Chapitre 431
Kong Chenguang, le chef de l’École du Dieu du Feu, fut démis de ses fonctions. Après avoir été roué de coups, il fut même placé en détention. Le vieil ancêtre de l’École du Dieu du Feu, qui cultivait en retraite depuis plus de dix ans, ressortit et reprit le contrôle de l’école.
La raison était toute simple : Chu Feng avait fait perdre la face à l’École du Dieu du Feu. Il devait donc le tuer, sans quoi il lui serait impossible d’apaiser sa fureur.
Mais la nouvelle qui se répandit très rapidement à travers les Neuf Provinces et qu’on ne pouvait passer sous silence concernait la visite de Chu Feng et Zi Ling à l’École du Dieu du Feu, le massacre de ses disciples, les tombes de ses ancêtres profanées et la sortie de retraite forcée de son vieil ancêtre, qui cultivait avec acharnement.
Quand la nouvelle fut connue, elle fit l’effet d’une bombe. Presque tout le monde en fut profondément choqué.
Chu Feng devenait de plus en plus audacieux. Il défiait toujours davantage le bon sens, au point de se rendre de son propre chef à l’École du Dieu du Feu pour y semer le chaos. Il avait même déterré les tombes de ses ancêtres, tué un grand nombre d’Anciens et de disciples, détruit d’innombrables palais et, disait-on, brisé les Formations de défense que l’École du Dieu du Feu avait demandé au Clan Jie d’ériger.
Si le vieil ancêtre de l’École du Dieu du Feu n’était pas sorti de sa retraite, l’école aurait été rasée. C’était terrifiant. Chu Feng était vraiment terrifiant.
Mais Chu Feng ne fut pas le seul à se faire connaître : Zi Ling aussi devint célèbre.
Il suffisait de mentionner une jeune femme vêtue de violet, au neuvième niveau du Royaume du Profond et dotée d’une force qui défiait elle aussi le bon sens, pour que beaucoup pensent à Dame Zi Ling, qui avait annoncé lors du Rassemblement des mariages de la Villa prestigieuse qu’elle était prête à suivre Chu Feng.
Un jeune homme de seize ans et une jeune femme de quinze ans avaient presque détruit une puissance maîtresse vieille de près de mille ans. Qu’est-ce que cela signifiait ? Pas que l’École du Dieu du Feu était trop faible, mais que ses adversaires étaient trop puissants.
Chu Feng deviendrait sans aucun doute un personnage extrêmement puissant. C’était l’avis unanime des habitants des Neuf Provinces.
La puissance de Chu Feng, qui défiait le bon sens ; son audace et sa témérité ; sa nature sanguinaire ; ses actes insensés… Tout cela avait déjà fait grand bruit.
Chu Feng, ce jeune homme de seize ans, devint la personne dont on parlait le plus dans les Neuf Provinces, et son nom devint synonyme de malfaisance.
Lorsque les jeunes enfants de grandes familles de cultivation martiale désobéissaient, leurs aînés leur lançaient parfois : « Si tu n’écoutes pas, Chu Feng viendra t’attraper ! » Les petits obéissaient alors sagement.
Mais certains estimaient aussi que Chu Feng était d’une bravoure et d’une prestance admirables. Même si toutes les grandes puissances des Neuf Provinces voulaient sa mort, il n’avait pas peur le moins du monde.
Non seulement il avait échappé à ces puissances, mais il les avait même combattues, leur infligeant de lourdes pertes à maintes reprises. Elles avaient subi attaque sur attaque et avaient failli être complètement anéanties.
Il fallait reconnaître que Chu Feng était devenu une idole dans le cœur de certains jeunes. Beaucoup l’admiraient, et certains écrivaient même des biographies sur les rumeurs qui circulaient à son sujet.
Ils le faisaient parce qu’ils étaient convaincus que le jeune Chu Feng deviendrait un personnage d’envergure, capable d’ébranler le monde. Il pourrait même dépasser le Fondateur du Dragon d’Azur et devenir une nouvelle légende des Neuf Provinces.
De nombreuses jeunes femmes criaient même haut et fort qu’elles aimaient Chu Feng et voulaient l’épouser. Elles étaient prêtes à faire comme Zi Ling, à le suivre, et le suppliaient de les accepter.
Certains hommes exaltés déclaraient même admirer Chu Feng, vouloir se lier d’amitié avec lui et devenir ses frères pour combattre ensemble les grandes puissances.
En somme, dans les Neuf Provinces, la personne dont on parlait le plus était désormais Chu Feng. Les nouvelles qui retenaient le plus l’attention concernaient également Chu Feng et les six grandes puissances.
Quand la nouvelle au sujet de l’École du Dieu du Feu fut connue, les plus stupéfaits furent sans conteste l’École Yuangang, la Vallée de la Liberté et de l’Insouciance, la Secte Blanche cachée, la Vallée du Dieu de l’Épée et le Clan Jie.
Le Clan Jie n’avait pas grand-chose à craindre. Après tout, Jie Xingpeng y assurait la stabilité, et le clan comptait aussi un ancêtre exceptionnellement doué, qui avait stupéfié les Neuf Provinces cent ans plus tôt.
