Chapitre 3 787
Luo Zhi et les autres furent ravis de voir Chu Feng boire son thé.
Nombre d’entre eux se levèrent même pour le fixer, attendant de voir la réaction embarrassante que le poison ne manquerait pas de provoquer.
« Ahhh~~~ »
Pourtant, non seulement Chu Feng ne réagit pas comme ils l’espéraient, mais il poussa un profond soupir de satisfaction.
« Ce thé est vraiment excellent. Il laisse un arrière-goût sucré et dégage un parfum puissant. Il est absolument délicieux et très satisfaisant. Après en avoir bu, j’ai l’esprit beaucoup plus clair. On dirait même que ma cultivation a légèrement progressé. »
Chu Feng ne tarissait pas d’éloges sur le thé.
« Qu’est-ce qu’il raconte, celui-là ? »
Luo Zhi et les autres étaient complètement déconcertés par ses compliments.
Ils avaient même l’impression qu’il racontait n’importe quoi.
Ce thé était clairement empoisonné. Après en avoir bu, on vomissait sans arrêt, puis on se faisait dessus et on lâchait des pets incontrôlables.
Sans antidote, cet état durait dix jours entiers.
De plus, son parfum était bien celui que Song Ge avait décrit, et il avait le goût de l’eau. Ce thé n’avait tout simplement aucune saveur.
Alors pourquoi Chu Feng en faisait-il l’éloge comme s’il s’agissait d’un thé sacré ?
« Asura, pourquoi est-ce que tu émets une faible lueur ? »
« Elle devient de plus en plus intense. Elle est imprégnée d’une puissante énergie martiale et dégage aussi un arôme de thé. Est-ce que cela pourrait venir de ce thé ? » demanda Song Ge, étonnée, en regardant Chu Feng.
Song Ge n’était pas la seule à être surprise ; les autres l’étaient aussi. La lumière qui émanait du corps de Chu Feng était vraiment extraordinaire.
Elle était non seulement chargée d’une énergie martiale concentrée, mais dégageait aussi un puissant arôme de thé.
En voyant cela, les gens ne purent s’empêcher de faire le lien avec le thé que Chu Feng avait bu.
« Ce thé est donc si bon que ça ? »
À cet instant, même Song Ge regarda la théière avec curiosité.
Elle avait déjà très envie d’y goûter.
« Bien sûr que c’est du bon thé. Tiens, tu devrais en boire une tasse, toi aussi. » Sur ces mots, Chu Feng en servit une à Song Ge.
« Ancienne Song Ge, vous ne devez pas boire ce thé ! »
En la voyant faire, Luo Zhi et les autres se précipitèrent pour l’empêcher de le boire.
Ils lui avaient préparé un autre thé empoisonné afin de pouvoir profiter d’elle plus tard.
Si elle buvait celui-ci et se mettait à vomir et à avoir une diarrhée monstre, comment pourraient-ils profiter d’elle ?
Ils ne voulaient donc naturellement pas qu’elle y touche.
« Pourquoi empêchez-vous l’Ancienne Song Ge de boire cette tasse ? Vous pensez qu’elle ne le supportera pas ? » demanda Chu Feng à Luo Zhi et aux autres.
« Ce… ce n’est naturellement pas ce que nous voulons dire », s’empressa d’expliquer Luo Zhi.
Song Ge avait alors reçu la tasse de thé que lui tendait Chu Feng. Elle la porta à ses lèvres à deux mains et la vida d’un trait.
« Merde ! »
En la voyant vraiment boire le thé, Luo Zhi et les autres s’exclamèrent intérieurement qu’ils étaient fichus.
« Ce thé est vraiment excellent. Je n’en ai jamais goûté d’aussi bon. »
« Je ne connais pas grand-chose à l’art du thé, mais celui-ci est assurément un trésor parmi les thés de qualité supérieure. »
À la surprise de Luo Zhi et des autres, Song Ge se mit elle aussi à vanter le thé sans discontinuer. Puis une lumière semblable à celle de Chu Feng se mit à émaner de son corps.
« Song Ge, ce thé est-il vraiment si extraordinaire ? » Wang Lian s’approcha d’elle et lui posa la question avec sérieux.
Elle se méfiait encore de Chu Feng. En revanche, elle faisait entièrement confiance à Song Ge.
« Bien sûr. Quand est-ce que je t’ai déjà menti ? Ce thé est non seulement délicieux, mais il éclaircit aussi l’esprit et accroît la puissance. »
« On ne peut même pas appeler ça du thé. C’est plutôt une précieuse ressource de cultivation. Wang Lian, tu devrais en boire une tasse », lui conseilla Song Ge.
Après avoir entendu Song Ge, Wang Lian se dirigea aussitôt vers la théière pour goûter le thé.
