Chapitre 3 823
Ces jeunes gens avaient accepté l’invitation à passer l’épreuve parce qu’ils voulaient tous rencontrer Yuan Shu.
À présent qu’ils avaient appris qu’une seule personne pourrait le voir, ils étaient non seulement profondément déçus, mais aussi extrêmement mécontents.
« Que veut dire le seigneur Yuan Shu ? C’est pourtant lui qui nous a invités ici. »
« Non seulement il nous impose des épreuves pour nous compliquer la tâche, mais en plus, une seule personne pourra le rencontrer ? Dans ce cas, pourquoi nous avoir tous invités ? »
« Exactement. Si j’avais su que les choses se passeraient ainsi, je ne serais pas venu. »
À cet instant, tous les jeunes gens présents se mirent à se plaindre.
« Bzzz… »
Soudain, l’espace se mit à se distordre. Une Porte de formation spirituelle apparut dans la salle du palais.
« Si quelqu’un souhaite partir, il peut s’en aller. »
La voix du Seigneur à la robe blanche résonna depuis la Porte de formation spirituelle.
Il était toutefois manifeste qu’il était mécontent.
À cet instant, les jeunes gens qui s’étaient plaints plus tôt se turent tous.
« Seigneur à la robe blanche, ce n’est pas ce que nous voulions dire. » Li Xiao et les autres tentèrent de s’expliquer, le sourire aux lèvres.
« Ceux qui souhaitent poursuivre n’ont qu’à avancer. Même si une seule personne pourra rencontrer le seigneur Yuan Shu, celui-ci a préparé des cadeaux tout au long du parcours. Bien sûr, il ne tiendra qu’à vos capacités et à votre chance d’en obtenir ou non. » La voix du Seigneur à la robe blanche retentit de nouveau.
« Merci, Seigneur à la robe blanche. »
Tout sourire, Li Xiao et les autres joignirent respectueusement les poings. Le Seigneur à la robe blanche ne leur avait transmis sa voix qu’au moyen d’une technique d’Esprit du Monde, sans se montrer, mais ils n’en demeuraient pas moins très respectueux.
Ces gens incarnaient à la perfection l’hypocrisie.
Pendant ce temps, Yin Zhuanghong se dirigea vers la porte ouverte.
En la voyant faire, la foule la suivit aussitôt. Tous craignaient de passer à côté de quelque chose.
Après avoir franchi la Porte de formation spirituelle, ils découvrirent une forêt devant eux. Elle se trouvait dans une chaîne de montagnes, au milieu des oiseaux chanteurs et des fleurs parfumées. On se serait vraiment cru au paradis.
Un unique sentier étroit traversait la forêt. Yin Zhuanghong et cet homme ouvrirent la marche, suivis de près par les autres jeunes gens. Personne n’osait s’aventurer seul ailleurs.
Après tout, ils savaient que cette forêt n’avait rien d’ordinaire. Au moindre moment d’inattention, ils risquaient de tomber dans un piège. Mieux valait donc suivre Yin Zhuanghong et cet homme.
« Mademoiselle Yin, vous cachez vraiment bien vos talents. Vous avez réussi à percer la formation spirituelle de tout à l’heure avant moi. »
L’homme rejoignit Yin Zhuanghong et s’adressa à elle avec un grand sourire. Il semblait particulièrement empressé et prévenant.
Même un idiot aurait compris qu’elle l’intéressait.
« J’ai eu de la chance », répondit Yin Zhuanghong, toujours aussi froide et distante.
C’était normal. Yin Zhuanghong était froide même avec Nangong Yifan, le soi-disant génie numéro un du Champ stellaire de Tous-les-Cieux. Comment aurait-elle donc pu témoigner de l’intérêt à cet homme ?
Il avait beau être plutôt remarquable parmi les jeunes gens, il restait très inférieur à Nangong Yifan.
Cela dit, l’homme semblait habitué à sa froideur. Il ne se découragea pas et continua de lui parler. Elle ne lui répondait que de temps à autre, et très brièvement, mais il souriait toujours, visiblement ravi. On aurait dit qu’à ses yeux, le simple fait que Yin Zhuanghong accepte de lui adresser la parole était déjà une faveur.
En se rappelant combien Yin Zhuanghong s’était montrée froide autrefois, Chu Feng eut l’impression qu’elle avait effectivement un peu changé.
Elle était toujours extrêmement froide, mais se montrait légèrement plus cordiale avec cet homme qu’avec Nangong Yifan.
Oui, légèrement plus cordiale.
Chu Feng se demanda donc quel talent cet homme pouvait bien posséder pour que Yin Zhuanghong modifie ainsi son attitude à son égard.
« Frère, tu t’appelles vraiment Asura ? »
Soudain, quelqu’un s’approcha de Chu Feng. C’était Fan Chou.
« Que penses-tu de mon nom ? » demanda Chu Feng avec un sourire.
Chu Feng n’avait pas une bonne opinion de la plupart des personnes présentes. Cet homme faisait toutefois exception.
Il était donc disposé à discuter avec lui.
