Chapitre 583
Le domaine de la famille Li. Li Chan fut conviée au palais où vivait Chu Feng.
« Seigneur Wuqing, vous m’avez fait appeler si vite. Y a-t-il un problème ? » Li Chan occupait une place importante au sein de la famille Li. Après le chef de famille, on pouvait raisonnablement dire qu’elle était la personne qui détenait le plus de pouvoir.
Pourtant, cette femme de haut rang, lorsqu’elle se trouvait en présence de Chu Feng, ne pouvait s’empêcher de l’appeler « Seigneur bienfaiteur ». De plus, elle se montrait si aimable qu’on aurait dit qu’il y avait anguille sous roche.
« Bête de fer, vas-y. »
« Raconte exactement à la demoiselle ce qui s’est passé. » Chu Feng tourna les yeux vers la Bête monstrueuse à ses côtés.
« Qui est-ce ? » Ce n’est qu’alors que Li Chan remarqua que la Bête monstrueuse qui l’avait attaquée autrefois semblait différente. Elle était toujours docile, mais avait clairement perdu son étrangeté d’antan. Son regard était limpide ; on aurait dit qu’elle avait retrouvé sa conscience.
En effet, après que Chu Feng eut parlé, la Bête monstrueuse se leva, s’approcha de Li Chan et s’inclina devant elle d’un air contrit avant de déclarer : « Demoiselle, je vous présente mes excuses pour ce qui s’est passé ce jour-là. J’espère toutefois que vous comprendrez que je n’avais vraiment pas le choix. »
« Tu… tu as retrouvé ta nature ? » Lorsque la Bête monstrueuse nommée Bête de fer prit la parole, Li Chan fut aussitôt ravie. Puis elle se tourna vers Chu Feng et demanda : « Seigneur Wuqing, vous avez réussi ? »
« Oui. Grâce aux puissantes méthodes de monsieur Wuqing, j’ai non seulement retrouvé ma nature, mais aussi mes souvenirs de tout ce qui s’est passé ces derniers jours. Ainsi, même si j’ai perdu conscience il y a quelques jours, je me souviens de tout ce que j’ai vécu. »
Avant que Chu Feng ait le temps de répondre, Bête de fer prit les devants. Ses paroles et son attitude montraient combien elle était reconnaissante envers Chu Feng d’avoir brisé son sceau et lui avoir rendu sa nature.
« Alors, que s’est-il passé exactement ? Qui a scellé ta nature, et qui t’a emmenée dans la Montagne de l’Ivoire du Loup ? » demanda Li Chan, impatiente.
« Comme vous et monsieur Wuqing l’aviez prédit, c’était la famille Ma. Celui qui m’a capturée était le chef de la famille Ma, Ma Yukun. » La Bête monstrueuse répondit calmement, révélant la vérité d’une seule phrase.
« C’était vraiment eux ? » En entendant ces mots, Li Chan changea d’expression. Elle avait certes déjà envisagé cette réponse, mais, maintenant qu’elle était confirmée, elle avait encore du mal à y croire.
Li Chan conduisit aussitôt Chu Feng et la Bête monstrueuse à la résidence de son père et lui raconta tout.
Conformément au plan de Chu Feng, la Bête monstrueuse ajouta des détails et en inventa plusieurs autres, afin de convaincre le chef de la famille Li que son frère nourrissait depuis longtemps de mauvaises intentions et qu’il voulait s’emparer de la famille Li.
« Maudit soit-il ! Dire que je le considérais comme mon frère… Il ose me piéger et a même voulu tuer ma fille ?! » Grâce aux efforts conjugués de Chu Feng, de Li Chan et de la Bête monstrueuse, le chef de la famille Li apprit la vérité. Furieux, il serra les poings et grinca des dents.
Déjà Esprit du Monde à cape violette, Chu Feng sentit la fureur déferler dans le corps du chef de la famille Li, ainsi que sa soif de sang sans bornes.
« Père, que devons-nous faire maintenant ? La famille Ma a clairement des arrière-pensées et prépare son coup depuis longtemps. Dans quelques jours, nous ouvrirons le trésor. Il passera certainement à l’action contre nous. » Li Chan avait le visage inquiet.
« C’est… »
« La date de l’ouverture du trésor est déjà fixée. Si je reviens soudainement sur ma parole, il se méfiera forcément. La situation est vraiment délicate. » La question de Li Chan plongea le chef de la famille Li dans l’embarras.
« Seigneur, demoiselle, j’ai peut-être un plan. » C’est alors que Chu Feng prit la parole.
