Chapitre 4 346
Le Vieux Daoïste au nez de bœuf commença à mettre en place une formation afin de manipuler l’énergie divine dans l’air.
Bien que Chu Feng se trouvât à une certaine distance, ses Yeux célestes lui permettaient de voir clairement la situation du Vieux Daoïste au nez de bœuf.
L’énergie libérée par l’Œuf de Qilin gagnait sans cesse en puissance, si bien que la situation devenait rapidement de plus en plus périlleuse.
Le Vieux Daoïste au nez de bœuf, en revanche, ne se faisait plus repousser par les vagues d’énergie. Il avait commencé à mettre en place simultanément une formation à deux couches.
La première couche servait à repousser l’énergie libérée par l’Œuf de Qilin, tandis que la seconde devait canaliser l’énergie divine présente dans l’air pour le réprimer.
Seulement, la formation destinée à réprimer l’Œuf de Qilin était extrêmement difficile à mettre en place. Même quelqu’un du calibre du Vieux Daoïste au nez de bœuf ne pouvait y parvenir en peu de temps.
Au fil du temps, Chu Feng remarqua que le visage du Vieux Daoïste au nez de bœuf avait non seulement pâli, mais que du sang s’écoulait aussi de ses sept orifices.
Des fissures apparurent ensuite sur tout son corps, et du sang suinta également de ces crevasses.
En voyant l’état du Vieux Daoïste au nez de bœuf, Chu Feng fut saisi d’une inquiétude indescriptible.
Mais avant même qu’il ait pu bouger, la voix du Vieux Daoïste au nez de bœuf retentit dans les airs. « Ne t’approche pas, sinon tout aura été vain ! Nous mourrons tous les deux ! »
Dans la situation actuelle, aussi inquiet fût-il, Chu Feng n’eut d’autre choix que de se cacher dans un coin. Il ne pouvait absolument rien faire pour aider.
Bientôt, le Vieux Daoïste au nez de bœuf fut entièrement recouvert d’une couche de sang, et son corps était couvert de lacérations. Son aura commençait elle aussi à faiblir.
Dans une situation pareille, le temps semblait s’écouler avec une lenteur extrême.
Chu Feng ne parvenait vraiment pas à savoir combien de temps le Vieux Daoïste au nez de bœuf pourrait encore tenir dans cet état.
Bzzz !
Pourtant, après trois heures qui lui parurent une éternité, une lueur d’espoir finit par apparaître.
Le Vieux Daoïste au nez de bœuf avait réussi à mettre en place la formation destinée à réprimer l’Œuf de Qilin.
Après sa formation, la puissante formation recouvrit de vastes étendues de terrain, avant de se contracter brusquement autour de l’Œuf de Qilin et d’y déverser son énergie.
En un instant, les pulsations d’énergie de l’Œuf de Qilin cessèrent complètement, tandis que des runes et des symboles apparaissaient à sa surface.
« Chu Feng, viens ici. »
Ce ne fut qu’en entendant le Vieux Daoïste au nez de bœuf prononcer ces mots que Chu Feng osa retourner auprès de l’Œuf de Qilin.
« Insuffle ton énergie dans l’Œuf de Qilin », lui dit le Vieux Daoïste au nez de bœuf.
Sans oser perdre le moindre instant, Chu Feng s’empressa d’obéir et insuffla son énergie dans l’Œuf de Qilin.
Dès qu’il y insuffla son énergie, il sentit un lien singulier se tisser entre lui et l’Œuf de Qilin.
Seulement, ce lien lui parut quelque peu étrange et contre nature. Il était très différent de celui qu’il entretenait avec ses Esprits du Monde.
« Dissipe la formation ! »
Après que Chu Feng eut insufflé son énergie dans l’Œuf de Qilin, le Vieux Daoïste au nez de bœuf tonna ces mots, et la formation divine et puissante qui scellait l’Œuf de Qilin disparut sans laisser de trace.
