Chapitre 3 709
« Frère Zhu, vous avez peut-être vécu bien des choses. C’est pourquoi vous pensez que la vie ou la mort de Chu Feng n’a aucune importance. »
« Pourtant, le talent de ce garçon est le plus remarquable que ce vieil homme ait jamais vu. À tout le moins, il n’a pas son pareil dans le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux. »
« Je pense que s’il continue de mûrir, il ne se contentera pas de briller dans le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux : il pourrait même faire rayonner celui-ci dans toute la Galaxie de la Sainte Lumière. »
« Vous savez à quel point le statut de notre Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux est bas et méprisable dans la Galaxie de la Sainte Lumière. »
« Lors de nombreuses grandes occasions organisées dans la Galaxie de la Sainte Lumière, les habitants de notre Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux n’ont même pas le droit de participer. »
« Quand nous rencontrons des gens venus d’ailleurs, nous n’osons même pas dire que nous sommes originaires du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux. Si nous le faisons, ils nous regardent de haut. »
« Et le plus triste, c’est que beaucoup de gens du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux ne s’en rendent pas compte. »
« C’est particulièrement vrai pour les jeunes. Parce qu’ils ont un certain talent, ils se croient extraordinaires. Mais ils ignorent que le vaste monde regorge de gens encore plus doués qu’eux. »
« Ici, dans le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux, ce sont certes des dragons parmi les poissons, mais si on les plaçait dans toute la Galaxie de la Sainte Lumière… »
Le grand maître Liangqiu s’interrompit. Il poussa un soupir, puis reprit : « Chu Hanxian, Chu Xuanyuan et Chu Feng. Tous trois sont capables de faire rayonner notre Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux. Ils ont même réussi à attirer l’attention de la Galaxie de la Sainte Lumière et à lui faire respecter les habitants de notre Champ d’étoiles. »
« Malheureusement, Chu Hanxian et Chu Xuanyuan ne sont plus parmi nous. Chu Feng est notre dernier espoir. »
« J’espère sincèrement qu’un jour, un jeune homme quittera le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux et fera en sorte que les habitants de la Galaxie de la Sainte Lumière cessent de nous mépriser. Et ce changement, nous le devrons entièrement à ce jeune homme… » conclut le grand maître Liangqiu.
« Un seul homme pour changer l’opinion de tous ? Vous placez vraiment de grands espoirs en ce garçon. »
En entendant les espoirs du grand maître Liangqiu, le vieil homme Zhu eut un rire moqueur.
« Chu Feng en est capable. J’en suis fermement convaincu. Il peut amener les habitants de la Galaxie de la Sainte Lumière à respecter notre Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux comme jamais auparavant. »
« Tout comme le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux respecte désormais le Clan céleste Chu comme jamais auparavant. »
« Malheureusement, c’est vraiment regrettable. »
En prononçant ces mots, le grand maître Liangqiu avait dans les yeux non seulement du regret, mais aussi du chagrin.
« Je n’aurais jamais cru que vous, vieux bonhomme, vous soucieriez autant du bien commun. »
« Autant vous le dire : la Porte de la Mort est dangereuse, mais elle ne condamne pas forcément à une mort certaine. »
« Si ce garçon est vraiment aussi exceptionnel que vous le dites, il pourrait en revenir vivant », dit le vieil homme Zhu.
« Il y a une chance d’en revenir vivant ? » Le grand maître Liangqiu changea d’expression.
« En effet. Mais les chances sont très faibles », répondit le vieil homme Zhu.
« Dans ce cas, savez-vous si quelqu’un a déjà réussi à ressortir vivant de la Porte de la Mort ? » demanda vivement le grand maître Liangqiu.
« Oui. Il se tient devant vous. » Le vieil homme Zhu se désigna du doigt.
« Vous y êtes entré et vous en êtes revenu vivant ? » demanda le grand maître Liangqiu.
« Si je n’en étais pas revenu vivant, comment pourrais-je me tenir ici ? » répliqua le vieil homme Zhu.
« Dans ce cas, pour ressortir de la Porte de la Mort, la cultivation a-t-elle de l’importance ? » demanda le grand maître Liangqiu.
« Pas vraiment. Ce qui compte, c’est plutôt la perception et la force de volonté », répondit le vieil homme Zhu.
« Alors, c’est vraiment une excellente nouvelle ! »
À cet instant, le grand maître Liangqiu fut bien moins inquiet et son regard se chargea d’espoir.
« Vieux bonhomme, pourquoi avez-vous changé d’expression si vite ? Vous ne vous inquiétez déjà plus pour lui ? » demanda le vieil homme Zhu.
« Vous avez bien dit qu’il avait une chance de survivre, non ? » répondit le grand maître Liangqiu.
