Chapitre 4 065
« Fff… »
Enfin, Chu Feng ouvrit les yeux qu’il avait gardés fermés et se leva.
Ses paumes étaient toujours jointes, comme s’il y tenait quelque chose.
Une fois debout, Chu Feng jeta un coup d’œil à l’armée de la Famille Xuanming qui se trouvait au-dessus de lui.
Son regard était d’une acuité extrême. Il fendit le ciel comme deux lames acérées.
Chu Feng ne lui accorda toutefois qu’un bref regard, puis détourna les yeux sans un mot.
Bien qu’il n’eût rien dit, son regard déplut à Xuan Yihang.
« Ce gamin avait l’air de me fusiller du regard, tout à l’heure. »
« Ce fils de pute cherche la mort », lâcha-t-il, mécontent.
« Jeune maître, inutile de vous occuper personnellement de pareilles fourmis », dit le vieil homme à ses côtés.
« Hmph, tu as raison. Mais je ne peux pas le laisser se comporter ainsi. S’il ose encore me regarder de travers, faites-lui arracher les yeux », ordonna Xuan Yihang.
« Vous avez entendu les ordres du jeune maître ? » cria le vieil homme.
« Oui, Seigneur ! »
Des voix tonitruantes retentirent derrière eux.
Ils ne cherchèrent absolument pas à dissimuler leur conversation.
Ainsi, toutes les personnes présentes, y compris Chu Feng, entendirent clairement leurs paroles.
Chu Feng ne leur prêta cependant aucune attention et se mit plutôt à bouger ses mains jointes.
Sans séparer ses paumes, il exécuta des sceaux manuels particuliers.
Son geste attira l’attention de toutes les personnes présentes, et notamment celle de la Famille Xuanming.
« Qu’est-ce qu’il fabrique, à jouer les mystérieux ? » demanda Xuan Yihang.
« Seigneur, cet homme s’appelle Chu Feng. C’est lui qui a affirmé qu’il y avait des Glycines étoilées pourpres ici. »
« Au départ, même les membres du Clan céleste Chu ne croyaient pas qu’il y en avait ici. Mais Chu Feng a insisté. »
« De plus, avant votre arrivée, il était assis par terre, comme s’il pouvait les faire apparaître. »
« Le plus risible, c’est que les membres du Clan céleste Chu l’ont cru et se sont tous mis à attendre avec impatience », rapportèrent les hommes de la Famille Xuanming.
« Oh ? C’est donc ce Chu Feng ? »
En apprenant l’identité de Chu Feng, Xuan Yihang et les vieillards qui se tenaient à ses côtés se mirent à l’examiner attentivement.
« Les sceaux manuels qu’il exécute sont bien une technique de spiritualiste du Monde des Esprits. »
« Mais ils sont d’une grande rudesse. »
« Le jeune maître a raison, il ne fait que jouer les mystérieux. »
« À mon avis, ce Chu Feng jouit d’une réputation tout à fait imméritée », déclara le Grand Maître aux Yeux immortels en s’avançant.
« Pas étonnant que le Clan céleste Chu soit aussi faible », soupira Xuan Yihang.
« Ce n’est pourtant qu’un clan. Comment peut-il se laisser mener par un jeune de la génération suivante ? Avec une telle puissance, comment espérer devenir fort ? »
« Peu importe. Ce jeune maître n’a plus envie de regarder cette bande de pitres minables. Qu’ils continuent à rêvasser ; nous allons reprendre nos recherches pour trouver les Glycines étoilées pourpres. » Sur ces mots, il se dirigea vers son palais.
L’armée de la Famille Xuanming comptait elle aussi reprendre sa route.
« Bzzz… »
Mais avant même que Xuan Yihang eût pu entrer dans son palais, le sol se mit soudain à trembler sous les membres du Clan céleste Chu.
Une lumière éblouissante jaillit du sol à leurs pieds.
Plus éclatante encore que le soleil, elle enveloppa même l’armée de la Famille Xuanming, qui se tenait à dix mille mètres dans les airs.
Leur attention fut aussitôt captée.
Tous se tournèrent vers la source de cette lumière.
À cette vue, les membres de la Famille Xuanming furent stupéfaits.
Ils découvrirent que la lumière éblouissante émanait des paumes jointes de Chu Feng.
Quand celui-ci ouvrit complètement les mains, ils aperçurent un objet dans sa paume : une sphère qui se tortillait sans cesse, comme si elle était vivante.
En y regardant de plus près, on pouvait voir qu’elle renfermait une quantité prodigieuse de puissance spirituelle.
« Comment est-ce possible ?! »
« Ce… serait-ce un trésor ?! »
À la vue de l’objet dans la main de Chu Feng, le Grand Maître aux Yeux immortels afficha une expression complexe.