Pourtant, l’Œuf de Qilin ne se déchaîna plus comme auparavant. En fait, il semblait même plus calme qu’avant.
Le Vieux Daoïste au nez de bœuf, lui, bascula en arrière et s’effondra sur le sol, assis sur les fesses.
« Maître ! »
Chu Feng se précipita aussitôt vers lui et utilisa sa puissance spirituelle pour le soigner.
Mais, à sa grande stupeur, il se révéla totalement impuissant face à l’état actuel du Vieux Daoïste au nez de bœuf.
« Ce n’est pas grand-chose. J’ai juste besoin de me reposer un peu. »
Bien que le Vieux Daoïste au nez de bœuf prétendît aller bien, le sang continuait de ruisseler sur son visage et son corps. Il ressemblait à un homme grièvement blessé, déjà aux portes de la mort.
En voyant cela, Chu Feng ne put s’empêcher d’avoir le cœur serré.
« Chu Feng, sous l’effet de la formation, ce Qilin ne sortira pas de son œuf pour le moment. Même s’il en sort, la formation l’empêchera de te faire du mal. Cependant, elle ne fait que le retenir ; tu ne peux pas encore le contrôler.
« Ce Qilin deviendra assurément une bête redoutable à l’avenir. Même s’il ne devient pas une Bête divine, il ne sera pas beaucoup moins puissant qu’elles. Si tu sais bien t’en servir, il deviendra certainement un puissant allié pour toi », expliqua le Vieux Daoïste au nez de bœuf.
« Maître, j’ignorais qu’il vous faudrait payer un prix aussi lourd pour mettre en place cette formation. Si je l’avais su, j’aurais jeté cet Œuf de Qilin depuis longtemps ! »
Chu Feng se sentait profondément coupable. Il n’avait pas imaginé que cette affaire porterait un coup aussi dur au Vieux Daoïste au nez de bœuf.
Tout ce temps, il n’avait pu que le regarder, impuissant, s’affaiblir de plus en plus.
« Ça n’a rien à voir avec toi. Ce sont simplement mes vieilles blessures qui se réveillent. Après tout, ton maître est quelqu’un qui est déjà mort une fois. Le corps que j’occupe actuellement est incomplet ; alors, chaque fois que je mets en place des formations trop puissantes, mon corps se déchire.
« Je sais que ça doit te sembler douloureux, mais en vérité… Oui, c’est vraiment aussi douloureux. Hahaha… »
Sur ces mots, le Vieux Daoïste au nez de bœuf éclata de rire.
Il avait beau plaisanter en apparence, Chu Feng comprit qu’il ne plaisantait pas en disant cela.
« Maître, je vous vengerai. Je ferai éprouver au Vénérable de l’Illumination du Dao et à Sima Xiangtu mille fois la douleur que vous avez ressentie », déclara Chu Feng avec détermination.
« Bien. Tu es bien mon bon disciple ! Je suis sûr que tu y arriveras un jour. C’est seulement dommage que je ne serai peut-être pas là quand ce jour viendra », répondit le Vieux Daoïste au nez de bœuf.
« Maître, qu’est-ce que… qu’est-ce que vous voulez dire ? »
En entendant ces paroles, le cœur de Chu Feng se serra. Un mauvais pressentiment l’envahit.
« Mon corps incomplet ne tiendra pas très longtemps. Peut-être que réprimer cet œuf est la dernière chose que je ferai pour toi en tant que maître », dit le Vieux Daoïste au nez de bœuf avec un léger sourire.
Mais en voyant ce sourire, Chu Feng sentit sa gorge se nouer et ses yeux s’humidifièrent.
Le sourire du Vieux Daoïste au nez de bœuf était teinté d’amertume. C’était un sourire empreint d’impuissance et de résignation.
Chu Feng comprit alors, sans l’ombre d’un doute, que son maître ne plaisantait pas. Ses jours étaient bel et bien comptés…