Chapitre 4 176
Alors que Chu Feng regardait Long Xiaoxiao, celle-ci sembla sentir son regard et se retourna pour le regarder à son tour.
Elle lui adressa un doux sourire. Son visage juvénile et vif s’illumina d’une expression charmante.
Les mains derrière le dos, elle s’avança vers Chu Feng d’un pas gracieux et séduisant.
« Bienfaiteur, veuillez accepter les salutations de cette jeune femme. » Arrivée devant lui, Long Xiaoxiao s’inclina effectivement.
La scène stupéfia tout le monde.
Pourquoi leur princesse, d’une grandeur incomparable, s’inclinait-elle devant quelqu’un d’aussi insignifiant ?
Et en plus, elle l’appelait son bienfaiteur. C’était tout bonnement scandaleux !
Contrairement aux autres, Long Shengbu laissa cependant paraître un léger sourire sur son visage, jusque-là extrêmement grave.
Seuls Long Xiaoxiao, Long Shengbu et Chu Feng savaient ce qui s’était passé entre eux.
« Je m’appelle Chu Feng. Je présente mes respects à l’Ancien suprême du Clan du Dragon et à Son Altesse. »
Chu Feng s’inclina à son tour.
Il savait parfaitement que leur apparence misérable dans l’Abîme sans fin n’avait été qu’un déguisement…
Ceux qu’ils étaient à présent correspondaient à leur véritable identité.
Face à leur statut actuel, Chu Feng ne pouvait plus se comporter avec eux comme avec des bienfaiteurs.
« Inutile de nous saluer ainsi à l’avenir. Et tu peux m’appeler par mon nom. »
« Mais n’oublie pas que je ne m’appelle pas Long Xiao. Mon nom est Long Xiaoxiao. »
« Et je ne suis pas un homme, mais une jeune femme. »
Après ces mots, Long Xiaoxiao adressa un clin d’œil espiègle à Chu Feng.
Il fallait reconnaître que, si l’on faisait abstraction de sa cruauté passée, la jeune fille était vraiment adorable.
« Votre Altesse n’a pas besoin de me l’expliquer. Je m’en étais rendu compte », répondit Chu Feng.
« Quant à ce vieil homme, il ne s’appelle pas Long Busheng. Son nom est Long Shengbu », dit ce dernier avec un sourire.
« Et moi, je m’appelle bel et bien Chu Feng », répliqua Chu Feng.
Bien que leur échange parût anodin, les gens en contrebas étaient rongés par l’envie.
Long Daozhi et les membres de la Cité du Dragon martial ancestral étaient eux aussi complètement abasourdis.
La princesse du Clan du Dragon et son Ancien suprême se tenaient là, ces êtres puissants et haut placés avec lesquels ils ne pouvaient espérer converser.
Leur statut était tout simplement trop noble.
Et pourtant, Chu Feng pouvait discuter avec eux avec autant d’entrain ?
Les membres de la Cité du Dragon martial ancestral savaient tous que Chu Feng possédait un talent exceptionnel, mais, lorsqu’ils l’avaient rencontré, il n’était encore qu’un Membre du Clan céleste Chu.
Dans le Champ stellaire martial ancestral, Chu Feng et le Clan céleste Chu avaient eu besoin de la protection de la Cité du Dragon martial ancestral pour survivre. C’était grâce à eux que le Clan céleste Chu s’était fait connaître.
Et voilà qu’en un clin d’œil, Chu Feng plaisantait avec des êtres du Clan du Dragon si grandioses qu’ils n’osaient même pas les offenser, des gens dont ils ne pouvaient même pas s’approcher.
Ils avaient l’impression de rêver, de voir une illusion. C’était tout bonnement incroyable.
Un sentiment indescriptible les envahit.
Après un bref échange de banalités, Chu Feng descendit du ciel et rejoignit Long Daozhi.
Il s’inquiétait toujours des blessures de Long Daozhi et voulait donc le soigner lui-même.
Après tout, cela risquait d’avoir des conséquences sur son avenir.
« Chu Feng, raconte-moi vite comment tu as fait la connaissance de Son Altesse et de l’Ancien suprême ! »
Long Daozhi avait retrouvé son calme et se mit à l’interroger, brûlant de curiosité.
Il était tout simplement trop envieux et curieux au sujet de Chu Feng.
Après tout, il s’agissait de l’Ancien suprême du Clan du Dragon et de Son Altesse, rien de moins.
Chu Feng ne cacha rien. Tout en soignant les blessures de Long Daozhi, il lui raconta ce qui lui était arrivé.
Il le fit toutefois par transmission vocale. Après tout, certaines choses n’avaient pas besoin d’être dites en public. Il suffisait que ses proches les apprennent.
Pendant que Chu Feng soignait Long Daozhi, Long Xiaoxiao se tourna vers Fumo Xin’er.
« Dis donc, tu ne manques pas de courage. »
« Mais même si ton courage est risible, tu ne manques pas d’aplomb, hein ? »
« Qu’est-ce qui te fait croire que je fanfaronne ? » Fumo Xin’er ne montra aucune crainte devant Long Xiaoxiao. Au contraire, elle semblait éprouver une certaine aversion à son égard.
