Chapitre 4 000
En découvrant la vérité, l’esprit-renard fut certes très étonnée, mais son étonnement ne dura qu’un instant avant de s’effacer de son visage.
Peu après, les commissures de ses lèvres se relevèrent en un sourire.
« On dirait que je ne peux vraiment pas te sous-estimer. »
« La clé que tu as forgée tout à l’heure était remarquablement bien faite. »
« Même ces ondulations, tu les avais sans doute provoquées exprès, pas vrai ? »
« Je dois dire que lorsque ces ondulations m’ont enveloppée, j’ai vraiment cru que j’étais libérée. »
« Tu m’as complètement trompée », dit l’esprit-renard sur un ton élogieux.
« Tu me flattes. » Chu Feng joignit les poings sans la moindre honte, ravi de lui-même.
« Comment as-tu su que personne n’avait réussi à retirer ton verrou avant toi ? » demanda l’esprit-renard.
« C’est facile à deviner. Si quelqu’un avait réussi à retirer ton verrou, tu ne serais pas ici et je ne t’aurais pas rencontrée », répondit Chu Feng.
« Tu ne manques pas d’audace », dit l’esprit-renard.
« Pourquoi dis-tu ça ? » demanda Chu Feng.
« Tu as tout deviné sans le moindre indice. Et pourtant, tu as osé tenter le coup. En fait, tu as pris un pari. »
« Tu as parié que je ne pourrais pas te faire de mal tant que tu ne retirais pas mon verrou », dit l’esprit-renard.
« On peut dire que c’était un pari. Mais ce qui compte, ce n’est pas le déroulement des choses. C’est le résultat. »
« Même si j’ai pris un risque, j’ai au moins gagné mon pari », dit Chu Feng avec un sourire radieux.
« Petit, comment t’appelles-tu ? » demanda l’esprit-renard.
« Je ne te le dirai pas », répondit Chu Feng.
« Tu es très prudent. »
« Mais ce n’est pas grave. J’ai bien retenu ton visage. »
« Je te retrouverai. Et ce jour-là, tu ferais mieux de ne pas pleurer. »
En parlant, l’esprit-renard retourna la main, et un objet en émana en flottant.
C’était une sphère de lumière noire.
« Bzzz… »
Soudain, la sphère de lumière se déploya et se transforma en Porte de formation spirituelle.
La Porte de formation spirituelle était ouverte. À travers elle, on pouvait voir ce qui se trouvait de l’autre côté.
Elle ressemblait à l’entrée d’un monde.
Au-delà s’étendait un lieu constellé d’étoiles : le vaste Monde extérieur.
« Où vas-tu ? » demanda Chu Feng.
« Je vais découvrir ce monde comme il se doit. »
Sur ces mots, l’esprit-renard se dirigea vers la Porte de formation spirituelle.
Mais après avoir franchi le seuil, elle se retourna et regarda Chu Feng.
« Tu ferais mieux de prier pour que je ne te retrouve pas. »
Après quoi, l’esprit-renard lui adressa un sourire malicieux.
Son sourire était d’une beauté et d’un charme envoûtants.
Pourtant, en le voyant, Chu Feng sentit son cœur se serrer.
C’était un sourire très dangereux, qui tenait à la fois de l’avertissement et de la menace. Mais plus encore, il ressemblait à un rappel.
Par ce sourire, elle rappelait à Chu Feng ce qui lui arriverait la prochaine fois qu’il la verrait : quelque chose de terrifiant.
Dès que l’esprit-renard eut franchi la Porte de formation spirituelle, celle-ci se referma.
« Cette esprit-renard possède pas mal de trésors. »
« Ceux qu’elle m’a donnés tout à l’heure doivent être de la camelote. »
« Elle s’était pourtant déshabillée entièrement. Où avait-elle bien pu cacher tous ses trésors ? »
Chu Feng soupira. « Un esprit-renard reste un esprit-renard. Quelle roublarde. »
S’il soupirait, c’était parce qu’il avait compris que l’esprit-renard avait ouvert la Porte de formation spirituelle grâce à un trésor.
Le pouvoir de ce trésor était remarquable : la porte ressemblait à un portail de téléportation.
De plus, ce portail permettait de parcourir une distance considérable.
Plus étonnant encore, il suffisait de le franchir pour atteindre instantanément sa destination, aussi éloignée fût-elle.
C’était une immense formation qui ignorait les distances.
Bien sûr, Chu Feng ne pouvait pas savoir si le portail de téléportation permettait à l’esprit-renard de se rendre où bon lui semblait.
