Chapitre 3 664
« Sais-tu pourquoi je me trouvais dans le Royaume supérieur des Neuf Dragons ? » demanda Yin Zhuanghong.
« Je suis justement très curieux à ce sujet. Accepterais-tu de me l’expliquer ? » demanda Chu Feng.
« Le Manteau sacré des Neuf Dragons m’intéressait. Cependant, ce n’est qu’une fois arrivée dans le Royaume supérieur des Neuf Dragons que j’ai appris que celui du Sommet de Glace avait déjà été récupéré par quelqu’un », répondit Yin Zhuanghong.
« Quelle coïncidence ! » Chu Feng sourit, gêné.
« À vrai dire, j’ai moi aussi une raison précise d’être venue ici », dit Yin Zhuanghong.
« Tu vas droit au but. »
« Alors, quel est ton objectif ? » demanda Chu Feng.
« La Pagode de l’Armurerie céleste de la Villa de l’Armement immortel », répondit Yin Zhuanghong.
« Tu parles de cette pagode rouge ? » demanda Chu Feng.
La Villa de l’Armement immortel était immense et comptait toutes sortes de bâtiments. L’un d’eux, cependant, attirait particulièrement le regard.
Il s’agissait d’une pagode située au cœur de la Villa de l’Armement immortel. Entièrement rouge, elle avait une apparence des plus étranges et comptait plusieurs milliers d’étages.
La tour rouge transperçait les nuages et s’élevait jusque dans les cieux. Elle était d’une magnificence saisissante.
En outre, une Formation spirituelle très puissante la protégeait. Même les Yeux célestes de Chu Feng ne parvenaient pas à la percer. Il ignorait donc, lui aussi, ce qui se trouvait à l’intérieur.
Quoi qu’il en soit, la pagode rouge ressemblait assez à celle que Yin Zhuanghong avait décrite.
C’était pourquoi Chu Feng soupçonnait que la Pagode de l’Armurerie céleste était cette tour rouge.
« C’est bien elle », acquiesça Yin Zhuanghong.
« Qu’espères-tu trouver dans cette pagode ? »
« Tu ne songes tout de même pas à emporter la pagode entière ? » demanda Chu Feng avec un grand sourire.
Yin Zhuanghong était d’une froideur extrême. En sa compagnie, l’atmosphère devenait pesante. Chu Feng n’appréciait guère ce genre d’ambiance et, presque malgré lui, se mit à plaisanter.
« Ce qui se trouve dans cette pagode t’intéressera aussi », dit Yin Zhuanghong.
« Ah ? Alors, dis-moi donc ce qu’on pourrait y trouver », répondit Chu Feng.
« Des armes pour les Esprits du Monde », dit Yin Zhuanghong.
« Des armes pour les Esprits du Monde ? » À ces mots, l’expression de Chu Feng changea. Il s’était déjà assis, mais se releva aussitôt.
Yin Zhuanghong avait visé juste.
Si la pagode avait renfermé autre chose, Chu Feng n’y aurait peut-être pas prêté attention. Mais, en apprenant qu’il s’agissait d’objets liés aux Esprits du Monde, il se sentit immédiatement très intéressé.
Chu Feng connaissait Sa Majesté la Reine depuis si longtemps. Elle l’avait énormément aidé et il avait toujours eu le sentiment d’avoir une dette envers elle.
C’est pourquoi il avait toujours voulu lui offrir quelque chose en retour et lui témoigner sa gratitude.
Malheureusement, il n’avait jamais rien trouvé qui convînt.
Et voilà qu’il apprenait soudain qu’il existait des armes que les Esprits du Monde pouvaient utiliser. Chu Feng voulut naturellement en obtenir une pour Sa Majesté la Reine.
« Il existe toutes sortes d’armes pour les Esprits du Monde. Mais celles qui se trouvent dans la Pagode de l’Armurerie céleste ne sont pas des armes ordinaires. »
« Elles ont été spécialement conçues pour les Esprits du Monde par un maître des Esprits du Monde de l’Ère antique. »
« Ces armes ne leur seraient peut-être pas très utiles une fois de retour dans leur Monde spirituel, mais elles leur sont extrêmement précieuses dans le monde de nos cultivateurs », poursuivit Yin Zhuanghong.
Yin Zhuanghong parlait très peu et gardait habituellement le silence.
Chu Feng comprit qu’elle en disait autant pour éveiller son intérêt.
Elle agissait ainsi parce qu’elle voulait obtenir son aide.
« Cela m’intéresse, en effet. Mais puisque ces armes appartiennent à la Villa de l’Armement immortel, nous ne pouvons tout de même pas les dérober, n’est-ce pas ? » demanda Chu Feng.
« Ces armes n’appartiennent pas à la Villa de l’Armement immortel. Un ami du maître de la Villa les y a seulement déposées. »
« Cette personne a précisé que quiconque parviendrait à entrer dans la pagode pourrait choisir et emporter à sa guise les armes qui s’y trouvent », répondit Yin Zhuanghong.
« Vraiment ? Dans ce cas, pourquoi ne pas y être allée directement ? Pourquoi m’en parler ? » demanda Chu Feng.
