Chapitre 3 827
« Tu es vraiment froide, toi. Puisque tu savais déjà qui j’étais, pourquoi ne m’as-tu pas salué ? » demanda Chu Feng.
« Tu m’as saluée, toi ? » rétorqua Yin Zhuanghong.
« Je voulais te faire une agréable surprise. Aïe, à t’entendre, on dirait que tu es fâchée parce que je ne t’ai pas saluée ? » demanda Chu Feng avec un grand sourire.
« Cesse de perdre ton temps. Dépêche-toi de briser la formation. » La voix de Yin Zhuanghong se fit glaciale.
« Très bien. »
Chu Feng devina qu’elle était peut-être vraiment en colère. Il cessa donc de la taquiner et se mit au travail.
« Boum~~~ »
Soudain, une lumière se mit à briller. Elle éclipsa même la marée de talismans.
C’était Chu Feng. L’éclat éblouissant émanait de son corps.
« Je rêve, ou quoi ? »
« Ce type est vraiment un spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon ? »
À cet instant, les jeunes présents ne purent contenir leur stupéfaction. Meng Rufei, surtout, resta complètement abasourdi, les yeux emplis d’émotions contradictoires.
S’il n’avait été qu’un Exalté de rang deux, ils auraient encore pu l’accepter. Après tout, les cultivateurs du Royaume supérieur de la Réincarnation ayant atteint le rang deux du Royaume Exalté étaient bien trop nombreux.
Mais les Spiritualistes du Monde au manteau sacré à marques de dragon, c’était une tout autre histoire. Ils étaient extrêmement rares dans l’ensemble du Royaume supérieur de la Réincarnation, et même dans tout le Champ stellaire de Tous-les-Cieux.
Les techniques spirituelles de Chu Feng firent comprendre à la foule que, même s’il était un aîné, il n’avait rien d’ordinaire.
Car il était bel et bien un spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon.
Tandis que les jeunes spectateurs s’exclamaient d’admiration et de stupeur, Chu Feng était déjà passé à l’action.
Une puissance spirituelle sans limites se déversa contre la marée de talismans.
Bientôt, celle-ci fut engloutie par la puissance spirituelle de Chu Feng.
Une fois la marée dissipée, de nombreux trésors apparurent.
Il y avait des herbes médicinales, des pierres, de l’acier et toutes sortes de matériaux que les Esprits du Monde pouvaient utiliser pour concocter et raffiner des objets.
Ces matériaux étaient tous d’excellente qualité. Même les génies les plus renommés en eurent l’eau à la bouche.
En vérité, ils seraient très utiles à Chu Feng lui-même.
D’un revers de manche, il rassembla tous les matériaux dans un Sac cosmique, puis le tendit à Fan Chou. « Frère Fan Chou, tout cela est à toi. »
« Frère Asura, je ne peux pas accepter. Vraiment, je ne peux pas. C’est clairement ta récompense. Comment pourrais-je te la prendre ? » Fan Chou agita la main pour refuser.
Chu Feng lui fourra le Sac cosmique dans la main. « Cette clé t’appartenait. Sans toi, comment aurais-je pu obtenir tout ça ? Et puis, ce ne sont pas ces choses qui m’intéressent. »
« Frère Fan Chou, tu ne pourras peut-être pas poursuivre ta route. Alors prends-les. Si l’occasion se présente, je viendrai te voir », dit Chu Feng.
À ces mots, tous les regards se tournèrent vers la porte de cuivre ouverte.
Ils découvrirent alors que l’intérieur était entièrement recouvert de flammes.
Elles étaient féroces. À leur vue, la plupart des gens n’osèrent pas franchir la porte.
En réalité, Chu Feng aurait tout à fait pu protéger Fan Chou et poursuivre sa route avec lui.
Mais une seule personne pouvait rencontrer Yuan Shu. Même si Chu Feng protégeait Fan Chou et le faisait passer à travers le couloir de flammes, ce dernier finirait de toute façon par être éliminé.
Seuls Chu Feng et Yin Zhuanghong s’engagèrent dans le couloir de flammes.
Meng Rufei aurait lui aussi pu y entrer. Mais Chu Feng l’avait grièvement blessé ; il n’en était donc plus capable. Et même s’il l’avait pu, il avait décidé de ne pas tenter sa chance.
