Chapitre 3 625
« Yuanzhi, ça suffit », dit Wuming Xiongmo.
Wuming Xiongmo ne fut pas le seul à intervenir. À cet instant, Kong Ci, Long Ning et Xian Yun apparurent elles aussi aux côtés de Chu Feng.
À en juger par la situation, même si Wuming Xiongmo n’avait pas arrêté Wuming Yuanzhi, toutes trois l’auraient fait.
« Wuming Yuanzhi, tu dépasses les bornes. Chu Feng ne veut pas se battre contre toi. Pourquoi t’obstines-tu à le forcer ? » Les longs sourcils de Kong Ci se froncèrent tandis qu’elle rabrouait sèchement Wuming Yuanzhi.
« Grand frère Yuanzhi, ce que tu fais est vraiment mal ! » Long Ning leva même son petit poing.
« Wuming Yuanzhi, tu n’as donc aucune honte ? Mon frère Chu Feng a même fait jeu égal avec Linghu Hongfei. Tu croyais vraiment pouvoir rivaliser avec lui ? »
« Si tu es si fort, va donc défier Linghu Hongfei. Tu crois pouvoir le vaincre ? Tu oses le défier ? » Kong Tianhui se montra encore plus dur envers Wuming Yuanzhi que Kong Ci. Il alla jusqu’à l’insulter ouvertement.
« Depuis quand as-tu le droit de parler ? Pour qui te prends-tu ? » Wuming Yuanzhi pointa Kong Tianhui du doigt.
« Quoi ? Si tu insultes encore mon grand frère, je te déchire la bouche ! »
Voyant son frère aîné se faire critiquer, Kong Ci ne se retint plus. Elle libéra son aura et activa même son pouvoir divin, portant ainsi sa cultivation au troisième niveau exalté.
« Ça suffit. Calmez-vous tous. Nous faisons face à un ennemi redoutable et devrions chercher comment lui tenir tête, au lieu de nous quereller entre nous », dit Wuming Xiongmo.
« Tss… »
Même après l’intervention de Wuming Xiongmo, personne ne semblait prêt à se réconcilier, mais ils cessèrent d’envenimer la situation.
« Frère Chu Feng, je suis vraiment désolé », dit Wuming Xiongmo à Chu Feng.
Chu Feng essuya le sang au coin de ses lèvres et esquissa un sourire. « Ce n’est pas à toi de t’excuser. »
Sur ces mots, son regard se fit soudain glacial. Il se tourna vers Wuming Yuanzhi.
« Quoi ? Tu veux continuer ? Non seulement tu me manques de respect, mais tu veux en plus que je m’excuse auprès de toi ? » Wuming Yuanzhi fixa Chu Feng avec colère.
« Du respect ? Quelqu’un comme toi mérite qu’on le respecte ? »
« Très bien. Attends un peu, je vais t’apprendre ce que signifie le respect », lança Chu Feng.
Chu Feng était lui aussi très mécontent. Après tout, on l’avait blessé sans raison. N’importe qui aurait été contrarié à sa place. De plus, il n’était pas du genre à accepter une telle humiliation.
« Très bien, je t’attends. »
« Voyons donc comment tu vas oser te montrer aussi arrogant, toi qui ne comptes que sur ton Esprit du Monde », railla Wuming Yuanzhi.
Chu Feng ne prit pas la peine de poursuivre la dispute. Il était en colère parce que Wuming Yuanzhi l’avait attaqué, pas parce qu’il s’était moqué de lui.
Après tout ce qu’il avait vécu, Chu Feng avait beaucoup mûri. Les provocations aussi puériles que celle que venait de lancer Wuming Yuanzhi ne pouvaient tout simplement pas le mettre en colère.
« Jeunes amis, pourquoi tout ce vacarme ? »
Soudain, un vieil homme apparut à l’entrée.
« Seigneur Shoujian, que nous vaut votre visite ? »
[1. Shoujian signifie « épée gardienne ». On ignore encore s’il s’agit de son titre ou de son nom.]