Elle se moquait de son goût. Mais puisque Song Ge et Chu Feng affirmaient qu’il faisait progresser leur cultivation, elle avait très envie de l’essayer.
Pourtant, dès qu’elle s’approcha, avant même qu’elle ait pu toucher la théière, Chu Feng s’en empara et la souleva.
« Cette théière est trop petite. Elle ne contient que trois tasses. »
« Il en reste une. Préposé, merci d’avoir préparé un si bon thé pour nous. Je t’offre cette dernière tasse. » Chu Feng versa le reste du thé et le tendit au préposé.
« Espèce de salaud ! »
Wang Lian se mit à grincer des dents de colère en voyant Chu Feng offrir la dernière tasse au préposé, de toutes les personnes présentes.
Après tout, elle avait déjà dit qu’elle voulait en boire. Pourtant, Chu Feng avait tendu la dernière tasse à quelqu’un d’autre.
Il était évident qu’il l’empêchait délibérément d’y goûter.
« Tiens, préposé. Pourquoi restes-tu planté là ? Tu n’as sans doute pas souvent l’occasion de boire un thé aussi bon, pas vrai ? Je t’offre cette tasse aujourd’hui. Pourquoi ne l’acceptes-tu pas et ne la bois-tu pas ? »
La tasse à la main, Chu Feng s’avança vers le préposé.
« C… c… c… »
Le préposé avait l’air terrifié.
Chu Feng et Song Ge semblaient avoir tiré profit de leur thé, ce qui aurait donné envie à n’importe qui de l’essayer. Mais le préposé savait parfaitement qu’on avait trafiqué le thé : il était empoisonné, et non sacré.
« Quoi ? Tu ne veux pas boire ce thé ? Tu aurais mis du poison dedans ? » demanda Chu Feng.
« B-b-bien sûr que non », répondit le préposé en secouant la tête avec insistance.
« Alors, qu’est-ce qui te fait peur ? Bois. »
Chu Feng attrapa le préposé, lui ouvrit la bouche et lui fit avaler le thé de force.
À cet instant, Luo Zhi et les autres ne quittaient pas le préposé des yeux.
Ils commençaient à se demander si le thé était empoisonné ou s’il s’agissait vraiment d’un thé sacré.
Si le préposé réagissait comme Chu Feng et Song Ge après en avoir bu, alors il s’agissait bel et bien d’un thé sacré.
Et s’il était sacré, ils ne voudraient naturellement pas passer à côté.
Étant eux-mêmes des cultivateurs martiaux, comment auraient-ils pu renoncer à une occasion d’accroître leur cultivation ?
Après qu’on lui eut fait avaler le thé de force, le préposé s’effondra sur les fesses et se mit à pleurer.
Il était si inquiet et si effrayé qu’il n’avait même pas réussi à distinguer le goût du thé.
À cet instant, il était persuadé que tout était fini pour lui et qu’il allait bientôt vomir et se soulager devant tout le monde, dans la plus grande humiliation.
En voyant le préposé pleurer, Luo Zhi et les autres secouèrent la tête.
Ils pensèrent qu’on les avait dupés et que le thé n’était pas sacré, mais empoisonné.
À leur grande surprise, un sourire apparut soudain sur le visage du préposé, encore couvert de larmes.
Il se leva brusquement, au comble de l’excitation.
Au même moment, une lumière se mit à émaner de son corps, accompagnée d’un arôme de thé.
« Ce thé a vraiment un effet miraculeux ! »
« Ciel ! J’ai l’impression que mon énergie martiale a été multipliée par plus de dix ! »
Fou de joie, le préposé se releva et se mit à remercier Chu Feng à plusieurs reprises.
« Ce thé a vraiment un effet aussi miraculeux ?! »
En voyant la réaction du préposé, les yeux de Luo Zhi et des autres se mirent aussitôt à briller.
Au départ, ils avaient cru que leur manigance avait été découverte et que Chu Feng cherchait délibérément à les tromper.
Mais puisque le préposé avait lui aussi ressenti des effets aussi miraculeux en buvant le thé, celui-ci était bel et bien sacré.
« Vite ! Préposé, va préparer une autre théière ! Non, pas une seule : apporte-m’en plusieurs ! »
« Apporte-les toutes ! Amène autant de théières que tu en as. Ce grand maître va acheter tout le thé de ton établissement ! »
Luo Zhi lui-même ne put se contenir. Il n’avait même pas encore goûté à ce thé miraculeux.
« Monsieur, vous voulez le même thé ? » demanda le préposé.
« Exactement. Je veux ce thé-là, le même à l’identique », répondit Luo Zhi.
Bien qu’il fût quelque peu contrarié de ne pas avoir réussi à humilier Chu Feng, Luo Zhi venait de découvrir, par un concours de circonstances, un thé sacré aux effets miraculeux. Il en était fou de joie.
