit sa main se resserrer de plus en plus autour de sa gorge. Non seulement elle ne pouvait plus respirer, mais elle crut que son cou allait se briser. Son visage se crispa de douleur.
Boum ! Alors qu’elle pensait mourir, une explosion retentit soudain et, dans le même temps, un puissant courant d’air déferla d’en haut.
La force du courant projeta les quatre Seigneurs martiaux de premier niveau à plusieurs milliers de mètres. Même Tie Fan, Seigneur martial de deuxième niveau, changea d’expression. Pourtant, il ne recula pas et resserra au contraire sa prise sur le cou de la femme.
Bam ! Une autre main surgit brusquement et s’abattit sur le poignet de Tie Fan. Un craquement retentit ; son poignet céda et il n’eut d’autre choix que de relâcher la femme.
Ce ne fut qu’après avoir reculé de plusieurs pas que Tie Fan remarqua la personne apparue aux côtés de la femme. C’était Chu Feng, bien sûr.
« Qui es-tu ? » lança Tie Fan d’une voix glaciale, les yeux remplis d’hostilité. Il venait de découvrir que, malgré sa force, Chu Feng n’était qu’un Seigneur martial de premier niveau. Se faire repousser par un tel adversaire le mettait hors de lui.
« Peu importe qui je suis. Ce qui compte, c’est que je n’aime pas beaucoup voir les hommes frapper les femmes », répondit Chu Feng avec un léger sourire, mais le regard empreint de mépris.
Jiang Wanshi vint elle aussi se placer auprès de Chu Feng et soutint la femme, qui reprenait son souffle à toute vitesse.
« Bon sang, quel culot ! Tu sais seulement à qui tu as affaire ? Tu oses te mêler de nos affaires ?! » À cet instant, les quatre Seigneurs martiaux de premier niveau que Chu Feng avait repoussés, furieux, s’étaient déjà rués sur lui pour l’attaquer.
Leurs quatre attaques n’étaient certes pas des techniques martiales, mais il ne fallait pas les sous-estimer. Après tout, la puissance martiale pouvait fendre l’air. Face aux quatre déferlements d’aura qui fonçaient droit sur elles, Jiang Wanshi et la femme affichèrent un air effrayé.
Jiang Wanshi, surtout, ne put s’empêcher de tirer la femme en arrière. Elle n’était qu’au huitième niveau du Royaume Céleste et n’avait aucun moyen de résister à cette aura. Même sa technique la plus puissante n’y aurait rien changé. Telle était la différence entre le Royaume Céleste et celui des Seigneurs martiaux.
Voyant la réaction craintive de Jiang Wanshi, les Seigneurs martiaux de premier niveau qui s’étaient lancés à l’assaut esquissèrent un sourire satisfait, le visage plein d’orgueil. Ils ne s’attendaient toutefois pas à ce que Chu Feng, lui, n’éprouve pas la moindre crainte.
« Dégagez. » Chu Feng resta immobile. Un cri retentissant lui échappa ; une puissance formidable éclata et une onde de choc invisible balaya les quatre hommes. Cette force pulvérisa leurs attaques et les repoussa à nouveau.
« Tu cherches vraiment à mourir ! » Voyant cela, Tie Fan cessa de rester là sans rien faire et lança brusquement un coup de poing à Chu Feng.
Boum ! À peine son poing était-il parti que le ciel changea de couleur. La seule puissance de son attaque fit apparaître dans l’air environnant des fissures semblables à celles d’un miroir brisé. Ce n’était pas une attaque ordinaire, mais une technique martiale particulièrement puissante.
« Hmph. » Pourtant, Chu Feng ne se laissa pas impressionner. Il leva le poing et frappa à son tour. De plus, il n’employa aucune technique martiale : son coup, tout simple, ne contenait que de la puissance martiale.
Boum, grondement, grondement, grondement !
Le choc des deux poings provoqua aussitôt une explosion assourdissante. Une onde de choc déchaînée se propagea jusqu’à l’horizon. L’air se fendit au-dessus d’eux et l’eau bouillonna en contrebas. Le spectacle était terrifiant.
La puissance effroyable du choc fit trébucher Tie Fan et le força à reculer de plusieurs pas. Chu Feng, en revanche, n’avait pas bougé d’un pouce ; il se tenait toujours là, parfaitement immobile.
« Comment est-ce possible ? Ce type n’est clairement qu’un Seigneur martial de premier niveau. Comment peut-il être aussi fort ? » Ce ne fut qu’alors que les quatre hommes, repoussés par Chu Feng, comprirent que celui-ci n’était pas aussi ordinaire qu’il en avait l’air.
Le visage tout aussi grave, Tie Fan se trouvait dans une situation délicate. Il demanda froidement : « Pas étonnant que cette fille se montre si arrogante. Elle a donc des alliés. Tout acte répréhensible finit par avoir des conséquences. Puisque tu oses l’aider, auras-tu le courage de me donner ton nom ? »
« Hmph. Des déchets comme toi ne méritent généralement pas de connaître mon nom, mais aujourd’hui, je suis d’excellente humeur. Je vais faire une exception et te donner ta chance.
— Ouvre grand tes oreilles et écoute bien ! Je m’appelle Wuqing. Je n’appartiens à aucune école ni à aucune secte, je marche en solitaire. Si tu veux te venger un jour, viens donc me trouver ! » Les paroles de Chu Feng étaient pleines de dédain. Il ne leur accordait effectivement pas la moindre importance.
« Tu… tu as du cran. Tu vas le regretter. » Méprisé par Chu Feng, Tie Fan grinça des dents de rage. Mais il ne pouvait rien faire ; il tourna donc les talons et s’éloigna.
Il partit parce que leur échange venait de lui montrer à quel point Chu Feng était puissant. S’il continuait à l’affronter, il n’était pas certain de pouvoir le vaincre.
Vaincre Chu Feng n’aurait posé aucun problème : après tout, en tant que Seigneur martial de deuxième niveau, il aurait dû pouvoir battre un Seigneur martial de premier niveau. Mais s’il perdait contre lui, ce serait une humiliation insupportable. Pour l’heure, il ne comptait donc plus se battre contre Chu Feng.
« Frère Tie Fan, tu le laisses partir comme ça ? » Ses quelques compagnons étaient perplexes de le voir laisser Chu Feng s’en tirer.
« Il se fait tard. Si nous ne gagnons pas le Pic Brumeux, nous ne pourrons pas y entrer. Aucun de vous n’a envie de passer la nuit au-dessus de cet océan, n’est-ce pas ?
— Et puis, cette fille est exécrable, mais ça reste une femme. Nous avons déjà attiré l’attention de quelques personnes. Si l’une d’elles se met à raconter l’histoire et ameute des fouineurs, ça pourrait nous attirer des ennuis. » Tie Fan devait bien trouver une excuse à sa lâcheté.
« Frère Tie Fan a raison. Nous pourrons toujours lui donner une leçon plus tard. » Les quatre autres comprirent ce qu’il avait en tête, mais ils ne pouvaient pas se permettre de l’humilier davantage. Ils ne purent donc que partir avec lui.