Le Clan Jie disposait également de nombreux experts, et ses Formations spirituelles étaient d’une puissance remarquable. Il ne craignait pas que Chu Feng vienne y semer le chaos. Au contraire, s’il s’y rendait à la hâte, ce serait comme s’il allait droit à la mort.
Mais l’École Yuangang, la Vallée de la Liberté et de l’Insouciance, la Secte Blanche cachée et la Vallée du Dieu de l’Épée étaient différentes. Elles n’étaient pas aussi puissantes que le Clan Jie et redoutaient que Chu Feng ne les dépouille et ne leur inflige de lourdes pertes, comme il l’avait fait à l’École du Dieu du Feu.
Les quatre puissances avaient donc, elles aussi, demandé à leurs vieux ancêtres, qui cultivaient alors en retraite, de sortir afin qu’ils prennent les rênes.
Quand les cinq vieux ancêtres des cinq grandes puissances sortirent de leur retraite et apprirent toute l’histoire, ils estimèrent que leurs successeurs avaient bien agi et approuvèrent la décision de tuer Chu Feng.
Les cinq vieux ancêtres unirent donc leurs signatures et adressèrent une requête à la Dynastie Jiang, la suppliant d’intensifier encore les efforts pour traquer Chu Feng.
En réalité, la Dynastie Jiang ressemblait au propriétaire d’une boutique qui se contentait de donner des ordres sans jamais rien faire elle-même. Bien qu’elle fût la souveraine des Neuf Provinces, hormis la Province de Han qu’elle occupait, les autres provinces étaient administrées par de puissantes organisations établies depuis longtemps. Chaque année, la Dynastie Jiang se contentait de percevoir des taxes et des présents. Le reste ne l’intéressait pas.
L’École Yuangang, la Villa prestigieuse, l’École du Dieu du Feu, la Secte Blanche cachée, la Vallée du Dieu de l’Épée et la Vallée de la Liberté et de l’Insouciance étaient justement les puissances qu’elle avait désignées pour administrer les différentes grandes provinces.
Aussi, lorsque les vieux ancêtres de ces puissances unirent leurs signatures, la Dynastie Jiang, même si elle ne souhaitait pas s’occuper de cette affaire, dut intervenir d’une manière ou d’une autre afin de rassurer la population.
La Dynastie Jiang annonça donc au monde que sa princesse, « Jiang Yini », première génie de la jeune génération, avait conduit une centaine d’experts du Royaume Céleste à la recherche de Chu Feng, avec la promesse de le traduire en justice.
Cette nouvelle provoqua aussitôt une immense onde de choc. Une centaine d’experts du Royaume Céleste ! Quelle était la puissance de la Dynastie Jiang ? Elle en avait envoyé cent avec une telle facilité ?
En apparence, la Dynastie Jiang témoignait ainsi de l’importance qu’elle accordait aux six grandes puissances et à la sécurité des habitants des Neuf Provinces.
En réalité, elle étalait sa puissance pour rappeler aux puissances du monde qui était le maître des Neuf Provinces et qui, en temps ordinaire, pouvait bouleverser à lui seul la situation d’une province entière.
Si la Dynastie Jiang voulait les anéantir, il ne lui faudrait qu’un instant. Sa position était inébranlable. Même en unissant leurs forces, toutes les puissances des Neuf Provinces seraient incapables de lui résister.
Quel que fût le degré de développement ou de puissance atteint par les autres organisations, elles resteraient de petites collines, tandis que la Dynastie Jiang serait un pic gigantesque, immuable et vertigineux.
Alors que la décision de la Dynastie Jiang soulevait de vifs débats, Chu Feng, au centre de toute cette agitation, disparut une nouvelle fois.
En réalité, après avoir semé un tel chaos à l’École du Dieu du Feu, Chu Feng et Zi Ling avaient quitté la Province de Qin, traversé plusieurs grandes provinces et rejoint une province voisine de la Province d’Azur : la Province de Yuan.
La Province de Yuan était le territoire de la Secte Blanche cachée. À leur arrivée, Chu Feng et Zi Ling avaient d’abord voulu reprendre leurs vieilles habitudes : déterrer les tombes des ancêtres de la secte tout en massacrant ses disciples.
Mais les nouvelles concernant l’École du Dieu du Feu s’étaient répandues trop vite. Quand Chu Feng et Zi Ling arrivèrent dans la Province de Yuan, le chef de la Secte Blanche cachée avait déjà fait sortir son vieux ancêtre de retraite. De plus, la secte avait considérablement renforcé ses défenses et rappelé de nombreux disciples et Anciens en poste à l’extérieur, tant elle craignait de tomber entre les mains de Chu Feng.
Dans ces circonstances, Chu Feng et Zi Ling ne purent que garder provisoirement leur calme. Ils trouvèrent donc un endroit isolé et se mirent à cultiver en retraite.
Zi Ling continuait de tenter une percée vers le Royaume Céleste, tandis que Chu Feng raffinait ses immenses réserves de ressources de cultivation. Les perles du Profond ne posaient pas de problème : après tout, il n’en avait qu’un peu plus d’un million. Mais les perles de l’Origine étaient vraiment beaucoup trop nombreuses et lui prirent une bonne partie de son temps.