Chapitre 5 831
« Seigneur, se pourrait-il que vous connaissiez déjà cette Formation de bénédiction des juniors ? » demanda la belle Ancienne.
« C’est la première fois que je la vois, aujourd’hui. » Chu Feng secoua la tête.
« Comment avez-vous su que la perle de formation se mettrait à luire en résonance avec cette formation ? » La belle Ancienne ne put contenir sa curiosité.
« J’y ai regardé de plus près quand vous avez dit que vous ne saviez pas comment vérifier la résonance. J’ai compris que la perle de formation devait émettre une lueur semblable à celle de la formation lorsqu’elle entrait en résonance avec elle, mais qu’elle avait perdu cette propriété à cause de son âge et de l’interférence d’autres formations. Ma formation sert à rendre à la perle son état d’origine », expliqua Chu Feng.
« Vous avez l’œil vif, Seigneur. Je suis certaine que notre prochain article vous intéressera », dit la belle Ancienne.
Chu Feng eut un petit rire. Il se doutait que le fragment du Bambou de l’Octroi divin allait enfin faire son apparition.
Chu Feng prit la Formation de bénédiction des juniors et retourna dans le compartiment. En passant près de Little Fishy, il ne put s’empêcher de lui demander : « Pourquoi es-tu sortie ? »
« Ce type était trop arrogant. Je ne le supportais pas », répondit Little Fishy.
« Tu parles ! Tu ne supportais juste pas de voir quelqu’un s’en prendre à la personne qui te plaît, pas vrai ? » murmura Xianhai Shaoyu.
« Ne raconte pas n’importe quoi ! » Little Fishy lança un regard noir à Xianhai Shaoyu.
À travers sa cape, Chu Feng lui tapota la tête et lui dit : « La prochaine fois qu’une situation pareille se présentera, ne sors pas, sauf si je t’appelle. »
Il craignait que Little Fishy ne se montre trop téméraire. Ils se trouvaient certes sur le territoire du Clan des Poissons de la Mer immortelle, mais il valait tout de même mieux qu’elle se débarrasse de cette habitude au plus vite. Et si une situation semblable se reproduisait, sans personne pour les protéger ?
Chu Feng pouvait assumer lui-même les conséquences, mais si Little Fishy se montrait, cela risquait d’entraîner d’autres complications.
Little Fishy hocha docilement la tête. « D’accord. »
Peu après le retour de Chu Feng et des autres dans leurs compartiments, un nouvel article fut apporté sur l’estrade des enchères.
« Enfin. »
L’objet était dissimulé sous un tissu qui empêchait de le détecter, mais sa petite taille suffisait à susciter l’enthousiasme de la foule. Après tout, la plupart des gens étaient venus pour le Bambou de l’Octroi divin.
« La plupart d’entre vous ont sans doute déjà deviné de quoi il s’agit. Inutile de tourner autour du pot : voici un fragment du Bambou de l’Octroi divin. Je ne m’attarderai pas à vous présenter le Bambou de l’Octroi divin, car la plupart d’entre vous le connaissent. C’est un trésor inestimable, d’une valeur inégalée pour un cultivateur.
« Certains d’entre vous ignorent peut-être ce qu’est un fragment du Bambou de l’Octroi divin. Il a un lien avec le Bambou de l’Octroi divin, mais il ne faut pas confondre les deux. Permettez-moi de vous présenter brièvement ces fragments.
« Les fragments du Bambou de l’Octroi divin datent de l’Ère antique, et deux légendes les entourent.
« Selon l’une d’elles, plusieurs puissances se disputaient les Bambous de l’Octroi divin. L’une d’entre elles, voyant la défaite inévitable, voulut tout détruire. Elle déchaîna une force dévastatrice qui endommagea la plupart des Bambous de l’Octroi divin ; seuls quelques-uns demeurèrent intacts. Ainsi, lorsqu’on ouvre un fragment, on peut aussi bien découvrir un Bambou de l’Octroi divin intact qu’un simple bambou qui a perdu ses pouvoirs. Pour le savoir, il faut retirer la couche spéciale qui recouvre le bambou.
« Selon une autre légende, un spirite du monde rusé aurait fabriqué ces fragments pour s’enrichir. Il aurait recouvert les Bambous de l’Octroi divin d’une couche spéciale, afin d’empêcher quiconque de voir ce qu’ils contenaient, puis glissé quelques exemplaires authentiques parmi les fragments pour entretenir l’espoir des acheteurs. Il les vendait bien moins cher que les véritables Bambous de l’Octroi divin. La plupart des gens ne trouvaient qu’un simple bambou, mais quelques-uns mettaient tout de même la main sur un exemplaire authentique. Les fragments se vendaient donc plutôt bien. À mesure qu’ils se raréfiaient, leur prix se mit à grimper.