Mais même s’il ne fonctionnait que vers un lieu déterminé, posséder un tel pouvoir suffisait à prouver qu’il s’agissait d’un trésor inestimable.
Un peu plus tôt, l’esprit-renard avait donné quelques trésors à Chu Feng.
Ils renfermaient tous des pouvoirs particuliers.
Pourtant, aucun n’arrivait à la cheville de la Porte de formation spirituelle qu’elle venait d’ouvrir.
Voilà pourquoi Chu Feng soupirait de regret : l’esprit-renard était vraiment roublarde.
« Heureusement, je ne suis pas un imbécile non plus. »
Chu Feng sourit soudain et s’examina attentivement.
Il n’avait même plus l’apparence d’Asura.
Il avait plutôt celle de Wang Chen, le disciple de la Secte de l’Épée de Foudre venteuse.
Les paroles de l’esprit-renard avaient clairement révélé qu’elle comptait se venger de Chu Feng.
Mais puisqu’elle ignorait sa véritable identité, comment pouvait-elle s’en prendre à lui ?
Même si Chu Feng se faisait passer pour Asura, Asura n’était qu’une fausse identité.
Tant qu’elle ignorait qu’il était Chu Feng, du clan céleste Chu du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux, il n’avait aucune raison de craindre sa vengeance.
Non seulement elle ne pourrait pas lui faire de mal, mais ses proches et ses amis ne seraient pas impliqués non plus.
« Il est sans doute temps de quitter cet endroit. »
« Ils ont sûrement tendu un piège infaillible à l’extérieur. »
« Je vais d’abord examiner la situation au-dehors grâce au pouvoir du Manteau sacré des Neuf Dragons. »
Chu Feng savait que l’extérieur était très dangereux, mais il ne paniqua pas le moins du monde.
Le Manteau sacré des Neuf Dragons pouvait le dissimuler. Et même si cette dissimulation était percée, il lui restait encore la grande formation des Saints de la Grotte mystique.
Chu Feng avait confiance dans les capacités des Saints de la Grotte mystique. Il estimait qu’ils ne lui feraient pas entreprendre une chose dont ils n’étaient pas sûrs de venir à bout.
…
En réalité, dès que Chu Feng avait traversé la mer de foudre qui scellait le ciel et fusionné les cinq armes en une seule, les disciples des six grandes puissances avaient commencé à partir.
Ils étaient retournés à l’extérieur par les Portes de formation spirituelle les plus proches.
À présent, presque tous les disciples des six grandes puissances avaient quitté le monde de la formation spirituelle.
Une fois sortis, ils avaient enfin appris que le Wang Chen qui avait déployé ses pouvoirs magiques dans le monde de la formation spirituelle était un imposteur.
Quelqu’un avait emprunté l’apparence de Wang Chen pour s’introduire parmi eux et leur voler leurs trésors.
La foule éprouvait donc une haine inconsolable envers Chu Feng.
Les environs étaient pourtant d’un calme absolu.
Tous attendaient le retour de Chu Feng.
En même temps, ils étaient quelque peu inquiets.
Après tout, le monde du coffret de pierre était mystérieux et insondable. Ils craignaient que Chu Feng ne s’y trouve plus, qu’il se soit servi de ses pouvoirs pour s’enfuir au loin. Que feraient-ils si c’était le cas ?
À cet instant, le maître de la Montagne céleste des Neuf Étoiles demanda d’un ton un peu nerveux : « Pourquoi n’est-il toujours pas apparu ? Il n’aurait quand même pas… déjà réussi à s’échapper ? »
« Ne vous inquiétez pas, j’ai scellé les lieux à l’aide de mon trésor. »
« Dès qu’il sortira de là, nous le détecterons à coup sûr. Quelle que soit la puissance de sa technique de dissimulation, il sera entièrement démasqué. »
« À moins que… »
À ces mots, le maître du Pavillon immortel du Dragon et du Phénix afficha une expression inquiète.
« À moins que quoi ? » demanda le maître de la Montagne céleste des Neuf Étoiles.
« À moins qu’il ne soit plus là-bas. À moins qu’il ait quitté le monde du coffret de pierre par un moyen particulier. »
« Dans ce cas, monter la garde ici ne servirait à rien », répondit le maître du Pavillon immortel du Dragon et du Phénix.
…
En entendant ces paroles, les chefs des six grandes puissances froncèrent tous les sourcils.
C’était précisément ce qu’ils redoutaient le plus.
« Ding, ding, ding… »
Mais soudain, une série de tintements retentit.
En les entendant, le maître du Pavillon immortel du Dragon et du Phénix fut fou de joie.
« On dirait qu’il est toujours à l’intérieur. »