« Il a effectivement une chance de survivre. Mais tout le monde n’est pas capable de la saisir », dit le vieil homme Zhu.
« Vous avez réussi à ressortir vivant de la Porte de la Mort. Chu Feng en sera donc forcément capable lui aussi », affirma le grand maître Liangqiu.
« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Pourquoi ai-je l’impression que vous me prenez de haut ? » s’exclama le vieil homme Zhu.
« Ha ha ! Non, je ne vous prends pas de haut. C’est plutôt que ce vieil homme sait à quel point ce garçon est puissant », répondit le grand maître Liangqiu.
« Vous avez autant confiance en lui ? » demanda le vieil homme Zhu.
« Je n’ai pas confiance en grand monde, mais en lui, oui », dit le grand maître Liangqiu.
« Très bien. Puisque vous le dites, je vais faire une entorse à mes règles, cette fois. »
« Si ce garçon parvient à tenir quatre heures dans la Porte de la Mort, je l’aiderai », dit le vieil homme Zhu.
« Très bien », accepta aussitôt le grand maître Liangqiu. Mais il remarqua bientôt quelque chose d’étrange et s’empressa de demander : « Dans ce cas, comment saurez-vous s’il sera encore en vie au bout de quatre heures ? »
« Ne sous-estimez pas ce vieil homme. Pratiquement tout ce qui se passe dans la Mer miroir est à ma portée. »
« Je suis même entré au Cœur du Miroir, dans la Mer miroir », dit le vieil homme Zhu.
« Alors, vous pouvez voir dans quelle situation se trouve Chu Feng en ce moment ? » demanda le grand maître Liangqiu.
« Bien sûr », répondit le vieil homme Zhu.
« Dans ce cas, comment se portent-ils ? » demanda le grand maître Liangqiu.
« Les secrets du Ciel ne doivent pas être dévoilés », répondit le vieil homme Zhu.
« Espèce de vieux scélérat ! » Le grand maître Liangqiu éclata de rire.
Après leur conversation, il s’inquiéta moins pour Chu Feng.
Les paroles du vieil homme Zhu lui avaient appris que Chu Feng et Chu Xuanzhengfa étaient toujours en vie.
De plus, même si le vieil homme Zhu n’intervenait pas pour les sauver, Chu Feng avait encore une chance de survivre.
Le vieil homme Zhu avait également dit qu’il les aiderait si Chu Feng tenait quatre heures.
Le grand maître Liangqiu estimait déjà que Chu Feng avait une chance, certes infime, de survivre. Quant à tenir quatre petites heures, ce serait un jeu d’enfant.
Ainsi, lorsqu’il reporta les yeux sur la Mer miroir, le grand maître Liangqiu n’avait plus l’air inquiet. Il semblait plutôt plein d’espoir.
Il espérait que Chu Feng accomplirait quelque chose qui obligerait le vieil homme Zhu à le respecter comme jamais auparavant.
Il voulait que Chu Feng fasse ses preuves et montre au vieil homme Zhu qu’il avait eu raison de placer tant d’espoirs en lui.
Cela dit, l’expression du vieil homme Zhu était plutôt complexe, contrairement à celle du grand maître Liangqiu.
Son regard ne cessait de se déplacer. Il semblait réellement capable de voir chacun des gestes de Chu Feng.
……
Après avoir été aspiré dans la Porte de la Mort, Chu Feng pénétra dans un monde chaotique. Là, il ne put que se laisser porter à l’aveuglette par le courant.
Il lui fallut beaucoup de temps pour sortir de ce monde chaotique. Une fois dehors, il déboucha sur une mer.
La mer était agitée par de violents courants sous-marins. Elle ressemblait en tout point à la Mer miroir.
« Serais-je revenu dans la Mer miroir ? »
Cette question traversait l’esprit de Chu Feng lorsqu’une silhouette apparut soudain dans son champ de vision. C’était Chu Xuanzhengfa.
« Chu Feng, pourquoi as-tu été aussi stupide ? Pourquoi m’as-tu suivi jusqu’ici ? »
Chu Xuanzhengfa semblait en difficulté, mais il était toujours en vie. Surtout, son visage exprimait à la fois colère et chagrin.
Il était furieux que Chu Feng l’ait suivi jusqu’ici. Et il avait le cœur lourd pour cette même raison.
« Ancien, ne me reprochez plus rien, maintenant que je suis déjà là », répondit Chu Feng avec un grand sourire. Puis, il se mit à examiner attentivement les environs.
« Je ne sais vraiment plus quoi faire de toi », soupira Chu Xuanzhengfa, l’air impuissant. Peu après, il demanda : « Chu Feng, peux-tu dire si nous sommes dans la Mer miroir ? »