« Impossible de savoir laquelle de ces deux légendes est vraie, mais les fragments sont aujourd’hui extrêmement rares. Même si l’on a plus de chances d’y trouver un bambou ordinaire, leur prix a grimpé jusqu’à rivaliser avec celui des Armements divins. Aujourd’hui, notre Guilde marchande des cultivateurs martiaux met aux enchères un fragment du Bambou de l’Octroi divin. »
La belle Ancienne retira enfin le tissu, dévoilant le fragment du Bambou de l’Octroi divin.
C’était un bambou couvert de poussière. Celle-ci était composée d’une matière spéciale qui résistait à la puissance spirituelle.
« Frère Chu Feng. » Xianhai Shaoyu se tourna vers Chu Feng.
« Laisse-moi regarder. » Chu Feng examina attentivement le fragment du Bambou de l’Octroi divin.
Les occupants des autres compartiments en firent autant.
Pourtant, il était presque impossible de déterminer si un fragment du Bambou de l’Octroi divin était authentique. C’était un pari. Ceux qui avaient la chance d’y trouver un véritable Bambou de l’Octroi divin s’assuraient la fortune pour d’innombrables générations.
Certains demandèrent aussitôt : « Quel est le prix de départ ? »
« Le prix de départ est de soixante millions de sycees », répondit la belle Ancienne.
« Quoi ? Soixante millions de sycees ? »
« Pourquoi ne vas-tu pas plutôt dépouiller quelqu’un ? C’est encore plus cher qu’un bon Armement divin ! »
La foule resta stupéfaite, malgré les préparatifs auxquels elle s’était livrée. Après tout, ce n’était qu’un fragment, pas un véritable exemplaire ! Ce serait vraiment douloureux de débourser une somme pareille pour ne trouver qu’un bambou ordinaire à l’intérieur.
« Seigneurs, vous savez à quel point les fragments du Bambou de l’Octroi divin sont rares de nos jours. Nous ne pouvons pas garantir qu’il en contienne un véritable, mais ce fragment, lui, est authentique. Pour être franche, notre chef l’a acheté quatre-vingts millions de sycees. Le vendre à ce prix est déjà une bonne affaire », déclara la belle Ancienne.
« Quatre-vingts millions de sycees ? Vous en êtes sûre ? » La foule était sceptique.
« Soixante millions de sycees. Je le prends », annonça un Ancien.
C’était celui que Xianhai Shaoyu soupçonnait d’être un Ancien de rang Saint de la Résidence sacrée des Sept Royaumes.
« Soixante-cinq millions de sycees », surenchérit aussitôt quelqu’un. C’était le jeune homme qui portait la cape de spirite du monde ressemblant à un sac à dos, aperçu plus tôt.
« Soixante-dix millions de sycees », lança l’Ancien de la Résidence sacrée des Sept Royaumes.
« Soixante-quinze millions de sycees. » Le jeune homme ne céda pas.
Soixante millions de sycees dépassaient déjà ce que la plupart des gens pouvaient accepter. À soixante-quinze millions, ils étaient prêts à renoncer.
Pourtant, ces deux-là étaient si fortunés qu’ils firent bientôt grimper le prix à cent millions de sycees. L’offre venait de l’Ancien de la Résidence sacrée des Sept Royaumes.
Mais le jeune homme continua de surenchérir : « Cent dix millions. »
L’Ancien de la Résidence sacrée des Sept Royaumes finit par se taire.
Il s’agissait bien de Jie Yefeng, l’un des trente-six Anciens de rang Saint de la Résidence sacrée des Sept Royaumes. D’autres Anciens se trouvaient dans son compartiment, et ils appartenaient eux aussi à la Résidence sacrée des Sept Royaumes.
« Qui sont-ils, au juste ? Comment osent-ils rivaliser avec nous ? » grommela l’un des Anciens, mécontent.
« N’y prêtez pas attention. Cent millions de sycees, c’est déjà trop cher pour une simple chance. Il est peu probable qu’il contienne un véritable Bambou de l’Octroi divin. Qu’il le prenne, s’il le veut », dit l’Ancien de rang Saint.
Les autres Anciens se turent.
À cet instant, une autre voix retentit : « Deux cents millions. »