« C’est la première fois que je viens ici. Aborder directement le sujet serait plutôt présomptueux. »
« Comme tu sembles bien t’entendre avec le Seigneur Shoujian, j’ai décidé de t’en parler. Et puis, j’ai aussi besoin de ton aide », expliqua Yin Zhuanghong.
« Dans ce cas, j’irai me renseigner auprès de lui plus tard. Si les choses sont bien comme tu le dis, je veux bien coopérer avec toi », répondit Chu Feng.
Voyant que Chu Feng avait accepté, elle n’ajouta rien et se contenta d’acquiescer.
Chu Feng et Yin Zhuanghong quittèrent alors le salon de repos et regagnèrent la salle principale du palais.
« Frère Chu Feng, qu’est-ce que tu faisais avec Mademoiselle Yin ? »
« Vous êtes même allés jusqu’à vous dissimuler avec une Formation spirituelle. Ne me dites pas que… hé hé, vous avez fait quelque chose de honteux tous les deux ? » Dès qu’il aperçut Chu Feng, Kong Tianhui accourut vers lui, l’air malicieux.
« Surveille ta bouche ! »
À peine Kong Tianhui eut-il fini de parler qu’un regard glacial se posa sur lui. C’était Yin Zhuanghong.
Son regard s’était fait particulièrement froid. Elle avait beau être belle comme une fée céleste, elle effraya même Kong Tianhui, pourtant sans la moindre pudeur.
« Mademoiselle Yin, voulez-vous que je lui donne une leçon ? »
Nangong Yifan vint se placer à côté de Yin Zhuanghong. Contrairement à elle, il affichait une colère manifeste.
On aurait dit qu’il allait mettre Kong Tianhui en pièces sur-le-champ si Yin Zhuanghong le lui ordonnait.
« Inutile. »
Pourtant, malgré toute cette sollicitude de la part de Nangong Yifan, Yin Zhuanghong lui répondit froidement. Elle ne prononça que ces deux mots, puis retourna à sa chaise et s’y rassit.
Elle ne partit pas. Elle attendait naturellement que Chu Feng parle de la Pagode de l’Armurerie céleste au Seigneur Shoujian.
« Kong Tianhui, tiens donc ta langue. Sinon, personne ne pourra te sauver. »
Bien que Yin Zhuanghong lui eût répondu avec froideur, Nangong Yifan menaça encore Kong Tianhui avec férocité.
« Personne ne pourra me sauver ? Mon frère Chu Feng est juste là. Essaie donc de me toucher, pour voir. »
Kong Tianhui rejoignit Chu Feng et lança à Nangong Yifan un regard provocateur.
« Hum », fit Nangong Yifan, qui s’apprêtait à répliquer. Mais, après avoir jeté un coup d’œil à Chu Feng, il renifla froidement, agita sa manche et s’éloigna.
Chu Feng lui avait déjà infligé un traumatisme profond. Aussi arrogant fût-il, il n’oserait pas le défier de nouveau sans être absolument certain de l’emporter.
« Frère Kong, ce que tu as dit tout à l’heure était vraiment déplacé », dit Chu Feng en adressant un léger reproche à Kong Tianhui.
« Je ne voulais pas lui faire de mal. C’était juste une plaisanterie », se défendit Kong Tianhui, l’air vexé.
« Comment peux-tu plaisanter à la légère sur l’honneur et la réputation d’une femme ? Si quelqu’un plaisantait ainsi à mon sujet, tu le tolérerais ? » Kong Ci accourut et réprimanda son grand frère.
« Ta petite sœur est plus raisonnable que toi », dit Chu Feng.
« J’ai compris. J’ai eu tort. » Kong Tianhui finit par reconnaître son erreur. Après quoi, il alla exprès présenter ses excuses à Yin Zhuanghong.
Yin Zhuanghong ne daigna pas lui prêter attention, mais Kong Tianhui se montra tout à fait sincère dans ses excuses. Il ne lui manquait plus que de s’agenouiller devant elle.
À la fin, les jeunes de la Génération des étoiles de tous les cieux, excédés par Kong Tianhui, le chassèrent. Sans cela, il aurait probablement continué à importuner Yin Zhuanghong jusqu’à ce qu’elle finisse par lui pardonner.
À ce moment-là, Chu Feng s’approcha du Seigneur Shoujian.
Il ne voulait pas tourner autour du pot et demanda donc directement au Seigneur Shoujian ce qu’il en était de la Pagode de l’Armurerie céleste.
« La Pagode de l’Armurerie céleste ? »
« Jeune ami Chu Feng, pourquoi évoques-tu soudain cette affaire ? Ne serais-tu pas intéressé par cette pagode ? »
Le Seigneur Shoujian fut surpris par les paroles de Chu Feng, et le sourire qu’il affichait se fit grave. Une lueur de réticence brilla également dans son regard tandis qu’il observait Chu Feng.
Chu Feng sentit son cœur se serrer. Il comprit que le Seigneur Shoujian ne semblait pas vouloir le laisser entrer dans la Pagode de l’Armurerie céleste.