Chu Feng était un spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon. De plus, sa cultivation dépassait la sienne. Puisqu’il lui était inférieur à tous égards, entrer dans le couloir de flammes n’aurait fait que lui attirer des ennuis.
« Jeune maître Meng, vous allez bien ? »
Après la disparition de Chu Feng et de Yin Zhuanghong dans le couloir de flammes, les jeunes accoururent auprès de Meng Rufei, pressés de soigner ses blessures.
Meng Rufei ne leur prêta aucune attention. Son regard restait fixé sur l’endroit où Chu Feng et Yin Zhuanghong avaient disparu, et ses yeux étaient emplis d’intentions meurtrières.
« Je ne comprends vraiment pas ce que fait le grand maître Yuan Shu. Nous sommes tous de la jeune génération, alors pourquoi faire venir un pareil fléau ? »
« C’est vrai. C’est vraiment trop injuste. »
Les jeunes ne se contentèrent pas d’insulter et de maudire Chu Feng ; ils s’en prirent aussi au grand maître Yuan Shu.
« Quand je discutais tout à l’heure avec frère Asura, il m’a dit qu’il faisait partie de la jeune génération », intervint Fan Chou. Il voulait dissiper les préjugés des autres à l’égard de Chu Feng.
« Tu crois tout ce qu’il raconte ? T’es idiot ou quoi ? »
« Tss, quel larbin. »
« Tu ferais mieux de la fermer. Ton maître n’est plus là pour te protéger. Ne me cherche pas, ou je te cognerai si fort que tu devras ramasser tes dents par terre. »
Les paroles de Fan Chou lui valurent les critiques et l’hostilité des autres jeunes.
On aurait dit qu’ils n’attendaient que le moindre mot de plus pour lui flanquer une raclée.
Dans ces circonstances, Fan Chou esquissa un sourire amer et se tut.
Tous ces jeunes étaient du genre à profiter de leur statut pour tyranniser les autres.
Un peu plus tôt, Chu Feng les avait traités sans ménagement. Pour une simple altercation verbale, il les avait grièvement blessés. Il s’était comporté comme un véritable tyran.
Fan Chou avait trouvé Chu Feng excessif.
Mais à présent, il estimait qu’il ne l’avait pas été le moins du monde.
Ces types méritaient vraiment une bonne leçon.
Et, à présent qu’il les entendait parler de la leçon qu’ils comptaient donner à Chu Feng, Fan Chou en était encore plus convaincu.
……
Chu Feng et Yin Zhuanghong poursuivirent leur route.
Yin Zhuanghong ne prenait jamais l’initiative de lui parler.
Mais elle lui répondait toujours quand il s’adressait à elle.
Elle restait froide, mais se montrait tout de même bien plus cordiale avec Chu Feng qu’avec Meng Rufei.
Ils n’eurent parcouru qu’une courte distance lorsqu’une vaste formation apparut devant eux.
Dès qu’elle y pénétra, Yin Zhuanghong se retrouva entravée par la puissance de la formation. Chu Feng dut donc tenter seul de la briser.
Il lui fallut une heure entière pour venir à bout de la vaste formation.
Une fois la formation spirituelle brisée, elle se transforma en un rayon de lumière qui descendit dans sa main.
C’était une plaque de titre.
À son apparition, une Porte de formation spirituelle de plus de trois mille mètres de haut se dressa devant Chu Feng et Yin Zhuanghong.
Elle dégageait la même aura que la plaque de titre de Chu Feng.
Chu Feng comprit qu’il devait utiliser la plaque pour franchir la Porte de formation spirituelle.
La formation spirituelle qu’ils venaient de traverser était très probablement la dernière épreuve. Et Chu Feng… en était sorti vainqueur.
Il était digne de rencontrer le grand maître Yuan Shu.
« Donne-moi la plaque de titre. »
Soudain, une voix glaciale retentit derrière Chu Feng.
C’était Yin Zhuanghong.
Chu Feng se retourna et vit qu’elle affichait non seulement une expression glaciale, mais aussi un air extrêmement grave.
De plus, une menace se lisait au fond de ses yeux.
Si Chu Feng ne lui remettait pas la plaque de titre, elle semblait prête à l’attaquer sur-le-champ.