Chapitre 3 825
Bien que tous ces jeunes gens vouassent une haine farouche à Chu Feng, ils n’osaient plus le provoquer et ne pouvaient que lui obéir, tout en le maudissant intérieurement.
Quant à Chu Feng, il semblait lire dans leurs pensées. Ainsi, dès que quelqu’un lui déplaisait, il ne manquait pas de le remettre vertement à sa place.
Pourtant, ces jeunes gens n’osaient tout simplement pas lui tenir tête.
À la vue de Chu Feng, ils réagissaient comme s’ils se trouvaient face à Yama, le roi des Enfers. Ils ne pouvaient que chercher à l’éviter, de peur de le provoquer.
Impuissants, ils tournèrent à plusieurs reprises leurs regards vers Meng Rufei et Yin Zhuanghong.
Ils allèrent même jusqu’à leur transmettre des messages par télépathie…
Ils voulaient demander de l’aide à Meng Rufei et Yin Zhuanghong. Ils espéraient qu’ils feraient entendre raison à Chu Feng.
Après tout, parmi les personnes présentes, eux seuls étaient capables de le maîtriser.
Pourtant, Meng Rufei et Yin Zhuanghong ignorèrent complètement leurs appels à l’aide.
Meng Rufei était entièrement absorbé par Yin Zhuanghong.
Quant à Yin Zhuanghong, elle se concentrait exclusivement sur la formation spirituelle qui se dressait devant eux.
Au début, Meng Rufei avait franchi les formations spirituelles par ses propres moyens.
Par la suite, il s’était de plus en plus fié aux conseils et aux indications de Yin Zhuanghong.
Bien sûr, Chu Feng était sans doute le seul à s’en rendre compte. Les autres n’y voyaient absolument rien.
Ils pensaient tous que s’ils pouvaient poursuivre leur route sans encombre, c’était uniquement grâce à Meng Rufei.
En avançant, ils traversèrent des forêts, franchirent des montagnes, s’enfoncèrent sous terre et parcoururent des tunnels souterrains.
À présent, la foule se trouvait dans un tunnel dont les parois étaient entièrement en bronze.
Au fond se dressaient seize portes de cuivre. Elles étaient toutes de la même taille, et leurs serrures étaient parfaitement identiques.
Seuls les talismans qui ornaient les portes différaient.
Ces talismans étaient très étranges. Ils semblaient à la fois représenter des dessins et former des caractères. En les observant de près, on remarquait qu’ils ondulaient. Mais dès qu’on détournait le regard, ils paraissaient immobiles. En somme, ces talismans étaient fort mystérieux.
Il convient de préciser que les serrures correspondaient à la clé que détenait Fan Chou.
La foule comprit donc qu’il lui suffisait d’utiliser la clé de Fan Chou pour ouvrir les portes de cuivre.
Mais il semblait qu’ils n’auraient droit qu’à un seul essai. Ils devaient donc choisir la bonne porte du premier coup. S’ils en ouvraient une mauvaise, les conséquences risquaient d’être terribles.
« Fan Chou, donne-moi la clé. »
Après avoir examiné les portes, Meng Rufei sembla avoir trouvé la réponse. Il tendit la main et ordonna à Fan Chou de lui remettre sa clé.
« La clé appartient à Fan Chou. Pourquoi devrait-il te la donner ? » demanda Chu Feng.
Chu Feng n’éprouvait aucune antipathie envers Meng Rufei, mais son attitude hautaine et prétentieuse lui déplaisait.
Le ton qu’il avait employé un peu plus tôt en s’adressant à Fan Chou était extrêmement autoritaire, comme si ce dernier était son serviteur. La clé appartenait pourtant clairement à Fan Chou. Or, Meng Rufei ne la lui avait pas demandée : il s’était contenté de lui donner un ordre.
Voyant Chu Feng prendre la défense de Fan Chou, Meng Rufei fronça les sourcils. Une lueur de mécontentement passa dans ses yeux. Il ne répondit toutefois rien et se tourna de nouveau vers Fan Chou. « Ouvre la troisième porte. »
Mais à peine eut-il prononcé ces mots que Chu Feng lança : « Ouvre la quatrième. »
« Tu t’opposes à moi exprès ? » Meng Rufei se tourna vers Chu Feng, les yeux brûlants de colère.
