Chapitre 426
« Chu Feng, mon grand-père m’a aussi dit que même la Région de la Mer orientale, aussi vaste et sans limites soit-elle, n’est pas le bout du monde. Si on l’appelle ainsi, c’est parce qu’il existe aussi, dans ce monde, la Région de la Mer occidentale, la Région de la Mer du Nord et la Région de la Mer du Sud. »
« Au centre de ces quatre grandes régions maritimes se trouve une terre mystérieuse. C’est le cœur de ce monde, le paradis des cultivateurs, l’endroit où tous les génies rêvent de se rendre. »
« Dans cette terre mystérieuse, m’a dit mon grand-père, les Corps divins ne sont même pas si rares, car c’est là que convergent tous les génies. C’est un monde où les vainqueurs ont raison et les vaincus tort. Seuls les plus puissants peuvent y survivre. »
« Cependant, mon grand-père ne sait pas à quoi ressemble cette terre mystérieuse, car il ne s’y est jamais rendu. »
« Cette terre est comme une légende. On ne peut pas s’y rendre simplement parce qu’on le souhaite, mais mon grand-père m’a dit qu’elle existe bel et bien, car de nombreux experts de premier plan y sont entrés. »
« Alors, Chu Feng, ce monde est immense. Si immense qu’on ne peut même pas se le représenter. Et les experts y sont si nombreux qu’on ne saurait les compter. »
« En ce moment, sur le continent des Neuf Provinces, c’est comme si nous vivions dans un village perdu au milieu des montagnes, où personne n’a envie de venir. Les gens d’ici se contentent de peu, sans savoir qu’il y a toujours une montagne plus haute et quelqu’un de plus fort. Ils vivent dans l’autosatisfaction, sur cette minuscule parcelle de terre. »
« Alors, nous ne devons jamais devenir arrogants. Nous ne devons pas nous enorgueillir de posséder un talent aussi puissant dans ce pays, ni nous en contenter. »
« Car, en réalité, nous prenons nos corps et nos pouvoirs exceptionnels pour nous comparer à un tas d’ordures au talent pitoyable. Peu importe qu’ils nous couvrent d’éloges ou qu’ils nous craignent, cela ne sert à rien : les habitants de cet endroit sont faibles. Ils sont incapables de monter sur la scène du monde. »
« Toi et moi sommes destinés à partir d’ici. Nous devrons non seulement rejoindre la Région de la Mer orientale, mais aussi gagner cette terre mystérieuse qui tient de la légende. »
« Être qualifiés de génies ici ne signifie pas grand-chose, puisque c’est tout naturel. Avec leur talent médiocre, ils ne devraient pas nous prendre pour des génies. Ils devraient nous prendre pour des dieux. »
« Nous ne devons pas devenir des génies à leurs yeux. Nous devons être des génies dans la Région de la Mer orientale, et même dans cette terre mystérieuse. Alors seulement, nous éviterons de nous faire écraser par la puissance des autres une fois arrivés dans cet endroit où les puissants sont légion. » Zi Ling le lui rappela avec gravité.
À cet instant, Chu Feng fut submergé par des sentiments contradictoires. Son sang lui-même bouillonnait, et il avait l’impression que des flammes brûlantes le dévoraient.
Eggy lui avait toujours rappelé que cet endroit n’était qu’un fragment du monde, que celui-ci était immense, qu’il y avait toujours un ciel au-delà du ciel et quelqu’un de plus fort que soi. Pourtant, Chu Feng n’y avait jamais vraiment réfléchi. Son regard était toujours resté fixé sur le continent des Neuf Provinces.
Mais après avoir entendu les paroles de Zi Ling, Chu Feng eut soudain une révélation. Il comprit enfin l’immensité de ce monde et le nombre incalculable d’experts qu’il abritait.
Il savait que, sur son continent, on le tenait pour un génie doté d’une puissance de combat défiant les cieux. Mais, aux yeux des habitants d’ailleurs, il n’était peut-être qu’un déchet ordinaire.
Le sang de Chu Feng s’embrasa. Il sut enfin quelle direction prendre. Il devait continuer à devenir plus fort, encore et encore, car le continent des Neuf Provinces ne pourrait jamais le retenir.
Il ne visait pas la Région de la Mer orientale, où les experts étaient partout, mais le cœur de ce monde, là où les génies se pressaient en foule. Cette terre mystérieuse où seuls les véritables génies pouvaient tenir leur place.
