Chapitre 4 031
« Bang ! »
Le poing et la paume s’entrechoquèrent.
Zhao Hong recula de dix pas.
Quant à l’homme, il dut en parcourir plusieurs centaines avant de parvenir à reprendre son équilibre.
À cet instant, la foule put également voir une empreinte rouge vif apparaître sur sa poitrine.
Tous comprirent que Zhao Hong avait remporté leur affrontement.
« Bon sang ! »
Battu par Zhao Hong, l’homme entra dans une rage encore plus noire.
« Clang ! » Une longue épée apparut dans sa main.
C’était un Armement exalté incomplet de qualité supérieure.
Des flammes bleues, semblables à des vapeurs, s’en échappèrent avant de se fondre dans l’homme.
On aurait dit que l’épée avait toujours fait partie de lui.
Une fois son aura fusionnée à son corps, la puissance de combat de l’homme s’accrut elle aussi.
Alors qu’il s’apprêtait à attaquer de nouveau Zhao Hong, une voix âgée retentit depuis le char de guerre.
« Lian Xi, tu ne fais pas le poids face à cette jeune femme. »
La voix était très calme et ne dégageait pas la moindre aura oppressante. Pourtant, en l’entendant, chacun sentit son cœur frémir.
Chu Feng et Zhao Hong ne firent pas exception.
Bien qu’ils n’eussent pas vu celui à qui appartenait cette voix et qu’ils ne ressentissent aucune pression de sa part, ils percevaient tous, rien qu’en l’écoutant, à quel point il était puissant.
Cet homme surpassait tous ceux qui étaient présents. Il pouvait les anéantir sans le moindre effort.
Même Zhao Hong était insignifiante face à lui.
Étonnement, malaise, peur… Voilà ce qui emplissait le cœur de chacun.
Ils s’étaient bien doutés que ces mystérieux individus seraient puissants, mais jamais ils n’auraient imaginé qu’ils le seraient à ce point.
Ces mystérieux individus étaient des êtres auxquels ils ne pourraient tout simplement pas s’opposer.
« Ne soyez pas trop nerveux. Nous ne sommes pas venus ici avec de mauvaises intentions.
« Nous vous sommes très reconnaissants d’avoir veillé sur Zhuanghong toutes ces années.
« Mais, quoi qu’il en soit, elle n’a pas sa place ici.
« Laissez-nous donc l’emmener.
« C’est dans son intérêt, mais aussi dans le vôtre. »
La voix du vieil homme retentit de nouveau depuis le char de guerre.
Il n’avait rien à voir avec l’homme qui se trouvait à l’extérieur.
Son ton était fort cordial. On aurait dit qu’il discutait simplement avec la foule.
Pourtant, à mesure qu’il parlait, la peur de la foule atteignait son paroxysme.
La pression qu’il exerçait était plusieurs fois plus forte que celle de l’homme à l’extérieur.
Han Xiu rassembla son courage et déclara : « Vous voulez emmener Zhuanghong ? Dans ce cas, il vous faudra nous donner des raisons suffisantes pour que nous vous laissions faire. À tout le moins, vous devez nous dire qui vous êtes.
« Si vous êtes la famille de Zhuanghong, nous ne nous opposerons certainement pas à son départ avec vous.
« Zhuanghong est mon disciple, et je suis responsable d’elle. Je dois donc savoir pourquoi vous voulez l’emmener.
« Je devrais au moins savoir pourquoi ses parents l’ont abandonnée. »
Bien qu’elle eût compris qu’ils n’étaient pas de ceux qu’on pouvait se permettre de provoquer, elle voulait connaître la vérité par souci pour Yin Zhuanghong.
« Partout où nous allons dans la Galaxie de la Sainte Lumière, les gens se soumettent à nous avec respect. Depuis quand devons-nous nous présenter ?
« Si vous ne nous reconnaissez pas, c’est que vous êtes ignorants et que vous n’êtes pas dignes de savoir qui nous sommes. »
L’homme que Zhao Hong avait repoussé se dirigea vers Yin Zhuanghong tout en parlant. Il comptait l’emmener de force une nouvelle fois.
« Hmph. »
En le voyant faire, Zhao Hong laissa échapper un reniflement méprisant, les yeux chargés de colère.
Zhao Hong avait le sang chaud et ne craignait personne. Peu lui importait qui ils étaient.
Tant qu’ils ne s’expliqueraient pas clairement, elle ne laisserait personne emmener Yin Zhuanghong.
« Bzzz… »
Soudain, le ciel et la terre se mirent à changer.
