Chapitre 5 992
Le Daoïste Starseizer conserva un air sombre tout au long du trajet. Il était inquiet.
Ce ne fut qu’après qu’ils eurent pénétré dans la Formation de téléportation et quitté le champ d’étoiles que le Daoïste Starseizer prit enfin la parole : « Vous avez dû rencontrer le propriétaire du Palais mobile. »
Son expression grave et nerveuse fit comprendre à Chu Feng et aux autres à quel point le maître du Palais mobile était dangereux.
Après tout, personne, à l’époque actuelle, n’avait réussi à ébranler le Palais mobile. Son propriétaire devait donc être puissant.
« Chu Feng, tu as franchi la formation. Cet homme t’a-t-il dit quelque chose ? demanda le Daoïste Starseizer.
— Je sais seulement qu’il vient de l’Ère antique, mais je ne connais pas le reste, répondit Chu Feng.
— S’est-il montré ?
— Oui. »
Chu Feng se dit que l’homme aux cheveux blancs et à l’armure noire ne verrait sans doute aucun inconvénient à ce qu’il parle de lui, puisqu’il s’était révélé. Il entreprit donc de décrire son apparence au Daoïste Starseizer.
« Des cheveux blancs et une armure noire ?
Les yeux du Daoïste Starseizer s’écarquillèrent. D’un geste du doigt, il traça rapidement un portrait dans les airs. Le corps lumineux du personnage rendait ses traits difficiles à distinguer, mais il portait bien une armure noire.
Le personnage du portrait ressemblait à l’homme aux cheveux blancs et à l’armure noire que Chu Feng avait vu.
« Ancien, vous l’avez déjà rencontré ? demanda Chu Feng.
Cette question ne fit qu’accroître la nervosité du Daoïste Starseizer, car elle laissait entendre que Chu Feng avait rencontré la personne qu’il venait de dessiner.
« Je ne l’ai jamais rencontré en personne, mais j’ai vu une immense fresque le représentant dans une ancienne ruine, répondit le Daoïste Starseizer.
— Père, que savez-vous d’autre sur lui ? demanda Huahua.
— Hum, hum. » Le Daoïste Starseizer toussota. « Ne t’ai-je pas dit de m’appeler maître ? »
Il se tourna ensuite vers Chu Feng et lui expliqua : « Huahua est ma fille adoptive. »
Il semblait craindre que Chu Feng ne se méprenne.
« Je le savais, répondit Chu Feng.
— Père, Chu Feng n’est pas un étranger, fit remarquer Huahua.
Le Daoïste Starseizer lui lança un regard impuissant.
Autrefois, Huahua l’appelait bien maître, comme il le lui avait toujours demandé. Mais un jour, elle avait entendu le dicton « Celui qui vous a sauvé la vie est comme un père », et elle avait alors décidé que le Daoïste Starseizer était son père. Depuis, elle l’appelait ainsi.
Le Daoïste Starseizer comprenait son point de vue. Huahua n’avait pas de parents, et il l’avait élevée depuis son plus jeune âge. Malgré cela, il n’aimait pas qu’elle l’appelle père, car il l’avait toujours considérée comme sa disciple.
Cela dit, il ne se montrait pas intransigeant à ce sujet. Il était le seul proche de Huahua et comprenait qu’elle veuille avoir une figure paternelle dans sa vie. Après tout, un maître et un père, ce n’était pas la même chose.
« Je n’ai vu que son portrait, mais si ce qu’il représente est vrai, alors cet homme est véritablement terrifiant, déclara le Daoïste Starseizer.
Chu Feng et les autres le fixèrent, attendant qu’il poursuive son récit.
« Le portrait ne montre pas clairement ses capacités, mais ce qui est stupéfiant chez lui, c’est le dragon noir qu’il chevauche. Ce dragon est si gigantesque qu’il pourrait avaler sans peine un Royaume supérieur.
— Quoi ?! Cela signifie qu’un simple coup de queue pourrait détruire plusieurs royaumes ? Ses déplacements à eux seuls suffiraient à provoquer une catastrophe ! s’exclama Huahua.