« Wuqing, quel est ton plan ? Dis-le-nous vite ! » s’empressa de demander le chef de la famille Li.
« La demoiselle a frôlé la mort à cause d’un piège soigneusement préparé par la famille Ma, mais ce sont les époux Shabi qui l’ont mis en place. Sans ces deux traîtres, elle ne se serait jamais retrouvée dans une situation aussi périlleuse », expliqua Chu Feng.
« Hmph. Pendant toutes ces années, les époux Shabi m’ont suivi et je ne les ai jamais maltraités. Sans mon soutien, ils n’auraient jamais atteint leur niveau de cultivation actuel. Je les ai traités avec bonté, et voilà comment ils me rendent la pareille ! Je leur ferai payer leurs actes. » À la seule mention des époux Shabi, le chef de la famille Li entra dans une colère noire, le désir de tuer bouillonnant en lui.
« Seigneur, il faut évidemment punir sévèrement ces époux Shabi, mais nous pouvons nous en servir pour le moment », dit Chu Feng avec un sourire.
« Nous en servir ? Comment ? » demanda aussitôt Li Chan.
« Ils savent que c’est moi qui vous ai sauvée et que je suis un Esprit du Monde. J’ai soumis la Bête monstrueuse et l’ai ramenée ; ils peuvent donc supposer que je cherche des indices sur la tentative d’assassinat auprès d’elle. »
« Demain, annoncez que je n’ai pas réussi à retirer le sceau de la Bête monstrueuse, qu’elle a complètement perdu le contrôle et qu’il a fallu la tuer. J’utiliserai aussi une technique spéciale de Formation spirituelle pour créer un faux cadavre de Bête monstrueuse et le présenter à tous, afin qu’ils le croient authentique. »
« Les époux Shabi en informeront forcément la famille Ma. Ainsi, ils ne sauront pas que nous avons découvert leur secret. De plus, votre amitié avec le chef de la famille Ma leur fera croire que vous n’êtes toujours au courant de rien. »
« Pour l’ouverture du trésor, dans quelques jours, nous procéderons comme prévu. Mais nous devrons agir avant la famille Ma. Il faut prendre les devants et les battre à leur propre jeu. »
« Mais la famille Ma est déjà plus puissante que la mienne dans son ensemble. En plus, elle prépare son coup depuis longtemps. J’ai peur que nous ne puissions pas l’emporter dans quelques jours », répondit Li Chan avec inquiétude.
« En réalité, ce n’est pas un problème si difficile. Même si la famille Ma est probablement plus forte que la famille Li dans son ensemble, elle ne compte qu’un seul Seigneur martial : son chef. Seigneur, si vous parvenez à le vaincre, la famille Ma sera immanquablement battue. » Chu Feng sourit.
« Wuqing, ton raisonnement se tient, mais j’ai affronté Ma Yukun en combat singulier à plusieurs reprises, et nous avons toujours fait match nul. Le tuer ne sera pas facile. Si notre attaque surprise échoue, nous serons contraints de livrer un combat prolongé. Je m’en sortirai sans doute, mais vous tous risquez d’être en danger », dit le chef de la famille Li avec inquiétude.
« Seigneur, ne vous en faites pas. Moi, Wuqing, j’ai étudié les techniques de Formation spirituelle avec soin et j’ai eu la chance de tomber sur quelque chose. Seigneur, si vous êtes résolu à tuer Ma Yukun, je peux vous garantir la victoire. » Chu Feng était plein d’assurance.
« Wuqing, j’aimerais savoir… de quelles méthodes disposes-tu ? Explique-toi ! » demanda le chef de la famille Li.
« J’ai ici une pilule interdite obtenue dans des ruines antiques. Elle ne pourra certes pas vous faire passer du premier au deuxième rang de Seigneur martial, mais elle renforcera suffisamment votre puissance pour vous permettre de tuer le chef de la famille Ma. »
« Cela reste une pilule interdite. Dix heures après l’avoir avalée, ses effets se dissiperont et vous ressentirez alors une douleur comparable à celle de dix mille insectes vous rongeant les os. Mais avec votre niveau de cultivation actuel, vous ne mourrez certainement pas. Au contraire, cela aidera votre cultivation future. » Tout en parlant, Chu Feng sortit une pilule noire et blanche.
« Ce serait… le Rakshasa noir et blanc ! »
En voyant la pilule, le chef de la famille Li changea radicalement d’expression. Son visage âgé était empreint de stupeur.
Jeu de mots. « Sha » et « Bi » sont les noms donnés au vieux couple. En pinyin, ils évoquent aussi quelque chose comme « idiot ».