Une aura immense enveloppa toute la région.
Dès qu’elle se manifesta, personne ne put bouger le moindrement. Tous eurent l’impression qu’ils allaient mourir.
Cette aura venait du char de guerre.
L’écart entre leurs niveaux de cultivation était tout bonnement trop grand. Personne ne parvenait à déterminer le niveau de cultivation de celui qui dégageait cette pression.
Face à cette aura écrasante, la foule se sentait minuscule et faible. En même temps, une peur immense s’emparait d’elle.
Bien que cette aura ne fît que les immobiliser et ne contînt pas la moindre intention meurtrière, beaucoup furent tout de même pétrifiés de terreur et se mirent à suer à grosses gouttes. Les plus lâches se mirent même à pleurer de peur.
Leur réaction était compréhensible.
Après tout, le vieil homme dans le char de guerre était tout simplement trop puissant.
Il lui suffisait d’une pensée pour tuer toutes les personnes présentes.
Il était véritablement maître de la vie et de la mort de chacun.
« Elle n’a pas sa place ici. Ne nous faites pas obstacle. »
La voix du vieil homme retentit de nouveau. Elle était toujours aussi calme. Pourtant, dès qu’il déploya sa pression, tous comprirent que, malgré son ton cordial, il se montrait aussi dominateur et tyrannique que les trois hommes.
Pendant ce temps, l’homme était arrivé devant Yin Zhuanghong.
En voyant Zhao Hong debout à ses côtés, il eut un rire moqueur.
Il n’était peut-être pas de taille face à elle, mais la pression du vieil homme dans le char de guerre l’avait immobilisée. Elle ne pouvait donc que regarder l’homme emmener Yin Zhuanghong sans rien pouvoir faire.
Aux yeux de cet homme, Zhao Hong lui restait donc inférieure.
Cela dit, il ne lui fit aucun mal et ne tenta pas non plus d’emmener Yin Zhuanghong de force.
« Viens, pars avec moi », dit-il à Yin Zhuanghong.
« Peu m’importe qui tu es, je ne partirai pas avec toi !
« J’ai grandi ici, toute ma vie ! C’est chez moi ! » s’emporta Yin Zhuanghong.
Contrairement à Han Xiu et aux autres, elle ne se souciait pas de savoir qui étaient ces gens ni s’ils connaissaient ses parents.
De toute évidence, Yin Zhuanghong ne se préoccupait pas du tout de ses origines. Elle voulait seulement rester fidèle à la Terre sainte en robe rouge.
« Cesse tes sottises. Tu n’as pas ta place ici.
« Comment un endroit pareil pourrait-il être digne d’être ta demeure ? » lança l’homme.
« Partez, je vous prie. Peu m’importe qui vous êtes, je ne partirai pas avec vous. » Yin Zhuanghong se montra catégorique.
« Tu ne veux vraiment pas partir ?
« Si tu refuses, je tuerai tous ceux qui sont ici. »
Le ton de l’homme changea. Il se fit menaçant.
« Toi ! »
En entendant ces mots, Yin Zhuanghong, pourtant si déterminée, resta soudain sans voix.
Elle savait que l’homme ne plaisantait pas. Ils étaient effectivement capables de tuer toutes les personnes présentes.
« Viens, partons. Fais-le pour eux.
« Tu ne voudrais tout de même pas les voir tous mourir sous tes yeux, n’est-ce pas ? »
Tout en parlant, l’homme saisit le bras de Yin Zhuanghong.
Puis il l’entraîna vers le char de guerre.
Yin Zhuanghong ne se débattit pas. Ce n’était pas qu’elle cédait : elle craignait simplement que Han Xiu et les autres ne soient pris dans l’affaire si elle résistait.
En la voyant ainsi emmenée de force, les gens de la Terre sainte en robe rouge, bien que réticents, ne dirent rien.
Ce n’était pas qu’ils ne voulaient pas s’interposer. C’était simplement qu’ils savaient pertinemment qu’ils en étaient incapables.
Même s’ils tentaient de les arrêter, cela ne servirait à rien.
S’ils provoquaient réellement ces gens, leur Terre sainte en robe rouge pourrait cesser d’exister dès ce jour.
« Lâchez-la ! »
Alors que tous s’étaient résignés à leur sort, une voix retentit dans le ciel.
La foule leva les yeux vers elle et son expression changea. Les trois hommes ne firent pas exception. À vrai dire, la surprise dans leurs yeux fut encore plus vive que chez les autres.
Car celui qui venait de crier n’était autre que Chu Feng.