À sa vue, même les génies s’avancèrent pour s’incliner respectueusement et le saluer.
« Ce vieil homme est naturellement venu vous annoncer une bonne nouvelle. Hmm… »
« Ce jeune ami, serait-il… ? »
Le regard du vieil homme se posa soudain sur Chu Feng. La surprise se lisait dans ses yeux âgés.
« Frère Chu Feng, permets-moi de te présenter. Voici le gardien de la Villa de l’Armement immortel, notre cher et vénéré Seigneur Shoujian. »
« Seigneur Shoujian, ce frère à moi est tout sauf ordinaire. C’est lui qui a vaincu toute la jeune génération du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux et fait jeu égal avec Linghu Hongfei dans le Royaume supérieur des Neuf Dragons. C’est le fils de Chu Xuanyuan : Chu Feng ! » Kong Tianhui le présenta avec fierté.
« Ma foi, c’est bien le fils de Chu Xuanyuan. »
« À bien y regarder, tu lui ressembles beaucoup. »
Une fois certain qu’il s’agissait bien de Chu Feng, le Seigneur Shoujian se montra particulièrement chaleureux.
« Senior, vous connaissiez mon père ? » demanda Chu Feng.
« Plus que le connaître, ton père est déjà venu à la Villa de l’Armement immortel. Il a même emporté notre meilleure arme, la Lance divine de l’Incinération, un Armement exalté », répondit le Seigneur Shoujian.
« Hein ? Seigneur Shoujian, vous n’aviez pas dit que la meilleure arme de la Villa de l’Armement immortel était un Armement exalté incomplet ? Comment pouvait-il y avoir un Armement exalté ? »
Les jeunes gens présents échangèrent des regards curieux.
« Nous possédions autrefois un Armement exalté. Mais le père de notre jeune ami Chu Feng l’a emporté. Il ne nous reste à présent que des Armements exaltés incomplets », expliqua le Seigneur Shoujian.
« Ah, c’est vrai, ce vieil homme est venu vous annoncer une bonne nouvelle. Vous avez beaucoup de chance. Le Cimetière des Armements divins de la Villa de l’Armement immortel vient d’ouvrir », déclara le Seigneur Shoujian.
« Seigneur Shoujian, est-ce vrai ? » À ces mots, les jeunes gens s’enthousiasmèrent aussitôt.
Kong Tianhui expliqua à Chu Feng ce qu’étaient la Villa de l’Armement immortel et le Cimetière des Armements divins.
La Villa de l’Armement immortel abritait un lieu merveilleux appelé le Cimetière des Armements divins.
Le Cimetière des Armements divins ouvrait à intervalles irréguliers : parfois après plusieurs siècles, parfois après plusieurs décennies, parfois après seulement quelques années.
Cependant, on ne pouvait y entrer que lorsqu’il était ouvert. C’était ce qui en faisait un lieu si merveilleux.
La dernière ouverture du Cimetière des Armements divins ne remontait qu’à trois ans.
En temps normal, puisqu’il n’avait ouvert que trois ans auparavant, il aurait fallu attendre au moins deux années supplémentaires, soit cinq ans au total, avant sa prochaine ouverture. Pourtant, il venait de s’ouvrir, ce qui surprit et enthousiasma grandement la foule.
Mais si tous étaient si excités, ce n’était pas à cause de l’ouverture du Cimetière des Armements divins en elle-même. C’étaient les trésors qu’il renfermait qui les enthousiasmaient.
Le Cimetière des Armements divins contenait d’innombrables armes de fer noir. Toute personne qui y pénétrait pouvait en retirer une.
Dès qu’on en retirait une, le pouvoir du cimetière vous en expulsait.
De plus, ce n’est qu’après avoir quitté le Cimetière des Armements divins que l’arme de fer noir se brisait et révélait sa véritable nature. Elle pouvait se révéler être un Armement exalté incomplet d’une valeur inestimable, mais aussi un vulgaire morceau de ferraille inutile.