Peu après, le préposé revint avec trois théières.
« Je t’ai dit d’apporter autant de théières que tu en avais. Pourquoi n’en as-tu apporté que trois ? »
En voyant que le préposé n’avait rapporté que trois théières, Luo Zhi, qui mourait d’envie de goûter le thé, fut aussitôt mécontent.
« Monsieur, nos réserves sont limitées. Nous n’avons que ces trois théières. »
Le préposé avait l’air désolé. Il se dit : « Ce sont des thés empoisonnés, prévus pour empoisonner les gens. En plus, une seule théière suffit. Peu de gens s’en servent pour empoisonner qui que ce soit. Nous ne les utilisons que quelques fois par an. Comment aurions-nous pu prévoir que quelqu’un en commanderait autant en une seule journée ? »
« Tu es vraiment inutile ! »
Luo Zhi s’avança furieusement.
Le préposé recula, effrayé. Il pensait que Luo Zhi allait le battre.
Mais, à sa grande surprise, Luo Zhi ne le frappa pas. Il saisit une théière et se mit à boire directement à son bec.
Voyant qu’il n’y avait pas assez de thé pour tout le monde, Luo Zhi décida de ne le partager avec personne et de tout boire lui-même.
En le voyant faire, deux autres hommes se précipitèrent aussitôt. Chacun s’empara d’une théière et se mit à en boire le contenu à grandes gorgées.
Ces deux hommes étaient des amis proches de Luo Zhi. Comme dit le proverbe, qui se ressemble s’assemble.
La moralité de Luo Zhi et de ses amis proches était désormais dévoilée au grand jour.
« Hé ! Laissez-m’en un peu ! Laissez-m’en un peu ! »
En voyant Luo Zhi et ses deux amis vider les théières de cette manière, les autres commencèrent à protester.
Ils se précipitèrent tous pour essayer d’en boire eux aussi.
Certains se mirent même à se battre pour le thé.
Wang Lian ne les connaissait pas bien et n’osa donc pas se joindre à la mêlée. Pourtant, ses yeux débordaient d’envie et de convoitise.
Il était évident qu’elle aussi voulait goûter à ce thé sacré.
En voyant ces gens se disputer le thé, Chu Feng eut un sourire aux lèvres.
Un sourire empreint de mépris.
Car il savait qu’ils se disputaient du thé empoisonné.
Un peu plus tôt, Chu Feng avait secrètement modifié le thé grâce à ses techniques d’Esprit du Monde. Il en avait non seulement retiré le poison, mais lui avait aussi conféré des propriétés médicinales particulières. C’était ce qui lui avait donné cet effet si étrange.
Mais cet effet miraculeux n’était dû qu’à la modification de Chu Feng.
Le thé que Luo Zhi et les autres avaient bu, lui, n’avait pas été modifié. Il était empoisonné.
« Aouh~~~ »
Comme prévu, peu après, Luo Zhi ouvrit la bouche et se mit à vomir à gros jets.
Luo Zhi ne fut pas le seul à réagir ainsi. Ses deux amis proches se mirent eux aussi à vomir.
En voyant cela, les gens, déconcertés, crurent qu’il était arrivé quelque chose à Luo Zhi et se précipitèrent aussitôt pour le soutenir.
Ils voulurent même soigner ses blessures.
Mais bientôt, une odeur pestilentielle se dégagea des trois hommes.
« C’est quoi, cette odeur ? Pourquoi ça pue autant ? »
Ceux qui s’étaient approchés se pincèrent tous le nez en fronçant les sourcils.
« C’est l’odeur des excréments ! Frère Luo Zhi, qu’est-ce qui vous arrive, à tous les trois ? Pourquoi vous êtes-vous soulagés en public ?! » cria Chu Feng en regardant Luo Zhi et ses deux amis proches.
Pour être sûr que tout le monde l’entende, Chu Feng cria particulièrement fort.
« Quoi ? Des excréments ? »
À ces mots, ceux qui soutenaient Luo Zhi et les deux autres les lâchèrent aussitôt et s’éloignèrent.
Quelqu’un déploya même une Formation spirituelle pour enfermer les trois hommes et empêcher l’odeur de se répandre.
Luo Zhi et ses deux amis proches se sentaient profondément lésés.
Non seulement ils avaient vomi en public, mais ils s’étaient aussi soulagés devant tant de monde. Pire encore, ils s’étaient fait dessus.
Ils savaient à quel point ils étaient humiliés.
Mais à cause du poison, ils ne pouvaient même plus bouger. Ils étaient incapables de s’en sortir. Ils ne pouvaient que continuer à vomir et à se faire dessus devant tous ces gens.
À cet instant, ils furent totalement humiliés.