« Si Zi Ling venait de la Région de la Mer orientale, d’où venais-je, moi ? »
« Mes parents, ma famille, où êtes-vous tous ? Êtes-vous encore en vie ? » Chu Feng leva les yeux vers le ciel et, plus que jamais, son cœur désirait quitter le continent des Neuf Provinces pour rejoindre cette nouvelle terre.
« Bien. Chu Feng, il est presque l’heure. Allons à l’École du Dieu du Feu. Après avoir attiré son chef au loin, nous pillerons tout ce qu’elle possède et leur ferons payer le prix de leurs méfaits. » Soudain, Zi Ling lui adressa un doux sourire.
« Mm. Il est temps de leur faire payer. » En entendant Zi Ling, Chu Feng sourit lui aussi, le coin des lèvres relevé d’un air légèrement malveillant.
Peu après, Chu Feng et Zi Ling reprirent le Carrosse exquis de Zi Ling pour retourner à l’École du Dieu du Feu. Il fallait reconnaître que le Carrosse exquis était vraiment très rapide.
À leur retour à l’École du Dieu du Feu, l’Ancien qui était parti prévenir l’école n’était toujours pas arrivé. En réalité, ils durent attendre deux jours entiers avant qu’il ne revienne.
Chu Feng et Zi Ling comprirent que l’Ancien était de retour lorsque l’École du Dieu du Feu se mit soudain à trembler.
Le chef de l’École du Dieu du Feu s’envola alors, suivi de onze experts du Royaume Céleste. Ils filèrent à toute vitesse en direction de la Chaîne de montagnes de la Capitale des Bêtes. L’Ancien qui était parti donner l’alerte faisait lui aussi partie du groupe.
Après leur départ, Chu Feng et Zi Ling attendirent encore une demi-journée pour éviter tout imprévu. Comme le chef de l’École du Dieu du Feu n’était toujours pas revenu, ils se rassurèrent et s’infiltrèrent dans le lieu où se trouvait la tombe qu’ils avaient d’abord voulu explorer.
La tombe de l’École du Dieu du Feu s’étendait sur une vaste superficie. Les tombes des gens ordinaires étaient bâties sous terre, mais celle-ci était à moitié au-dessus du sol et à moitié souterraine.
Autrement dit, la partie émergée abritait de grands palais. De hauts murs imposants les encerclaient. De l’extérieur, l’endroit ressemblait à une cité isolée. Sur les portes de la ville, on pouvait lire quatre mots : « Lieu de sépulture du Dieu du Feu ».
Deux disciples principaux se tenaient devant les portes du Lieu de sépulture du Dieu du Feu. Tous deux avaient atteint le Royaume du Profond. Droits comme des javelots, ils ne bougeaient pas d’un pouce.
Mais Chu Feng et Zi Ling savaient qu’ils n’étaient certainement pas les seuls à garder cette tombe. On pouvait dire que l’École du Dieu du Feu accordait une importance capitale au Lieu de sépulture du Dieu du Feu et qu’elle y avait affecté environ un millier de disciples principaux.
Bien qu’ils fussent eux aussi des disciples principaux, ceux qui montaient la garde dans le lieu de sépulture étaient assurément l’élite de leur rang. Presque tous avaient atteint le Royaume du Profond et ceux qui n’y étaient pas encore se trouvaient au sommet du Royaume de l’Origine.
Outre les disciples principaux, une centaine d’Anciens principaux environ étaient également présents. Leur cultivation était bien plus élevée. Ils avaient tous atteint le sommet du Royaume du Profond. La plupart se trouvaient au septième niveau, et certains avaient même atteint le neuvième, le véritable sommet du Royaume du Profond.
En plus de ces puissants gardiens, le Lieu de sépulture du Dieu du Feu était protégé par plusieurs couches de Formations spirituelles et toutes sortes de mécanismes.
Il y avait même des cloches d’alarme. Quel que fût l’intrus assez audacieux pour pénétrer dans ces lieux, s’il était repéré, les gardiens sonneraient aussitôt la cloche. À ce moment-là, tous les membres de l’École du Dieu du Feu viendraient en renfort.
Aussi, pour ne pas « éveiller les soupçons », la mission de Chu Feng et Zi Ling s’annonçait très difficile. Ils devaient non seulement tuer tous ceux qui se trouvaient dans le Lieu de sépulture du Dieu du Feu, mais aussi les éliminer avant qu’ils ne puissent donner l’alerte, sans laisser personne sonner la cloche.