« Je ne cherche pas à m’opposer à toi. Je fais simplement le bon choix », répondit Chu Feng.
« Le bon choix ? Qu’est-ce qui te qualifie pour le faire ? Pour qui te prends-tu ? » demanda Meng Rufei d’un ton sévère.
Chu Feng l’ignora et regarda Fan Chou. « Frère Fan, fais-moi confiance. Ouvre la quatrième porte. »
« Boum ! »
Une puissance oppressante se déchaîna soudain et renversa bon nombre des jeunes gens présents.
Quand ils comprirent ce qui venait de se passer, leurs visages changèrent radicalement. Pourtant, ils n’étaient pas seulement stupéfaits : ils étaient aussi ravis.
Car cette puissance oppressante émanait de Meng Rufei.
Meng Rufei était passé à l’action. Il avait enfin décidé d’agir. Et surtout, ils pouvaient sentir son niveau de cultivation.
Il était au premier niveau du Royaume exalté. Meng Rufei était un Exalté de premier niveau.
À leurs yeux, avec un tel niveau de cultivation, Meng Rufei était un être d’exception parmi les jeunes générations du Royaume supérieur de la Réincarnation.
Ils ne pouvaient pas tenir tête à Chu Feng, mais Meng Rufei, lui, en était capable. Après tout, il était un Exalté de premier niveau.
« Tout à l’heure, tu as étalé ta force et intimidé les autres. Moi, Meng Rufei, je t’ai laissé la face en évitant de me quereller avec toi. »
« Mais tu oses te mêler de mes affaires ? Dans ce cas, je vais devoir te faire comprendre qui commande ici. »
Meng Rufei fronça ses sourcils en lame. Ses longs cheveux flottaient au vent. On aurait dit un dieu du massacre, tant il était majestueux et imposant.
Mais Chu Feng ne montra pas la moindre peur devant Meng Rufei. D’un ton calme et posé, il déclara : « Puisque c’est ainsi, autant mettre les choses au clair. »
« À mes yeux, toutes les personnes présentes ici ne sont que des déchets. »
« À l’exception de lui et d’elle, bien sûr. »
Chu Feng désigna Fan Chou, qui se tenait à ses côtés, puis Yin Zhuanghong, qui se trouvait derrière Meng Rufei.
Après avoir prononcé ces mots, il se tourna de nouveau vers Meng Rufei. « Tu comprends ce que je veux dire ? »
« Si ce n’est pas le cas, je peux être encore plus clair : tu fais partie des déchets à mes yeux. »
« Tu cherches la mort ! »
Meng Rufei explosa de colère. Sa puissance oppressante déferla en un flot sans limites et se transforma en centaines de millions de bêtes féroces qui se ruèrent sur Chu Feng.
Meng Rufei ne cherchait pas simplement à donner une leçon à Chu Feng. Il voulait le tuer.
Son attaque était animée d’une soif de sang si intense que toutes les personnes présentes la ressentirent.
« Hmph. »
Face à Meng Rufei, qui débordait d’intentions meurtrières, Chu Feng laissa échapper un reniflement méprisant. Un vent violent jaillit alors de son corps et fondit droit sur l’attaque de Meng Rufei.
En un instant, les bêtes féroces furent réduites en miettes. La puissance oppressante de Meng Rufei se dissipa et son attaque fut balayée sans effort par Chu Feng.
Quant à Meng Rufei, il fut projeté dans les airs et s’écrasa violemment contre un mur.
Lorsqu’il retomba au sol, il se mit à tousser sans arrêt, crachant même du sang.
« Sss… »
À cette vue, la foule laissa échapper des inspirations de stupeur et de terreur.
Jamais elle n’aurait imaginé que même Meng Rufei, un Exalté de premier niveau, serait vaincu d’une seule attaque par cet Asura.
Quel était donc le véritable niveau de cultivation de cet Asura ?
Était-il possible qu’il soit un Exalté de deuxième niveau ?
En regardant Chu Feng, la foule sentit la peur grandir encore dans ses yeux.