Chapitre 4 156
Chu Feng sentit une aura. De plus, elle se faisait de plus en plus intense.
C’était l’aura d’un trésor.
Ce n’était certes ni une Pierre source de la veine du dragon ni une Pierre de sang de la Veine du Dragon, mais ce trésor pouvait tout de même apporter des bienfaits particuliers aux membres du Clan du Dragon.
Seulement, les trésors de ce genre étaient généralement très difficiles à détecter.
Pour les cultivateurs ordinaires, c’était impossible ; même les spiritualistes du monde au Manteau sacré à marque de dragon auraient du mal à percevoir leur aura.
Pourtant, la situation était tout autre.
Non seulement Chu Feng avait détecté cette aura, mais tout le monde le pouvait.
Elle n’était nullement dissimulée. Au contraire, elle gagnait sans cesse en intensité.
On aurait dit qu’elle cherchait délibérément à attirer les gens à elle.
La situation avait beau être étrange, Chu Feng n’allait évidemment pas laisser passer l’occasion de mettre la main sur un tel trésor.
D’autant qu’il se trouvait tout près de lui.
Chu Feng s’envola donc dans la direction d’où venait l’aura.
Comme sa perception couvrait une zone assez vaste, il avait déjà tout vu avant même d’arriver.
La source de l’aura était une pierre.
Elle avait la taille d’un poing et était de deux couleurs : une moitié dorée, l’autre noire.
Bien qu’elle fût seule, son aura était encore plus intense que celle des vingt et une Pierres de sang de la Veine du Dragon que Chu Feng avait découvertes plus tôt.
Cela dit, il n’était pas facile de s’en emparer.
Une formation spirituelle la protégeait.
De plus, cette formation spirituelle était extrêmement puissante. Sans de très solides techniques d’Esprit du Monde, impossible de la maîtriser.
En d’autres termes… Chu Feng pouvait affronter cette formation spirituelle sans le moindre problème.
Mais n’importe qui d’autre — même Liangqiu Chengfeng — subirait son contrecoup et en mourrait.
Un vieil homme et un jeune homme en faisaient actuellement les frais.
Ni l’un ni l’autre ne parvenait à venir à bout de la formation spirituelle. La formation protectrice était en train de les engloutir.
Ils luttaient de toutes leurs forces pour s’en dégager.
« Grand-père ! Grand-père ! » criait le jeune homme sans relâche.
Le vieil homme appelait lui aussi son petit-fils par son nom, les joues baignées de larmes.
Tous deux étaient en danger. Pourtant, ils ne s’inquiétaient pas pour leur propre vie, mais l’un pour l’autre.
On voyait bien à quel point le vieil homme et son petit-fils étaient proches.
Le vieil homme n’avait pas seulement perdu un bras : son visage était aussi couvert de cicatrices.
Il s’agissait sans doute de blessures causées par des lames.
Le vieil homme n’était pas le seul dans cet état : le visage du jeune homme était lui aussi couvert de cicatrices.
Il lui manquait même un œil et tout le nez.
À en juger par sa blessure, quelqu’un avait dû lui trancher le nez.
Tous deux étaient estropiés, et leurs blessures étaient irréversibles.
Leurs âmes avaient été endommagées. C’était pourquoi leurs corps ne pouvaient pas guérir.
En toute logique, Chu Feng n’était qu’un passant. De plus, la pierre l’intéressait.
Si la formation spirituelle les engloutissait, il pourrait s’emparer de la pierre sans que personne ne trouve à y redire.
Mais, en voyant le grand-père et son petit-fils, Chu Feng se laissa attendrir.
Il ne voulait pas les abandonner à une mort certaine.
Il descendit donc du ciel et installa une formation spirituelle.
Grâce à l’aide de Chu Feng, le vieil homme et son petit-fils furent bientôt libérés.
Il parvint même à percer la formation protectrice et à récupérer la pierre.
« Merci, bienfaiteur ! Merci, bienfaiteur ! »
Une fois secourus, le vieil homme et le jeune homme s’inclinèrent devant Chu Feng et ne cessèrent de le remercier.
Cela dit, Chu Feng remarqua que, tout en le remerciant, le jeune homme ne cessait de jeter des regards à la pierre noire et dorée qu’il tenait dans la main.
Il vit du désir dans son regard.
C’était un désir sincère, une soif pure, sans la moindre trace de cupidité.
Il voulait cette pierre de tout son cœur. Mais il n’osait tout simplement pas le dire.
Après tout, il savait que Chu Feng l’avait obtenue et qu’elle lui appartenait.