— D’après le portrait, il semble effectivement posséder de tels pouvoirs. Mais il se peut aussi que le peintre ait exagéré. Nous avons souvent du mal à évaluer avec justesse la force de ceux qui nous surpassent de loin ; nous nous fions donc largement à notre imagination pour nous représenter leurs capacités.
— Quoi qu’il en soit, cet homme est incontestablement extrêmement puissant. Même si le portrait exagère, les cultivateurs et les Esprits du Monde d’aujourd’hui ne peuvent pas se permettre de l’offenser.
« Les puissants de l’Ère antique ont commencé à faire leur apparition, et ils tolèrent peu les cultivateurs de l’époque actuelle. Ce serait une chose si cet homme restait neutre. Mais s’il choisissait de se ranger aux côtés des cultivateurs de l’Ère antique, crois-tu que nous aurions la moindre chance ? demanda le Daoïste Starseizer.
« Nous n’en aurions aucune — du moins, c’est le cas de la Secte immortelle du Dôme céleste, répondit Xia Xingchen.
Ayant grandi au sein de la Secte immortelle du Dôme céleste, elle savait à quel point celle-ci était puissante. Elle pouvait certes régner sur une galaxie, mais n’était rien comparée à la Résidence sacrée des Sept Royaumes ou au Clan des Poissons de la Mer immortelle.
Si les puissants de l’Ère antique étaient aussi forts que le disait le Daoïste Starseizer, il n’y aurait pas de bataille : ce serait un massacre. Même la Résidence sacrée des Sept Royaumes et le Clan des Poissons de la Mer immortelle n’auraient aucune chance, sans parler de la Secte immortelle du Dôme céleste.
Elle avait entendu dire que la Résidence sacrée des Sept Royaumes était protégée par une puissance redoutable, mais à quel point pouvait-elle l’être ? Était-elle plus puissante que la Secte du Royaume martial ancestral ? Était-elle plus puissante que les puissants des premiers temps de l’époque actuelle ?
Il fallait rappeler que même ces derniers n’avaient rien pu faire contre le Palais mobile !
Plus Xia Xingchen y réfléchissait, plus elle sombrait dans le désespoir.
Elle se tourna donc vers Chu Feng et lui demanda : « Chu Feng, qu’a-t-il dit d’autre ? Pourquoi a-t-il laissé cette formation derrière lui ? Crois-tu qu’il soit hostile aux cultivateurs de l’époque actuelle ? »
Huahua ajouta : « Je vois bien qu’il me méprise.
— Mais cela ne signifie pas qu’il méprise Chu Feng, répliqua Xia Xingchen.
Huahua secoua la tête et soupira. Cet incident l’avait forcée à admettre qu’un immense fossé la séparait de Chu Feng.
« Ancien, cet homme n’a rien dit, mais je ne crois pas qu’il nous soit hostile. J’ai déjà rencontré des puissants qui nous voulaient du mal, et ils se contentaient de massacrer tout le monde, répondit Chu Feng.
— C’est vrai, acquiesça Xia Xingchen.
Pourtant, savoir qu’un homme aussi puissant se trouvait dans le monde de la cultivation les troublait. Tout ce qui leur était cher pouvait être anéanti en un clin d’œil, au gré de cet homme.
Ils étaient en mauvaise posture.
« Parfois, il vaut mieux se fier à son instinct. Si Chu Feng pense que cet homme ne nous est pas hostile, pourquoi ne pas nous en tenir là ? Il est idiot de s’inquiéter pour quelque chose qui ne s’est pas encore produit. Nous n’y pouvons rien, alors nous aviserons le moment venu, dit le Daoïste Starseizer.
— L’Ancien a raison. » Chu Feng hocha la tête en souriant.
Le Daoïste Starseizer sourit à son tour. Il transmit alors sa voix à Chu Feng : « Chu Feng, es-tu venu me parler de ta mère ? »