En tant que spiritualiste du Monde des Esprits au manteau sacré à marque de serpent, il était capable de discerner la puissance de la formation spirituelle contenue dans l’objet que tenait Chu Feng.
« Fff… »
Chu Feng agita soudain sa manche et l’objet qu’il tenait se brisa. La sphère éclatée se transforma en énergie qui se répandit alentour.
L’énergie s’éleva d’abord vers le ciel, puis retomba doucement, telle une pluie torrentielle.
Quand ces points lumineux se déposèrent sur le sol, la terre se transforma.
Des plantes violettes apparurent alors dans la plaine sans fin.
Elles étaient d’une beauté exceptionnelle et dégageaient une aura immortelle.
Dès leur apparition, l’énergie naturelle de la région devint instantanément abondante.
Ces plantes n’étaient autres que les Glycines étoilées pourpres.
Selon leur taille, on distinguait les Glycines étoilées pourpres de stade initial, de stade intermédiaire et de stade mature.
Celles de stade initial ne mesuraient qu’un pouce. Celles de stade intermédiaire pouvaient atteindre un demi-mètre.
Or, les Glycines étoilées pourpres qui venaient d’apparaître dépassaient toutes un mètre.
Elles étaient toutes parvenues à maturité.
Et il y en avait plus de dix mille.
C’était une véritable mer de Glycines étoilées pourpres.
Une mer aussi spectaculaire était extrêmement rare dans le Royaume supérieur de l’Étoile pourpre.
La plupart du temps, ces mers étaient composées de fleurs au stade initial ou intermédiaire.
Et leur nombre ne dépassait pas le millier.
Pourtant, ici, on comptait des dizaines de milliers de Glycines étoilées pourpres matures.
C’était tout bonnement le légendaire Roi de la Mer de Fleurs !
« Le Roi de la Mer de Fleurs ! C’est vraiment le légendaire Roi de la Mer de Fleurs ! Même la Salle de l’Étoile Pourpre ne l’a jamais découvert ! »
« Par les cieux ! C’est incroyable ! Le légendaire Roi de la Mer de Fleurs est apparu ici ! »
« Si l’on raffine toutes les Glycines étoilées pourpres qui se trouvent ici, les ressources de cultivation qu’on en tirera seront tout simplement inimaginables ! »
« C’est ce jeune homme ? C’est lui qui a découvert le Roi de la Mer de Fleurs ? »
« Quel sens de l’observation ! C’est impressionnant ! »
Les personnes en contrebas ne cessèrent de faire l’éloge de Chu Feng.
Mais plus leurs louanges retentissaient, plus le visage du Grand Maître aux Yeux immortels se décomposait.
« Vous n’aviez pas dit que cet endroit était petit et stérile, et qu’il ne pouvait y avoir de Glycines étoilées pourpres ici ? »
« Alors pourquoi le légendaire Roi de la Mer de Fleurs serait-il apparu ici ? »
Xuan Yihang lança un regard noir au Grand Maître aux Yeux immortels.
Son attitude avait complètement changé.
Il n’avait plus rien de respectueux ; seule la colère subsistait.
« Ce n’est pas possible… Comment ce vieil homme aurait-il pu se tromper ? »
« J’ai compris ! Cela doit venir du trésor qu’il tenait dans sa main ! »
« La lumière qui a révélé les Glycines étoilées pourpres est un trésor ! »
« Chu Feng s’est servi de ce trésor pour les trouver ! » expliqua le Grand Maître aux Yeux immortels.
« Alors, tu possèdes un tel trésor ? » demanda Xuan Yihang.
« Ce vieil homme… non… non, je n’en ai pas », répondit le Grand Maître aux Yeux immortels en secouant la tête.
« Bon à rien ! Pourquoi t’ai-je engagé ? »
« Ne compte pas recevoir le reste de ta paie ! Et tu vas me rendre ce que je t’ai déjà versé ! Sinon, je te prends ta vieille vie ! » hurla Xuan Yihang, furieux.
« Je… » Le Grand Maître aux Yeux immortels était furieux, mais n’osa pas le montrer. Il finit par hocher la tête en silence.
Xuan Yihang était hors de lui.
Il s’était creusé la tête et avait longtemps cherché des Glycines étoilées pourpres, en vain.
Et voilà que le Clan céleste Chu, qu’il tenait pour un ramassis d’incapables, les avait découvertes avant lui. En plus, il s’agissait du légendaire Roi de la Mer de Fleurs ! Cela le mettait dans une colère noire.
À la vue de cette mer de fleurs splendides, éblouissantes et auréolées d’une aura immortelle, sa fureur ne fit que croître. Il en vint à respirer avec peine.
Mais soudain, son regard changea. Il semblait avoir eu une idée.
Puis, non seulement une lueur de joie traversa ses yeux, mais ses lèvres s’étirèrent en un sourire avide.