« On dirait que cette pierre t’intéresse beaucoup », remarqua Chu Feng.
« Bienfaiteur, cette pierre pourrait sauver son père », expliqua le vieil homme.
« Ah ? »
Chu Feng fut surpris par ces paroles.
Le vieil homme se mit alors à lui raconter leur histoire. Chu Feng apprit ainsi ce qui s’était passé.
Le vieil homme et le jeune homme faisaient eux aussi partie de ceux que le Clan du Dragon avait abandonnés.
Leur clan était toutefois tombé dans le dénuement depuis bien longtemps.
À présent, il ne restait plus que trois personnes.
Le jeune homme, le vieil homme et le père du jeune homme.
Le père du jeune homme était très puissant.
Mais il était tombé malade soudainement. Sa lignée était à l’origine de son mal, ce qui rendait son traitement particulièrement difficile.
Après qu’il fut tombé malade, sa cultivation avait été scellée. Il était pratiquement devenu infirme.
Quand leurs ennemis l’apprirent, ils vinrent aussitôt à leur rencontre. Ils ne les exterminèrent pas, mais leur infligèrent une humiliation qu’ils n’oublieraient jamais.
Les blessures du jeune homme et du vieil homme, ainsi que les membres qui leur manquaient, étaient toutes l’œuvre de leurs ennemis.
La pierre noire et dorée s’appelait la Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon. Elle pouvait guérir le père du jeune homme.
En réalité, le jeune homme et le vieil homme n’étaient pas venus chercher une Pierre source de la veine du dragon, mais la Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon.
Celle-ci était elle aussi un trésor extrêmement rare.
Si elle s’était manifestée et avait dégagé une aura aussi puissante, c’était parce que le jeune homme et le vieil homme avaient utilisé un trésor spécial.
Ce trésor permettait de trouver une Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon et de la forcer à se révéler.
Seulement, ils n’avaient pas prévu que, même s’ils avaient réussi à faire apparaître la pierre, leurs capacités seraient trop faibles pour s’en emparer. Ils avaient au contraire failli mourir sous les assauts de sa formation protectrice.
Heureusement, Chu Feng était arrivé et les avait sauvés.
Sans lui, le vieil homme et le jeune homme seraient morts.
« Bienfaiteur, vous ne faites pas partie du Clan du Dragon, n’est-ce pas ? » demanda soudain le jeune homme à Chu Feng.
Mais lorsqu’il prit la parole, il n’osa même pas regarder Chu Feng. La timidité se lisait dans ses yeux.
« Non. Je ne fais pas partie du Clan du Dragon », répondit Chu Feng.
« Bienfaiteur, cette Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon sert à soigner les maladies. Elle ne peut pas renforcer la puissance de la lignée. Elle ne soigne que le mal qui peut frapper les membres du Clan du Dragon. »
« Elle ne vous sera d’aucune utilité, bienfaiteur. Mais elle pourrait sauver mon père. »
« J’aurais une requête quelque peu présomptueuse à vous faire. Accepteriez-vous de me vendre cette Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon ? Je suis prêt à vous donner tout ce que je possède. »
En parlant, le jeune homme sortit son Sac cosmique et le tendit à Chu Feng.
À vrai dire, Chu Feng avait déjà été touché en apprenant ce qu’avait vécu le jeune homme. À présent, il l’était encore davantage ; ses gestes lui serrèrent le cœur.
Le jeune homme ne lui avait pas menti. Chu Feng voyait bien que, malgré l’aura puissante de la Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon, elle ne pouvait pas renforcer la puissance de la lignée du Clan du Dragon.
Si elle dégageait une aura aussi puissante, c’était parce qu’elle constituait un élixir miraculeux, capable de soigner les blessures et les maladies.
Cette pierre était certes inestimable, mais elle ne servait à rien ni à Chu Feng ni à Long Daozhi, qui avait déjà recouvré la santé.
De plus, le Sac cosmique du jeune homme contenait de nombreux trésors précieux.
Il ne cherchait sans doute pas à lui cacher quoi que ce soit. Il avait plutôt offert tout ce qu’il possédait pour acheter la Pierre Yin-Yang de la Veine du Dragon à Chu Feng. Voilà qui témoignait amplement de sa sincérité.
Soudain, une voix retentit comme un coup de tonnerre : « Des déchets comme vous n’ont pas qualité pour posséder un tel trésor ! »
Au même instant, deux auras firent leur apparition.
Chargées d’intentions menaçantes, elles se ruèrent sur Chu Feng, le vieil homme et le jeune homme.