Elle la dévisageait également d’un regard légèrement hostile.
La scène stupéfia bon nombre de personnes.
La jeune fille était certes jolie, mais elle aurait tout de même dû faire preuve de respect, non ? Comment osait-elle s’adresser ainsi à la grande princesse du Clan du Dragon ?
Long Xiaoxiao ne se fâcha pourtant pas. Elle sourit et répondit : « Ma belle, si je ne m’étais pas révélée à temps, tu aurais fini dans un état lamentable. Tu devrais plutôt me remercier. »
« Ah oui ? » Fumo Xin’er esquissa elle aussi un léger sourire.
« Si tu ne t’étais pas révélée, tout ton Clan du Dragon aurait été anéanti », répliqua Fumo Xin’er.
« Ma belle, tu as de sacrées prétentions. » À ces mots, le sourire de Long Xiaoxiao se fit encore plus mielleux.
« Arrête de m’appeler “ma belle”. Ta grande sœur est plus âgée que toi », rétorqua Fumo Xin’er.
« Plus âgée que moi ? »
« Qu’est-ce qui est plus grand chez toi ? »
« Oh… »
« On dirait bien que cet endroit-là est effectivement plus grand », dit Long Xiaoxiao en jetant un coup d’œil à la poitrine de Fumo Xin’er.
« Petite peste… » Fumo Xin’er baissa machinalement les yeux vers sa poitrine. Son visage d’une beauté exceptionnelle vira alors au rouge comme une pomme mûre.
Long Xiaoxiao avait dit vrai.
Sa poitrine était en effet bien plus développée que celle de Long Xiaoxiao.
Mais après la remarque de Long Xiaoxiao, tous les regards se tournèrent vers sa poitrine. Comment aurait-elle pu ne pas être gênée ?
Elle avait beau être vêtue, elle se sentait embarrassée d’être ainsi dévisagée par tant de monde.
Mais elle ne savait que répondre.
« Oh là là, tu sais donc aussi être gênée. »
« Ça ne va pas du tout. Puisque tu aimes tant te vanter, il va falloir t’endurcir un peu, non ? »
Tout en parlant, Long Xiaoxiao tendit sa petite main et pinça la joue de Fumo Xin’er.
« Lâche-moi ! »
Fumo Xin’er, très mécontente, repoussa vivement sa main.
Long Xiaoxiao ne se fâcha pas devant ce manque de respect. Un sourire charmant se dessina plutôt sur son joli visage.
« Je dois dire que c’était plutôt agréable. Je me demande quel vaurien en profitera un jour. »
« Ce ne serait pas Chu Feng, par hasard ? » demanda Long Xiaoxiao, ses grands yeux pétillant d’espièglerie.
« Quelles sottises tu racontes ?! »
Fumo Xin’er rougit encore davantage en entendant cela.
« Rien du tout. Je disais ça comme ça. »
« Même si tu le voulais, Chu Feng ne voudrait pas forcément de toi », lança Long Xiaoxiao avec un sourire narquois.
« Toi ! »
Déjà rouge de colère, Fumo Xin’er la foudroya du regard.
Pourtant, devant le sourire de Long Xiaoxiao, elle ne parvint pas à laisser éclater sa colère.
« Bon, je vais arrêter de te taquiner. »
« Ma belle, tu n’as vraiment pas la peau dure. Tu ne supportes pas mes plaisanteries. »
Sur ces mots, Long Xiaoxiao s’éloigna d’un pas léger, comme un papillon, et bondit jusqu’à Chu Feng.
En la voyant approcher, les membres de la Cité du Dragon martial ancestral s’inclinèrent aussitôt avec respect. Même Long Daozhi, grièvement blessé, fit de son mieux pour se relever.
Aucun d’eux n’osait manquer de respect à la noble princesse.
« N’en faites rien. C’est ce que je déteste le plus. »
Long Xiaoxiao agita toutefois la main.
Les membres de la Cité du Dragon martial ancestral ne surent comment réagir.
Ils n’osaient ni continuer à s’incliner devant Long Xiaoxiao, ni s’arrêter.
Ils avaient peur d’elle.
Ils ignoraient si elle était sérieuse ou non.
Si elle l’était, ils pouvaient cesser de s’incliner sans problème. Mais si elle ne l’était pas et qu’ils arrêtaient de lui témoigner leur respect, ils risquaient au contraire de la mécontenter.
Comme le disait le proverbe, côtoyer le souverain, c’est dormir aux côtés d’un tigre.
Désemparés, ils se tournèrent vers Chu Feng.
« Faites ce que dit Son Altesse », répondit Chu Feng.
« Merci, Son Altesse », s’empressèrent de répondre les membres de la Cité du Dragon martial ancestral, Long Daozhi compris.
« Pourquoi vous obstiner à m’appeler “Son Altesse” ? Ne vous ai-je pas dit de m’appeler Long Xiaoxiao, désormais ? » dit Long Xiaoxiao d’un ton badin.
Puis elle jeta un coup d’œil à Long Daozhi. « Tiens, prends ça. Ça aidera ton dantian à se rétablir. »
Long Xiaoxiao sortit une pilule médicinale et la lança à Chu Feng.