Naturellement, on avait bien plus de chances de tomber sur de la ferraille que sur un Armement exalté incomplet.
En temps normal, réussir à obtenir un Armement immortel était déjà une chance extraordinaire.
Toutefois, puisqu’il était possible d’obtenir un Armement exalté incomplet, voire un exemplaire de qualité exceptionnelle, même les génies de noble naissance rêvaient de pénétrer dans le Cimetière des Armements divins.
En outre, seuls les membres de la jeune génération âgés de moins de cent ans pouvaient entrer dans le Cimetière des Armements divins.
Ainsi, même ces génies qui ne manquaient pas d’armes tenaient beaucoup à tenter leur chance dans le Cimetière des Armements divins.
Quant au Seigneur Shoujian, il occupait une position particulière.
En réalité, la Villa de l’Armement immortel n’avait qu’un seul véritable héritier : le Seigneur Shoujian.
Cela dit, il n’était pas le maître de la Villa de l’Armement immortel. Il en était simplement le gardien.
Cependant, comme le maître de la Villa de l’Armement immortel avait entretenu de son vivant d’excellentes relations avec les Trois Cités, celles-ci étaient venues protéger la villa après sa mort.
Des experts de la Cité sacrée monstrueuse, de la Cité royale du Corps divin et de la Cité du Dragon martial ancestral se trouvaient actuellement dans la Villa de l’Armement immortel pour la garder.
Ainsi, même si le Seigneur Shoujian était le seul véritable héritier de la Villa de l’Armement immortel, personne n’osait venir y semer le trouble.
Après tout, même le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux devait tenir compte des Trois Cités. Les autres puissances et individus, à plus forte raison, n’avaient d’autre choix que d’en faire autant.
Avec le temps, hormis les habitants des Trois Cités et du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux, plus personne n’osa s’approcher de la Villa de l’Armement immortel.
Même si le Seigneur Shoujian était le seul véritable héritier de la Villa de l’Armement immortel, les habitants du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux considéraient déjà la villa comme un territoire des Trois Cités.
Cela dit, le Seigneur Shoujian possédait lui-même une cultivation plutôt puissante : il avait atteint le sommet du niveau exalté.
Sa force mise à part, son statut particulier et sa grande amabilité lui valaient le profond respect des génies des Trois Cités comme du Royaume du Maître des Champs stellaires.
« Seigneur Shoujian, dans ce cas, pouvons-nous entrer dès maintenant dans le Cimetière des Armements divins ? » demanda Kong Ci, pleine d’enthousiasme.
« Les jeunes gens du Champ stellaire de Tous-les-Cieux ne vont pas tarder à arriver, n’est-ce pas ? Attendons-les pour y entrer ensemble », répondit le Seigneur Shoujian.
« Seigneur Shoujian, inutile de les attendre. Ce sont des étrangers. Profitons de cette chance nous-mêmes. Pourquoi faudrait-il toujours les inviter ? » protesta Kong Tianhui.
« Kong Tianhui, tu as tort. Même sans parler des liens amicaux entre le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux et le Champ stellaire de Tous-les-Cieux, tous les hôtes de la Villa de l’Armement immortel ont le droit d’entrer dans le Cimetière des Armements divins et d’y retirer une arme quand il ouvre. C’est une règle établie par les ancêtres de la villa. Comment pourrions-nous nous y soustraire ? » répliqua le Seigneur Shoujian.
« Mais ils ne sont pas encore là. On peut dire qu’ils n’ont pas de chance », répondit Kong Tianhui.
« Ils ne vont pas tarder. Le Cimetière des Armements divins restera ouvert quelque temps, alors attendons-les », dit le Seigneur Shoujian.
« D’accord, d’accord, d’accord. C’est toi qui décides ici », soupira Kong Tianhui, impuissant.