Chapitre 6 108
Après que Baili Zilin eut inscrit son nom au sommet de la montagne, le noyau de formation s’étendit et enveloppa Chu Feng et Baili Zilin.
Une tour de formation apparut au centre du noyau. Elle comptait neuf niveaux, chacun correspondant à un choix. Celui qu’ils feraient déterminerait la forme de l’épreuve finale.
À l’intérieur de la tour se trouvait un noyau de formation en forme de fruit. Le niveau auquel ils feraient parvenir ce fruit déterminerait l’épreuve finale.
Le neuvième niveau devait être le plus difficile, mais aussi celui qui offrait la plus grande récompense. L’œil aiguisé, Chu Feng remarqua qu’il était en fait relativement plus simple, puisqu’il permettait de recevoir de l’aide extérieure.
Cela aurait dû être un avantage, mais la présence de Baili Zilin changeait tout.
Comment Chu Feng aurait-il pu rivaliser avec Baili Zilin en matière d’aide extérieure ?
Ce dernier avait toute la Secte des Enfers derrière lui !
Song Yun avait dit que la Secte des Enfers possédait une puissance insondable, et ce qu’il en avait vu jusqu’ici ne représentait sans aucun doute pas sa véritable force.
Chu Feng ne pouvait donc pas laisser Baili Zilin obtenir ce qu’il voulait.
Cependant, dès le début, Baili Zilin mit toutes ses forces à faire monter le fruit jusqu’au neuvième niveau. C’était déconcertant : avec ses capacités limitées de maître des esprits du monde, il n’aurait pas dû pouvoir percer les secrets de la tour aussi vite.
Chu Feng s’empressa à son tour de faire monter le fruit pour l’en empêcher.
À sa grande stupéfaction, Baili Zilin parvint à rivaliser avec lui pour le faire avancer, malgré ses piètres résultats dans le déchiffrage de la formation et l’ascension des marches.
Baili Zilin s’efforçait de pousser le fruit vers le haut, tandis que Chu Feng usait de toutes ses forces pour le retenir. Le fruit progressait lentement, mais à ce rythme, il n’était qu’une question de temps avant qu’il n’atteigne le sommet.
« Chu Feng, tu fais honte au nom de Jie Ranqing », le provoqua Baili Zilin.
Il avait attendu ce moment avec impatience. Voir Chu Feng se débattre ainsi le comblait d’exaltation.
Au départ, il n’avait pas accordé beaucoup d’importance à Chu Feng, mais l’apparition d’Eggy lui avait porté un coup terrible, brisé sa fierté et fait souffrir le martyre. Il pouvait toutefois se consoler en se disant que c’était l’Esprit du Monde de Chu Feng qui était puissant, pas Chu Feng lui-même.
Il n’avait pas encore perdu.
Mais lorsque Jie Mubai avait ouvert le Royaume du Saint de la Chance pour lui, il avait cru avec assurance qu’il entrerait dans l’histoire. Malgré sa défaite face à Chu Feng, il pensait encore pouvoir se faire un nom dans le monde de la cultivation grâce à cette occasion.
L’arrivée de Chu Feng avait été un coup terrible.
Pour la première fois, il prenait pleinement la mesure du talent de Chu Feng. Il ne pouvait plus se répéter que celui-ci n’était rien sans son Esprit du Monde. Il avait essayé de se convaincre que Chu Feng n’avait atteint le sommet de la montagne aussi vite que grâce à un trésor, mais, au fond, il savait que ce n’était qu’un moyen de se rassurer.
Après tout, Chu Feng était le fils de la grande Jie Ranqing et l’héritier de la Lignée du Souverain. Il était inévitable qu’il ait quelque chose de remarquable.
Mais à présent, il avait enfin réussi à réprimer Chu Feng, même s’il savait que ce n’était que grâce à Jie Mubai.
« Jeune maître Zilin, concentrez-vous entièrement sur le noyau de formation. Observez attentivement tout ce qui se passe, y compris les agissements de Chu Feng. Prévenez-moi immédiatement au moindre incident », dit Jie Mubai.
Baili Zilin cessa de provoquer Chu Feng.
Au léger changement dans la voix de Jie Mubai, il devina que celui-ci était mal en point. Il devait avoir payé un lourd tribut pour réprimer Chu Feng.
Jie Mubai était effectivement dans un état déplorable. Son visage et ses lèvres avaient pâli, comme s’il était gravement malade. C’était le prix de l’épuisement excessif de sa puissance spirituelle.
Il avait dû donner tout ce qu’il avait pour procurer à Baili Zilin un avantage sur Chu Feng dans le Royaume du Saint de la Chance.
Trois pilules et dix boîtes en bois étaient disposées devant lui. Les pilules, des remèdes puissants qui renforçaient sa puissance spirituelle, valaient chacune une fortune. Sur les boîtes en bois étaient gravés quatre mots : « Vénérable féerique du Saint de la Chance ».
Plus Jie Mubai alimentait la formation, plus son état s’aggravait.
Pourtant, il ne montrait pas la moindre inquiétude. Au contraire, un léger sourire se dessina sur son visage glacial.
D’après la description de Baili Zilin, Chu Feng était en plus mauvais état que lui.
Chu Feng était en nage et maigrissait à vue d’œil. Ces signes témoignaient d’un épuisement extrême.
Au début, Baili Zilin avait cru que Chu Feng ne daignait pas répondre à ses provocations. Puis il comprit que celui-ci n’avait tout simplement pas la force de répliquer.
Même en donnant tout ce qu’il avait, Chu Feng ne pouvait rien y faire.
Sa résistance ne faisait que retarder l’issue ; elle ne pouvait pas la changer.
« Ancien, Chu Feng touche à sa limite. Écrasons-le d’un seul coup ! » lança Baili Zilin.
Le fruit avait déjà atteint le septième niveau de la tour.
Jie Mubai agita ses manches et avala les trois pilules d’un coup. Une énergie immense circula dans son corps, lui permettant d’insuffler encore davantage de puissance spirituelle dans la formation.
La formation se déversa dans l’armure de formation de Baili Zilin et lui fournit davantage d’énergie.
Le fruit atteignit bientôt le huitième niveau ; il ne lui restait plus qu’un pas pour parvenir au plus haut.
« Lâche ! » rugit soudain Chu Feng en modifiant son sceau manuel.
Le visage de Jie Mubai se crispa, et il modifia à son tour son sceau manuel à la hâte. Les veines de ses tempes saillirent, comme s’il subissait une pression énorme.
Au même instant, le fruit lumineux cessa de monter.
« Que se passe-t-il ? » demanda Jie Mubai, alarmé.
« Ancien, Chu Feng nous a dupés ! I-il a préservé ses forces ! Il essaie de maintenir le noyau de formation au huitième niveau ! » répondit Baili Zilin d’une voix paniquée.
Il remarqua que Chu Feng, qui avait paru si amaigri, avait retrouvé son apparence initiale, comme si tout ce qui s’était passé plus tôt n’avait été qu’un mensonge. Celui-ci le regardait même avec un sourire méprisant, comme s’il se moquait de tous ses efforts.
Il comprit alors que Chu Feng avait feint la faiblesse pour le pousser à baisser sa garde.
Depuis le début, Chu Feng visait le huitième niveau !
« Quel sale garnement rusé ! » jura Jie Mubai en serrant les dents.