Chapitre 3 931
Chu Feng avait disparu soudainement un peu plus tôt parce qu’il était allé soigner la prieure du Couvent aux robes blanches.
Le poison qu’on avait administré à la prieure du Couvent aux robes blanches était peut-être incurable pour les disciples du couvent, mais Chu Feng pouvait le neutraliser sans difficulté.
En un rien de temps, Chu Feng débarrassa la prieure du Couvent aux robes blanches de son poison.
Elle aurait encore besoin de temps pour se rétablir, mais sa vie n’était plus en danger.
Quand les disciples du Couvent aux robes blanches découvrirent que leur prieure était hors de danger, ils furent naturellement tous extrêmement reconnaissants envers Chu Feng.
Pour Chu Feng, soigner leur prieure n’avait été qu’une tâche facile. Il n’attendait pas leurs remerciements. En revanche, il se demandait pourquoi Linghu Yueyue en était réduite à vivre dans un endroit pareil.
Que lui était-il donc arrivé ?
Cela dit, Chu Feng estimait qu’il ne serait pas convenable de le lui demander directement. Même s’il le faisait, elle ne lui répondrait pas forcément.
Il décida donc de poser la question à la jeune fille qui s’appelait An’an.
Chu Feng leur avait rendu un immense service. Non seulement il avait sauvé la prieure du Couvent aux robes blanches, mais il avait aussi indirectement sauvé Linghu Yueyue et cette An’an.
C’est pourquoi An’an lui était très reconnaissante. Elle se montra également extrêmement chaleureuse lorsqu’il décida de lui parler en privé.
Après avoir bavardé un moment, Chu Feng apprit que le nom complet d’An’an était Linghu An’an.
Comme il s’y attendait, elle aussi appartenait au Clan céleste Linghu.
Si Chu Feng ne se trompait pas, elle devait être la servante de Linghu Yueyue, ou bien une sœur très proche d’elle.
Autrement, elle ne l’aurait pas appelée « jeune maîtresse ».
De plus, elle ne se montrait pas seulement respectueuse envers Linghu Yueyue : elle avait aussi avec elle la complicité qu’on partage avec une amie. Tout cela fit comprendre à Chu Feng que leur lien était aussi profond que celui de deux sœurs.
« An’an, même si ta jeune maîtresse et toi avez perdu votre cultivation, il reste possible de la restaurer », déclara soudain Chu Feng.
« Seigneur, est-ce bien vrai ?! »
À ces mots, l’expression d’An’an changea aussitôt.
Elle était stupéfaite et n’arrivait pas à y croire. Mais, dans le même temps, ses yeux brûlaient de désir et d’espoir.
Sa réaction se comprenait. Après tout, elle était une pratiquante. Quelle que soit sa cultivation, elle avait dû travailler dur pour l’acquérir.
Pour les pratiquants, la cultivation était peut-être l’un des biens les plus précieux. Personne n’était prêt à la perdre.
« Votre dantian ne sert pas seulement à préserver votre puissance martiale et votre cultivation. Lui aussi se cultive. Si votre cultivation a atteint un certain niveau par le passé, alors votre dantian a lui aussi atteint ce niveau. »
« Certes, la destruction du dantian et la dispersion de la puissance martiale entraînent la perte de la cultivation, mais le niveau atteint par le dantian, lui, ne diminue pas. »
« Je vous ai observées toutes les deux. Vos dantians sont brisés, mais les dégâts ne sont pas très graves. Une fois vos dantians restaurés, il vous suffira de suivre la méthode que je vous enseignerai pour vous entraîner. Vous retrouverez bientôt votre cultivation. Il ne sera pas difficile de regagner le niveau que vous aviez auparavant. »
Après ces paroles, Chu Feng tourna soudain les yeux vers Linghu An’an, qui s’était levée d’un bond.
Linghu An’an était si émue que son corps tremblait de façon incontrôlable.
Soudain, elle plia les genoux, prête à s’agenouiller devant Chu Feng.
Mais Chu Feng avait déjà deviné son intention. Il la retint avant qu’elle ne touche le sol.