« C’est un nom magnifique. La signification d’Asura dépasse celle des démons, mais les Asuras restent du côté de la justice. »
« Ils possèdent un pouvoir encore plus sinistre que celui des démons, et pourtant incarnent la justice. »
« Les spiritualistes du Monde Asura en sont la meilleure preuve. »
Fan Chou ne tarissait pas d’éloges sur le nom de Chu Feng.
Fan Chou était vraiment bavard. Cela dit, il ne cherchait pas à se faire bien voir en flattant les autres. Il était simplement très loquace, et ses propos n’avaient rien de provocateur. Chu Feng appréciait donc assez de discuter avec lui.
Tandis que la foule poursuivait sa route, de nombreux obstacles se dressèrent devant elle. Des trésors apparaissaient également de temps à autre.
Pourtant, avant même que Chu Feng ait pu agir, l’homme particulièrement prévenant envers Yin Zhuanghong avait déjà surmonté tous les obstacles.
Quant aux trésors, ce n’étaient que de petits bibelots. Chu Feng n’avait nullement l’intention de se battre pour les obtenir. Yin Zhuanghong et cet homme ne s’y intéressaient pas non plus. Li Xiao et les autres finirent donc par en récolter un grand nombre.
En discutant tout du long avec Fan Chou, Chu Feng apprit à bien le connaître et découvrit aussi qui était cet homme.
Il s’appelait Meng Rufei.
Dans le Royaume supérieur de la Réincarnation, Meng Rufei était considéré comme un personnage de premier plan.
Parmi les jeunes gens, Yin Zhuanghong était la plus forte des femmes, tandis que Meng Rufei était le plus fort des hommes.
Meng Rufei n’appartenait à aucune secte ni école. Il avait toutefois un maître très puissant.
Son maître s’appelait Zhang Duotuo. On le désignait sous le nom de Grand maître Duotuo.
Ce Grand maître Duotuo était un spiritualiste du Monde des Esprits au manteau sacré à marque de serpent. Hormis le seigneur Yuan Shu, il était considéré comme l’un des plus puissants spiritualistes du Monde des Esprits du Champ stellaire de Tous-les-Cieux.
Meng Rufei était donc non seulement puissant et doué, mais il bénéficiait aussi d’un soutien redoutable.
Il n’était pas étonnant que ces jeunes gens arrogants et imbus d’eux-mêmes le traitent avec autant de respect et n’osent pas le contrarier.
En outre, à cause de la présence de Meng Rufei, aucun d’eux n’osait courtiser Yin Zhuanghong, même s’ils s’intéressaient à elle.
Cela dit, si Meng Rufei n’avait rien eu de plus à offrir, Yin Zhuanghong ne l’aurait pas traité avec autant de faveur.
Chu Feng se demanda avec curiosité pourquoi elle était moins froide avec Meng Rufei. S’ils n’entretenaient pas déjà une relation étroite, il devait sûrement y avoir quelque chose entre eux qu’ils cherchaient à cacher.
« Rrrr… »
Soudain, le sol se mit à trembler et de violentes bourrasques se levèrent. Le vent fit claquer les vêtements de la foule et voler leurs cheveux. Certains furent même repoussés.
Ils découvrirent alors un mur devant eux. Il s’élevait jusqu’au ciel et s’enfonçait dans la terre, ne laissant qu’une porte de cuivre pour issue.
Mais cette porte de cuivre était fermée.
La formation de déverrouillage que Meng Rufei avait mise en place plus tôt devait justement servir à ouvrir cette porte.
En réalité, c’était la porte de cuivre qui tremblait ; le sol ne faisait que vibrer sous l’effet de ses secousses.
« Frère Fan Chou, quelque chose cloche. Fais attention. »
Chu Feng entraîna Fan Chou dans sa retraite.
« Quelque chose ne va pas. Mademoiselle Yin, reculons. »
Meng Rufei voulut lui aussi entraîner Yin Zhuanghong en arrière, mais il ne parvint pas à l’attraper : au moment où il prononça ces mots, elle s’était déjà éloignée.
« Bang… »
Soudain, la porte de cuivre s’ouvrit. Une lumière arc-en-ciel en jaillit.
Elle fonça sur la foule. Terrifiés, les jeunes gens se mirent aussitôt à esquiver de toutes leurs forces dans toutes les directions.
Pourtant, après avoir traversé la foule, la lumière arc-en-ciel fit demi-tour et les chargea de nouveau.
La foule fut complètement terrorisée. Craignant d’être frappés, ses membres se mirent à éviter sans cesse la lumière.
Tandis que tous esquivaient, Chu Feng observa la lumière arc-en-ciel. Bientôt, il cessa de l’éviter et se mit au contraire à voler vers elle.
Yin Zhuanghong fit de même presque au même instant.
« Mademoiselle Yin, attention ! C’est très dangereux ! »
En la voyant voler vers la lumière arc-en-ciel, Meng Rufei cria pour la prévenir.
Mais Yin Zhuanghong ne l’écouta pas et continua plutôt de poursuivre la lumière.
Chu Feng comprenait parfaitement pourquoi elle agissait ainsi. Cette lumière arc-en-ciel n’était pas une arme dangereuse ; il pouvait s’agir d’un trésor très utile.