Chapitre 5 825
Plus tard, deux frères au talent exceptionnel pénétrèrent dans la forêt de bambous.
Ils étaient extrêmement puissants, et la forêt de bambous leur fut très bénéfique. Leur cultivation progressa à pas de géant et atteignit en peu de temps un niveau sans précédent. Mais tous deux ambitionnaient de devenir les plus puissants. Ils finirent donc par se retourner l’un contre l’autre et en venir aux mains.
Le combat fut terrible : il détruisit la forêt de bambous et laissa les deux frères grièvement blessés, à l’article de la mort. Ce ne fut qu’à cet instant crucial qu’ils sortirent enfin de leur folie, mais il était déjà trop tard. Ils étaient condamnés à mourir.
Au milieu de la forêt dévastée, les deux frères trouvèrent quelques bambous encore intacts, les assemblèrent en un rouleau et y gravèrent leurs connaissances. Celui-ci se composait de 367 lamelles de bambou. C’était le trésor que les deux frères léguaient aux générations futures.
Mais peu après qu’ils eurent achevé le Bambou de l’Octroi divin, celui-ci fut dispersé en de nombreux fragments aux quatre coins de l’univers.
On disait que chaque lamelle renfermait une puissance colossale et que quiconque parviendrait à réunir le rouleau entier obtiendrait le plus grand pouvoir au monde. Il deviendrait le maître de tous les cultivateurs, le dieu qui dominait toute chose.
C’est pourquoi on l’avait baptisé le Bambou de l’Octroi divin.
« Le Bambou de l’Octroi divin ne compte pas 367 fragments ? demanda Chu Feng.
— Frère Chu Feng, tu as dû entendre la légende des deux frères, n’est-ce pas ? demanda Xianhai Shaoyu.
— C’est exact, répondit Chu Feng en hochant la tête.
— Il existe de nombreuses légendes au sujet des Bâtons de bambou de l’Octroi divin. Celle que tu as entendue n’en est qu’une version. Mais elles sont toutes fausses. Personne ne sait d’où viennent les Bâtons de bambou de l’Octroi divin. D’après les informations les plus fiables dont nous disposons, il n’y en aurait que dix, et chacun renfermerait une puissance colossale, expliqua Xianhai Shaoyu.
— Vraiment ? Voilà qui explique pourquoi je n’ai pu comprendre que deux dixièmes du Bambou de l’Octroi divin, remarqua Chu Feng.
— Deux dixièmes ? répétèrent Little Fishy et Xianhai Shaoyu, les yeux plissés.
— Grand frère, combien de Bâtons de bambou de l’Octroi divin as-tu ? demanda Little Fishy.
— J’en ai deux, répondit Chu Feng.
— Waouh ! s’exclama Little Fishy, les yeux brillants d’excitation.
— Deux ? Frère Chu Feng, tu en as vraiment deux ? Ton père te les a donnés ? demanda Xianhai Shaoyu.
— Non, je les ai obtenus par hasard, répondit Chu Feng.
— Par hasard ? Où ça ? Tu les as trouvés dans des vestiges ?
— Je les ai trouvés dans des vestiges différents, mais ils se trouvaient tous les deux dans la Galaxie des Arts martiaux ancestraux.
— Bon sang ! s’exclama Xianhai Shaoyu, stupéfait. On dit que la Galaxie des Arts martiaux ancestraux a décliné, et pourtant, elle abrite deux Bâtons de bambou de l’Octroi divin ! Il y en aurait peut-être d’autres en circulation là-bas ?
— Little Fishy, où as-tu obtenu ton Bambou de l’Octroi divin ? demanda Chu Feng.
Il lui avait paru normal que Little Fishy en possède un, étant donné l’immensité du Clan des Poissons de la Mer immortelle. Mais maintenant qu’il savait à quel point les Bâtons de bambou de l’Octroi divin étaient rares, il se doutait qu’il y avait peut-être une histoire derrière le sien.
— Mon père a dépensé une fortune pour l’acquérir. À ce moment-là, il avait déjà changé de nombreuses fois de mains. Nous avons enquêté et découvert que le premier vendeur était un chat, expliqua Little Fishy.
— Un chat ? Un vieux chat dépravé ? demanda Chu Feng.
Il se souvenait que le Vieux Chat lui avait autrefois dérobé le Bambou de l’Octroi divin et enlevé Xue Ji. Chu Feng l’avait retrouvé plus tard, mais le Vieux Chat avait prétendu l’avoir déjà vendu.
À présent, il semblait bien que ce vieux chat dépravé ne lui avait pas menti.