« Si vous vous agenouillez, je ne vous aiderai pas », dit-il avec un sourire.
« Seigneur, êtes-vous vraiment prêt à aider ma jeune maîtresse et moi à retrouver notre cultivation ? »
Linghu An’an était extrêmement anxieuse. Elle avait terriblement peur que Chu Feng refuse de l’aider, au point que des larmes coulaient de ses yeux.
Elle avait déjà compris que Chu Feng lui avait dit tout cela parce qu’il voulait les aider.
Pourtant, elle avait toujours aussi peur qu’il ne leur vienne pas en aide.
Elle était vraiment bouleversante à voir.
« Je peux vous aider. Cependant, mon maître m’a un jour imposé une règle. »
« Avant d’aider quelqu’un à retrouver sa cultivation, je dois d’abord savoir comment et pourquoi il l’a perdue. Alors, êtes-vous prête à me dire la vérité sur ce qui s’est passé ? Si vous l’êtes, je pourrai naturellement vous aider », répondit Chu Feng.
« Je suis prête, je suis prête. »
« Seulement, Seigneur, j’ai une condition », dit Linghu An’an, l’air embarrassé.
« Allez-y. Ne vous retenez pas, même si cela vous semble difficile. »
Chu Feng ne voulait pas mettre Linghu An’an sous pression. En fait, il devinait déjà ce qui la préoccupait.
« Je peux vous raconter ce qui est arrivé à ma jeune maîtresse et à moi, mais je vous en prie, ne lui dites pas que je vous ai tout raconté. Ma jeune maîtresse ne veut pas que les étrangers apprennent ce qui nous est arrivé. Même si la prieure du Couvent aux robes blanches nous a sauvées, ma jeune maîtresse ne lui a pas raconté ce qui s’était passé. »
Comme Chu Feng l’avait prévu, ce n’était pas que Linghu An’an refusait de lui parler. C’était Linghu Yueyue qui ne voulait rien révéler à qui que ce soit.
« J’accepte votre condition. Je garderai cela pour moi. Votre jeune maîtresse ne l’apprendra pas », répondit Chu Feng.
« Seigneur, merci de votre compréhension. »
Linghu An’an lui en fut profondément reconnaissante. Puis, elle commença à raconter à Chu Feng ce qui s’était passé.
Elle lui parla même du clan auquel elles appartenaient, du champ d’étoiles d’où elles venaient, ainsi que du conflit entre leur Clan céleste Linghu et le Clan céleste Chu.
Après avoir quitté le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux avec une partie des élites du Clan céleste Linghu, Linghu Zhishi avait décidé de demander asile à la Secte All-Céleste.
La Secte All-Céleste avait accepté de les protéger et de les aider à se venger. Dès lors, le Clan céleste Linghu était devenu son laquais.
Les missions que la Secte All-Céleste confiait au Clan céleste Linghu étaient pour la plupart sordides et cruelles. C’étaient des actes honteux qu’il était impossible de révéler au grand jour.
Par soif de vengeance, Linghu Zhishi était prêt à sacrifier la vie de ses propres clansmen. Quant à tuer des innocents, cela ne lui posait aucun problème.
Mais Linghu Yueyue, fille de Linghu Zhishi et princesse du Clan céleste Linghu, s’opposait farouchement à la cruauté de son père.
Le père et la fille finirent par se disputer violemment.
Au cours de leur querelle, Linghu Yueyue déclara qu’elle quitterait le Clan céleste Linghu, qu’elle renierait son père.
Linghu Zhishi lui répondit que si elle tenait à quitter le Clan céleste Linghu, elle en avait parfaitement le droit. Mais elle ne serait plus sa fille, et il reprendrait tout ce qu’il lui avait donné.
Il lui confisqua donc tous ses précieux trésors, mais lui ôta également sa cultivation.
Chu Feng avait déjà deviné que la perte de cultivation de Linghu Yueyue était probablement liée au Clan céleste Linghu, mais il n’aurait jamais imaginé que celui qui l’avait privée de sa cultivation était son propre père, Linghu Zhishi !