— Oui, c’était un chat. Mon père a même envoyé des hommes à sa recherche pour lui demander où il l’avait trouvé. Le chat a dit qu’il l’avait découvert dans des vestiges, répondit Little Fishy.
— Découvert, mon œil ! Il l’a volé ! s’exclama Chu Feng.
— Grand frère, tu le connais ? demanda Little Fishy.
Chu Feng raconta à Xianhai Shaoyu et à Little Fishy ce qui s’était passé entre lui et le Vieux Chat.
— Ce fichu démon-chat ! Comment a-t-il osé voler le Bambou de l’Octroi divin de grand frère et le vendre ? Je le dépècerai vivant si jamais je lui mets la main dessus ! s’emporta Little Fishy en apprenant ce qu’avait fait le Vieux Chat.
Xianhai Shaoyu fronça toutefois les sourcils. « Attends un peu. Ça veut dire que le Bambou de l’Octroi divin de ma petite sœur venait lui aussi de la Galaxie des Arts martiaux ancestraux ?
— C’est ce qui semble, répondit Chu Feng en hochant la tête.
— Par tous les dieux ! Est-ce que tous les Bâtons de bambou de l’Octroi divin viendraient de la Galaxie des Arts martiaux ancestraux ? s’exclama Xianhai Shaoyu.
Little Fishy baissa la tête, honteuse. « Grand frère, je ne peux pas sortir le Bambou de l’Octroi divin pour te le rendre, pas pour le moment.
Elle avait honte, car le Bambou de l’Octroi divin dont elle se servait avait été volé à Chu Feng.
— Ne dis pas de bêtises. Le Bambou de l’Octroi divin n’appartient à personne. L’obtenir est une chose, mais savoir s’en servir en est une autre. Et puis, je suis content que tu aies réussi à en obtenir un. Chu Feng lui tapota la tête.
Little Fishy lui adressa un sourire radieux. Elle ne s’attarda pas sur la question : elle ne pouvait de toute façon pas sortir son Bambou de l’Octroi divin.
— Frère Shaoyu, que veux-tu dire par « fragment du Bambou de l’Octroi divin » ? Est-il cassé, ou bien est-il impossible de vérifier son authenticité ? demanda Chu Feng.
— On parle de « fragment » parce qu’on ne peut pas en vérifier l’authenticité. Même la Résidence sacrée des Sept Royaumes en est incapable. Au bout du compte, tout dépend de la chance. Jusqu’à présent, un seul fragment a été confirmé comme étant un véritable Bambou de l’Octroi divin. Malgré tout, la plupart des puissances se disputent ces fragments aux enchères et font monter les prix à des sommes astronomiques. C’est inévitable : les Bâtons de bambou de l’Octroi divin ont encore trop de valeur. Elles tentent leur chance, même si les probabilités sont infimes.
« La Résidence sacrée des Sept Royaumes enverra probablement quelqu’un participer aux enchères, alors, frère Chu Feng, mieux vaut nous déguiser. Nous n’entrerons pas non plus dans le salon privé réservé à notre Clan des Poissons de la Mer immortelle, pour ne pas attirer l’attention. Mais ne t’inquiète pas : tu es en sécurité sur notre territoire, dit Xianhai Shaoyu.
Chu Feng comprit ce que voulait dire Xianhai Shaoyu. Le clan assurerait sa sécurité dans la Galaxie de la Mer immortelle, mais ne pouvait pas afficher son soutien. La décision ne lui appartenait pas.
Autrement, le Clan des Poissons de la Mer immortelle risquait d’avoir des ennuis si la Résidence sacrée des Sept Royaumes décidait de s’en prendre à lui. Mieux valait donc rester discret.
Bientôt, Chu Feng et les autres arrivèrent à destination. C’était une immense ville où se dressaient de nombreuses maisons de vente aux enchères proposant toutes sortes de marchandises. Les ventes de moindre importance avaient déjà commencé, mais les véritables trésors devaient être mis aux enchères ce jour-là. Pour ne pas attirer l’attention, ils portaient les capes grises que leur avait remises le Maître des Neuf Sommets.
La salle des enchères où ils se rendirent ne ressemblait pas aux autres. Elle ne comportait aucune salle principale, seulement de nombreux salons privés. Il fallait verser une somme considérable pour y entrer. Autrement dit, ceux qui n’en avaient pas les moyens ne pouvaient même pas participer aux enchères.
Le Clan des Poissons de la Mer immortelle possédait son propre salon privé, auquel ses membres pouvaient accéder en montrant leur jeton. Mais Xianhai Shaoyu et Little Fishy ne révélèrent pas leur identité et demandèrent plutôt un salon ordinaire.